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University of Toronto
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University of Ottawa
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THÉORIE
DE
LA CHALEUR.
DE L'IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT, IMPRIMEUR DU ROI,
DE l'institut et DE LA MARINE.
x- .-•:■■
A : i
THÉORIE
ANALYTIQUE
DE LA CHALEUR,
Par m. FOURIER.
A PARIS,
CHEZ FIRMIN DIDOT, PERE ET FILS,
LIBRAIRES POUR LES MATHÉMATIQUES, L ARCHITECTURE HYDRAULIQUE
ET LA MARlJN'E, RUE JACOB, N° 1^.
I 822.
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE.
l^ES causes primordiales ne nous sont point con-
nues; mais elles sont assujetties à des lois simples
et constantes , que l'on peut découvrir par 1 obser-
vation, et dont l'étude est l'objet de la philosopliie
naturelle.
La chaleur pénètre, comme la gravité, toutes les
substances de l'univers, ses rayons occupent toutes
les parties de l'espace. Le but de notre ouvrage est
d'exposer les lois mathématiques que suit cet élé-
ment. Cette théorie formera désormais une des
branches les plus importantes de la physique gé-
nérale.
Les connaissances que les plus anciens peuples
avaient pu acquérir dans la mécanique rationnelle
ne nous sont point parvenues, et Ihistoire de cette
science, si l'on excepte les premiers théorèmes sur
a
ij DISCOURS
riiarmonie, ne remonte point au-delà des décou-
Yertes d'Archimède. Ce grand géomètre expliqua les
principes mathématiques de l'équilibre des solides
et des fluides. Il s'écoula environ dix -huit siècles
avant que Galilée, premier inventeur des théories
dynamiques , découvrit les lois du mouvement des
corjDs graves. Newton embrassa dans cette science
nouvelle tout le sjstème de l'univers. Les succes-
seurs de ces philosophes ont donné à ces théories
une étendue et une perfection admirables ; ils nous
ont appris que les phénomènes les plus divers sont
soumis à un petit nombre de lois fondamentales,
qui se reproduisent dans tous les actes de la nature.
On a reconnu que les mêmes principes règlent tous
les mouvements des astres , leur forme, les inégalités
de leurs cours, l'équilibre et les oscillations des
mers, les vibrations harmoniques de l'air et des
corps sonores, la transmission de la lumière, les
actions capillaires,' les ondulations des liquides,
enfin les effets les plus composés de toutes les forces
naturelles, et l'on a confirmé cette pensée de Newton :
Quod tain paiicis tam multa prœstet geometria glo-
t'iatur.
Mais quelle que soit l'étendue des théories méca-
niques , elles ne s'appliquent point aux effets de la
PRÉLIMINAIRE. iij
chaleur. Ils composent un ordre spécial de pliéno-
mènes qui ne peuvent s'expliquer par les principes
du mouvement et de l'équilibre. On possède depuis
long-temps des instruments ingénieux , propres à
mesurer plusieurs de ces effets; on a recueilli des
observations précieuses; mais on ne connait ainsi
que des résultats partiels, et non la démonstration
mathématique des lois qui les comprennent tous.
J'ai déduit ces lois d'une longue étude et de la
comparaison attentive des faits connus jusqu'à ce
jour; je les ai tous observés de nouveau dans le
cours de plusievixs annéps, avec les instruments les
plus précis dont ou ait encor fait usage.
Pour fonder cette théorie, il était d'abord néces-
saire de distinguer et de définir avec précision les
propriétés élémentaires qui déterminent l'action de
la chaleur. J ai reconnu ensuite que tous les phé-
nomènes qui dépendent de cette action , se ré-
solvent en un très-petit nombre de faits généraux
et simples ; et par là toute question physique de ce
genre est ramenée à une recherche d analyse mathé-
matique. J en ai conclu que pour déterminer en
nombre les mouvements les plus variés de la cha-
leur, il suffit de soumettre chaque substance à trois
observations fondamentales. En effet, les différents
a.
iv DISCOURS
corps ne possèdent point au même degré la faculté
de contenir la chaleur, de la recevoir , ou de la trans-
mettre à travers leur superficie, et de la conduire
dazis l'intérieur de la masse. Ce sont trois qualités
spécifiques que notre théorie distingue clairement,
et qu'elle apprend à mesurer.
Il est facile de juger comhien ces recherches inté-
ressent les sciences physiques et l'économie civile,
et quelle peut être leur influence sur les jjrogrès
des arts qui exigent l'emploi et la distribution du
feu. Elles ont aussi une relation nécessaire avec le
système du monde, et l'on connaît ces rapports, si
Ton considère les grands phénomènes qui s'accom-
plissent près de la surface du globe terrestre.
En effet , le rayon du soleil dans lequel cette pla-
nète est incessamment plongée, pénètre l'air, la
terre et les eaux; ses éléments se divisent, changent
de directions dans tous les sens , et pénétrant dans
la masse du globe, ils en élèveraient de plus en
plus la température moyenne , si cette chaleur
ajoutée n'était pas exactement compensée par celle
qui s'échappe en rayons de tous les points de la
superficie , et se répand dans les cieux.
Les divers climats, inégalement exposés à l'action
de la chaleur solaire, ont acquis après un temps
PRÉLIMINAIRE. • v
immense des températures propres à leur situation.
Cet effet est modifié par plusieurs causes accessoires ,
telles que l'élévation et la figure du sol, le voisinage
et l'étendue des continents et des mers, l'état de la
surface , la direction des vents.
L'intermittence des jours et des nuits, les alter-
natives des saisons occasionnent , dans la terre
solide, des variations périodiques qui se renou-
vellent chaque jour ou chaque année; mais ces
changements sont d'autant moins sensibles, que le
point où on les mesure est plus distant de la surface.
On ne peut remarquer aucune variation diurne à
la profondeur d'environ trois mètres; et les varia-
tions annuelles cessent d'être appréciables à une
profondeur beaucoup moindre que 60 mètres. La
température des lieux profonds est donc sensible-
ment fixe, dans un lieu donné; mais elle n'est pas
la même pour tous les points d'un même parallèle ;
en général, elle s élève lorsqu'on s'approche de
léquateur.
La chaleur que le soleil a communiquée au globe
terrestre, et qui a produit la diversité des climats,
est assujettie maintenant à un mouvement devenu
uniforme. Elle s'avance dans lintérieur de la masse
qu'elle pénètre toute entière, et eu même temps
vj DISCOURS
elle s'éloigne du plan de l'équateur, et va se perdre
dans l'espace à travers les contrées polaires.
Dans les hautes régions de l'atmosphère, l'air très-
rare et diaphane ne retient qu'une faible partie de
la chaleur des rayons solaires ; c'est la cause princi-
pale du froid excessif des lieux élevés. Les couches
inférieures, plus denses et plus échauffées par la
terre et les eaux, se dilatent, et s élèvent; elles se
refroidissent par l'effet même de la dilatation. Les
grands mouvements de l'air, comme les vents alizés
qui soufflent entre les tropiques , ne sont point
déterminés par les forces attractives de la hine et
du soleil. L'action de ces astres ne produit sur un
fluide^ aussi rare, à une aussi grande distance, que
des oscillations très-peu sensibles. Ce sont les chan-
gements des températures qui déplacent périodique-
ment toutes les parties de 1 atmosphère.
Les eaux de lOcéan sont différemment exposées
par leur surface aux rayons du soleil ; et le fond du
bassin qui les renferme est échauffé très -inégale-
ment, depuis les pôles jusqu'à l'équateur. Ces deux
causes, toujours présentes, et combinées avec la
gravité et la force centrifuge, entretiennent des
mouvements immenses dans l'intérieur des mers.
Elles en déplacent et en mêlent toutes les parties, et
PRELIMINAIRE. vij
produisent ces courants réguliers et généraux que
les navigateurs ont observés.
La chaleur rayonnante qui s'écliappe de la super-
ficie de tous les corps , et traverse les milieux élas-
tiques, ouïes espaces vides d'air, a des lois spéciales,
et elle concourt aux phénomènes les plus variés. On
connaissait déjà l'explication physique de plusieurs
de ces faits; la théorie mathématique que j'ai for-
mée en donne la mesure exacte. Elle consiste en
quelque sorte dans une seconde catoptrique qui a
ses théorèmes propres , et sert à déterminer par le
calcul tous les effets de la chaleur directe ou ré-
fléchie.
Cette énumération des objets principaux de la
théorie, fait assez connaître la nature des questions
que je me suis proposées. Quelles sont ces qualités
élémentaires que dans chaque substance il est
nécessaire d'observer, et quelles expériences sont
les plus propres à les déterminer exactement? Si des
lois constantes règlent la distribution de la chaleur
dans la miatière solide , quelle est lexpression mathé-
matique de ces lois ? et par quelle analyse peut-on
déduire de cette expression la solution complète des
questions principales?
Pourquoi les températures terrest res cessent-elles
viij DISCOURS
d'être variables à une profondeur si petite par rap-
port au rayon du globe ? Chaque inégalité du mou-
vement de cette planète devant occasionner au-des-
sous de la surface une oscillation de la chaleur
solaire , quelle relation y a-t-il entre la durée de la
période et la profondeur où les températures de-
viennent constantes ?
Quel temps a dû s'écouler pour que les climats
pussent acquérir les températures diverses c[u'ils
conservent aujourd'hui; et quelles causes peuvent
faire varier maintenant leur chaleur moyenne ?
Pourquoi les seuls changements annuels de la dis-
tance du soleil à la terre, ne causent-ils pas à la sur-
face de cette planète des changements très-considé-
rables dans les températures ?
A quel caractère pourrait- on reconnaître que le
globe terrestre n'a pas entièrement perdu sa chaleur
d origine ; et quelles sont les lois exactes de la déper-
dition ?
Si cette chaleur fondamentale n'est point totale-
ment dissipée, comme l'indiquent plusieurs obser-
vations , elle peut être immense à de grandes pro-
fondeurs, et toutefois elle na plus aujourd'hui au-
cune influence sensible sur la température moyenne
des climats. Les effets que Ion y observe sont dus à
PRÉLIMINAIRE. ix
l'action des rayons solaires. Mais indépendamment
de ces deux sources de chaleur, l'une fondamentale
et primitive , propre au globe terrestre , l'autre due
à la présence du soleil, n'y a-t-il point une cause plus
universelle, qui détermine la température du ciel,
dans la partie de l'espace qu'occupe maintenant le
système solaire ? Puisque les faits observés rendent
cette cause nécessaire , cpielles sont dans cette
question entièrement nouvelle les conséquences
dune théorie exacte? comment pourra-t-on déter-
nbiner cette valeur constante de la température de
l'espace, et en déduire celle qui convient à chaque
planète ?
Il faut ajouter à ces questions celles qui dépendent
des propriétés de la chaleur rayonnante. On connaît
t^îs-distinctement la cause physique de la réflexion
du froid, c est-à-dire de la réflexion d'une moindre
chaleur ; mais quelle est l'expression mathématique
de cet effet?
De quels principes généraux dépendent les tem-
pératures atmosphéricpies , soit que le thermomètre
qui les mesure reçoive immédiatement les rayons
du soleil, sur une surface métallique ou dépolie,
soit que cet instrument demeure exposé, durant la
nuit, sous un ciel exempt de nuages, au contact de
b
X DISCOURS
l'air, au rayonnement des corps terrestres, et à celui
des parties de l'atmosphère les plus éloignées et les
plus froides.
L'intensité des rayons qui s'échappent d'un point
de la superficie des corps échauffés variant avec leur
inclinaison suivant une loi que les expériences ont
indiquée, n'y a-t-il pas un rapport mathématique
nécessaire entre cette loi et le fait général de l'équi-
libre de la chaleur ; et quelle est la cause physique
de cette inégale intensité?
Enfin , lorsque la chaleur pénètre les masses
fluides, et y détermine des mouvements intérieurs,
par les changements continuels de température et
de densité de chaque molécule, peut-on encore ex-
primer, par des équations différentielles, les lois
d'un effet aussi composé; et quel changement ^
résulte-t-il dans les équations générales de l'hydro-
dynamique?
Telles sont les questions principales que jai ré-
solues, et qui n'avaient point encore été soumises
au calcul. Si l'on considère de plus les rapports
multipliés de cette théorie mathématique avec les-
usages civils et les arts techniques , on reconnaîtra
toute l'étendue de ses applications. Il est manifeste
quelle comprend une série entière de phénomènes
PRÉLIMINAIRE. xj
distincts, et qu'on ne pourrait eu omettre l'étude,
sans retrancher une partie notable de la science de
la nature.
Les principes de cette théorie sont déduits, comme
ceux de la mécanique rationnelle, d'un très -petit
nombre de faits primordiaux, dont les géomètres ne
considèrent point la cause, mais qu'ils admettent
comme résultant des observations communes et
confirmés par toutes les expériences.
Les équations différentielles de la propagation de
la chaleur expriment les conditions les plus géné-
rales , et ranièueiit les questions physiques à des pro-
blèmes d'analyse pure, ce qui est proprement l'objet
de la théorie. Elles ne sont pas moins rigoureuse-
ment démontrées que les équations générales de
r^uilibre et du mouvement. C est pour rendre cette
comparaison plus sensible, que nous avons toujours
préféré des démonstrations analogues à celles des
théorèmes qui servent de fondement à la statique et
à la dynamique. Ces équations subsistent encore,
mais elles reçoivent une forme différente, si elles
expriment la distribution de la chaleur lumineuse
dans les corps diaphanes, ouïes mouvements que
les changements de température et de densité occa-
sionnent dans l'intérieur des fluides. Les coefficients
h.
xij DISCOURS
qu'elles renferment sont sujets à des variations dont
la mesure exacte n'est pas encore connue; mais dans
toutes les questions naturelles qu'il nous importe le
plus de considérer, les limites des températures sont
assez peu différentes, pour que l'on puisse omettre
ces variations des coefficients.
Les équations du mouvement de la chaleur,
comme celles qui expriment les vibrations des corps
sonores , ou les dernières osciltations des liquides ,
appartiennent à une des branches de la science du
calcul les plus récemment découvertes, et qu'il im-
portait beaucoup de perfectionner. Après avoir établi
ces équations différentielles , il fallait en obtenir les
intégrales; ce qui consiste à passer d'une expression
commune, à une solution propre assujettie à toutes
les conditions données. Cette recherche difficile «xi-
geait une analyse spéciale , fondée sur des théorèmes
nouveaux dont nous ne pourrions ici faire con-
naître l'objet. La méthode qui en dérive ne laisse
rien de vague et d'indéterminé dans les solutions ;
elle les conduit jusqu'aux dernières applications
numériques, condition nécessaire de toute recher-
che, et sans laquelle on n'arriverait qu'à des trans-
formations inutiles.
Ces mêmes théorèmes qui nous ont fait connaître
PRÉLIMINAIRE. xiij
les intégrales des équations du mouvement de la
chaleur, s'appliquent immédiatement à des questions
d'analyse générale et de dynamique, dont on désirait
depuis long-temps la solution.
L'étude approfondie de la nature est la source la
plus féconde des découvertes mathématiques. Non-
seulement cette étude, en offrant aux recherches
un but déterminé, a favantage d exclure les ques-
tions vagues et les calculs sans issue ; elle est encore
un moyen assuré de former l'analyse elle-même, et
d'en découvrir les éléments qu'il nous importe le
plus de connaître, et que celte science doit toujours
conserver : ces éléments fondamentaux sont ceux
qui se reproduisent dans tous les effets naturels.
On voit, par exemple, qu'une même expression,
dont les géomètres avaient considéré les propriétés
abstraites, et qui sous ce rapport appartient à lana-
lyse générale, représente aussi le mouvement de la
lumière dans l'atmosphère , qu elle détermine les lois
de la diffusion de la chaleur dans la matière solide,
et qu'elle entre dans toutes les questions principales
de la théorie des probabilités.
Les équations analytiques, ignorées des anciens
géomètres, que Descartes a introduites le premier
dans létude des courbes et des surfaces, ne sont pas
xiv DISCOURS
restreintes aux propriétés des figures, et à celles qui
sont l'objet de la mécanique rationnelle; elles s'éten-
dent à tous les phénomènes généraux. Il ne peut y
avoir de langage plus universel et plus simple, plus
exempt d'erreurs et d'obscurités, c'est-à-dire plus
digne d'exprimer les rapports invariables des êtres
naturels.
Considérée sovis ce point de vue, l'analyse mathé-
matique est aussi étendue que la nature elle-même;
elle définit tous les rapports sensibles , mesure les
temps , les espaces , les forces , les températures ; cette
science difficile se forme avec lenteur, mais elle
conserve tous les principes qu'elle a une fois acquis;
elle s'accroit et s'affermit sans cesse au milieu de tant
de variations et d'erreurs de l'esprit humain.
Son attribut principal est la clarté'; elle n'a point
d^ signes pour exprimer les notions confuses. Elle
rapproche les phénomènes les plus divers , et
découvre les analogies secrètes qui les unissent.
Si la matière nous échappe comme celle de l'air
et de la lumière par son extrême ténuité, si les
corps sont placés loin de nous, dans l'immensité
de iespace, si Ihomme veut connaître le spectacle
des cieux pour des époques successives que sépare
un grand nombre de siècles, si les actions de la gra-
PRÉLIMINAIRE. x^
vite et de la clialeur s'exercent dans rintérleur du
globe solide à des profondeurs qui seront toujours
inaccessibles, l'analyse matbématique peut encore
saisir les lois de ces phénomènes. Elle nous les rend
présents et mesurables, et semble être une faculté
de la raison humaine destinée à suppléer à la briè-
veté de la vie et à l'imperfection des sens ; et ce qui
est plus remarquable encore, elle suit la même
marche dans létude de tous les phénomènes; elle
les interprète par le même langage, comme pour
attester l'unité et la simplicité du plan de l'univers,
et rendre encore plus manifeste cet ordre immuable
qui préside à toutes les causes naturelles.
Les questions de la théorie de la chaleur offrent
autant d'exemples de ces dispositions simples et
constantes qui naissent des lois générales de la
nature; et si l'ordre qui s établit dans ces phéno-
mènes pouvait être saisi par nos sens, ils nous cau-
seraient une impression comparable à celles des
résonances harmoniques.
Les formes des corps sont variées à l'infini; la dis-
tribution de la chaleur qui les pénètre peut être
arbitraire et confuse ; mais toutes les inégalités s'ef-
facent rapidement et disparaissent à inesure que le
temps s'écoule. La marche du phénomène devenue
xvj DISCOURS
plus régulière et plus simple, demeure enfin assu-
jettie à une loi déterminée qui est la même pour
tous les cas, et qui ne porte plus aucune empreinte
sensible de la disposition initiale.
Toutes les observations confirment ces consé-
quences. L'analyse dont elles dérivent sépare et ex-
prime clairement, i° les conditions générales, c'est-
à-dire celles qui résultent des propriétés naturelles
de la chaleur; 2° l'effet accidentel, mais subsistant,
de la figure ou de l'état des surfaces ; 3° l'effet non
durable de la distribution primitive.
Nous avons démontré dans cet ouvrage tous les
principes de la théorie de la chaleur, et résolu toutes
les questions fondamentales. On aurait pu les ex-
poser sous une forme plus concise, omettre les ques-
tions simples , et présenter d'abord les conséquences
les plus générales ; mais on a voulu montrer lorigine
même de la théorie et ses progrès successifs. Lorsque
cette connaissance est acquise , et que les principes
sont entièrement fixés , il est préférable d'employer
immédiatement les méthodes analytiques les plus
étendues, comme nous l'avons fait dans les recherches
ultérieures. C'est aussi la marche que nous suivrons
désormais dans les mémoires qui seront joints à cet
ouvi^age, et qui en forment en quelque sorte le com»
PRELIMINAIRE. xvij
le complément, et par là nous aurons concilié, au-
tant qu'il peut dépendre de nous, le développement
nécessaire des principes avec la précision qui con-
vient aux applications de l'analyse.
Ces mémoires auront pour objet la théorie de la
chaleur rayonnante, la question des températures
terrestres, celle de la température des habitations,
la comparaison des résultats théoriques avec ceux
que nous avons observés dans diverses expériences,
enfin la démonstration des équations différentielles
du mouvement de la chaleur dans les fluides.
L'ouvrage que nous publions aujourdhui a été
écrit depuis long-temps; diverses circonstances en
ont retardé et souvent interrompu limpression.
Dans cet intervalle, la science s'est enrichie d'obser-
vations importantes ; les principes de notre analyse,
que l'on n'avait pas saisis d'abord , ont été mieux
connus; on a discuté et confirmé les résultats que
nous en avions déduits. Nous avons appliqué nous-
mêmes ces principes à des questions nouvelles, et
changé la forme de quelques démonstrations. Les
retards de la publication auront contribué à rendre
l'ouvrage plus clair et plus complet.
Nos premières recherches analytiques sur la com-
munication de la chaleur, ont eu pour objet la dis-
xviij DISCOURSt-
tribution entre des masses disjointes; on les a con-
servées dans la section II du chapitre m. Les ques-
tions relatives aux corps continus, qui forment la
théorie proprement dite , ont été résolues plusieurs
années après ; cette théorie a été exposée pour la
première fois dans un ouvrage manuscrit remis
à l'Institut de France à la fin de Tannée 1807, et
dont il a été publié un extrait dans le bulletin
des Sciences ( Société philomatique , année 1808,
page 112). Nous avons joint à ce mémoire, et remis
successivement des notes assez étendues, concer-
nant la convergence des séries, la diffusion de la
chaleur dans un prisme infini , son émission
dans les espaces vides d'air , les constructions
propres à rendre sensibles les théorèmes princi-
paux , et l'analyse du mouvement périodique <à la
surface du globe terrestre. Notre second mémoire ,
sur la propagation de la chaleur, a été déposé aux
archives de llnstitut, le 28 septembre 181 1. Il est
formé du précédent et des notes déjà remises; on y
a omis des constructions géométriques, et des dé-
tails d'analyse qui n'avaient pas un rapport néce»-
saire avec la question physique, et Ion a ajouté
l'équation générale qui exprime l'état de la surface.
Ce second ouvrage a été livré à fimpressi'on dans le
PRELIMINAIRE. xix
cours de 1821, pour être inséré dans la collection
de l'Académie des Sciences. Il est imprimé sans
aucun chanirement ni addition ; le texte est littéra-
lement conforme au manuscrit déposé, qui fait
partie des archives de l'Institut.
On pourra trouver dans ce mémoire, et dans les
écrits qui l'ont précédé un premier exposé des
applications que ne contient pas notre ouvrage
actuel; elles seront traitées dans les mémoires sub-
séquens, avec plus d'étendue, et, s'il nous est pos-
sible, avec plus de clarté. Les résultats de notice
travail concernant ces mêmes questions, sont aussi
indiqués dans divers articles déjà rendus publics.
L'extrait inséré dans les Annales de chimie et de
physique fait connaitre l'ensemble de nos recher-
ches, (tom. III, pag. 35o, ann. 1816). Nous avons
publié dans ces annales deux notes séparées , con-
cernant la chaleur rayonnante, (tom. IV, pag. 128,
ann. 1817 et tom. VI , pag. 25g, ann. 181 7).
Divers autres articles du même recueil présentent
les résultats les plus constants de la théorie et des
observations; 1 utilité et l'étendue des connaissances
thermologiques ne pouvaient être mieux appréciées
que par les célèbres rédacteurs de ces annales.
On trouvera dans le bulletin des Sciences, (Soc.
XX DISCOURS,
philomat. , aun. i8i8,pag. i et anu. 1820, pag. 60)
1 extrait d'un mémoire sur la température constante
ou variable des habitations, et l'exjiosé des princi-
pales conséquences de notre analyse des tempéra-
tures terrestres.
M. Alexandre de Humboldt , dont les recherches
embrassent toutes les grandes questions de la phi-
losophie naturelle, a considéré sous un point de
vue nouveau et très - important , les observations
des températures propres aux divers climats. ( Mé-
moire sur les lignes isothermes. Société d'Arcueil,
tom. III, pag. 462); (Mémoire sur la limite infé-
rieure des neiges perpétuelles. Annales de Chimie
et de Physique^ tom. V, pag. 102, ann. 1817).
Quand aux équations différentielles du mouve-
ment de la chaleur dans les liquides , il en a été fait
mention dans l'histoire annuelle de l'Académie des
Sciences. Cet extrait de notre mémoire en montre
clairement l'objet et le principe. {^Analjse des tra-
vaux de l Académie des Sciences , par M. De Lambre ,
année 1820),
L'examen des forces répulsives que la chaleur
produit, et qui déterminent les propriétés statiques
des gaz, n'appartient pas au sujet analytique que
nous avons considéré. Cette question liée à la théo_
PRÉLIMINAIRE xxj
rie de la chaleur rayonnante vient d'être traitée par
1 illustre auteur de la Mécanique céleste à qui toutes
les branches principales de l'analyse mathématique
doivent des découvertes importantes. (Connaissance
des temps, pour les années 1824 et 182 5).
Les théories nouvelles, expliquées dans notre
ouvrage sont réunies pour toujours aux sciences
mathématiques, et reposent comme elles sur des
fondements invariables; elles conserveront tous les
éléments qu'elles possèdent aujourd'hui, et elles ac-
querront continuellement plus d'étendue. On per-
fectionnera les instruments et l'on multipliera les
expériences. L'analyse que nous avons formée sera
déduite de méthodes plus générales , c est-à-dire plus
simples et plus fécondes , communes à plusieurs
classes de phénomènes. On déterminera pour les sub-
stances solides ou liquides, pour les vapeurs et pour
les gaz permanents, toutes les qualités spécifiques re-
latives à la chaleur, et les variations des coefficients
qui les expriment. On observera, dans les divers lieux
du globe , les températures du sol à diverses profon-
deurs, l'intensité de la chaleur solaire, et ses effets,
ou constants ou variables, dans latmosphère, dans
l'Océan et les lacs; et Ton connaîtra cette tempéra-
ture constante du Ciel, qui est propre aux régions
xxij DISCOURS PRELIMINAIRE,
planétaires. La théorie elle-même dirigera toutes ces
mesures, et en assignera la précision. Elle ne peut
faire désormais aucun progrès considérable qui ne
soit fondé sur ces expériences ; car l'analyse mathé-
matique peut déduire des phénomènes généraux et
simples l'expression des lois de la nature; mais l'ap-
plication spéciale de ces lois à des effets très-
composés exige une longue suite d'observations
exactes.
^«<%««^^«A^
THÉORIE
DE
LA CHALEUR.
CHAPITRE PREMIER.
INTRODUCTION.
SECTION PREMIÈRE.
Exposition de l'objet de cet envisage. ."... .
6r
ART. I .
LiES effets de la chaleur sont assujétis à des lois constantes
que l'on ne peut découvrir sans le secoui's de l'analyse ma-
thématique. La Théorie que nous allons exposer a pour
objet de démontrer ces lois; elle réduit toutes les recherches
physiques, sur la propagation de la chaleur, à des questions
de calcul intégral dont les élémens sont donnés par l'expé-
rience. Aucun sujet n'a des rapports plus étendus avec les
progrès de l'industrie et ceux des sciences naturelles ; car
l'action de la chaleur est toujours présente, elle pénètre
I
a THÉORIE DE LA CHALEUR.
tous les corps et les espaces, elle influe sur les proce'de's des
arts , et concourt à tous les phénomènes de l'univers.
Lorsque la chaleur est inégalement distribuée entre les
difféï-ents points d'une masse solide, elle tend à se mettre
en équilibre , et passe lentement des parties plus échauffées
dans celles qui le sont moins; en même temps elle se dissipe
par la surfoce , et se perd dans le milieu ou dans le vide.
Cette tendance à une distribution uniforme, et cette émis-
sion spontanée qui s'opère à la surface des corps, changent
continuellement la température des différents points. La
question de la propagation de la chaleur consiste à déter-
miner quelle est la température de chaque point d'un corps
à un instant donné, en supposant que les températures ini-
tiales sont connues. Les exemples suivants feront connaître
plus clairement la nature de ces questions.
1.
Si l'on expose à l'action durable et uniforme d'un foyer
de chaleur vuie même partie d'un anneau métallique , d'un
grand diamètre, les molécules les plus voisines du foyer
s'échaufferont les premières, et, après un certain temps,
chaque point du solide aura acquis presque entièrement la
plus haute température à laquelle il puisse parvenir. Cette
limite ou maximum de température n'est pas la même pour
les différents points; elle est d'autant moindre qu'ils sont
plus éloignés de celui oii le foyer est immédiatement ap-
pliqué.
Lorsque les températures sont devenues permanentes , le
foyer transmet , à chaque instant , tme quantité de chaleur
qui compense exactement celle qui se dissipe par tous les
points de la surface extérieure de l'anneau.
CHAPITRE 1. 3
Si maintenant on supprime le foyer, la chaleur conti-
nuera de se propager dans l'intérieur du solide, mais celle
qui se perd dans le milieu ou dans le vide ne sera plus com-
pensée comme auparavant par le produit du foyer, en sorte
que toutes les températures varieront et diminueront sans
cesse, jusqu'à ce qu'elles soient devenues égales à celles du
milieu enAdronnant.
3. .: ,...., , .: •
Pendant que les températures sont permanentes et que le
fover subsiste, si Ion élève, eu chaque point de la circonfé-
rence moyenne de l'anneau , une ordonnée perpendiculaire
au plan de l'anneau, et dont la longueur soit proportion-
nelle à la température fixe de ce point, la ligne courbe qui
passerait par les extrémités de ces ordonnées représentera
l'état permanent des températures, et il est très-facile de
déterminer par le calcul la nature de cette ligne. Il faut re-
marquer que l'on suppose à l'anneau une épaisseur assez
petite pour que tous les points d'une même section perpen-
diculaire à la circonférence moyenne aient des températures
sensiblement égales. Lorsqu'on aura enlevé le foyer, la ligne
qui termine les ordonnées proportionnelles aux tempéra-
tures des différents points , changera continuellement de
forme. La question consiste à exprimer, par une équation,
la forme variable de cette courbe, et à comprendre ainsi
dans une seule formule tous les états successifs du solide.
Soit z la température fixe d'un point m de la circonférence
moyenne^ :r la distance de ce point au foyer, c'est-à-dire la
longueur de l'arc de la circonférence moyenne compris entre
le point m et le point o , qui cori'espond à la position du
I.
4 THEORIE DE LA CHALEUR.
foyer; z est la plus haute température que le point m puisse
acque'rir en vertu de l'action constante du foyer, et cette
température permanente ;: est une fonction /(j:;) de la dis-
tance X. La première partie de la question consiste à de'ter-
miner la fonction /(.r) qui représente l'état permanent du
solide.
On considérera ensuite l'état variable qui succède au pré-
cédent, aussitôt que l'on a éloigné le foyer; on désignera
par t le temps écoulé depuis cette suppression du foyer, et
par V la valeur de la température du point m après le temps
t. La quantité v sera une certaine fonction F [x,() de la dis-
tance X et du temps t ; l'objet de la c[uestion est de décou-
vrir cette fonction F {x,i) dont on ne connaît encore que la
valeur initiale qui est/"^, en sorte c^ue l'on doit avoir l'équa-
tion de conditionyo^^F {x,6).
5.
Si l'on place une masse solide homogène, de formé sphé-
rique ou cubique, dans un milieu entretenu à une tempé-
rature constante , et qu'elle y demeure très -long -temps
plongée , elle acquerra dans tous ses points une tempéra-
ture très-peu différente de celle du fluide. Supposons qu'on
l'en retire pour la transporter dans un milieu plus froid , la
chaleur commencera à se dissiper par la surface ; les tempé-
ratures des différents points de la masse ne seront plus sen-
siblement les mêmes, et si on la suppose divisée en une
infinité de couches par des surfaces parallèles à la surface
extérieure, chacune de ces couches transmettra, dans un
instant, une certaine quantité de chaleur à celle qui l'enve-
loppe. Si l'on conçoit que chaque molécule porte un ther-
momètre séparé, qui indique à chaque instant sa tempéra-
CHAPITRE J. 5
ture, rëtat du solide sera continuellement représente par
le système variable de toutes ces hauteurs tliermométriques.
Il s'agit d'exprimer les états successifs par des formules ana-
lytiques, en sorte que l'on puisse connaître, pour un in-
stant donné, la température indiquée par chaque thermo-
mètre, et comparer les c[uantités de chaleur qui s'écoulent,
dans le même instant, entre deux couches contiguës, ou
dans le milieu environnant.
6.
Si la masse est sphérique, et que l'on désigne par a- la
distance d'un point m de cette masse au centre de la sphère ,
par t le temps écoulé depuis le commencement du refroidis-
sement, et par v la température variable du point 771, il est
facile de voir que tous les points placés à la même distance x
du centre ont la même température v. Cette quantité v est
une certaine fonction F {x,t) du rayon ce et du temps écoulé
t; elle doit être telle, qu'elle devienne constante, quelle que
soit la valeur de oc, lorsqu'on suppose celle de t nulle; car,
d'après l'hypothèse , la température de tous les points est la
même au moment de l'émersion. La question consiste à dé-
terminer la fonction de x et de t qui exprime la valeur de v.
On considérera ensuite cjue, pendant la durée du refroi-
dissement , il s'écoule à chaque instant , par la surface exté-
rieure, une certaine quantité de chaleur qui passe dans le
milieu. La valeur de cette cpantité n'est pas constante; elle
est plus grande au commencement du refroidissement. Si
l'on se représente aussi l'état variable de la surface sphé-
rique intérieure dont le rayon est x, on reconnaît facile-
ment qu'il doit y avoir, à chaque instant, une certaine
6 THEORIE DE LA CHALEUR.
quantité de chaleur qui traverse cette surface et passe dans
la partie de la masse qui est plus éloigne'e du centre. Ce flux
continuel de chaleur est variable comme celui de la surface
extérieure , et l'un et l'autre sont des quantités comparables
entre elles; leurs rapports sont des nombres dont les valeurs
variables sont des fonctions de la distance x et du temps
écoulé t. Il s'agit de déterminer ces fonctions.
8.
Si la masse échauffée par une longue immersion dans un
milieu, et dont on veut calculer le refroidissement, est de
forme cubique, et si l'on détermine la position de chaque
point m par trois coordonnées rectangulaires x , y , z, en
prenant pour origine le centre du cube, et pour axes les
lignes perpendiculaires aux faces , on voit que la tempéra-
ture v du point m, après le temps écoulé t, est une fonction
des quatre variables x , j, z cl t. Les quantités de chaleur
qui s'écoulent à chaque instant, par toute la surface exté-
rieure du solide , sont variables et comparables entre elles ;
leurs rapports sont des fonctions analytiques qui dépendent
du temps t, et dont il faut assigner l'expression.
9-
Examinons aussi le cas où un prisme rectangulaire d'une
assez grande épaisseur et d'une longueur infinie, étant assu-
jéti, par son extrémité, à une température constante, pen-
dant cjue l'air environnant conserve une température moin-
dre, est enfin parvenu à un état fixe qu'il s'agit de connaître.
Tous les points de la section extrême qui sert de base au
prisme ont, par hypothèse, une température commune et
permanente. Il n'en est pas de même d'une section éloignée
du foyer; chacun des points de cette surface rectangulaire.
CHAPITRE I. rj
parallèle à la base, a acquis une température fixe, mais qui
n'est pas la même pour les clilïérents points d'une même
section, et qui doit être moindre pour les points les plus
voisins de la surface exposée à l'air. On voit aussi qu'il
s'écoule à chaque instant , à travers une section donnée ,
une certaine quantité de chaleur qui demeure toujours la
même, puisque létat du solide est devenu constant. La
question consiste à déterminer la température permanente
d'un point donné du solide, et la cjuantité totale de chaleur
qui , pendant un temps déterminé , s'écoule à travers une
section dont la position est donnée. .:
lO.
Prenons pour origine des coordonnées x , y^ z, le centre
de la base du prisme , et pour axes rectangulaires , l'axe
même du prisme et les deux perpendiculaires sur les faces
latérales : la température permanente v du point m , dont
les coordonnées sont x , y, z, est une fonction de trois va-
riables F {x,y, z); elle reçoit, par hypothèse, une valeur
constante, lorsque Ton suppose x nulle, cpielles cpie soient
les valeurs de y et de ;:. Supposons que l'on prenne pour
unité la quantité de chaleur qui, pendant l'unité de temps,
sortirait d'une superficie égale à l'unité de surface, si la
masse échauffée, que cette superficie termine, et qui est
formée de la même substance que le prisme, était continuel-
lement entretenue à la température de l'eau bouillante, et
plongée dans fair atmosphérique entretenu à la température
de la glace fondante. On voit c[ue la cjuantité de chaleur cjui,
dans fétat permanent du prisme rectangulaire, s'écoule,
pendant l'unité de temps, à travers une certaine section
perpendiculaire à l'axe, a un rapport déterminé avec la
8 THEORIE DE LA CHALEUR.
quantité de chaleur prise pour unité. Ce rapport n'est pas
le même pour toutes les sections ; il est une fonction 9 (x)
de la distance x, à laquelle une section est placée; il s'agit de
trouver l'expression analytique de la fonction <p {x).
1 1.
Les exemples précédents suffisent pour donner une idée
exacte des diverses questions que nous avons traitées.
La solution de ces questions nous a fait connaître que
les effets de la propagation de la chaleur dépendent, pour
chaque substance solide, de trois qualités élémentaires, qui
sont la capacité de chaleur, la conducibilité propre, et la
conducibilité extérieure. On a observé que si deux corps
de même volume et de nature différente ont des tempéra-
tures égales, et qu'on leur ajoute une même cjuantité de
chaleur , les accroissements de température ne sont pas les
mêmes ; le rapport de ces accroissements est celui des capa-
cités de chaleur. Ainsi le premier des trois éléments spéci-
fiques qui règlent l'action de la chaleur est exactement défini,
et les physiciens connaissent depuis long-temps plusieurs
moyens d'en déterminer la valeur. Il n'en est pas de même
des deux autres ; on en a souvent observé les effets , mais il
n'y a qu'une théorie exacte qui puisse les bien distinguer,
les définir et les mesurer avec précision. La conducibilité
propre ou intérieure d'un corps exprime la facilité avec
laquelle la chaleur s'y propage en passant d'une molécule
intérieure à une autre. La conducibilité extérieure ou relative
d'un corps solide dépend de la facilité avec laquelle la cha-
leur en pénètre la surface, et passe de ce corps dans un
milieu donné , ou passe du milieu dans le solide. Cette der-
nière propriété est modifiée par l'état plus ou moins poli de
CHAPITRE I. 9
la surperficie; elle varie aussi selon le milieu ùans lequel le
corps est ])longe ; mais la conducibilitë propre ne peut
changer qu'avec la nature du solide.
Ces trois qualités élémentaires sont représentées dans nos
formules par des nombr.es constants, et la théorie indique
elle-même les expériences propres à en mesurer la valeur.
Dès qu'ils sont déterminés, toutes les questions relatives à la
propagation de la chaleur ne dépendent que de l'analyse
numérique. La connaissance de ces propriétés spécifiques
peut être immédiatement utile dans plusieurs applications
des sciences physiques; elle est d'ailleurs un élément de
l'étude et de la description des divei'ses substances. C'est
connaître très-imparfaitement les corps, que d'ignorer les
rapports qu'ils ont avec un des principaux agents de la
nature. En général, il n'y a aucune théorie mathématique
qui ait plus de rapport que celle-ci avec féconomie pu-
blique , puisqu'elle peut servir à éclairer et à perfectionner
l'usage des arts nombreux qui sont fondés sur l'emploi de
la chaleur.
12.
La question des températures terrestres offre une des plus
belles applications de la théorie de la chaleur; voici l'idée
générale que l'on peut s'en former. Les différentes parties de
la surface du globe sont inégalement exposées cà l'impression
des rayons solaires; l'intensité de cette action dépend de la
latitude du lieu; elle change aussi pendant la durée du jour
et pendant celle de l'année, et est assujétie à d'autres inéga-
lités moins sensibles. Il est évident qu'il existe, entre cet
état variable de la surftice et celui des températures inté-
rieures, une relation nécessaire que l'on peut déduire de la
lo THEORIE DE LA CHALEUR.
théorie. On sait qu'à une certaine profondeur au-dessous de
la surface de la terre, la température n'éprouve aucune va-
riation annuelle dans un lieu donné : cette température per-
manente des lieux profonds est d'autant moindre, que le
lieu est plus éloigné de réquateur..On peut donc faire abs-
traction de l'enveloppe extérieure, dont l'épaisseur est in-
comparablement plus petite que le rayon terrestre , et
regarder cette planète comme une masse presque spbérique,
dont la surface est assujétie à une température qui demeure
constante pour tous les points d'un parallèle donné, mais
qui n'est pas la même pour un autre parallèle. Il en résulte
que chaque molécule intérieure a aussi une température fixe
déterminée par sa position. La question mathématique con-
sisterait à connaître la température fixe d'un point donné,
et la loi que suit la chaleur solaire en pénétrant dans l'inté-
rieur du globe.
Cette diversité des températures nous intéresse davantage,
si l'on considère les changements qui se succèdent dans l'en-
veloppe même dont nous habitons la superficie. Ces alter-
natives de chaleur et de froid, qui se reproduisent chaque
jour et dans le cours de chaque année, ont été jusqu'ici
l'objet d'observations multipliées. On peut aujourd'hui les
soumettre au calcul , et déduire d'une Théorie commune
tous les faits particuliers que l'expérience nous avait ap-
pris. Cette question se réduit à supposer que tous les points
dé la surface d'une sphère immense sont affectés de tem-
pératures périodiques ; l'analyse fait ensuite connaître sui-
vant quelle loi l'intensité des variations décroît à mesure
que la profondeur augmente; quelle est, pour une profon-
deur donnée, la quantité des changements annuelis ou
CHAPITRE I. II
diurnes, 1 époque de ces changements , et comment la valeur
fixe de la température souterraine se déduit des tempéra-
tures variables observées à la surface.
i3.
Les équations générales de la propagation de la chaleur
sont aux différences partielles , et quoique la forme en soit
très-simple, les méthodes connues ne fournissent aucun
moyen général de les intégrer; on ne pourrait donc pas
en déduire les valeurs des températures après un temps
déterminé. Cette interprétation numérique des résultats du
"calcul est cependant nécessaire, et c'est un degré de per-
fection qu'il serait très-important de donner à toutes les
applications de l'analyse aux sciences naturelles. On peut
dire que tant qu'on ne l'a pas obtenu, les solutions de-
meurent incomplètes ou inutiles, et que la vérité qu'on se
proposait de découvrir n'est pas moins cachée dans les for-
mules d'analyse, qu'elle ne l'était dans la question physique
elle-même. Nous nous sommes attachés avec beaucoup de
soin, et nous sommes parvenus à surmonter cette difficulté
dans toutes les questions que nous avons traitées , et qui
contiennent les éléments principaux de la Théorie de la
chaleur. Il n'y a aucune de ces questions dont la solution
ne fournisse des moyens commodes et exacts de trouver
les valeurs numériques des températures acqftises, ou celles
des quantités de chaleur écoulées, lorsqu'on connaît les va-
leurs du temps et celles des coordonnées variables. Ainsi
l'on ne donnera pas seulement les équations différentielles
auxquelles doivent satisfaire les fonctions qui expriment
les valeurs des températures ; on donnera ces fonctions
2.
,ra THÉORIE DE LA CHALEUR.
elles-mêmes sous une forme qui facilite les applications
numériques.
Pour que ces solutions fussent gene'rales et qu'elles eussent
une étendue équivalente à celle de la question , il était
nécessaire qu'elles pussent convenir avec l'état initial des
températures qui est arbitraire. L'examen de cette condition
fait connaître que l'on peut développer en séries conver-
gentes, ou exprimer par des intégrales définies, les fonc-
tions cjui ne sont point assujéties à une loi constante, et
qui représentent les ordonnées des lignes irrégulières ou
discontinues. Cette propriété jette lui nouveau jour sur la M
Théorie des équations aux différences partielles, et étend 1
l'usage des fonctions arbitraires en les soumettant aux pro-
cédés ordinaires de l'analyse. ,
i5.
Il restait encore à comparer les faits avec la Théorie. On
a entrepris, dans cette vue, des expériences variées et pré-
cises, dont les résultats sont conformes à ceux du calcul,
et lui donnent une autorité qu'on eût été porté à lui re-
foser dans une matière nouvelle , et qui paraît sujette à tant
d'incertitudes. Ces expériences confirment le principe dont
on est parti , et qui est adopté de tous les physiciens ,
malgré la diversité de leurs hypothèses sur la nature de la
chaleur.
i6.
L'équilibre de température ne s'opère pas seulement par
la voie du contact, il s'établit aussi entre les corps séparés
les uns des autres, et qui demeurent long - temps placés
!
CHAPITPxE 1. i3
dans un même lieu. Cet effet est indépendant du contact
du milieu ; nous l'avons observé dans des espaces entière-
ment vides d'air. Il fallait donc , pour compléter notre
Théorie, examiner les lois que suit la chaleur rayonnante
en s'éloignant de la superficie des corps. Il résulte des ob-
servations de plusieurs physiciens et de nos propres expé-
riences, que l'intensité des différents rayons qui sortent,
dans tous les sens, de chaque point de la superficie d'un
corps échauffé, dépend de l'angle que fait leur direction
avec la surface dans ce même point. Nous avons démon-
tré que l'intensité de chacjue rayon est d'autant moindre,
qu'il fait avec l'élément de la surface un plus petit angle, et
qu'elle est proportionnelle au sinus de cet angle. Cette loi
générale de l'émission de la chaleur, que diverses obser-
vations avaient déjà indiquée, est une conséquence néces-
saire du principe de l'équilibre des températures et des
lois de la propagation de la chaleur dans les corps solides.
Telles sont les questions principales que l'on a traitées
dans cet ouvrage ; elles sont toutes dirigées vers un seul
but , qui est d'établir clairement les principes mathéma-
tiques de la Théorie de la chaleur, et de concourir ainsi aux
pi'ogrès des arts utiles et à ceux de l'étude de la nature.
On aperçoit par ce cjui précède, qu'il existe ime classe
très-étendue de phénomènes qui ne sont point produits par
des forces mécaniques , mais qui résultent seulement de la
présence et de l'accumulation de la chaleur. Cette partie
de la philosophie naturelle ne peut se rapporter aux théo-
ries dynamiques , elle a des principes qui lui sont propres,
/
i4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
et elle est fondée sur une méthode semblable à celle des
autres sciences exactes. Par exemple, la chaleur solaire qui pé-
nètre l'intérieur du globe , s'y distribue suivant une loi régu-
lière qui ne dépend point de celles du mouvement, et ne peut
être déterminée par les principes de la mécanique. Les
dilatations que produit la force répulsive de la chaleur, et
dont l'observation sert à mesurer les températures, sont,
à la vérité, des effets dynamiques; mais ce ne sont point
ces dilatations que l'on calcule , lorsqu'on recherche les
lois de la propagation de la chaleur.
i8.
Il y a d'autres effets naturels plus composés , qui dépen-
dent à-la-fois de l'influence de la chaleur et des forces at-
tractives : ainsi les variations de température que les mou-
vements du soleil occasionnent dans l'atmosphère et dans
l'Océan, changent continuellement la densité des différentes
parties de l'air et des eaux. L'effet des forces auxquelles
ces masses obéissent est modifié à chaque instant par une
nouvelle distribution de la chaleur, et l'on ne peut douter
que cette cause ne produise les vents réguliers et les prin-
cipaux courants de la mer; les attractions solaire et lu-
naire n'occasionnent dans l'atmosphère que des mouvements
peu sensibles , et non des déplacements généraux. Il était
donc nécessaire, pour soumettre ces grands phénomènes
au calcul, de découvrir les lois mathématiques de la propa-
gation de la chaleur dans l'intérieur des masses.
19-
On connaîtra, par la lecture de cet ouvrage, que la cha-
leur affecte dans les corps une disposition régulière, indé-
CHAPITRE I. i5
pendante de la distribution primitive, que l'on peut re-
garder comme arbitraire.
De quelque manière que la chaleur ait d'abord été ré-
partie, le système initial des températures s'altérant de plus
en plus, ne tarde point à se confondre sensiblement avec
un état déterminé cjui ne dépend que de la figure du so-
lide. Dans ce dei-nier état, les températures de tous les
points s'abaissent en même temps, mais conservent entre
elles les mêmes rapports ; c'est pour exprimer cette pro-
priété que les formules analytiques contiennent des termes
composés d'exponentielles et de quantités, analogues aux
fonctions trigonométriques.
Plusieurs questions de mécanique présentent des résul-
tats analogues, tels que l'isochronisme des oscillations, la
résonnance multiple des corps sonores. Les expériences
communes les avaient fait remarquer , et le calcul en a
ensuite démontré la véritable cause. Quant à ceux cjui dé-
pendent des changements de température , ils n'auraient pu
être reconnus cpie par des expériences très - précises ; mais
l'analyse mathématique a devancé les observations, elle sup-
plée à nos sens , et nous rend en quelque sorte , témoins
des mouvements réguliers et harmoniques de la chaleur dans
l'intérieur des corps.
20.
Ces considérations offrent un exemple singulier des rap-
ports qui existent entre la science abstraite des nombres
et les causes naturelles.
Lorsqu'une barre métallique est exposée par son extré-
mité à l'action constante d'un foyer , et que tous ses points
ont acquis leur plus haut degré de chaleur , le système des
i6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
températures fixes correspond exactement à une table de
logarithmes ; les nombres sont les élévations des thermo-
mètres placés aux différents points , et les logarithmes sont
les distances de ces points au foyer. En général, la cha-
leur se répartit d'elle-même dans l'intérieur des solides,
suivant une loi simple exprimée par une équation aux
différences partielles, commune à des questions physicjues
d'un ordre différent. L'irradiation de la chaleur a une re-
lation manifeste avec les tables de sinus; car les rayons qui
sortent d'un même point d'une surface échauffée, diffèrent
beaucoup entre eux, et leur intensité est rigoureusement
proportionnelle au sinus de l'angle qvie fait leur direction
avec l'élément de la surface. Si l'on pouvait observer pour
chaque instant et en chaque point d'une masse solide ho-
mogène, les changements de température, on retrouverait
dans la série de ces observations les propriétés des séries
récurrentes, celle des sinus et des logarithmes; on les re-
marquerait, par exemple, dans les variations diurnes ou
annuelles des températures des différents points du globe
terrestre, qui sont voisins de la surface.
On reconnaîti'ait encore les mêmes résultats et tous les
éléments principaux de l'analyse générale dans les vibra-
tions des milieux élastic|ues, dans les propriétés des lignes
ou des surfaces courbes, dans les mouvements des astres,
et ceux de la lumière ou des fluides. C'est ainsi que les
fonctions obtenues par des différentiations successives, et
qui servent au développement des séries infinies et à la
résolution numérique des équations , correspondent aussi
a des propriétés physiques. La première de ces fonctions,
ûu la fluxion proprement dite, exprime, dans la géométrie.
CHAPITTxE 1. 17
rinclinaison de la tangente des lignes courlies, et dans la
dynamique, la vitesse du mol^ile pendant le mouvement
varie : elle mesure dans la théorie de la chaleur la quantité,
qui s'écoule en chaque point d'un corps à travers une sur-
face donnée. L'analyse mathématique a donc des rapports
nécessaires avec les phénomènes sensibles ; son objet n'est
point créé par l'intelligence de l'homme, il est un élément
préexistant de l'ordre universel, et n'a rien de contingent
et de fortuit ; il est empreint dans toute la nature.
21.
Des observations plus précises et plus variées feront con-
naître par la suite si les effets de la chaleur sont modifiés
par des causes que l'on n'a point aperçues jusqu'ici , et la
théorie acquerra une nouvelle perfection par la comparaison
continuelle de ses résultats avec ceux des expériences ; elle
expliquera des phénomènes importants que l'on ne pouvait
point encore soumettre au calcul ; elle apprendra à déter-
miner tous les effets thei-mométriques des rayons solaires,
les températures fixes ou variables que fou observerait à
différentes distances de l'équateur, dans l'intérieur du globe
ou hors des limites de l'atmosphère, dans lOcéan ou dans
les difféientes régions de fair. On en déduira la connais-
sance mathématique des grands mouvements qui résultent
de l'influence de la chaleur combinée avec celle de la gra-
vité. Ces mêmes principes serviront à mesurer la conducibi-
lité propre ou relative des différents corps, et leur capacité
spécifique, à distinguer toutes les causes qui modifient l'émis-
sion de la chaleur à la surface des solides, et à perfectionner
les instruments thermométriques. Cette théorie excitera dans
. 3
i8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
tous les temps l'attention des géomètres , par l'exactitude
rigoureuse de ses éléments et les difficultés d'analyse qui lui
sont propres, et sur-tout par l'étendue et l'utilité de ses ap-
plications ; car toutes les conséquences qu'elles fournit inté-
ressent la physique générale , les opérations des arts, les
usages domestiques ou l'économie civile.
SECTION IL
Notions générales , et définitions préliminaires.
22.
On ne pourrait former que des hypothèses incertaines
sur la nature de la chaleur , mais la connaissance des lois
mathématiques auxquelles ses effets sont assujétis est indé-
pendante de toute hypothèse ; elle exige seulement l'examen
attentif des faits principaux que les observations communes
ont indiqués , et qui ont été confirmés par des expériences
précises.
Il est donc nécessaire d'exposer, en premier lieu, les ré-
sultats généraux des observations , de donner des définitions
exactes de tous les éléments du calcul , et d'établir les prin-
cipes sur lesquels ce calcul doit être fondé.
L'action de la chaleur tend à dilater tous les corps so-
lides, ou liquides, ou aériformes; c'est cette propriété qui
rend sa présence sensible. Les solides et les liquides aug-
mentent de volume, si l'on augmente la quantité de chaleur
qu'ils contiennent; ils se condensent, si on la diminue.
Lorsque toutes les parties d'un corps solide homogène,
par exemple, celles dune masse métallique, sont également
CHAPITRE I. 19
échauffées, et qu'elles conservent, sans aucun changement,
cette même quantité de chaleur, elles ont aussi et conser-
vent une même densité. On exprime cet état en disant cjue,
dans toute l'étendue de la masse , les molécules ont une
tempéi^ature commune et permanente.
23.
Le thermomètre est un corps dont on peut apprécier faci-
lement les moindres changements de volume; il sert à mesu-
rer les températures par la dilatation des liquides , ou par
celle de l'air. Nous supposons ici que l'on connaît exactement
la construction , l'usage et les propriétés de ces instruments.
La température d'un corps dont toutes les parties sont égale-
ment échauffées , et qui conserve sa chaleur , est celle qu'in-
dique le thermomètre , s'il est et s'il demeure en contact par-
fait avec le corps dont il s'agit.
Le contact est parfait lorsque le thermomètre est entière-
ment plongé dans une masse liquide, et, en général, lors-
qu'il n'y a aucun point de la surface extérieure de cet instru-
ment qui ne touche un des points de la masse solide ou
fluide dont on veut mesurer la température. Il n'est pas
toujours nécessaire, dans les expériences, que cette condition
soit rigoureusement observée; mais on doit la supposer pour
que la définition soit exacte.
oA.
On détermine devrx températures fixes, savoir : la tempé-
rature de la glace fondante, qui est désignée par o, et la
température de l'eau bouillante que nous désignerons par i :
on suppose que l'ébuUition de l'eau a lieu sous une pression
de l'atmosphère représentée par une certaine hauteur du
- 3.
ao THEORIE DE LA CHALEUR.
baromètre ( 76 centimètres) , le mercure du baromètre étant
à la température o.
25.
On mesure les différentes quantités de chaleur en déter-
minant combien de fois elles contiennent une quantité que
l'on a fixée et prise pour unité. On suppose qu'une masse
de glace d'un poids déterminé (un kilogramme) soit à la
température o, et que, par l'addition d'une certaine quan-
tité de clialeur, on la convertisse en eau à la même tempé-
rature o : cette quantité de cbaleur ajoutée est la mesure
prise pour unité. Ainsi la quantité de chaleur exprimée par
un nombre C contient un nombre C de fois la quantité
nécessaire pour résoudre un kilogramme de glace cjui a la
température zéro , en une inasse d'eau qui a la même tem-
pérature zéro.
26.
Pour élever une masse métallique d'un certain poids, par
exemple, un kilogramme de fer, depuis la température o
jusqu'à la température i , il est nécessaire d'ajouter une
nouvelle c[uantité de chaleur à celle qui était déjà contenue
dans cçtte masse. Le nombre C, qui désigne cette quantité
de chaleur ajoutée, est la capacité spécifique de chaleur du
fer; le nombre C a des valeurs très-différentes polir les diffé-
rentes substances.
Si un corps d'une nature et d'un poids déterminés (un
kilogramme de mercure) occupe le volume V, étant à la
température o , il occupera un volume plus grand V + A ,
lorsqu'il aura acquis la température i , c'est-à-dire lorsqu'on
CHAPITRE i. ■j.i
aura augmenté la chaleur qu'il contenait étant à la tempe'-
rature o, d'une nouvelle quantité C, égale à sa capacité
spécifique de chaleur. Mais si, au lieu d'ajouter cette quan-
tité C, on ajoute s C (z étant un nombre positif ou négatif),
le nouveau volume sera V + .^, au lieu d'être V + A. Or
les expériences font connaître que si z est égal à ^, l'ac-
croissement de volume ^ est seulement la moitié de l'accrois-
sement total A, et qvi'en général, la valeur de ^ est z A, lors-
que la quantité de chaleur ajoutée est z C.
28.
Ce rapport z des deux quantités de chaleur ajoutées r; C et
C , qui est aussi celui des deux accroissements de volume ^
et A, est ce que l'on nomme la température ; ainsi le nombre
qui exprime la température actuelle d'un corps représente
l'excès de son volume actuel sur le volume qu il occuperait
à la température de la glace fondante, l'unité représentant
l'excès total du volume qui correspond à l'ébullition de l'eau,
sur le volume qui correspond à la glace fondante.
Les accroissements de volume des corps sont en général
proportionnels aux accroissements des quantités de chaleur
qui produisent les dilatations ; il faut remarquer que cette
proposition n'est exacte que dans les cas oii les corps dont
il s'agit sont assujétis à des températures éloignées de celles
qui déterminent leur changement d'état. On ne serait point
fondé à appliquer ces résultats à tous les liquides; et, à
l'égard de l'eau en particulier, les dilatations ne suivent
point toujours les augmentations de chaleur.
En général , les températures sont des nombres propor-
tionnels aux quantités de chaleur ajoutées, et dans les cas
^
23 THÉORIE DE LA CHALEUR.
que nous considérons, ces nombres sont aussi proportionnels
aux accroissements du volume.
3o.
Supposons qu'un corps termine' par une surface 'plane
d'une certaine étendue (un mètre carré) soit entretenu d'une
manière cpielconque à une température constante i , com-
mune à tous ses points, et que la surface dont il s'agit soit
en contact avec l'air, maintenu à la température o : la cha-
leur qui s'écovdera continuellement par la surface , et passera
dans le milieu environnant, sera toujours remplacée par celle
qui provient de la cause constante à l'action de laquelle le
corps est exposé ; il s'écoulera ainsi par la surface , pendant
un temps déterminé (une minute), une certaine quantité de
chaleur désignée par h. Ce produit A, d'un flux continuel et
toujours semblable à lui-même, qui a lieu pour une unité
de surface à une température fixe, est la mesure de la con-
ducibilité extérieure du corps, c'est-à-dire, de la facilité
avec laquelle sa surface transmet la chaleur à l'air atmosphé-
rique.
On suppose que l'air est continuellement déplacé avec
une vitesse uniforme et donnée; mais si la vitesse du courant
augmentait , la quantité de chaleur qui se communique au
milieu varierait aussi ; il en serait de même si l'on augmentait
la densité de ce milieu.
3t.
Si l'excès de la température constante du corps sur la
températui'e des corps environnants, au lieu d'être égale
à I, comme on l'a supposé, avait une valeur moindre, la
(juantité de chaleur dissipée serait moindre que h. Il résulte
des observations, comme on le verra par la suite, que cette
CHAPITRE I. 23
quantité de chaleur perdue peut être regardée comme sen-
siblement proportionnelle à l'excès de la température du
corps sur celle de l'air et des corps environnants. Ainsi la
quantité h ayant été déterminée par une expérience dans
laquelle la surface échauffée est à la température i , et le
milieu à la température o ; on en conclut qu'elle aurait la
valeur hz, si la température de la surface était z, toutes les
autres circonstances demeurant les mêmes. On doit admettre
ce résultat lorsque z est une petite fraction.
32.
La valeur h de la quantité de chaleur cjui se dissipe à
travers la surface échauffée, est différente pour les différents
corps; et elle varie pour un même corps, suivant les divers
états de la surface. L'effet de l'irradiation est d'autant moin-
dre, que la surface échauffée est plus polie ; de sorte qu'en
faisant disparaître le poli de la surface, on augmente consi-
dérablement la valeur de h. Un corps métallique échauffé se
refroidira beaucoup plus vite, si l'on couvre sa surface exté-
rieure d'un enduit noir, propre à ternir entièrement l'état
métallique.
33.
Les rayons de chaleur qui s'échappent de la surface d'un
corps, parcourent librement les espaces vides d'air; ils se
propagent aussi dans l'air atmosphérique : leur direction
n'est point troublée par les agitations de l'air intermédiaire:
ils peuvent être réfléchis, et se réunissent aux foyers des mi-
roirs métalliques. Les corps dont la température est élevée,
et que l'on plonge dans un liquide , n'échauffent immédia-
tement que les parties de la masse qui sont en contact avec
leur surface. Les molécules, dont la distance à cette surface
24 THEORIE DE LA CHALEUR.
n'est pas extrêmement petite, ne reçoivent point de chaleur
directe; il n'en est pas de même des fluides aériformes; les
rayons de chaleur s'y portent avec une extrême rapidité à
des distances considérables , soit qu'une partie de ces rayons
traverse librement les couches de l'air, soit que celles-ci se
les transmettent subitement sans en altérer la direction.
34.
Lorsque le corps échauffé est placé dans un air qui con-
serve sensiblement une température constante , la chaleur
qui se communique à l'air rend plus légère la couche de ce
fluide voisine de la surface ; cette couche s'élève d'autant plus
vite , qu'elle est plus échauffée , et elle est remplacée par une
autre masse d'air froid. Il s'établit ainsi un courant d'air
dont la direction est verticale, et dont la vitesse est d'autant
plus grande, que la température du corps est plus élevée.
C'est pourquoi, si le corps se refroidissait successivement, la
vitesse du courant diminuerait avec la température, et la loi
du refroidissement ne serait pas exactement la même que si le
corps était exposé à un courant d'air d'une vitesse constante.
35.
Lorsque les corps sont assez échauffés pour répandre une
très-vive lumière, une partie de leur chaleur rayonnante,
mêlée à cette lumière , peut traverser les solides ou les
liquides transparents; et elle est sujette à la force qui pro-
duit les réfractions. La quantité de chaleur qui jouit de cette
faculté est d'autant moindre, que les corps sont moins en-
tlammés; elle est, pour ainsi dire, insensible pour les corps
très-obscurs', quelque échauffés qu'ils soient. Une lame mince
t't diaphane intercepte presque toute la chaleur directe qui
sort d'une masse métallique ardente ; mais elle s'échauffe
CHAPITRE I. a5
à mesure que les rayons interceptes s'y accumulent; ou, si
elle est formée d'eau glacée , elle devient liquide ; si cette lame
de glace est exposée aux rayons d'un flambeau, elle laisse
passer avec la lumière une chaleur sensible.
36.
Nous avons pris pour mesure de la conducibilité extérieure
d'un corps solide un coefficient h, exprimant la quantité de
chaleur qui passerait, pendant un temps déterminé (une
minute), de la surface de ce corps dans l'air atmosphérique,
en supposant que la surface ait une étendue déterminée (un
mètre quarré), que la température constante du corps soit
I , que celle de l'air soit o , et que la surface échauffée soit
exposée à un courant d'air d'une vitesse donnée invariable.
On détermine cette valeur de A par les observations. La quan-
tité de chaleur exprimée par le coefficient se forme de deux
parties distinctes, qui ne peuvent être mesurées que par des
expériences très-précises. L'une est la chaleur communiquée
par voie de contact à lair environnant ; l'autre , beaucoup
moindre que la première , est la chaleur rayonnante émise.
On doit supposer, dans les premières recherches, que la
quantité de chaleur perdue ne change point, si Ton aug-
mente d'une quantité commune et assez petite la tempéra-
ture du corps échauffé et celle du milieu.
Les substances solides diffèrent encore , comme nous
l'avons dit, par la propriété qu'elles ont d'être plus ou moins
perméables à la chaleur ; cette qualité est leur conducibilité
propre : nous en donnerons la définition et la mesure exacte,
après avoir traité de la propagation uniforme et linéaire de
la chaleur. Les substances liquides jouissent aussi de la faculté
4
z6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de transmettre la chaleur de mote'cule à molécule, et la va-
leur numérique de leur conducibilité varie suivant la nature
de ces substances ; mais on en observe difficilement l'effet
dans les liquides, parce que leuTs molécules changent de si-
tuation en changeant de température. C'est de ce déplace-
ment continuel que résulte principalement la propagation
de la chaleur, toutes les fois que les parties inférieures de la
masse sont les plus exposées à l'action du foyer. Si, au con-
ti-aire, on applique le foyer à la partie de la masse qui est la
plus élevée, comme cela avait lieu dans plusieurs de nos
expériences, la transmission de la chaleur, qui est très-lente,
n'occasionne aucun déplacement, à moins que l'accroisse-
ment de la température ne diminue le volume, ce que l'on
remarque en effet dans des cas singuliers voisins des chan-
gements d'état.
'^'^ 38.
"A. cet exposé des résultats principaux des observations, il
fatit ajouter une remarque générale sur l'équilibre des tem-
pératures ; elle consiste en ce que les différents corps qui
sont placés dans un même lieu , dont toutes les parties sont
et demeurent également échauffées, y acquièrent aussi une
température commune et permanente.
Supposons que tous les points d'une masse M aient une
température commune et constante a, qui est entretenue
par une cause quelconque : si l'on met un corps moindre/»
en contact parfait avec la masse M, il prendra la tempéra-
ture commune a. A la vérité, ce résultat n'aurait lieu rigou-
reusement qu'après un temps infini ; mais le sens précis de
la proposition est que si le corps m avait la température a
avant d'être mis en contact, il la conserverait sans aucun
CHAPITRE I. 27
changement. Il en serait de même d'une multitude d'autres
corps, n, p, q, r, dont chacun serait mis séparément en
contact parfait avec la masse M ; ils acquerraient tous la tem-
pérature constante a. Ainsi le thermomètre étant successi-
vement appliqué aux différents corps m, n, p, q, r. . . . in-
diquerait cette même température.
39.
L'effet dont il s'agit est indépendant du contact, et il au-
rait encore lieu , si le corps m était enfermé de toutes parts
dans le solide M , comme dans une enceinte , sans toucher
aucune de ses parties. Par exemple, si ce solide était une
enveloppe sphérique d'une certaine épaisseur , entretenue
par une cause extérieure à la température a, et renfermant
un espace entièrement vide d'air, et si le corps m pouvait
être placé dans une partie quelconque de cet espace sphé-
rique, sans qu'il touchât aucun point de la surface intérieure
de l'enceinte, il acquerrait la température commune a,
ou plutôt il la conserverait s'il l'avait déjà. Le résultat se-
rait le même pour tous les autres corps n, p , q, r, soit
qu'on les plaçât séparément ou ensemble dans cette même
enceinte , et quelles que fussent d'ailleurs leur espèce et leur
figure.
4o.
De toutes les manières de se représenter l'action de la cha-
leur, celle qui paraît la plus simple et la plus conforme aux
observations , consiste à comparer cette action à celle de
la lumière. Les molécules éloignées les unes des autres se
communiquent réciproquement à travers les espaces vides
M.
28 THÉORIE DE LA CHALEUR.
d'air ; leurs rayons de chaleur , comme les corps éclaires , se
transmettent leur lumière. ,
Si dans une enceinte fermée de toutes parts, et entretenue
par une cause extérieure à une température fixe a , on sup-
pose que divers corps sont placés sans qu'ils touchent au-
cune des parties de l'enceinte , on observera des effets dif-
férents , suivant que les corps introduits dans cet espace
vide d'air sont plus ou moins échauffés. Si l'on place d'abord
un seul de ces corps, et qu'il ait la température même de
l'enceinte, il enverra par tous les points de sa surface autant
de chaleur qu'il en reçoit du solide qui l'environne, et c'est
cet échange de quantités égales qui le maintient dans son
premier état.
Si l'on introduit un second corps dont la température h
soit moindre que a, il recevra d'abord , des surfaces qui l'en-
vironnent de tovites parts sans le toucher, une quantité de
chaleur plus grande que celle qu'il envoie : il s'échauffera
de plus en plus, et il perdra par sa surface plus de chaleur
qu'auparavant. La température initiale h s'élevant continuel-
lement, s'approchera sans cesse de la température fixe a,
en sorte qu'après un certain temps, la différence sera presque
insensible. L'effet serait contraire, si l'on plaçait dans la
même enceinte un troisième corps dont la température se-
rait plus grande que a.
4r.
Tous les corps ont la propriété d'émettre la chaleur par
leur surface; ils en envoient d'autant plus, qu'ils sont plus
échauffés ; l'intensité des rayons émis change très-sensible-
ment avec l'état de la superficie.
CHAPITRE I. 29
42.
Toutes les surfaces qui reçoivent les rayons de la chaleur
des corps environnants, eu réfléchissent une partie, et ad-
mettent l'autre : la chaleur qui n'est point réfléchie , mais
qui s'introduit par la surface, s'accumule dans le solide; et
tant qu'elle surpasse la quantité qui se dissipe par l'irra-
diation , la température s'élève.
43.
Les rayons qui tendent à sortir des corps échauffés sons
arrêtés vers la surface par une force Cjui en réfléchit une
partie dans l'intérieur de la masse. La cause cpii empêche
les rayons incidents de traverser la superficie, et C[ui divise
ces rayons en deux parties, dont l'une est réfléchie, et dont
l'autre est admise, agit de la même manière sur les rayons
qui se dirigent de l'intérieur du corps vers l'espace extérieur.
Si en modifiant l'état de la surface , on augmente la force
avec lac[uelle elle réfléchit les rayons incidents, on aug-
mente en même temps la faculté cpielle a de réfléchir vers
l'intéï'ieur du corps les rayons qui tendent h en sortir. La
quantité des rayons incidents cpii s'introduisent dans la
masse, et celle des rayons émis par la surface, sont égale-
ment diminuées.
44. .
Si l'on plaçait ensemble dans l'enceinte dont nous avons
parlé, une multitude de corps éloignés les uns des autres et
inégalement échauffés , ils recevraient et se transmettraient
leurs rayons de chaleur, en sorte cjue dans cet échange
leurs températures varieraient continuellement , et ten-
draient toutes à devenir égales à la température fixe de
l'enceinte.
3o THÉORIE DE LA CHALEUR.
Cet effet est précisément celui qui a lieu lorsque la cha-
leur se propage dans les corps solides ; car les molécules qui
composent les corps sont séparées par des espaces vides
d'air, et ont la propriété de recevoir, d'accumuler et d'é-
mettre la chaleur. Chacune d'elles envoie ses rayons de
toutes parts, et en même temps elle reçoit ceux des molé-
cules qui l'environnent.
45.
La chaleur envoyée par un point situé dans l'intérieur
d'une masse solide, ne peut se porter directement cju'à une
distance extrêmement petite; elle est, pour ainsi dire, inter-
ceptée par les particules les plus voisines; ce sont ces der-
nières seules qui la reçoivent immédiatement , et qui agissent
sur les points plus éloignés. Il n'en est pas de même des
fluides aériformes; les effets directs de l'iri^adiation y devien-
nent sensibles à des distances très-considérables.
46.
Ainsi la chaleur qui sort dans toutes les directions d'une
partie d'une surface solide, pénètre dans l'air jusqu'à des
points forts éloignés ; mais elle n'est émise que par les mo-
lécules du corps, qui sont extrêmement voisines de la sur- |
face. Un point d'une masse échauffée, placé à une très-
petite distance de la superficie plane qui sépare la masse
de l'espace extérieur, envoie à cet espace inie infinité de
rayons; mais ils n'y parviennent pas entièrement; ils sont
diminués de toute la quantité de chaleur qui s'arrête sur
les molécules solides intermédiaires. La partie du rayon
qui se dissipe dans l'espace est d'autant moindre, qu'elle
traverse un plus long intervalle dans la masse. Ainsi le
rayon qui sort perpendiculairement à la superficie a plus
CHAPITRE k; • 3i
d'intensité que celui qui, partant du rflêmë point, suit une
direction oblique, et les rayons les plus obliques sont entiè-
rement interceptés.
La même conséquence s'applique à tous les points qui
sont assez voisins de la superficie pour concourir à l'émis-
sion de la chaleur, il en résulte nécessairement que la quan-
tité totale de chaleur qui sort de la surface sôus la direction
perpendiculaire est beaucoup plus grande que celle dont la
direction est oblique. Nous avons soumis cette question au
calcul , et l'analyse que nous en avons faite démontre que
l'intensité du rayon est proportionnelle au sinus de l'angle
que ce rayon fait avec l'élément de la surface. Les expériences
avaient déjà indiqué un résultat semblable.
47- _
Ce théorème exprime une loi générale qui a une con-
nexion nécessaire avec l'équilibre et le mode d'action de la
chaleur. Si les rayons qui sortent d'une suiface échauffée
avaient la même intensité dans toutes les directions , le ther-
momètre que l'on placerait dans un des points de l'espace
terminé de tous côtés par une enceinte entretenue à uhe
température constante, pourrait indiquer une température
incomparablement plus ^ande que celle de l'enceinte. Les
corps que l'on enfermerait dans cette enceinte ne pren-
draient point une température commune , ainsi qu'on le
remarque toujours ; celle qu'ils acquerraient dépendrait du
lieu qu'ils occuperaient, ou de leur forme, ou de celles des
corps voisins.
On observerait ces mêmes résultats ou d'autres effets éga-
lement contraires à l'expérience commune, si l'on admettait
entre les rayons qui sortent d'un même point , des rapports
32 THÉORIE DE LA CHALEUR.
différents de ceux que l'on a énoncés. Nous avons reconnu
que cette loi est seule compatible avec le fait général de
l'équilibre de la chaleur rayonnante.
48. ^
Si un espace vide d'air est terminé de tous côtés par une
enceinte solide dont les parties sont entretenues à une tem-
pérature commune et constante a, et si l'on met en un point
quelconque de l'espace un thermomètre qui ait la tempéra-
ture actuelle /7, il la conservera sans aucun changement. Il
recevra donc à chaque instant de la surface intérieure de
l'enceinte autant de chaleur qu'il lui en envoie. Cet effet des
rayons de chaleur dans un espace donné est, à proprement
parler, la mesure de la température : mais cette considéra-
tion suppose la théorie mathématique de la chaleur rayon-
nante. Si l'on place maintenant entre le thermomètre et une
partie de la surface de l'enceinte un corps M dont la tempé-
rature soit a, le thermomètre cessera de recevoir les rayons
d'une partie de cette surface intérieure, mais ils seront rem-
placés par ceux qu'il recevra du corps interposé M. Un cal-
cul facile prouve que la compensation est exacte, en sorte
que l'état du thermomètre ne sera point changé. Il n'en est
pas de même si la température du corps M n'est pas égale à
celle de l'enceinte. Lorsqu'elle est plus grande, les rayons
que le corps interposé M envoie au thermomètre et qui rem-
placent les rayons interceptés, ont plus de chaleur que ces
derniers; la température du thermomètre doit donc s'élever.
Si, au contraire, le corps intermédiaire a une température
moindre que a, celle du thermomètre devra s'abaisser; car
les rayons que ce corps intercepte sont remplacés par ceux
qu'il envoie, c'est-à-dire, par des rayons plus froids que ceux
CHAPITRE I. 33
de l'enceinte, ainsi le thermomètre ne reçoit pas toute h
chaleur qui serait nécessaire pour maintenir sa tempéra-
ture a. ■
On a fait abstraction jusqu'ici de la faculté qu'ont toutes
les surfaces de réfléchir une partie des rayons qui leur sont
envoyés. Si l'on ne considérait point cette propriété, on
n'aurait qu'une idée très -incomplète de l'équilibre de la
chaleur rayonnante. ■■ • ,
Supposons donc que dans la surface intérieure de l'en-
ceinte entretenue à une température constante, il y ait une
portion qui jouisse, à un certain degré, de la faculté dont il
s'agit ; chaque point de la surface réfléchissante enverra dans
l'espace deux espèces de rayons ; les uns sortent de l'intérieur
même de la substance dont l'enceinte est formée, les autres
sont seulement réfléchis par cette même surface, à laquelle
ils ont été envoyés. Mais en même -temps que la surface
repousse à l'extérieur une partie des rayons incidents, elle
retient dans l'intérieur une partie de ses propres rayons. Il
s'établit à cet égard une compensation exacte, c'est-à-dire,
que chacun des rayons propres, dont la surface empêche
l'émission , est remplacé par un rayon réfléchi d'une égale
intensité.
Le même résultat aurait lieu si la faculté de réfléchir les
rayons affectait à un degré quelconque d'autres parties de
l'enceinte, ou la superficie des corps placés dans le même
espace, et parvenus à la température commune.
Ainsi , la réflexion de la chaleur ne trouble point l'équi-
libre des températures, et n'apporte, pendant que cet équi-
5
34 THÉORIE DE LA CHALEUR.
libre subsiste, aucun changement à la loi suivant laquelle
l'intensité des rayons qui partent d'un même point décroît
proportionnellement au sinus de l'angle d'émission.
5o.
Supposons que dans cette même enceinte, dont toutes les
parties conservent la température a, on place un corps isolé
M, et une surface métallique polie R, qui, tournant sa conca-
vité vers le corps, réfléchisse une grande partie des rayons
qu'elle en reçoit ; si l'on place entre le corps M et la surface
réfléchissante R, un thermomètre qui occupe le foyer de ce
miroir, on observera trois effets différents, selon que la tem-
péi^ature du corps M sera égale à la température commune
a, ou sera plus grande, ou sera moindre.
Dans le premier cas, le thermomètre conserve la tempéra-
ture a ; il reçoit, i° des rayons de chaleur de toutes les par-
ties de l'enceinte qui ne lui sont point cachées par le corps
M ou par le mircir ; 2° des rayons envoyés par le corps ;
3° ceux que la surface R envoie au foyer, soit qu'ils viennent
de la masse même du miroir, soit que la surface les ait
seulement réfléchis ; et parmi ces derniers on peut distinguer
ceux qui sont envoyés au miroir par la masse M, et ceux
qu'il reçoit de l'enceinte. Tous les rayons dont il s'agit pro-
viennent des surfaces qui, d'après l'hypothèse, ont une tem-
pérature commune a, en sorte que le thermomètre est préci-
sément dans le même état que si l'espace terminé par l'enceinte
ne contenait point d'autre corps que lui.
Dans le second cas, le thermomètre placé entre le corps
échauffé M et le miroir, doit acquérir une température plus
grande que a. En effet , il reçoit les mêmes rayons que dans
la première hypothèse; mais il y a deux différences remar-
CHAPITRE 1. 35
quables : l'une provient de ce que les rayons envoye's par le
corps M au miroir, et réfléchis sur le thermomètre, con-
tiennent plus de chaleur que dans le premier cas. L'autre
différence provient des rayons que le corps M envoie direc-
tement au thermomètre , et qui ont plus de chaleur qu'aupa-
ravant. L'une et l'autre cause, et principalement la première,
concourent à élever la température du thermomètre.
Dans le troisième cas, c'est-à-dire, lorsque la température
de la masse M est moindre que a, le thermomètre doit
prendre aussi une température moindre tpie a. En effet, il
reçoit encore toutes les espèces de rayons que nous avons
distinguées pour le premier cas : mais il y en a deux sortes
qui contiennent moins de chaleur cjue dans cette première
hypothèse, savoir ceux qui, envoyés par le corps M, sont
réfléchis par le miroir sur le thermomèti'e, et ceux c[ue le
même corps M lui envoie directement. Ainsi, le thermo-
mètre ne reçoit pas toute la chaleur qui lui est nécessaire
pour conserver sa température primitive a. Il envoie plus
de chaleur c|u'il n'en reçoit. Il faut donc que sa température
s'abaisse jusqu'à ce que les rayons cju'il reçoit suffisent pour
compenser ceux qu'il perd. C'est ce dernier effet que l'on a
nommé la réflexion du froid, et qui, à proprement parler,
consiste dans la réflexion d'une chaleur trop faible. Le miroir
intercepte une certaine quantité de chaleur, et la remplace
par une moindre quantité.
Si l'on place dans l'enceinte entretenue à une température
constante a un corps M dont la température d soit moinilre
que a , k présence de ce corps fera baisser le thermomètre
exposé à ses rayons, et l'on doit remarquer qu'en général
5.
36 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ces rayons, envoyés au thermomètre par la surface du corps
M, sont de deux espèces, savoir ceux qui sortent de l'inté-
rieur de la masse M, et ceux qui, venant des diverses parties
de l'enceinte, rencontrent la surface M, et sont réfléchis sur
le thermomètre. Ces derniers ont la température commune
a, mais ceux qui appartiennent au corps M contiennent
moins de chaleur, et ce sont ces rayons qui refroidissent le
thermomètre. Si maintenant, en changeant l'état de la sur-
face du corps M, par exemple, en détruisant le poli, on
diminue la faculté qu'elle a de réfléchir les rayons incidents;
le thermomètre s'abaissera encore, et prendra une tempé-
rature a moindre que a!. En effet, toutes les conditions
seront les mêmes que dans le cas précédent, si ce n'est que
la masse M envoie une plus grande quantité de ses propres
rayons, et réfléchit une moindre quantité des rayons qu'elle
reçoit de l'enceinte ; c'est-à-dire , que ces derniers , qui ont
la température commune , sont en partie remplacés par des
rayons plus froids. Donc, le thermomètre ne reçoit plus
autant de chaleur qu'auparavant.
Si, indépendamment de ce changement de la surface du
corps M, on place un miroir métallique propre à réfléchir
sur le thermomètre les rayons sortis de M, la température
prendra une valeur à" moindre que d . En effet, le miroir
intercepte au thermomètre une partie des rayons de l'en-
ceinte qui ont tous la température a, Ç.X. les remplace par
trois espèces de rayons ; savoir : i ° ceux qui proviennent de
l'intérieur même du miroir, et qui ont la température com-
mune ; 2<* ceux que diverses parties de l'enceinte envoient au
miroir avec cette même température, et qui sont réfléchis
vers le foyer; 3° ceux qui, venant de l'intérieur du corps M,
CHAPITRE I. 3;
tombent sur le miroir, et sont réfléchis sur le thermomètre.
Ces derniers ont une température moindre que a ; donc le
thermomètre ne reçoit plus autant de chaleur qu'il en rece-
vait avant que l'on ne plaçât le miroir.
Enfin , si l'on vient à changer aussi l'état de la surface du
miroir, et qu'en lui donnant un poli plus parfait, on aug-
mente la faculté de réfléchir la chaleur, le thermomètre
s'abaissera encore. En effet , toutes les conditions qui avaient
lieu dans le cas précédent subsistent. Il arrive seulement que
le miroir envoie une moindre quantité de ses propres rayons,
et il les remplace par ceux qu'il réfléchit. Or, parmi ces der-
niers, tous ceux qui sortent de l'intérieur de la masse M ont
moins d'intensité que s'ils venaient de lintérieur du miroir
métallique ; donc , le thermomètre reçoit encore moins de
chaleur cju'auparavant ; il prendra donc une température a"
moindre que «a'". , ^
On explique facilement par les mêmes principes tous les
effets coiuîus de l'irradiation de la chaleur ou du froid.
Sa. .
Les effets de la chaleur ne peuvent nullement être com-
parés à ceux d'un fluide élastic|ue, dont les molécules sont
en repos. Ce serait inutilement que l'on voudrait déduire
de cette hypothèse les lois de la propagation que nous expli-
quons dans cet ouvrage, et que toutes les expériences ont
confirmées. L'état libre de la chaleur est celui de la lumière ;
l'habitude de cet élément est donc entièrement différente de
celle des substances aériformes. La chaleur agit de la même
manière dans le vide, dans les fluides élastiques, et dans les
masses hquides ou solides, elle ne s'y propage que par voie
38 THÉORIE DE LA CHALEUR.
d'irradiation , mais ses effets sensibles différent selon la nature
des corps.
53.
La chaleur est le principe de toute élasticité ; c'est sa force
répulsive qui conserve la figure des masses solides, et le vo-
lume des liquides. Dans les substances solides, les molécules
voisines céderaient à leur attraction mutuelle , si son effet
n'était pas détruit par la chaleur qui les sépare.
Cette force élastique est d'autant plus grande que la tem-
pérature est plus élevée; c'est pour cela que les corps se
dilatent ou se condensent , lorsqu'on élève ou lorsqu'on abaisse
leur température.
54.
L'équilibi'e qui subsiste dans l'intérieur d'une masse solide
entre la force répulsive de la chaleur et l'attraction molécu-
laire est stable; c'est-à-dire qu'il se rétablit de lui-même
lorsqu'il est troublé par une cause accidentelle. Si les molé-
cules sont placées à la distance qui convenait à l'équilibre,
et si une force extérieure vient à augmenter cette distance
sans que la température soit changée , l'effet de l'attraction
commence à surpasser celui de la chaleur, et ramène les
molécules à leur position primitive, après une multitude
d'oscillations qui deviennent de plus en plus insensibles.
Un effet semblable s'opère en sens opposé lorsqu'une cause
mécanique diminue la distance primitive des molécules ; telle
est l'origine des vibrations des corps sonores ou flexibles, et
de tous les effets de leur élasticité.
G5.
oc
Dans l'état liquide ou aériforme, la compression extérieure
s'ajoute ou supplée à ratti\iction moléculaire, et, s'exerçant
CHAPITRE I. 39
sur les surfiices, elle ne s'oppose point au changement de
figure , mais seulement à celui du volume occupé. L'emplo
du calcul ferait mieux connaître comment la force répulsive
de la chaleur, opposée à l'attraction des molécules ou à la
compression extérieure, concourt à la composition des corps
solides ou liquides, formés d'un ou plusieurs principes, et
détermine les propriétés élasticjues des fluides aériformes;
mais ces recherches n'appartiennent point à l'objet que nous
traitons, et l'entrent dans les théories dynamiques.
56. ■: ' ■ ^> ■' r -^^.-"^^^
On ne peut douter que le mode d'action de la chaleur ne
consiste toujours , comme celui de la lumière , dans la com-
munication réciproque des rayons , et cette explication est
adoptée aujourd'hui de la plupart des physiciens; mais il
n'est point nécessaire de considérer les phénomènes sous cet
aspect pour établir la théorie de la chaleur. On reconnaîtra,
dans le cours de cet ouvrage, que les lois de l'équilibre de
la chaleur rayonnante et celles de la propagation , dans les
masses solides ou liquides, peuvent, indépendamment de
toute expHcation physique, être rigoureusement démontrées
comme des conséquences nécessaires des observations com-
munes.
SECTION III.
Principe de la communication de la chaleur.
Nous allons présentement examiner ce cjue les expériences
nous apprennent sur la communication de la chaleur.
Si deux molécules égales sont formées de la même sub-
4o THÉORIE DE LA CHALEUR.
stance et ont la même température, chacune d'elles reçoit
de l'autre autant de chaleur qu'elle lui en envoie; leur action
mutuelle doit donc être regardée comme nulle, parce que
le résultat de cette action ne peut apporter aucun change-
ment dans l'état des molécules. Si, au contraire, la première
est plus échauffée que la seconde, elle lui envoie plus de
chaleur qu'elle n'en reçoit; le résultat de l'action mutuelle
est la différence de ces deux quantités de chaleur. Dans tous
les cas , nous faisons abstraction des quantités égales de
chaleur que deux points matériels quelconques s'envoient
réciproquement; nous concevons que le point le plus échauffé
agit seul sur l'autre , et qu'en vertu de cette action , le
premier perd une certaine quantité de chaleur qui est ac-
quise par le second. Ainsi l'action de deux molécules , ou
la quantité de chaleur que la plus échauffée communique
à l'autre, est la différence des deux quantités qu'elles s'en-
voient réciproquement.
58.
Supposons que l'on place dans l'air un corps solide ho-
mogène, dont les différents points ont actuellement des^
températures inégales; chacune des molécules dont le corps
est composé commencera à recevoir de la chaleur de celles
qui en sont extrêmement peu distantes, ou leur en commu-
niquera. Cette action s'exerçant pendant le même instant
entre tous les points de la masse, il en résultera un chan-
gement infiniment petit pour toutes les températures : le
solide éprouvera à chaque instant des eftéts semblables ; en
sorte que les variations de température deviendront de plus
en plus sensibles. Considérons seulement le système de deux
molécules égales et extrêmement voisines, m et n, et cher-
CHAPITRE I. 4t
chons quelle esl la quantité de chaleur que la première peut
recevoir do la seconde pendant la durée d'un instant; on
appliquera ensuite le même raisonnement à tous les autres
points qui sont assez voisins du point ni pour agir immé-
diatement sur lui dans le premier instant.
La quantité de chaleur comnnmiquée })ar le point // au
point m dépend de la durée de l'instant , de la distance ex-
trêmement petite de ces points, de la température actuelle de
chacun, et de la nature de la substance solide; c'est-à-dire
que si l'un de ces éléments venait à varier, tous les autres
demeui'ant les mêmes, la quantité de chaleur transmise va-
rierait aussi. Or, les expériences ont fait connaître, à cet
égard, un résultat général : il consiste en ce que toutes les
autres circonstances étant les mêmes, la quantité de chaleur
que l'une des molécules reçoit de l'autre est proportionnelle
à la différence de température de ces deux molécules. Ainsi
cette quantité serait double, triple, quadruple, si, tout
restant d'ailleurs le même, la différence de la température
du point n à celle du point ni était double, ou triple, ou
quadruple. Pour se rendre raison de ce résultat, il fout
considérer que l'action de n sur ni est toujours d'autant plus
grande qu'il y a plus de différence entre les températures
des deux points; elle est nulle, si les températures sont
égales, mais si la molécule n contient plus de chaleur que
la molécule égale ni, c'est-à-dire si la température de ni étant
V , celle de n est v -\- A, une portion de la chaleur excédante
passera de n à m. Or, si l'excès de chaleur était double, ou,
ce qui est la même chose, si la température de n était v + aA,
la chaleur excédante serait composée de deux parties éi;;iles
(i
42 THÉORIE DE LA CHALEUR.
correspondantes aux deux moitiés de la différence totale des
températures aA ; cTiacune de ces parties aurait son effet
propre comme si elle était seule : ainsi la quantité de chaleur
communiquée par n à m serait deux fois plus grande que si
la différence des températures était seulement A. C'est cette
action simultanée des différentes parties de la chaleur excé-
dante qui constitue le principe de la communication de la
chaleur. Il en résulte que la somme des actions partielles,
ou la quantité totale de chaleur que m reçoit de n , est pro-
portionnelle à la différence des deux températures.
En désignant par v et v les températures des deux molé-
cules égales m et n; par ^, leur distance extrêmement
petite , et par d t , la durée infiniment petite de l'instant , la
cjuantité de chaleur que m reçoit de n, pendant cet instant,
sera exprimée par (a'' — 1>^ o {p).dt. On désigne par ip (yj)
une certaine fonction de la distance p qui , dans les corps
solides et dans les licjuides, devient nulle lorsque/? a une
grandeur sensible. Cette fonction est la môme pour tous les
points d'une même substance donnée; elle varie avec la na-
ture de la substance.
60.
La quantité de chaleur rjue les corps perdent par leur
surface est assujétie au même principe. Si l'on désigne par
c l'étendue ou finie ou infiniment petite de la surface dont
tous les points ont la température v, et si a représente la
température de l'air atmosphérique, le coefficient h étant la
mesure de la conducibilité extérieure, on aura c h (v — a) d t
pour l'expression de la quantité de chaleur que cette surface
<7 transmet à l'air pendant l'instant d t.
CHAPITRE I. 43
Lorsque les deux molécules, dont l'une transmet directe-
ment à l'autre une certaine quantité de chaleur , appartien-
nent au même solide, l'expression exacte de la chaleur com-
muniquée est celle que nous avons donnée dans l'article
précédent : parce que les molécules étant extrêmement voi-
sines , la différence des températures est extrêmement petite.
Il n'en est pas de même lorsque la chaleur passe d'un corps
solide dans un milieu aériforme. Mais les expériences nous
apprennent que si la différence est une quantité assez petite,
la chaleur transmise est sensiblement proportionnelle à cette
différence, et que le nombre h peut, dans les premières re-
cherches, être considéré comme ayant une valeur constante,
propre à chaque état de la surface, mais indépendant de la
température.
6i.
Ces propositions relatives à la quantité de chaleur com-
muniquée, ont été déduites de diverses observations. On
voit d'abord , comme une conséquence évidente des expres-
sions dont il s'agit, que si l'on augmentait d'une quantité
commune toutes les températures initiales de la masse solide,
et celle du milieu où elle est placée, les changements suc-
cessifs des températures seraient exactement les mêmes que
si l'on ne faisait point cette addition. Or ce résultat est sen-
siblement conforme aux expériences ; il a été admis par les
premiers physiciens qui ont observé les effets de la chaleur.
• 62.
Si le milieu est entretenu à une température constante ,
et si le corps échauffé qui est placé dans ce milieu a des di-
mensions assez petites pour que la température, en s'abais-
sant de plus en plus , demeure sensiblement la même dans
^6.
44 THÉORIE DE LA CHALEUR.
tous ses points , il suit des mêmes propositions qu'il s'e'chap-
pera à chaque instant, par la surface du corps, une quantité
de chaleur proportionnelle à l'excès de sa température ac-
tuelle sur celle du milieu. On en conclut facilement, comme
on le verra dans la suite de cet ouvrage , que la ligne dont
les abscisses représentei'aient les temps écoulés , et dont les
ordonnées représenteraient les températures qui cori'espon-
dent à ces temps, est une courbe logarithmique : or, les ob-
servations fournissent aussi ce même résultat, lorsque l'ex-
cès de la température du solide sur celle du milieu est une
quantité assez petite.
63.
Supposons que le milieu soit entretenu à la température
constante o, et que les températures initiales des différents
points a, h,c, à, etc. d'une même masse soient a, p, y, ^,etc.
qu'à la fin du premier instant elles soient devenues a', fi', y',
^', etc. qu'à la fin du deuxième instant elles soient a', p",
y", fï', etc. ainsi de suite. On peut facilement conclure des
propositions énoncées, que si les températures initiales des
mêmes points avaient été ^a, gp, gy, rZâ, etc. (g- étant un
nombre quelconque), elles seraient devenues, en vertu de
l'action des différents points à la fin du premier instant,^»',
g'^'i g'i y g^\ etc., à la fin du second instant ga", g-p", g-{^
gè'\ etc , ainsi de suite. En effet, comparons l'es cas wi les
températures initiales des points a, b , c , d étaient a, p , y, rî ,
avec celui où elles sont aa, ap, 2y, 2^, le milieu conservant,
dans l'un et l'autre cas , la température o. Dans la seconde
hypothèse , les différences des températures des deux points
quelconques sont doujoles de ce qu'elles étaient dans la pre-
mière, et l'excès de la temjjérature de chaque point, sur celle
CHAPITRE I. 45
de chaque molécule du milieu, est aussi double ; par consé-
quent la quantité de chaleur qu'une molécule quelconque en-
voie à une auti'e, ou celle qu'elle en reçoit, est, dans la
seconde hypothèse, double de ce qu'elle était dans la pre-
mière. Le changement que chaque point subit dans sa tempé-
rature étant proportionnel à la quantité de chaleur acquise,
il s'ensuit que, dans le second cas, ce changement est double
de ce qu'il était dans le premier. Or, on a supposé que la
température initiale du piemier point, qui était a, devient a'
à la fin du premier instant; donc si cette température initiale
eût été 2a, et si toutes les autres eussent été doubles, elle
serait devenne 2 a'. Il en serait de même de toutes les autres
molécules h , c , d, qX. l'on tirera une conséquence semblable,
si le rapport, au lieu d'être 2, est un nombre quelconque^.
Il résulte donc du principe de la communication de la cha-
leur, que si l'on augmente ou si l'on diminue dans une raison
donnée toutes les températures initiales, on augmente ou l'on
diminue dans la même raison toutes les températures suc-
cessives.
Ce résultat, comme les deux précédents , est confirmé par
les observations. Il ne pourrait point avoir lieu si la quantité
de chaleur qui passe d'une molécule à une autre n'était point,
en effet, proportionnelle à la différence des températures.
On a observé avec des instruments précis , les températures
permanentes des différents point d'une barre ou d'une armille
métalliques , et la propagation de la chaleur dans ces mêmes
corps et dans plusieurs autres solides de forme sphérique ou
cubique. Les résultats de ces expériences s'accordent avec:
ceux que l'on déduit des propositions précédentes. Ils se-
raient entièrement différents , si la quantité de chaleur trans-
mise par une molécule solide àiine autre, ou à une molécule
46 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de l'air, n'était pas proportionnelle à l'excès de température.
Il est d'abord nécessaire de connaître toutes les conséquences
rigoureuses de cette proposition ; par-là on détermine la par-
tie principale des quantités qui sont l'objet de la question.
En comparant ensuite les valeurs calculées avec celles que
donnent des expériences nombreuses et très-précises, on peut
facilement mesurer les variations des coefficients , et perfec-
tionner les premières recherches.
SECTION IV.
Du mouvement uniforme et linéaire de la chaleur.
65.
On considérera, en premier lieu, le mouvement uniforme
de la chaleur dans le cas le plus simple, qui est celui d'un
solide infini compris entre deux plans pai^allèles.
On suppose qu'un corps solide formé d'une substance ho-
iuogène est compris entre deux plans infinis et parallèles ; le
plan inférieur A est entretenu , par une cause quelconque , à
luie température constante a ; on peut concevoir, par exemple,
que la masse est prolongée, et que le plan A est une section
commune au solide et à cette masse intérieure échauffée dans
tous ses points par un foyer constant ; le plan supérieur B
est aussi maintenu, par une cause semblable, à une tempé-
rature fixe h , dont la valeur est moindre c[ue celle de a : il
s'agit de déterminer quel serait le résultat de cette hypothèse
si elle était continuée pendant un temps infini.
Si l'on suppose que la température initiale de toutes les
parties de ce corps soit b, on voit que la chaleur qui sort
du foyer A se propagera de plus en plus, et élèvera la tem-
pérature des molécules comprises entre les deux plans ;
CHAPITRE 1. 4^
mais celle du plan supérieur ne pouvant, d'après l'hypo-
thèse, être plus grande queZ», la chaleur se dissipera dans la
masse plus froide dont le contact retient le plan B à la tem-
pérature constante b. Le système des températures tendra
de plus en plus à un état final qu'il ne pourra jamais
atteindre, mais qui aurait, comme on va le prouver, la pro-
priété de subsister lui-même et de se conserver sans aucun
changement s'il était une fois formé.
Dans cet état final et fixe que nous considérons, la tem-
pérature permanente d'un point du solide est éviilemment
la même pour tous les points d'une même section parallèle
à la base ; et nous allons démontrer que cette température
fixe, qui est commune a tous les points d'une section inter-
médiaire décroît en progression arithmétique depuis la base
jusqu'au plan supérieur, c'est-à-dire, qu'en représentant les
températures constantes a et b par les ordonnées A a et B (3,
(J'^oy.fig. i), élevées perpendiculairement sur la distance AB
des deux plans , les températures fixes des couches intermé-
diaires seront représentées par les ordonnées de la droite AB,
qui joint les extrémités a et p ; ainsi , en désignant par z la
hauteur d'une section intermédiaire ou la distance perpendi-
culaire au plan A, par e la hauteur totale ou la distance AB,
et par <' la température de la section dont la hauteur est z,
on doit avoir l'équation v = a -\ — ^^^- z.
En effet , si les températures étaient établies d'abord sui-
vant cette loi , et si les surfaces extrêmes A et B étaient tou-
jours retenues aux températures a et b, il ne pourrait sur-
venir aucun changement dans l'état du solide. Pour s'en con-
vaincre, il suffira de comparer la quantité de chaleur qui
48 THÉORIE DE LA CHALEUR,
traverserait une section intermédiaire A' à celle qui , pen-
dant le même temps , tiaverserait une autre section B'.
En se représentant que l'état final du solide est formé et
subsistant, on voit que la partie de la masse qui est au-des-
sous du plan A' doit communiquer de la chaleur à la partie
qui est au-dessus de ce plan, puisque cette seconde partie
est moins échauffée que la première.
Imaginons que deux points du solide m et m , extrême-
ment voisins l'un de l'autre, et placés d'une manière c|uel-
conque, l'un m au-dessous du plan A', et l'autre w' au-dessus
de ce plan , exei'cent leur action pendant un instant infini-
ment petit : le point le plus échauffé m communiquera à ni
une certaine quantité de chaleur qui traversera ce plan A'.
Soient or , y , z, les coordonnées rectangulaires du point ni,
et x , y' , z , les coordonnées du point ni ; considérons encore
deux points n et li extrêmement voisins l'un de l'autre, et
placés, par rapport au plan B', de même que m et in sont
placés par rapport au plan A': c'est-à-dire, qu'en désignant
par (^ la distance perpendiculaire des deux sections A' et B',
les coordonnées du point n seront x , y , z + X,^ et celles du
point n seront x, y', z! + ^'^ les deux distances mni et un
seront égales : de plus, la différence de la température v du
point m à la température c' du point in sera la même que la
différence des températures des deux points n et n. En effet,
cette première différence se déterminera en substituant z et
ensuite z dans l'équation générale i' = a -\ z, et retran-
chant la seconde équation de la première , on en conclura
V — v'=^ [z — z). On trouvera ensuite, par les substitu-
CHAPITRE I. 49
tions de z + 'C et z + ^, que l'excès de la température du point
n sur celle du point /i a aussi pour expression — ~ [z — z).
11 suit de là que la quantité de chaleur envoyée par le point
jn au point m' sera la même que la quantité de chaleur en-
voyé par le point n au point 7i' , car tous les éléments qui
concourent à déterminer cette quantité de chaleur transmise
sont les mêmes.
Il est manifeste 'que l'on peut appliquer le même raisonne-
ment à tous les systèmes de deux molécules qui se commu-
niquent de la chaleur à travers la section A' ou la section B';
donc, si l'on pouvait recueillir toute la quantité de chaleur
qui sécoule, pendant un même instant, à travers la section
A' ou la section B ', on trouvei'ait que cette c|uantité est la
même pour les deux sections.
Il en résulte c|ue la partie du solide comprise entre A' et
B' reçoit toujours autant de chaleur cju'elle en perd, et comme
cette conséquence s'ajiplique à une portion quelconque de la
masse comprise entre deux sections parallèles, il est évident
cju'aucune partie du solide ne peut acquérir une température
plus élevée que celle c|u'elle a présentement. Ainsi , il est
rigoureusement démontré que l'état du prisme subsistera
continuellement tel qu'il était d'abord.
Donc, les températures permanentes des différentes sec-
tions d'un solide compris entre les deux plans parallèles infi-
nis, sont représentées par les ordonnées de la ligne droite
#r p, et satisfont à l'équation linéaire v = a -\ z.
GG.
On voit distinctement, par ce qui précède, en quoi consiste
ia propagation de la chaleur dans un solide compris entre
7
5o THÉORIE DE LA CHALEUR.
deux plans parallèles et infinis, dont chacun est maintenu a.
une température constante. La chaleur pénètre successive-
ment dans la masse à travers la base inférieure : les tempé-
ratures des sections intermédiaires s'élèvent, et ne peuvent
jamais surpasser ni même atteindre entièrement une certaine
limite dont elles s'approchent de plus en plus : cette limite ou
température finale est différente pour les différentes couches
intermédiaires, et elle décroît, en progression arithmétique,
depuis la température fixe du plan inférieur, jusqu'à la tem-
pérature fixe du plan supérieur.
Les températures finales sont celles qu^'il faudrait donner
au solide pour fjue son état fût permanent; l'état variable qui
le précède peut être aussi soumis au calcul , comme on le
verra par la suite ; mais nous ne considérons ici que le sys-
tème des températures finales et permanentes. Dans ce der-
nier état, il s'écoule, pendant chaque division du temps, à
travers une section parallèle à la base ou une portion déter-
minée de cette section , une certaine quantité de chaleur qui
est constante, si les divisions du temps sont égales. Ce flux
uniforme est le même pour toutes les sections intermédiaires;
il est égal à celui cjui sort du foyer et à celui que perd, dans
le même temps, la surface supérieure du solide en vertu de
la cause cjui maintient la température.
Il s'agit maintenant de mesurer cette quantité de chaleur
qui se propage uniformément dans le solide, pendant un
temps donné, à travers une partie déterminée d'une section
parallèle à la base: elle dépend, comme on va le voir, des
deux températures extrêmes a et b, et de la distance e des
deux bases; elle varierait, si l'un quelconque de ces éléments
CHAPITRE I. 5i
venait à changer, les autres demeurant les mêmes. Supposons
un second solide, formé de la même substance que le pu-niier,
et compris entre deux plans parallèles infinis, dont la distance
perpendiculaire est è ; {J'oy.jig. 2) la base inférieure est entre-
tenue à la température lixe a , et la base supérieure, à la
température fixe V : l'un et l'autre solides sont considérés
dans cet état final et permanent qui a la propriété de se con-
server lui-même dès qu'il est formé. Ainsi la loi des tem-
pératures est exprimée, pour le premier corps, par l'équation
v^^a-\ ^r-, et pour le second, par l'équation « = «' +
; — z, V étant dans le premier solide, et u dans le second, la
température de la section dont z est la hauteur.
Cela posé, on comparera la quantité de chaleur qui , pen-
dant l'unité de temps, traverse une étendue égale à lunité de
surface prise sur une section interniétliaire L du premier
solide, à celle qui, pendant le même temps, traverse une
égale étendue prise sur la section L' du second , s étant la
hauteur commune de ces deux sections, c'est-à-dire, la dis-
tance de chacune d'elles à la base inférieure. On considérera
dans le premier corps deux points n et n extrêmement voi-
sins, et dont l'un n est au-dessous du plan L, et l'autre lî
au-dessus de ce plan : x,y,z, sont les coordonnées de n ;
et 3c , y , z , les coordonnées de n , e étant moindre que i,
et plus grand que z.
On considérera aussi dans le second solide l'action instan-
tanée de deux points y^» etyw', qui sont placés, par rapport
à la section L', de même que les points n et n par rapport à
la section L du premier solide. Ainsi , les mêmes coordon-?
, ■ 7. ' -
53 THÉORIE DE LA CHALEUR.,
nées cc,y, z, et x, y , z , rapportées à trois axes rectangu-
laires dans le second corps, fixeront aussi la position des
points p et p'.
Or, la distance du point n au point n est égale à la dis-
tance du point /j au point /V, et comme les deux corps sont
formés de la même sulistance, on^n conclut, suivant le prin-
cipe de la communication de la chaleur, que l'action de n sur
n, ou la quantité de chaleur donnée par n à n, et l'acticHi
de p suv p', ont entre elles le même rapport que les diffé-
rences de températures t' — t'' et u — u'.
En substituant r, et ensuite t^' dans l'équation qui convient
au premier solide, et retranchant on trouve c — 1^'= ( j
(z — s'), on a aussi, au moyen de la seconde équation,
u — u=(- — ? j (z — ;:'), donc le rapport des deux actions
dont il s'agit est celui de à —
e
On peut concevoir maintenant plusieurs autres systèmes
de deux molécules dont la première envoie à la seconde à
travers le plan L, une certaine quantité de chaleur, et chacun
de ces systèmes, choisi dans le premier solide, pouvant être
comparé à un système homologue placé dans le second, et
dont l'action s'exerce à travers la section L', on appliquera
encore le raisonnement précédent pour prouver que le rap-
port des deux actions est toujours celui de à —^ —
Or, la quantité totale de chaleur qui, pendant un instant,
traverse la section L, résulte de l'action simultanée d'une
multitude de systèmes dont chacun est formé de deux
points ; donc cette quantité de chaleur et celle qui , dans le
\
CHAPITRE I. 53
second solide, traverse pendant le même instant la section
L' , ont aussi entre elles le rapport de ■ ^ à — 7— ^•
Il est donc facile de comparer entre elles l'intensité des
flux constants de clialeur qui se propagent uniformément
dans l'un et lautre solides, c'est-à-dire les quantités de cha-
leur qui, pendant l'unité de temps, traversent l'unité de sur-
face dans chacun de ces corps. Le rapport de ces deux inten-
sités est celui des deux quotients et - — -, — Si les deux
J^ e e
quotients sont égaux, les flux sont les mêmes, quelles que
soient d'ailleurs les valeurs a, h, e; a, U , ë ; en général, en
désignant par F le premier flux , et par F' le second , on aura
F ■^a — h\ r„'—h'-\
m.
Supposons que , dans le second solide , la température
permanente a du plan inférieur soit celle de l'eau l)ouillantc
I ; que la température h du plan supérieur soit celle de la
glace fondante o ; que la distance ë des deux plans soit l'unité
de mesure (un mètre) ; désignons par K le flux constant de
chaleur qui, pendant l'unité de temps (une minute), traver-
serait l'unité de surfoce dans ce dernier solide, s'il était formé
d'une substance donnée ; K exprimant un certain nombre
d'unités de clialeur, <;'est-à-dire un certain nombre de fois la
chaleur nécessaire pour convertir en eau un kilogramme de
glace : on aura, en général, pour déterminer le flux constant
F, dans un solide formé de cette même substance, l'équation
F a — b „ a — b
^= OU i< :=k -•
La valeur de F est celle de la quantité de chaleur qui ,
/
54 THÉORIE DE LA CHALEUR.
pendant l'unité de temps, passe à travers une étendue égale
à l'unité de surfiice prise sur une section parallèle à la base..
Ainsi l'état thermométricfue d'un solide compris entre deux
bases parallèles infinies dont la distance perpendiculaire est
e , et c|ui sont maintenues à des températures fixes a et b ,
est représenté par les deux équations:
i' = a-{ z, et F = K ou F = — K ^j—
e e dz
La première de ces équations exprime la loi suivant la-
quelle les températures décroissent depuis la base inférieure
jusqu'à la face opposée; la seconde fait connaître la quantité
de chaleur qui traverse, pendant un temps donné, une par-
tie déterminée d'une section parallèle à la base.
Nous avons choisi ce même coefficient K, c[ui entre dans
la seconde équation, pour la mesure de la conducibilité spé-
cifique de chaque substance; ce nombre a des valeurs très-
différentes pour les différents corps.
Il représente, en général, la quantité de chaleur qui , dans
un solide homogène formé d'une substance donnée, et com-
pris entre deux plans parallèles infinis, s'écoule, pendant
une minute, à travers une surface d'un mètre qaarré prise sur
une section parallèle aux plans extrêmes , en supposant que
ces deux plans sont entretenus, l'un à la température de l'eau
bouillante, fautre à la température de la glace fondante, et
que tous les plans intermédiaires ont acquis et conservent
une température permanente.
On pourrait employer une autre définition de la conduci-
bilité, comme on pourrait estimer la capacité de chaleur en
la rapportant à l'unité de volume, au lieu de la rapporter à
CHAPITRE I. 55
runitë de masse. Toutes ces définitions sont équivalentes,
])ourvu qu'elles soient claires et précises.
Nous ferons connaître par la suite comment on peut déter-
miner par l'observation la valeur K de la conducibilité ou
conductibilité dans les différentes substances.
Pour établir les équations que nous avons rapportées dans
l'article 68^ il ne serait pas nécessaire de supposer que
les points qui exercent leur action à travers les plans ,
sont extrêmement peu distants. Les conséquences seraient
encore les mêmes si les distances de ces points avaient une
grandeur quelconque ; elles s'appliqueraient donc aussi au
cas où l'action immédiate de la chaleur se porterait dans
l'intérieur de la masse jusqu'à des distances assez considé-
rables, toutes les circonstances qui constituent Ihypothèse
demeurant d'ailleurs les mêmes.
Il faut seulement supposer que la cause qui entretient les
températures à la superficie du solide n'affecte pas seulement
la partie de la masse, qui est extrêmement voisine de la
surface, mais que son action s'étend jusqu'à une profondeur
finie. L'équation i' = û — ("\ j :; repr-ésentera encore dans
ce cas les températures permanentes du solide. Le vrai sens
de cette proposition est que, si l'on donnait à tous les points
de la masse, les températures exprimées par l'équation, et si
de plus une cause quelconque , agissant sur les deux tranches
extrêmes, retenait toujours chacune de leurs molécules à la
température que cette même équation leur assigne, les points
intérieurs du solide conserveraient, sans aucun changement,
leur état initial.
56 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Si l'on supposait que l'action d'un point de la masse pût
s'e'ten die jusqu'à une distance finies, il faudrait que l'épais-
seur des tranches extrêmes, dont l'état est maintenu par la
cause extérieure, fût au moins égale à e. Mais la quantité
e n'ayant en effet, dans l'état naturel des solides, qu'une
valeur inappréciable, on doit foire abstraction de cette épais-
seur ; et iLsuffit que la cause extérieure agisse sur chacune
des deux couches, extrêmement petites, qui terminent le
solide. C'est toujours ce que l'on doit entendre par cette
expression, entretenir la température constante de la surface.
V-
Nous allons encore examiner le cas où le même solide
serait exposé, par l'une de ses faces, à l'air atmosphérique
entretenu à une température constante.
Supposons donc que ce plan inférieur conserve, en vertu
d'une cause extérieure quelconc|ue, la température fixe a, et
que le plan supérieur, au lieu d'être retenu, comme précé-
demment, à une température moindre b, est exposé à l'air
atmosphérique maintenu à cette température b , la distancé
perpendiculaire des deux plans étant toujours désignée par
e : il s'agit de déterminer les températures finales.
En supposant que, dans l'état initial du solide, la tempé-
rature commune de ses molécules est b ou moindre que b,
on se représente facilement que la chaleur qui sort inces-
samment du foyer A pénètre la masse, et élève de plus en
plus les températures des sections intermédiaires; la surface
supérieure s'échauffe successivement, et elle laisse échapper
dans l'air une partie de la chaleur qui a pénétré le solide. Le
système des températures s'approche continuellement d'un
dernier état qui subsisterait de lui-même s'il était d'abord
CHAPITRE I. 57
formé ; dans cet état final , qui est celui que nous considérons ,
la température du plan B a une valeur fixe, mais inconnue,
que nous désignerons par p, et comme le plan inférieur A
conserve aussi une températui'c permanente a , le système
des températures est représenté par l'équation générale
v=^a + !— ; — '.-. , V désignant toujours la température fixe de
la section dont la hauteur est z. La quantité de chaleur
qui s'écoule pendant l'unité de temps , à travers une surfiice
égale à |kinité et prise sur une section quelconque, est
A- — — ^, k désignant la conducibilité propre.
Il faut considérer maintenant que la surface supérieure
B, dont la température est p, laisse échapper dans fair une
certaine quantité de chaleur qui doit être précisément égale
à celle qui traverse une section quelconque L du solide. S'il
n'en était pas ainsi, la partie de la masse qui est comprise
entre cette section L et le plan B ne recevrait point une
quantité de chaleur égale à celle qu'elle pei'd ; donc elle ne
conserverait point son état , ce qui est contre l'hypothèse ;
donc le flux constant de la surface est égal à celui qui tra-
verse le solide: or, la quantité de chaleur qui sort, pendant
l'unité de temps, de l'unité de surface prise sur le plan B,
est exprimée par h (jî — h); b étant la température fixe de
l'air, et h la mesure de la conducibilité de la surfoce B, on
doit donc former l'équation k "^^~ :=: h ( |î — Z» ) , qui fera
connaître la valeur de [B. ., .,,
On en déduit a — ?'=-^j^~j^, équation dont le second
8
5S THÉORIE DE LA CHALEUR.
membre est connu ; car les tempe'ratures aetb sont données
ainsi que les quantités h, k , e.
En mettant cette valeur de ^ — (3 dans 1 équation géne'rale
t^ = «+ ^ " s , on aura, pour exprimer les tempe'ratures
de toutes les sections du solide, l'équation a — v= t , t.-
dans laquelle il n'entre que des quantités connues et les
variables cox-respondantes v et z.
72- m
Nous avons déterminé jusqu'ici l'état final et permanent
des températures dans un solide comptais entre deux surfaces
planes , infinies et parallèles , entretenues à des températures
inégales. Ce premier cas est , à proprement parler , celui de
la propagation linéaire et uniforme , car il n'y a point de
transport de chaleur dans le plan parallèle aux bases; celle
qui traverse le solide s'écovile uniformément, puisque la
valeur du flux est la même pour tous les instants et pour
toutes les sections.
Nous allons rappeler les trois propositions principales qui
résultent de l'examen de cette question; elles sont suscep-
tibles d'un grand nombre d'applications, et forment les pre-
miers éléments de notre théorie.
1° Si l'on élève aux deux extrémités de la hauteur e du
solide deux perpendiculaires qui représentent les tempéra-
tures a çX. h des deux bases, et si l'on mène une droite qui
joigne les extrémités de ces deux premières ordonnées, toutes
les températures intermédiaires seront proportionnelles aux
ordonnées de cette droite; elles sont exprimées par l'équa-
CHAPITRE T. 59
tion générale a — <' = (- )"> '•' désignant la température
de la section dont la hauteur est z.
1° La quantité de chaleur qui s'écoule uniformément,
pendant l'unité de temps, à travers l'unité de surface prise
sur une section cpielconque parallèle aux bases , est ,
toutes choses d'ailleurs égales , en raison directe de la
différence a — h des températures extrêmes et en raison
inverse de la distance c qui sépare ces bases. Cette quantité
de chaleur est exprimée par K . ( — — j , ou — K . -j- , en
déduisant de l'équation générale la valeur de -r^ qui est
constante; ce flux uniforme est toujours représenté pour
une substance donnée, et dans le solide dont il s'agit, par la
tangente de l'angle compris entre la perpendiculaire e et la
droite dont les ordonnées représentent les températures.
3° Si l'une des surfaces extrêmes du solide étant toujours
assujétie à la température a, l'autre plan est exposé à l'air
maintenu à une température fixe h ; ce plan en contact avec
l'air, acquiert, comme dans le cas précédent, une tempéra-
ture fixe p, plus grande que h, et il laisse échapper dans
l'air, à travers l'unité de surface, pendant l'unité de temps,
une quantité de chaleur exprimée par A ( (3 — h^^h désignant
la conducibilité extérieure du plan.
Ce même flux de chaleur h (fi — Z») est égal à celui qui
traverse le prisme et dont la valeur est K [a. — [i), on a donc
l'équation h (p — Z')::=K . ?~^-, qui donne la valeur de p.
8.
6o THEORIE DE LA CHALEUR.
SECTION V.
liOi des températures permanentes dans un prisme d'une
petite épaisseur.
On appliquera facilement les principes qui viennent d'être
exposés à la question suivante, qui est très-simple en elle-
même , mais dont il importait de fonder la solution sur une
théorie exacte.
Une barre métallique, dont la forme est celle d'un parallé-
lipipède rectangle d'une longueur infinie, est exposée à l'ac-
tion d'un foyer de chaleur qui donne à tous les points de son
extrémité A une température constante. Il s'agit de déter-
miner les températuies fixes des différentes sections de la
barre.
On suppose que la section perpendiculaire à l'axe est un
quarré dont le côté 2 / est assez petit pour que l'on puisse
sans erreur sensible regarder comme égales les températures
des différents points d'une même section. L'air dans lequel
la barre est placée est entretenu à une température constante
o, et emporté par un courant d'une vitesse uniforme.
La chaleur passera successivement dans l'intérieur du so-
lide, toutes ses parties situées à la droite du foyer, et qui
n'étaient point exposées immédiatement à son action, s'échauf-
feront de plus en plus, mais la température de chaque point
ne pourra pas augmenter au-delà d'un certain terme. Ce
maximum de température n'est pas le même pour chaque
section ; il est en général d'autant moindre que cette section
CHAPITTxE I. 6i
est plus éloignée de l'origine; on désignera par i' la tempé-
rature fixe dune seetion perpendiculaire à l'axe , et placée à
la distance .r de l'origine A.
Avant que chaque point du solide ait atteint son plus
haut degré de chaleur, le système des températures varie
continuellement, et s'approche de plus en plus d'un état fixe,
qui est celui que l'on considère. Cet état final se conserverait
de lui-même, s'il était formé. Pour que le système des tem-
pératures soit permanent, il est nécessaire c]ue la quantité de
chaleur qui traverse, pendant l'unité de temps, une section
placée à la distance r de l'origine, compense exactement
toute la chaleur qui s'échappe, dans le même temps, par la
partie de la surface extérieure du prisme qui est située à la
droite de la même section. La tranche, dont l'épaisseur est
dœ, et dont la surface extérieure est 8 Idx, laisse échapper
dans l'air, pendant l'unité de temps, une quantité de chaleur
exprimée par 8 hlvdx, h étant la mesure de la conducibilité
extérieure du prisme. Donc, en prenant Fintégi'aleyS li.U' dx
depuis .r:^o jusqu'à a'= - , on trouvera la quantité de cha-
leur qui sort de toute la surface de la barre pendant l'unité
de temps; et si l'on prend la même intégrale, depuis x=o
jusqu'à x^x ^ on aura la quantité de chaleur perdue par la
partie de la surface comprise entre le foyer et la section
placée à la distance x. Désignant par C la première intégrale
dont la valeur est constante, et \iiXY fèhh-dx la valeur
variable de la seconde; la différence C — f^lilvdx expri-
mera la quantité totale de chaleur qui s'échappe dans lair,
à travers la partie de la surface placée à la droite de la sec-
tion. D'un autre côté, la tranche du solide, comprise entre
62 THÉORIE DE LA CHALEUR.
deux sections infiniment voisines placées aux distances x et
x-hdx, doit être assimilée à un solide infini, terminé par
deux plans parallèles, assujétis à des températures fixes c et
u-\^di>^ puisque, selon l'hypothèse, la température ne varie
pas dans toute l'étendue d'une même section. L'épaisseur du
sohde est dx, et l'étendue de la section est 4^' '• Jonc, la
quantité de chaleur qui s'écoule uniformément, pendant
l'unité de temps , à ti-avers une section de ce solide , est ,
d'après les principes précédents, — /^l'k^^, k étant la con-
ducibilité spécifique intérieure; on doit donc avoir l'équation
■^T' k . -7-!^ = C — f^hlvdx, o\xkl^-^=^h
V,
74-
On obtiendrait le même résultat, en considérant l'équilibre
de la chaleur dans la seule tranche infiniment petite, com-
prise entre les deux sections dont les distances sont x et
X + dx. En effet, la quantité de chaleur c[ui, pendant l'unité
de temps , traverse la première section placée à la distance
a?, est — [\V k~. Pour trouver celle cjui s'écoule pendant le
même temps, à travers la section suivante placée à la dis-
tance X + dx , il faut, dans l'expression précédente, changer
X en X + dx, ce cjui donue — 4 ^' ^' ( j — \- di -j- j j- Si l'on
retranche cette seconde expression de la première , on con-
naîtra combien la tranche que terminent les deux sections,
acquiert de chaleur pendant l'unité de temps; et puiscpe
l'état de cette tranche est permanent, il faudra que toute
cette chaleur acquise soit égale à celle cjui se dissipe dans
l'air à travers la surface extérieure èldx de cette même
CHAPITRE I. 63
tranche; or, cette dernière quantité de chaleur est ^hlvdx;
on obtiendra donc la même équation
B) h l V d X =■ lil\ k d ( -1^] o\i'^-tA=-tt'>'-
De quelque manière que l'on forme cette équation, il est
nécessaire de remarquer que la quantité de chaleur qui
pénètre dans la tranche dont l'épaisseur est dx , a une valeur
finie , et que son expression exacte est — 4 ^ ' • ^ t" Cette
tranche étant comprise entre deux surfaces , dont la première
a la température v , et la seconde une température moindre
0) , on aperçoit d'abord que la quantité de chaleur cju'elle
reçoit par la première surface dépend de la différence v — v,
et lui est proportionnelle; mais cette remarque ne suffit pas
pour établir le calcul. La quantité dont il s'agit n'est point
une différentielle : elle a une valeur finie, puisqu'elle équivaut
à toute la chaleur cjui sort par la partie de la surface exté-
rieure du prisme qui est située à la droite de la section.
Pour s'en former une idée exacte, il faut comparer la tranche,
dont l'épaisseur est dx , à un solide terminé par deux plans
parallèles dont la distance est e, et c]ui sont retenus à des
températures inégales a et b. La quantité de chaleur qui
pénètre dans un pareil prisme, à travers la surfoce la plus
échauffée, est en effet proportionnelle à la différence a — b
des températures extrêmes , mais elle ne dépend pas seule-
ment de cette différence: toutes choses d'ailleurs égales, elle
est d'autant moindre que le prisme a plus d'épaisseur, et en
général elle est proportionnelle à C'est pourquoi la
quantité de chaleur qui pénètre par la première surface dans
64 THÉORIE DE LA CHALEUR.
la tranche, dont l'épaisseur est ri' .r, est proportionnelle à
d X
Nous insistons sur cette l'emarque parce que l'omission
cjue l'on en avait faite a été' le premier obstacle à l'éta-
blissement de la théorie. En ne faisant point une analyse
complète des éléments de la question, on obtenait une équa-
tion non homogène, et, à plus forte raison , on n'aurait pu
former les équations qui expriment le mouvement de la cha-
leur dans des cas plus composés.
Il était nécessaire aussi d'introduire dans le calcul les
dimensions du prisme, afin de ne point regarder comme
générales les conséquences que l'observation avait fournies
dans un cas particulier. Ainsi l'on a reconnu par l'expérience
cju'uné barre de fer, dont on échauffait l'extrémité, ne pou-
vait acquérir, à six pieds de distance du foyer, une tempéra-
ture d'un degré (octogésimal) ; car, pour produire cet effet, il
faudrait que la chaleur du foyer surpassât beaucoup celle
qui met le fer en fusion ; mais ce résultat dépend de l'épais-
seur du prisme que l'on a employé. Si elle eût été plus
grande, la chaleur se serait propagée à une plus grande
distance, c'est-à-dire, cjue le point de la barre qui acquiert
une température fixe d'un degré, est d'autant plus éloigné
du foyer que la barre a plus d'épaisseur, toutes les autres
conditions demeurant les mêmes. On peut toujours élever
d'an degré la température de l'extrémité d'un cylindre de fer,
en échauffant ce solide par son autre extrémité; il ne faut
que donner au rayon de la base une longueur suffisante ;
cela est, pour ainsi dire, évident, et d'ailleurs on en trouvera
la pieuve dans la solution de la question (art. 78).
CHAPITRE I. 65
76.
L'intégrale de l'e'quatioii précédente est
V=Ae '+Be * "' A et B étant deux con-
tantes arbitraires; or, si l'on suppose la distance a^ infinie,
la valeur de la température v doit être infiniment petite ;
donc le terme B e '^ ' ne subsiste point dans l'intégrale;
ainsi l'équation v = Ae représente l'état permanent
du solide; la température à l'origine est désignée par la con-
stante A , puisqu'elle est la valeur de v lorsque x est nulle.
Cette même loi suivant laquelle les températures décrois-
sent, est donnée aussi par l'expérience; plusieurs physiciens
ont observé les températures fixes des dit'térents points
d'une barre métallicjue exposée par son extrémité à l'action
constante d'un foyer de chaleur, et ils ont reconnu que les
distances à l'origine représentent les logarithmes, et les tem-
pératures les nombres con-espondants.
77.
La valeur numérique du quotient constant de deux tem-
pératures consécutives étant déterminée par l'observation ,
on en déduit facilement celle du rapport j : car, en dési-
gnant par a», , v, , les températures qui répondent aux dis-
tances a:,, a',, on auiM • -
( -r ^ ]\y^'' 1/** lo£f. 7', — lo$r. 7', /T
V, _ l-^' ^'JV^Tî i^T=-^ ■ ^ — -V l
^ — — ^ OU x,—x, V
Quant aux valeurs séparées de h et de h , on ne peut les
déterminer par des expériences de ce genre : il faut observer
aussi le mouvement varié de la chaleur.
9
66 THEORIE DE LA CHALEUR. .
78-
Supposons que deux barres de même matière et de dimen-
sions inégales, soient assujëties vers leur extrémité à une
même température A, soit /, le côté de la section dans la
première barre, et /, le côté de la section dans la seconde,
on aura, pour exprimer les températures de ces deux so-
lides , les équations
v, = ke '''• et 'y, = A e '''' '
en désignant, dans le premier solide, par v, la température
de la section placée à la distance x, , et dans le second
solide , par a»-, la température de la section placée à la
distance x^.
Lorsque ces deux barres seront parvenues à un état fixe ,
la température d'une section de la première, placée à une
certaine distance du foyer, ne sera pas égale à la tempéra-
ture d'une section de la seconde, placée à la même distance
du foyer; pour que les températures fixes fussent égales^ 1
il faudrait que les distances lussent différentes. Si l'on veut 1
comparer entre elles les distances x^ et x^ comprises depuis
l'origine jusqu'aux points qui parviennent dans les deux
barres à la même température , on égalera les seconds
x" l
membres des équations, et l'on en conclura -| = y-. Ainsi
X ^ 'a
les distances dont il s'agit sont entre elles comme les racines
quarrées des épaisseurs.
79-
Si deux barres métalliques de dimensions égales, mais
formées de substances différentes sont couvertes d'un même
enduit qui puisse leur donner une même conducibilité exté-
CHAPITRE I. %
rieure, et si elles sont assujeties, dans lenr extrémité', à une
même tempëratui'e, la chaleur se propagera plus facilement
et à une plus grande distance de l'origine dans celui des deux
corps qui jouit d'une plus grande conducibilité. Pour com-
parer entre elles les distances .r. et x, , comprises depuis
l'origine commune juscjuaux points qui acquièrent une
même températui'e fixe, il faut, en désignant par /i\ et Ii\
les conducibilités respectives des deux substances, écrire
l'équation -
ou -. — /.
Ainsi le rapport de deux conducibilités est celui des quarrés
des distances comprises entre l'origine commune et les points
qui atteignent luie même température fixe.
80.
Il est facile de connaître combien il s'écoule de chaleur
pendant l'unité de temps par une section de la barre par-
venue à son état fixe : cette quantité a pour expression
_ 4 A- /' ^ ou 4 A y/âTÂT^e - ^ l^!4 ,
et si on la prend à l'origine, on aura 4 A y/ a k h l\ pour
la mesure de la quantité de chaleur qui passe du foyer dans .
le solide pendant l'unité de temps ; ainsi la dépense de la
source de chaleur est, toutes choses d'ailleurs égales, pro-
portionnelle à la racine cjuarrée du cube de Tépaisseur. Ou
trouverait le même résultat, en prenant l'intégrale y 8 A Ivdx
depuis X nulle jusqu'à x infinie.
es THÉORIE DE LA CHALEUR.
SECTION VL
De V Échauffement des espaces clos.
8r.
Nous ferons encore usage des théorèmes de l'article 72
dans la question suivante, dont la solution présente des ap-
plications utiles; elle consiste à déterminer le degré dechauf-
fement des espaces clos.
On suppose cpi'un espace d'une forme quelconque, rempli
d'air atmosphérique, est fermé de toutes parts, et que toutes
les parties de l'enceinte sont homogènes et ont une épais-
seur commune e, assez petite pour que le rapport de la
surface extérieure à la surface intérieure diffère peu de l'u-
nité. L'espace que cette enceinte termine est échauffé par
un foyer dont l'action est constante; par exemple, au moyen
d'une surface dont l'étendue est c, et qui est entretenue à la
température permanente a.
On ne considère ici que la température moyenne de l'air
contenu dans l'espace , sans avoir égard à l'inégale distribu-
tion de la chaleur dans cette masse d'air ; ainsi l'on suppose
que des causes subsistantes en mêlent incessamment toutes
les portions, et rendent leur température uniforme.
On voit d'abord que la chaleur qui sort continuellement
du foyer se répandra dans l'air environnant, et pénétrera
dans la masse dont l'enceinte est formée, se dissipera en
partie par la surface, et passera dans l'air extérieur que l'on
suppose entretenu à une température moins élevée et per-
manente n. L'air intérieur s'échauffera de plus en plus; il en
sera de même de l'enceinte solide : le système des tempéra-
CHAPITRE 1. 69
tures s'approchera sans cesse d'un dernier état qui est l'objet
de la question, et qui aurait la propriété de subsister de lui-
même et de se conserver sans aucun changement, pourvu
que la surface du foyer c fût maintenue à la température a,
et l'air extérieur à la température n.
Dans cet état permanent que l'on veut déterminer, l'air
intérieur conserve une température fixe 711 : la température
de la surface intérieure s de l'enceinte solide a aussi une va-
leur fixe a; enfin la surface extérieure s, qui termine cette
enceinte, conserve une température h moindre que a , mais
plus grande que n. Les quantités cr, a, ^, e et « sont connues,
et les quantités m, a et h sont inconnues.
C'est dans l'excès de la température m sur celle de lair
extérieur n que consiste le degré de réchauffement; il dépend
évidemment de l'étendue a de la surface échauffante et de
sa température a; il dépend aussi de l'épaisseur e de l'en-
ceinte, de l'étendue s de la surface qui la termine, de la
facilité avec laquelle la chaleur pénètre sa surface intérieure
ou celle qui lui est opposée; enfin de la conducibilité spé-
cifique de la masse solide qui forme l'enceinte ; car si l'un
quelconque de ces éléments venait à être changé, les autres
demeurant les mêmes, le degré de réchauffement varierait
aussi. Il s'agit de déterminer comment toutes ces quantités
entrent dans la valeur de m — n,
82.
L'enceinte solide est terminée par deux surfaces égales,
dont chacune est maintenue à une température fixe; chaque
élément prismatique du solide compris entre deux portions
opposées de ces surfaces , et les normales élevées sur le
contour des bases, est donc dans le même étal que s'il ap-
70 THEORIE DE LA CHALEUR.
partenait à un solide infini compris enti'e deux plans paral-
lèles, entretenus à des températures inégales. Tous les élé-
ments prismatiques qui composent l'enceinte se touchent
suivant toute leur longueur. Les points de la masse qui
sont à égale distance de la surface intérieure ont des tempé-
ratures égales, a quelque prisme cju'ils appartiennent; par
conséquent , il ne peut y avoir aucun transport de chaleur
dans le sens perpendiculaii'e à la longueur des prismes. Ce
cas est donc le même que celui que nous avons déjà traité,
et l'on doit y appliquer les équations linéaires qui ont été
rapportées plus haut.
83.
Ainsi, dans l'état permanent que nous considérons, le flux
de chaleur qui sort de la surface n pendant une unité de
temps, est égal à celui qui passe, pendant le même temps,
de l'air environnant dans la surface intérieure de l'enceinte ;
il est égal aussi à celui qui traverse, pendant l'unité de temps,
une section intermédiaire faite dans l'enceinte solide par une
surface égale et parallèle à celles qui terminent cette eh-
ceinte ; enfin , ce même flux est encore égal à celui qui passe
de l'enceinte solide à travers sa surface extérieure, et se
dissipe dans l'air. Si ces quatre quantités de chaleur écoulées
n'étaient point égales, il surviendrait nécessairement quelque
variation dans l'état des températures, ce qui est contre
l'hypothèse.
La première quantité est exprimée par c (a — m) g , en
désignant par g la conducibilité extérieure de la surface a
qui appartient au foyer.
La seconde est s [m — a) h, le coefficient h étant la
CHAPITRE I. ni
mesure de la conducibilité extérieure de la surfoce s , qui
est exposée à l'action du foyer.
La troisième est s - — ; — - K, le coefficient K étant la me-
sure de la conducibilité propre de la substance homogène
qui forme l'enceinte.
La quatrième est s (b — n) H , en désignant par H la
conducibilité extérieure de la surface s dont la chaleur sort
pour se dissiper dans l'air. Les coëfficiens h et H peuvent
avoir des valeurs très-inégales à raison de la différence de
l'état des deux surfaces qui terminent l'enceinte ; ils sont
supposés connus ainsi que le coefficient K : on aura donc,
pour déterminer les trois quantités inconnues t?? , a et b,
les trois équations :
COL — 7fi g=s /H — ah '
c a. — ?il ..«• = ■$' K.
e
b
<r a
/H g:^S b 11. H.
84.
La valeur de m est l'objet spécial de la question. On la
trouvera en mettant les équations sous cette forme :
m
-"=f-f («-"0
a — b=-^{a. — m)
et les ajoutant T on aura
r-
THEORIE DE LA CHALEUR.
m — n = oL — ni P, en désignant par P la quantité connue
^r^ + £f + s\
s\,h^ k ^ rJ
on en conclut
P
f7l
— « = fa — II) —
(--)i(f-f^S)
^-K!"^
85.
Ce résultat fait connaître comment le degré de réchauffe-
ment 711 — n dépend des quantités données qui constituent
l'hypothèse.
Nous indiquerons les principales conséquences que l'on
en peut déduire.
1° Le degré de réchauffement m — n est en raison directe
de l'excès de la température du foyer sur celle de l'air exté-
rieur.
2" La valeur de m — ii ne dépend point de la forme de
l'enceinte ni de sa capacité , mais seulement du rapport — de
la surface dont la chaleur sort à la surface qui la reçoit, et
de l'épaisseur e de l'enceinte.
Si l'on double la surface a du foyer, le degré de réchauf-
fement ne devient pas double, mais il augmente suivant une
certaine loi que l'équation exprime.
3*^ Tous les coëfficiens spécifiques qui règlent l'action de
la chaleur, savoir: g, K, H et h, composent, avec la di-
mension e, dans la valeur de m — n, un élément unique
f + C^ "^ H ' ^^^^^ *^" P^^^ déterminer la valeur par les ob-
servations.
CHAPITRE I. y3
Si l'on doublait 1 épaisseur e de l'enceinte, on aurait le
même résultat que si l'on employait, pour la former, une
substance dont la conducibilité propre serait deux fois plus
grande. Ainsi l'emploi des substances qui conduisent diffi-
cilement la chaleur permet de donner peu d'épaisseur à l'en-
ceinte; l'effet que l'on obtient ne dépend que du rapport „•
4° Si la conducibilité K est nulle , on trouve m — n ^ a ;
c'est-à-dire que l'air intérieur prend la température du
foyer : il en est de même si H est nulle ou si h est nulle.
Ces conséquences sont d'ailleurs évidentes, puisque la cha-
leur ne peut alors se dissiper dans 1 air extérieur.
5" Les valeurs des quantités g, H, h, K et a, que l'on
suppose connues , peuvent être mesurées par des expé-
riences directes, comme on le verra par la suite; mais, dans
la question actuelle , il suffirait d'observer la valeur de
m — n cjui correspond à des valeurs données de g et de a,
et on s'en servirait pour déterminer le coefficient total
(a — 11) ~ p
'I + ^ + ^ , au moyen de l'équation m — ii= —
i + - p
s i
dans laquelle p désigne le coefficient cherché. On mettra
dans cette équation, au lieu de - et de a — 7i , les valeurs
de ces quantités, que l'on suppose données, et celle de
m — n, que l'observation aura fait connaître. On en déduira
la valeur de p , et l'on pourra ensuite appliquer la formule à
une infinité d'autres cas.
6° Le coefficient H entre dans la valeur de m — n de la
même manière que le coefficient h ; par conséquent l'état de
lO
;4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
la superficie, ou celui de l'enveloppe qui la couvre, procure
le même effet, soit qu'il se rapporte à la surface intérieure
ou à la surface extérieure.
On aurait regardé comme inutile de fiùre remarquer ces
diverses conséquences, si l'on ne traitait point ici des cjues-
tions toutes nouvelles , dont les résultats peuvent être d'une
utilité immédiate.
86.
On sait que les corps animés conservent une température
sensiblement fixe, que l'on peut regarder comme indépen-
dante de la température du milieu dans lequel ils vivent.
Ces corps sont, en quelque sorte, des foyers d'une chaleur
constante , de même que les substances enflammées dont
la combustion est devenue uniforme. On peut donc, à
faide des remarques précédentes, prévoir et régler avec
plus d'exactitude félévation des températures dans les lieux
où l'on réunit un grand nombre d'hommes. Si l'on y observe
la hauteur du thermomètre dans des circonstances données,
on déterminera d'avance quelle serait cette hauteur , si le
nombre d'hommes rassemblés dans le même espace deve-
nait beaucoup plus grand.
A la vérité , il y a plusieurs circonstances accessoires qui
modifient les résultats , telles que linégale épaisseur des
parties des enceintes , la diversité de leur exposition , l'effet
que produisent les issues, l'inégale distribution de la chaleur
de l'air. On ne peut donc faire une application rigoureuse
des règles données par le calcul ; toutefois, ces règles sont
précieuses en elles-mêmes , parce qu'elles contiennent les
vrais principes de la matière : elles préviennent des raison-
nements vagues et des tentatives inutiles ou confuses.
CHAPITRE I. 75
87.
Si le même espace e'tait e'chauffé par deux ou plusieurs
foyers de différente espèce, ou si la première enceinte était
elle-même contenue dans une seconde enceinte sépare'e de
la première par une masse d'air, on déterminerait facile-
ment aussi le degré de réchauffement et les températures
des surfaces.
En supposant qu'il y ait, outre le premier foyer ç, une
seconde surface échauffée 77 dont la température constante
soit (3 , et la conducibilité extérieure j , on trouvera , en
conservant toutes les autres dénominations, l'équation sxii-
vante :
g , p "> / ^ f '' , I . I ^
m-
■+(¥+¥) (i + i + j) .
si Ton ne suppose qu'un seul foyer a, et si la première en-
ceinte est elle-même contenue dans une seconde, on repré-
sentera par S', h', li'. H', les éléments de la seconde enceinte
qui correspondent à ceux delà première, que l'on désigne
par S. h. k. H, et Ton trouvera, en nommant p la tempé-
rature de l'air qui environne la surface extérieure de la
seconde enceinte, l'équation suivante :
7. — ,l.P
' I +P
La quantité P représente
^\h^ K ^ Hy* ^ S' \K ^ k' ^ H'
On trouvei\ait un résultat semblable si. l'on supposait trois
ou un plus grand nombre d'enceintes successives; et l'on en
10.
^6 THEORIE DE LA CHALEUR.
conclut que ces enveloppes solides, sépare'es par l'air, con-
courent beaucoup à augmenter le degré de réchauffement,
cpelque petite que soit leur épaisseur.
88.
Pour rendi'e cette remarque plus sensible, nous compare-
rons la quantité de chaleur qui sort de la surface d'un corps
échauffé, à celle que le même corps perdrait, si la surface
qui l'enveloppe en était séparée par un intervalle rempli
d'air.
Si le corps A est échauffé par une cause constante, en
sorte que la surface conserve la température fixe b , l'air
étant retenu à la température moindre a, la quantité de
chaleur qui s'échappe dans l'air pendant l'unité de temps,
à travers une surface égale à l'unité , sera exprimée par
h (b — rt), h étant la mesure de la conducibilité extérieure.
Donc, pour que la masse puisse conserver la température
iixe b, il est nécessaire que le foyer, quel qu'il soit, fournisse
une quantité de chaleur égale à h S (b — «)i S désignant
l'étendue de la surface du solide.
Supposons que l'on détache de la masse A une tranche
extrêmement mince qui soit séparée du solide par un inter-
valle rempli d'air, et que la superficie de ce même solide A,
soit encore maintenue à la température b. On voit que l'air
contenu entre la tranche et le corps s'échauffera et prendia
une température a plus grande que a. La tranche elle-même
parviendra à un état permanent et transmettra à l'air exté-
rieur dont la température fixe est a toute la chaleur que le
corps perd. Il s'ensuit que la quantité de chaleur sortie du
solide sera h S (b — a), au lieu d'être h S (b — «), car
on suppose que la nouvelle superficie du solide et celles qui
CHAPITRE I. ^yy
terminent la tranche ont aussi la même conducibilité exté-
rieure II. 11 est e'vident que la dépense de la source de cha-
leur seia moindre qu'elle n'était d'abord. Il s'agit de con-
naître le rapport exact de ces Cjuantites.
89.
Soient e l'épaisseur de la tranche, m la température fixe
de sa surface inférieure, n celle de la surface supérieure et
K la conducibilité propre. On aura, pour l'expression de la
quantité de chaleur qui sort du solide par sa superficie,
Pour celle de la quantité qui pénètre la surface inférieure
de la tranche h S i^a — m').
Pour celle de la quantité qui traverse une section quel-
T' O ("' '0 1 ^ 1
conque W h ^ de cette nieme tranche.
Enfin, pour celle de la quantité qui passe de la surface
supérieure dans l'air h S [n — a).
Toutes ces cjuantités doivent être égales, on a donc les
équations suivantes :
h [il — a)=^-[in — /?) •■ ■ '■ .
h (ji — a):=h(a — 7)i)
h [n — a) = h(^b — à)
Si l'on écrit de plus l'équation identique h {n — a) = h
{n — a), et si on les met toutes sous cette forme :
n — a)
n —
a —
n —
-a
m —
-» =
l,e
' K
(«
a! —
-711 =
-n-
-a
h
a!
n —
-a
yS THEORIE DE LA CHALEUR,
on trouvera, en les ajoutant,
b — a = (7i — a)(3+ -jv-j-
La quantité de chaleur perdue par le solide était....
h S (b — a) lorsque sa superficie communiquait librement à
l'air, elle est maintenant h S {b — a) ou h S {n — a) qui équi-
l> — a
vaut à A s Q à e
3 + X
La première quantité est plus grande que la seconde , dans
1 .10 k e r
le rapport de a + -j^- a i.
Il faut donc, pour entretenir à la température b le solide
dont la superficie communique immédiatement à l'air, plus
de trois fois autant de chaleur qu'il n'en faudrait pour le
maintenir à la même température b, lorsque l'exticme sur-
face n'est pas adhérente, mais distante du solide d'un inter-
valle quelconque rempli d'air.
Si l'on suppose que l'épaisseur e est infiniment petite, le
rapport des quantités de chaleur perdues sera 3, ce qui au-
rait encore lieu si la conducibilité K était infiniment grande.
On se rend facilement raison de ce résultat , car la chaleur
ne pouvant s'échapper dans l'air extérieur, sans pénétrer
plusieurs surfaces, la quantité qui s'en écoule doit être d'au-
tant moindre que le nombre des surfaces intei'posées est
plus grand; mais on n'aurait pu porter, à cet égard, aucun
jugement exact si Ton n'eut point soumis la question au
calcul.
90.
On n'a point considéré, dans l'article précédent, l'effet de
CHAPITRE I. ;()
rirratliatloii à travers la couche d'air qui sépare les deux
surfaces, cependant cette circonstance modifie la question,
puisqu'il y a une partie de la chaleur qui pénètre immédia-
tement au-delà de l'air interposé. Nous supposerons donc ,
pour rendre l'objet du calcul plus distinct, que l'intervalle
des surfaces est vide d'air , et que le corps échaut'té est
couvert d'un nombre quelconque de tranches parallèles et
éloignées les unes des autres.
Si la chaleur qui sort du solide par sa superficie plane
entretenue à la température h , se répandait librement dans
le vide et était reçue par une surfoce parallèle entretenue à
une température moindre a , la quantité qui se dissiperait
pendant l'unité de temps à travers l'unité de superficie serait
proportionnelle à la différence h — a des deux températures
constantes; cette quantité serait représentée par H {b — «),
H étant une valeur de la conducibilité relative qui n'est
pas la même que h.
Le foyer qui maintient le solide dans son premier état
doit donc fournir, dans chaque unité de temps, une quan-
tité de chaleur égale à H S [h — «). Il faut maintenant dé-
terminer la nouvelle valeur de cette dépense dans le cas oii
la superficie de ce corps serait recouverte de plusieurs tran-
ches successives et séparées par des intervalles vides d'air,
en supposant toujours que le solide est soumis à l'action
d'une cause extérieure quelconque qui retient sa superficie
à la température h.
Concevons que le système de toutes les températures est
devenu fixe; soit m la température de la surface inférieure
de la première tranche qui est par conséquent opposée à
celle du solide, soient n la température de la siu'fiice supé-
8o THÉORIE DE LA CHALEUR,
rieure de cette même tranche, e son épaisseur, et K sa con-
ducibilité spécifique , désignons aussi par m, ii', m , n ,
m'", n'", m", n", etc. les températures des surfaces inférieure
et supérieure des différentes tranches, et par K, e, la con-
ducibilité et l'épaisseur de ces mêmes tranches, enfin sup-
posons que toutes ces surfaces soient dans un état sem-
blable à la superficie du solide, en sorte que la valeur du
coefficient H leur soit commune.
La quantité de chaleur cjui pénètre la surface inféineure
d'une tranche correspondante à l'indice quelconque i est
H S (",_, — "^)i celle qui traverse cette tranche est
■ — (/^ — "' + !)•) ^^ ^^ C|uantité qui en sort par la surface su-
périeure est H S («V — "i+i)- Ces trois quantités, et toutes
celles qui se rapportent aux autres tranches, sont égales;
on pourra donc former les équations en comparant toutes
les quantités dont il s'agit à la première d'entre elles, qui
est H S {b — 7« ) ; on aui'a ainsi, en désignant par y le nom-
bre des tranches :
b — in,=^b — m.
m.
— n.
K
{b-
-m
)
"■-
—m.
— b-
-m.
m^
— n.
Ht-
K
(b-
-m
.)
He , , .
'"j — «1=1^ (b — m,)
ti, — a=b — ?n.
CHAPITRE I. 8t.
En ajoutant ces équations , on ti'ouvera >
b — a={b—m)j(^i+-~y "'■ ' ■• ;
La dépense de la source de clialeur nécessaire pour entre-
tenir la superficie du corps A à la température i^ est
H.S (Z. — «)
lorsque cette superficie envoie ses rayons à une surfiice fixe
entretenue à la température b. Cette dépense est H S {h — m)
lorsque l'on place entre la superficie du corps A et la sur-
face fixe entretenue à la température b un nombre j de
tranches isolées; ainsi la quantité de chaleur que le fi^yer
doit fournir est beaucoup moindre dans la seconde hypo-
thèse que dans la première, et le rapport de ces deux quan-
tités est • / H.gA. Si l'on suppose que l'épaisseur e des
tranches soit infiniment petite, le rapport est-.- La dépense
du foyer est donc en raison inverse du nombre des tran-
ches qui couvrent la superficie. . . , , .
84.
L'examen de ces résultats et de ceux que l'on obtient
lorsque les intervalles des enceintes successives sont occupés
par l'air atmosphérique exjîlique distinctement pomquoi
la séparation des surfaces et l'interposition de l'air concou-
rent beaucoup à contenir la chaleur. r>-. ,•
Le calcul fournit encore des conséquences analogues
lorsqu'on suppose que le foyer est extérieur et que la chaleur
qui en émane traverse successivement les divei'ses enveloppes
diaphanes et pénètre l'air qu'elles renferment. C'est ce qui
1 1
82 THÉORIE DE LA CHALEUR.
avait lieu dans les expériences où l'on a exposé aux rayons
du soleil des thermomètres recouverts par plusieurs caisses
de verre, entre lesquelles se trouvaient différentes couches
d'air.
C'est par une raison semblable que la température des
hautes régions de l'atmosphère est beaucoup moindre qu'à
la surface du globe.
En général les théorèmes concernant réchauffement de
l'air dans les espaces clos s'étendent à des questions très-
variées. Il sera utile d'y recourir lorsqu'on voudra prévoir
et régler la température avec quelque précision , comme dans
les serres , les étuves , les bergeries , les ateliers , ou dans
plusieurs établissements civils , tels que les hôpitaux , les
casernes, les lieux d'assemblée.
On pourrait avoir égard, dans ces diverses applications,
aux circonstances accessoires qui modifient les conséquences
du calcul comme l'inégale épaisseur des différentes parties
de l'enceinte, l'introduction de l'air etc. ; mais ces détails
nous écarteraient de notre objet principal qui est la dé-
monstration exacte des principes généraux.
Au reste, nous n'avons considéré, dans ce qui vient d'être
dit, que l'état permanent des températures dans les espaces
clos. On exprime aussi , par le calcul , l'état variable qui le
précède, ou celui qui commence à avoir lieu lorsqu'on re-
tranche le foyer, et l'on peut connaître par-là comment les
propriétés spécifiques des corps que l'on emploie, ou leurs
dimensions, influent sur les progrès et sur la durée de
réchauffement; mais cette recherche exige une analyse diffé-
rente, dont on exposera les principes dans les chapitres
suivants.
CHAPITRE I. m
SECTION VIL
Du mouvement uniforme de la chaleur suivant les trois
dimensions. '
85. ■
Nous n'avons considéré jusqu'ici que le mouvement uni-
forme de la chaleur suivant une seule dimension , il est
facile d'appliquer les mêmes principes au cas où la chaleur
se propage uniformément dans trois directions orthogonales.
Supposons que les différents points d'un solide compris
entre six plans rectangulaires aient actuellement des tem-
pératures inégales et représentées par l'équation linéaire
v^h. + a X + by + c z, x, y, z, étant les coordonnées
rectangulaires d'une molécule dont la température est v.
Supposons encore que des causes extérieures quelconques,
agissant sur les six faces du prisme, conservent à chacune
des molécules qui sont situées à la superficie, sa tempéra-
ture actuelle exprimée par l'équation générale
v^=A. + ax + by + cz, (a)
nous allons démontrer que ces mêmes causes qui, par hypo-
thèse, retiennent les dernières tranches du solide dans leur
état initial, suffisent pour conserver aussi la température
actuelle de chacune des molécules intérieures , en sorte
que cette température ne cessera point d être représentée
par l'équation linéaire. -:i ! .i. ~ ; .i* :
L'examen de cette question est un élément de la théorie
générale, il servira à faire connaître les lois du mouvement
varié de la chaleur dans l'intérieur d'un solide d'une forme
1 1.
84 THEORIE DE LA CHALEUR.
quelconque, car chacune des molécules prismatiques dont
le corps est composé, est pendant un temps inilniment petit
dans un état semblable à celui qu'exprime l'équation
linéaire {a). On peut donc, en suivant les principes ordi-
naires de l'analyse différentielle, déduire facilement de la
notion du mouvement uniforme les équations générales du
mouvement varié.
m.
Pour prouver que les extrémités du solide conservant
leurs températures il ne pourra survenir aucun changement
dans l'intérieur de la masse, il suffit de comparer entre elles
les quantités de chaleur qui, pendant la durée d'un même
instant, traversent deux plans parallèles. Soit b la distance
perpendiculaire de ces deux plans que l'on suppose d'abord
parallèles au plan horizontal des x et y. Soient m et m' deux
molécules infiniment voisines dont l'une est au-dessous du
premier plan horizontal et l'auti^e au-dessus; soient oc^y, z,
les coordonnées de la première et x', j , z, les coordonnées
de la seconde. On désignera pareillement deux molécules
M et M' infiniment voisines, séparées par le second plan
horizontal et situées, par rapport à ce second plan, de la
même manière que m et m' le sont par rapport au premier,
c'est-à-dire , que les coordonnées de M sont x , y, z+ b , et
celles de M', sont x, y, z + b. Il est manifeste que la dis-
tance m m des deux molécules m et m est égale à la distance
MM' des deux molécules M et M'; de plus, soit v la tempé-
rature de m et a'"celle de m, soient aussi V et V les tempé-
ratures de M et M', il est facile de voir que les deux diffé-
rences y — v et V — V sont égales ; en effet , en substituant
d'abord les coordonnées de tji et ni dans l'équation générale
CHAPITRE I. Sj
■v:=A + aa; -h ùj + cz, on trouve
v — v' = a {x — x') + Z» if— y) + c {z—z'),
et, en substituant ensuite les coordonnées de M et M', on
trouve aussi V — Y=a (x — x') + b (j — y') + c (s — z).
Or la quantité de chaleur que m envoie à 77^' de'pend de la
distance ifi m', qui sépare ces molécules, et elle est propor-
tionnelle à la différence -v — v de leurs températures. Cette
quantité de chaleur envoyée peut être représentée par
g Çv — v) d t ;
la valeur dvx coefficient q dépend d'une manière quelconque
de la distance m m, et de la nature de la substance dont le
solide est formé, dt est la durée de l'instant. La quantité de
chaleur envoyée de M à M', où l'action de M sur M' a aussi
pour expression q (V — V) d t , et le coefficient q est le
même que dans la valeur q (v — V) d t, puisque la dis-
tance M M est égale à m ni et que les deux actions s'opè-
rent dans le même solide; de plus V — V est égal à v — v',
donc les deux actions sont égales.
Si l'on choisit deux autres points n et lî extrêmement
voisins l'un de l'autre qui s'envoient de la chaleur à travers
le premier plan horizontal, on prouvera de même que leur
action est égale à celles de deux points homologues N et N'
qui se communiquent la chaleur à travers le second plan
horizontal. On en conclura donc que la quantité totale de
chaleur qui traverse le premier plan est égale à celle qui
traverse le second pendant le même instant. On tirera la
même conséquence de la comparaison de deux plans paral-
lèles au plan des x çX. z, ou de deux autres plans parallèles
au plan des y et z. Donc, une partie quelconque du solide
86 THÉORIE DE LA CHALEUR.
comprise entre six plans rectangulaires reçoit, par chacune
des faces, autant de chaleur qu'elle en perd par la face op-
posée ; donc il n'y a aucune portion du solide qui puisse
changer de température.
On voit par là qu'il s'écoule à travers un des plans dont
il s'agit une quantité de chaleur qui est la même à tous les
instants, et qui est aussi la même pour toutes les autres
tranches parallèles.
Pour déterminer la valeur de ce flux constant, nous la
comparerons à la quantité de chaleur qui s'écoule uniformé-
ment dans un cas plus simple que nous avons déjà traité.
Ce cas est celui d'un solide compris entre deux plans infinis
et entretenus dans un état constant. Nous avons vu que les
températures des différents points de la masse sont alors
représentées par l'équation v = A + cz; nous allons dé-
montrer que le flux uniforme de chaleur qui se propage en
sens vertical dans le solide infini est égal à celui qui s'écoule
dans le même sens à travers le prisme compris entre six
plans rectangulaires. Cette égalité a lieu nécessairement si le
coefficient c de réquatiom; = A + cr , appartenant au pre-
mier solide est le même que le coefficient c dans l'équation
plus générale 'v = A + aœ + bj- + cz qui représente l'état
du prisme. En effet, désignons par H dans ce prisme un
plan perpendiculaire aux z, et par m et [j. deux molécules
extrêmement voisines l'une de l'autre dont la première /« est
au-dessous du plan H, et la seconde est au-dessus de ce
plan, soient o) la température de ?}z dont les coordonnées
sont as, y, z, et w la température de \j. dont les coordonnées
sont a;+a,j+p,;:; + y. Choisissons une troisième molécule
CHAPITRE I. 87
p.', dont les coordonnées soient x — a, j — ^, 2 + y, et dont
la tempe'rature soit désignée par ir'. On voit que [^ et ^' sont
sur un même plan horizontal, et que la verticale élevée sur
le milieu de la droite [x ja', qui joint ces deux points, passe
par le point m, ensorte que les distances /?? jjt, et j?i ^' sont
égales. L'action de in sur ;;. ou la quantité de chaleur que la
première de ces molécules envoie à l'autre à travers le plan
H dépend de la diflérence v — w de leurs températures.
L'action de m sur [a' dépend de la même manière de la diffé-
rence V — w' des températures des molécules, puisque la
distance de m à fz. est la même que celle de 7n à [;.'. Ainsi
en exprimant par q (v — iv) l'action de //? sur [a pendant
l'unité de temps, on aura q (y — n-') pour exprimer l'action
de 771 sur jx', q étant un facteur inconnu, mais commun, et
qui dépend de la distance ?» a et de la nature du solide. Donc
la somme des deux actions exercées pendant l'unité de temps
est q ['V — iv + V — iv').
Si l'on substitue, au lieu de œ,yetz, dans l'équation
générale vt=K + ajc + ^ J + cz, les coordonnées de w et
ensuite celles de ^. et [j.', on trouvera j .
0) — iv = — a oi — b <^ — c^
v iv'= + aa + Z'P C y
La somme des deux actions de 7)i sur ^ et de m sur ^.' est
donc — 2. q c Y-
Supposons maintenant que le plan H appartienne au
solide infini pour lequel l équation des températures est
v^^A + cz, et que l'on désigne aussi, dans ce solide, les
molécules t7i, jj. et ^.' dont les coordonnées sont ,v, y, z,
pour la première, a; + a,j+p,z + y, pour la seconde , et
88 THEORIE DE LA CHALEUR.
x — a, j- — p, - + y, pour la troisième : on trouvera, comme
précédemment, v — w + v — (i'' = — 2 c y. Ainsi la somme
des deux actions de jn sur a et de m sur r^.', est la même dans
le solide infini que dans le prisme compris entre six plans
l'ectangulaires. ;
On trouverait un résultat semblable, si l'on considérait
l'action d'un autre point n inférieur au plan H sur deux
autres v et v', placées à une même hauteur au-dessus du plan.
Donc , la somme de toutes les actions de ce genre , qui s'exer-
cent à travers le plan H, c'est-à-dire, la quantité totale de
chaleur qui , pendant l'unité de temps , passe au-dessus de
cette surface , en vertu de l'action des molécules extrême-
ment voisines qu'elle sépare, est toujours la même dans l'un
et l'autre solide.
Dans le second de ces corps qui est terminé par deux
])lans infinis et pour lequel l'équation des températures est
^' = A + c z, nous savons que la quantité de chaleur écoulée
pendant l'unité de temps à travers une surface égale à l'unité
et prise sur une section horizontale quelconque est — c K ,
c étant le coefficient de z, et K la conducibilité spécifique ;
donc, la quantité de chaleur qui, dans le prisme compris
entre six plans rectangulaires, traverse pendant l'unité de
temps, une surface égale à l'unité et prise sur une section
horizontale quelconque, est aussi — c K, lorsque l'équation
linéaire qui représente les températures du prisme est
1^ = x\ + a j? + h y + c z.
On prouve de même que la quantité de chaleur qui, pen-
dant l'unité de temps , s'écoule uniformément à travers une
unité de surface prise sur une section quelconque perpendi-
CHAPITRE I. 89
culaire aux x, est exprimée par — «K, et que la chaleur
totale qui traverse, pendant l'unité de temps, l'unité t!c sur-
face prise sur une section perpendiculaire aux }•, est exprimée
par — ^ K.
Les théorèmes que nous avons démontrés dans cet article
et dans les deux pi^écédents , ne supposent point que l'action
directe de la chaleur soit bornée dans l'intérieur de la masse
à une distance extrêmement petite , ils auraient encore lieu
si les rayons de chaleur, envoyés par chaque molécule, pou-
vaient pénétrer immédiatement jusqu'à une distance assez
considérable, mais il serait nécessaire, dans ce cas, ainsi que
nous l'avons remarcjué dans l'article 70 , de supposer que la
cause qui entretient les températures des flices du solide ,
affecte une partie de la masse jusqu'à une profondeur finie.
■ ' f '
SECTION VIII.
MesiC7'e du mouvement de la chaleur en un point donné
d'une masse solide.
96.
Il nous reste encore à faire connaître un des principaux
éléments de la théorie de la chaleur, il consiste à définir et à
mesurer exactement la quantité de chaleur qui s'écoule en
chaque point d'une masse solide à travers un plan dont la
direction est donnée.
Si la chaleur est inégalement distribuée entre les molécules
d'un même corps, les températures de chacjue point varie-
ront à chacjue instant. En désignant par t le temps écoulé,
et par v la température que reçoit après le temps t une mo-
12
90 THÉORIE DE LA CHALEUR,
lécule infiniment petite m, dont les coordonne'es sont x,y, z;
l'ëtat variable du solide sera exprime par une équation sem-
blable à la suivante ■v = F {x, y, z, t). Supposons que la
fonction F soit donnée, et que par conséquent on puisse
déterminer, pour chaque instant, la température d'un point
quelconque; concevons que par le point m on mène un plan
horizontal parallèle à celui des x et y, et que sur ce plan on
trace un cercle infiniment petit (o , dont le centre est en m;
il s'agit de connaître quelle est la quantité de chaleur qvii ,
pendant l'instant d t, passera à travers le cercle w de la partie
du solide qui est inférieure au plan dans la partie supé-
rieure. Tous les points qui sont extrêmement voisins du
point m, et qui sont au-dessous du plan , exercent leur
action pendant l'instant infiniment petit d t , sur tous ceux
qui sont au-dessus du plan et extrêmement voisins du point
m, c'est-à-dire, que chacun de ces points placés d'un même
côté du plan, enverra de la chaleur à chacun de ceux qui
sont placés de l'autre côté. On considérera comme positive
l'action cpii a pour effet de transporter une certaine quan-
tité de chaleur au-dessus du plan, et comme négative celle
qui fait passer de la chaleur au-dessous du plan. La somme
de toutes les actions partielles qui s'exercent à travers le
cercle w, c'est-à-dire, la somme de toutes les quantités de
clialcur qui , traversant un point quelconque de ce cercle ,
passent de la partie du solide qui est inférieure au plan
dans la partie supérieure, composent le flux dont il faut
trouver l'expression.
Il est facile de concevoir c|ue ce flux ne doit pas être le
même dans toute l'étendue du solide, et que si en un autfie
point m on traçait un cercle horizontal w' égal au précédent,
/'
CHAPITRE I. 91
les deux quantités de chaleur qui s'élèvent au-dessus de ces
plans b) et w' pendant le même instant pourraient n'ètic
point égales; ces quantités sont comparables entre elles et
leurs rapports sont des nombres que ron peut facilement
déterminer.
97-
Nous connaissons déjà la valeur du flux constant pour le
cas du mouvement linéaire et uniforme; ainsi dans un solide
compris entre deux plans horizontaux infinis dont l'un est
entretenu à la température a, et l'autre à la température b,
le flux de chaleur est le même pour chaque partie de la
masse; on peut le considérer comme ayant lieu dans le sens
vertical seulement. Sa valeur correspondante à l'unité de
surface et à l'unité de temps est K (- — ^ j , e désignant la
distance perpendiculaire des deux plans, et K la conducibi-
lité spécifique; les températures des différents points du
solide, sont exprimées par l'équation v = a —
Lorsqu'il s'agit d'un solide compris entre six plans rectan-
gulaires parallèles deux à deux, et lorsque les températures
des différents points sont exprimées par l'équation linéaire
v = A + a œ + by + c z, la propagation a lieu en même
temps selon les trois directions des x, des y et des z; la
quantité de chaleur qui s'écoule à travers une portion déter-
minée d'un plan parallèle à celui des x et f , est la même
dans toute l'étendue du prisme; sa valeur correspondante à
lunité de surface et à l'unité de temps est — e K , dans le
sens des r;^ elle est — 6 K, dans le sens desj% et — a K,
dans celui des x.
12.
92 THÉORIE DE LA CHALEUR.
En général la valeur du flux vertical, dans les deux cas
que l'on vient de citer , ne dépend que du coefficient de z et
de la conducibilité spécifique K; cette valeur est toujours
, , , ,- dv
égale a — K -j--
*-" a z
L'expression de la quantité de chaleur qui, pendant l'in-
stant cl t , s'écoule à travers un cercle horizontal infiniment
petit, dont la surface est u, et passe ainsi de la partie du
solide qui est inférieure au plan du cercle, dans la partie
supérieure, est, pour les deux cas dont il s'agit, — ^-rz '^ ^t.
98.
Il est aisé maintenant de généraliser ce résultat et de
reconnaître qu'il a lieu quel que soit le mouvement varié de
la chaleur exprimé par l'équation a» = F {x , y, z, t).
En effet, désignons par x',y, z, les coordonnées du point
m , et sa température actuelle par v. Soient x + ^ , j' + vi ,
z + 'i, les coordonnées d'un point \i. infiniment voisin du
point m et dont la température est w; ^, n, ^, sont des
cpiantités infiniment petites ajoutées aux coordonnées x',f, z;
elles déterminent la position des molécules infiniment voi-
sines du point m, par rapport à trois axes rectangulaires,
dont l'origine est en m , et qui seraient parallèles aux axes
des X, des j;, et des z. En différentiant l'équation
et remplaçant les différentielles par ^, -o, C, on aura, pour
exprimer la valeur de w, qui équivaut av + dv, l'équa-
!• / • , d v' dv' dv' „ 1 ..pr' •
tion luieaire w:=v -\- -j— l + -3— yi + -p (^ , les coefficients
, d v' dv' dv' \ c ■ 1 1
"v^-j-^ ■^, -^, sont des lonctious de x, j, z, t, dans
CHAPITRE I. 93
lesquelles on a mis pour x, j, z, les valeurs données et con-
stantes X, y', z, qui conviennent au point m.
Supposons cjue le même point m appartienne aussi à un
solide compris entre six plans rectangulaires, que les tem-
pératures actuelles des points de ce prisme, qui a des di-
mensions finies, soient exprimées par l'équation linéaire
(V = A + o ^ + /> y, + c (^ ; et cjue les molécules placées sur
les faces qui terminent le solide soient retenues par une
cause extérieure à la température c[ui leur est assignée par
l'équation linéaire. ^, -/i , (^, sont les coordonnées rectangu-
laires d'une molécule du prisme, dont la température est
IV, et qui est rapportée aux trois axes dont l'origine est
en m.
Cela posé, si l'on prend pour valeurs des coefficients
constants ^ A^a , ù, c , qui entrent dans l'équation du prisme
les quantités v', —j—-, —r-^i ~jz ■< ^^"^^ appartiennent à l'équa-
tion différentielle ; l'état du prisme exprimé par l'équation
, d v' dv' d v' •• • I 1 1 '-1
(V = y H — -— Ç 4 — — Yi H r- z, couicidera , le plus ciuil
d X dr dz ^ i
est possible, avec l'état du solide; c'est-à-dire, que toutes
les molécules infiniment voisines du point m auront la même
température, soit qu'on les considère dans le solide ou dans
le prisme. Cette coïncidence du solide et du prisme est en-
tièrement analogue à celle des surfaces courbes avec les plans
qui les touchent. . '
Il est évident, d'après cela, que la quantité de chaleur qui
s'écoule dans le solide à travers le cercle w, pendant l'in-
stant dt , est la même que celle qui s'écoule dans le prisme
à travers le même cercle; car toutes les molécules dont l'ac-
tion concourt à l'un et à l'autre effet, ont la même tempe-
94 THEORIE DE LA CHALEUR,
rature dans les deux solides. Donc, le flux dont il s'agit a
pour-expression, dans l'un et l'autre solide, — K -jz f^ d t.
Il serait — K -r- oj cl t, si le cercle w , dont le centre est m ,
cl Y
était perpendiculaire à l'axe des j, et — K -r- w r/ f , si ce
cercle était perpendiculaire à l'axe des x.
La valeur du flux que l'on vient de déterminer varie dans
le solide d'un point à un autre, et elle varie aussi avec le
temps. On pourrait concevoir qu'elle a , dans tous les points
de l'unité de surface, la même valeur qu'au point m, et
qu'elle conserve cette valeur pendant l'unité de temps ; alors
le flux serait exprimé par — }L -j- ., il serait — ^ T~ ^'^^^
le sens des j, et — K. 7~ daxis celui des a;. Nous employons
ordinairement dans le calcul cette valeur du flux ainsi rap-
portée à l'unité de temps et à l'unité de surface.
99-
Ce théorème sert en général à mesurer la vitesse avec
laquelle la chaleur tend à traverser un point donné d'un
plan situé d'une manière quelconqvie dans l'intérieur d'un
solide dont les températui'cs varient avec le temps. Il faut,
par le point donné m , élever une perpendiculaire sur le
plan et élever en chaque point de cette perpendiculaire des
ordonnées qui représentent les températures actuelles de ses
différents points. On formera ainsi une courbe plane dont
l'axe des abscisses est la perpendiculaire. La fluxion de l'or-
donnée de cette courbe, qui répond au point m, étant prise
avec un signe contraire, exprime la vitesse avec laquelle la
chaleur se porte au-delà du plan. On sait que cette fluxion
CHAPITRE I. 95
de l'ordonnée est la tangente de l'angle formé par l'élément
de la courbe avec la parallèle aux abscisses.
Le résultat que l'on vient d'exposer est celui dont on fait
les applications les plus fréquentes dans la théorie de la cha-
leur. On ne peut en traiter les différentes questions sans se
former une idée très-exacte de la valeur du flux en chaque
point d'un corps dont les températures sont variables. Il est
nécessaire d'insister sur cette notion fondamentale : l'exemple
que nous allons rapporter indicjuera plus clairement l'usage
que l'on en foit dans le calcul.
100.
Supposons que les différents points d'une masse cubique
dont le côté est ^ - , aient actuellement des températures
inégales représentées par l'équation a> = cos. x . cos. j^'. cos. z.
Les coordonnées x, y, z, sont mesurées sur trois axes rec-
tangulaires dont l'origine est au centre du cube, et qui sont
perpendiculaires aux faces. Les points de la surface exté-
rieure du solide ont actuellement la température o, et l'on
suppose aussi que des causes extérieures conservent à tous
ces points leur température actuelle o. D'après cette hypo-
thèse , le corps se refroidira de plus en plus , tous les points
situés dans l'intérieur de la masse auront des températures
variables et , après un temps infini , ils acquerront tous la
température o de la surface.
Or, nous démontrerons, par la suite, que l'état variable
de ce solide est exprimé par l'équation
'y = e~s' cos. x. cos. r- cos. z,
le coefficient g- est égal à ttjc , K est la conducibilité spéci-
96 THÉORIE DE LA CHALEUR.
fique de la substance dont le solide est formé, D est la den-
sité, et C la chaleur spécifique; t est le temps écoulé.
Nous supposons ici que l'on admet la vérité de cette équa-
tion, et nous allons examiner l'usage que l'on en doit faire
pour trouver la quantité de chaleur qui traverse un plan
donné parallèle à l'un des plans rectangulaires.
Si, par le point m, dont les coordonnées sont œ , y, z, on
mène un plan perpendiculaire aux z, on trouvera, d'après
l'article précédent, que la valeur du flux, en ce point et à
travers le plan , est — K -^ , ou K e~«^' cos. oc. cos.y. sin. z.
La quantité de chaleur qui traverse, pendant l'instant dt,
un rectangle infiniment petit, situé sur ce plan et qui a pour
côtés d X et dj, est
Ke-«'' cos. X. COS. j. sin. z. dx d y dt.
Ainsi la chaleur totale qui, pendant l'instant dt, traverse
l'étendue entière du même plan , est
K e ~s' sin. z. d tycos. x. cos. j' d x dy;
la double intégrale étant prise depuis x = — j 77, jusqu'à
a; = ^ iT, et depuis J = — j ^ , jusqu'à y = 7 -. On trou-
vera donc, pour l'expression de cette chaleur totale,
4 Ke-fi^' sin. z. d t.
Si l'on prend ensuite l'intégrale par rapport à t, depuis
^=0 jusqu'à t=t, on trouvera la quantité de chaleur qui
a traversé le même plan depuis que le refroidissement a
commencé , jusqu'au moment actuel. Cette intégrale est
- — sin. z (i — e~^'), elle a pour valeur à la surface
CHAPITRE I. 97
en sorte qu'après un temps infini la quantité de chaleur
/ K
perdue, par l'une des faces, est-^- Le même raisonnement
sappliquant à chacune des six faces, on conclut que le solide
a perdu par son refroidissement complet une chaleur totale
dont la quantité est ^^^ ou 8 C D , puisque g équivaut à
-f^y:- Cette chaleur totale, qui se dissipe pendant la durée du
refroidissement, doit être en effet indépendante de la condu-
cibilité propre K, cjui ne peut influer que sur le plus ou
moins â& vitesse du refroidissement.
100.
On peut déterminer d'une autre manière la quantité de
chaleur que le solide perd pendant un temps donné , ce qui
servira, en quelque sorte, à vérifier le calcul précédent. Eu
effet la masse de la molécule rectangulaire, dont les dimen-
sions sont dx, d y , dz, est jy. d x dy dz, par consé-
quent la quantité de chaleur c|u il faut lui donner pour la
porter de la température o à celle de l'eau bouillante est
C\y. dx dy d z, Gt s il fallait élever la molécule h. la tem-
pérature V, cette chaleur excédente serait d Cli d x dy d z.
Il suit de là que pour trouver la quantité dont la chaleur
du solide surpasse, après le temps t, celle qu'il contiendrait
à la température o, il faut prendre l'intégrale multiple
/"(y CD dx .d y .d z)^ entre les limites x = — ^ :-,a; = ^iv,
On trouve ainsi, en mettant pour v sa valeur, savoir :
cs' COS. X cos. y cos. z,
que l'excès de la chaleur actuelle sur celle qui convient à la
i3
98 THÉORIE DE LA CHALEUR.
température o est 8 CD (i — e-^'); ou, après un temps
infini, 8 C D, comme on l'a trouvé précédemment.
Nous avons exposé , dans cette introduction , tous les élé-
ments qu'il est nécessaire de connaître pour résoudre les
diverses questions relatives au mouvement de la chaleur
dans les corps solides , et nous avons donné des applications
de ces principes, afin de montrer la manière de les employer
dans le calcul ; l'usage le plus important que l'on en puisse
faire est d'en déduire les équations générales de la propaga-
tion de la chaleur, ce qui est l'objet du chapitre suivant.
I
•«•«.«/«.'«. «^«/««.^
CHAPITRE IL
ÉQUATIONS DU MOUVEMENT DE LA CHALEUR.
SECTION PREMIÈRE.
Equation du mouvement varié de la chaleur dans une
armille.
ICI.
vJn pourrait former les équations ge'ne'rales qui représentent
le mouvement de la chaleur clans les corps solides d'une
figure quelconqu^e, et les appliquer aux cas particuliers. Mais
cette méthode entraîne quelquefois des calculs assez compli-
qués que l'on peut facilement éviter. Il y a plusieurs de ces
questions qu'il est préférable de traiter d'une manière spé-
ciale, en exprimant les conchtions qui leur sont propres;
nous allons suivre cette marche et examiner séparément les
questions que l'on a énoncées dans la première section de
l'introduction ; nous nous bornerons d'abord à former les
équations différentielles , et nous en donnerons les intégrales
dans les chapitres suivants.
102.
On a déjà considéré le mouvement uniforme de la chaleur
dans une barre prismatique d'une petite épaisseur et dont
l'extrémité est plongée dans une source constante de chaleur.
Ce premier cas ne piésentait aucune difficulté , pai'ce qu'il
ne se rapporte qu'à l'état permanent des températures, et
i3.
loo THÉORIE DE LA CHALEUR.
que l'équation qui l'exprime s'intègre facilement. La question
suivante exige un examen plus approfondi; elle a povn- objet
de déterminer l'état variable d'un anneau solide dont les
différents points ont reçu des températures initiales entiè-
rement arbitraires.
L'anneau solide ou armille est engendré par la révolution
d'une section rectangulaire autour d'un axe perpendiculaire
au plan de l'anneau [Foyezfig. 3). / est le périmètre de la
section dont S est la surface, le coefficient h mesure la condu-
cibilité extérieure, K la conducibilité propre, C la capacité
spécifique de chaleur , D la densité. La ligne o x x x"
représente la circonférence moyenne de l'armille ou celle qui
passe par les centres de figure de toutes les sections ; la dis-
tance d'une section à l'oi'igine o, est mesurée par l'aix dont
la longueur est x; R est le rayon de la circonférence moyenne.
On suppose qu'à raison des petites dimensions et de la
forme de la section on puisse regarder comme égales, les
températures des différents points d'une même section.
io3.
Concevons que l'on donne actuellement aux différentes
tranches de l'armille, des températures initiales arbitraires,
et que ce solide soit ensuite exposé à l'air qui conserve la
température o, et qui est déplacé avec une vitesse constante;
le système des températures variera continuellement, la cha-
leur se propagera dans l'anneau , et elle se dissipera par la
surface : on demande quel sera l'état du solide dans un
instant donné.
Soit v la température que la section placée à la distance x
aura acquise après le temps écoulé î ; v est une certaine
CHAPITRE II. loi
fonction de a? et de t, dans laquelle doivent entrer aussi toutes
les températures initiales ; c'est cette fonction qu'il s'agit de
découvrir.
io4.
On considérera le mouvement de la chaleur dans une
tranche infiniment petite, comprise entre une section placée
à la distance x, et une autre section placée à la distance
œ+dœ. L'état de cette tranche pendant la durée d'un instant
est celui d'un solide infini que terminent deux plans paral-
lèles l'etenus à des températures inégales ; ainsi la quantité de
chaleur qui s'écoule pendant cet instant dt à travers la pre-
mière section, et passe ainsi de la partie du solide qui pré-
cède la tranche dans cette tranche elle-même, est mesurée
d'après les principes établis dans l'introduction, par le produit
de quatre facteurs, savoir, la conducibilité K, faire de la
section S, le rapport — ;7— et la durée de f instant; elle a pour
expression — KSt-//^ Pour connaître la quantité de chaleur
qui sort de la même tranche à travers la seconde section, et
passe dans la partie contiguë du solide, il faut seulement
changer x en x-^dx xXàns fexpression précédente, ou ce qui
est la même chose , ajouter à cette expression sa différentielle
prise par rapport à x : ainsi la tranche reçoit par une de ses
faces une quantité de chaleur égale à — KS-j-dt et perd
par la face opposée une quantité de chaleur exprimée par
— KS-T^dt — KS-r—dxdt. Elle acquiert donc à raison de
sa position une quantité de chaleur égale à la différence de
11
deux quantités précédentes, qui est K S -y—, dx dt.
102 THÉORIE DE LA CHALEUR.
D'un autre côté cette même tranche dont la surface exté-
rieure est Idx et dont la température diffère infiniment peu
de v , laisse échapper dans l'air pendant l'instant dt une
quantité de chaleur équivalente à hlvdxdt; il suit de là
que cette partie infiniment petite du solide conserve en effet
une quantité de chaleur représentée par
KS -7-T dxdt — hlvdxdt
et qui fait varier sa température. Il faut examiner quelle est
la quantité de ce changement.
io5.
Le coefficient C exprime ce qu'il faut de chaleur pour
élever l'unité de poids de la substance dont il s'agit depuis
la température o jusqu'à la température i ; par conséquent,
en multipliant le volume j c? x de la tranche infiniment pe-
tite par la densité D, pour connaître son poids, et par la
capacité spécifique de chaleur C, on aura CDjc?.r, pour
la c[uantité de chaleur qui élèverait le volume de la tranche
depuis la tempéi'ature o jusqu'à la température i. Donc l'ac-
croissement de la température qui résulte de l'addition d'une
quantité de chaleur égale à K S -j—^ dxdt — h Ivdxdt
se trouvera en divisant cette dernière quantité par CDS^a;.
Donc en désignant selon l'usage par -jj dt l'accroissement
de température qui a lieu pendant l'instant dt, on aura
1, / . dv K d'v hl / 1 \
1 équation _ = _ _ _ -^^^ ^. {h.)
Nous expliquerons par la suite l'usage que l'on doit faire
de cette équation pour en déduire une solution complette,
et c'est en cela que consiste la difficulté de la question ; nous
CHAPITRE II. io3
nous bornerons ici à une remarque qui concerne l'état per-
manent de l'armille.
loG.
Supposons que le plan de l'anneau étant horizontal, on
place au-dessous de divers points m np q etc., des foyers de
chaleur dont chacun exerce une action constante ; la chaleur
se propagera dans le solide, et celle qui se dissipe par la
surface étant incessamment remplacée par celle qui émane
des foyers , la température de chaque section du solide s'ap-
prochera de plus en plus d'une valeur stationnaire qui varie
d'une section à l'autre. Pour exprimer, au moyen de l'équa-
tion (è), la loi de ces dernières températures qui subsis-
teraient d'elles-mêmes si elles étaient établies; il faut supposer
que la quantité v ne varie point par rapport à t , ce qui rend
nul le terme -j-. On aura ainsi l'équation
dx K t>
M et N étant les deux constantes.
107.
Supposons qu'une portion de la circonférence de l'anneau,
placée entre deux foyers consécutifs, soit divisée en parties
égales, désignons par v, v^ v^ 1^4, etc. , les températures des
points de division dont les distances à l'origine sont
X, a?, ^3 0^4, etc., la relation entre v el x sera donnée par
l'équation précédente, après que l'on aura déterminé les
deux constantes au moyen des deux valeurs de v qui corres-
hi
pondent aux foyers. Désignant par « la quantité e
-y-û
io4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
et par 1 la distance x, — x, de deux points de division con-
sécutifs ; on aura les équations :
'y.^Ma'^' + N
a
V
= Ma ' a ■ +Na'
1
d'où l'on tire la relation suivante — = a + « . On
trouverait un résultat semblable pour les trois points dont
les températures sont v^ v^ v^, et en général pour trois points
consécutifs. Il suit de là que si l'on observait les tempéra-
tures 'V, o'^ 'Vj z'4 1^5 , etc. , de plusieurs points successifs, tous
placés entre les deux mêmes foyers 7ii et n et séparés par un
intervalle constant )i, on reconnaîtrait que trois températures
consécutives quelconques sont toujours telles cjue la somme
de deux extrêmes, divisée par la moyenne, donne un quotient
constant « + a
io8.
Si, dans l'espace compris entre deux autres foyers n etp,
l'on observait les températures de divers autres points séparés
par le même intervalle X, on trouverait encore que pour trois
points consécutifs quelconques, la somme des deux tempé-
ratures extrêmes , divisée par la moyenne, donne le même
quotient a + a~ . La valeur de ce quotient ne dépend ni de
la position , ni de l'intensité des foyers.
Soit q cette valeur constante , on aura l'équation
V
, = qv,—v.
CHAPITRE II. io5
on voit par- là que lorsque la circonférence est divise'e en
parties e'gales, les températures des points de division, com-
pris entre deux foyers consécutifs, sont représentées par les
termes d'une série récurrente dont l'échelle de relation est
composée de deux termes ^ et — i.
Les expériences ont pleinement confirmé ce résultat. Nous
avons exposé un anneau métallique à l'action permanente et
simultanée de divers foyers de chaleur, et nous avons observé
les températures stationnaires de plusieurs points séparés
par un intervalle constant ; nous avons toujours reconnu que
les températures de trois points consécutifs quelconques,
non séparés par un foyer, avaient entre elles la relation dont
il s'agit. Soit que l'on multiphe les foyers, et de quelque ma-
nière qu'on les dispose, on ne peut apporter aucun change-
ment à la valeur numérique du quotient ~ —; il ne dépend
que des dimensions ou de la nature de l'anneau, et non de
la manière dont ce solide est échauffé.
I lo.
Lorsqu'on a trouvé, par l'observation, la valeur du quotient
constant a ou — — — , on en conclut la valeur de «\ au
moyen de l'équation / + a.~^T=q. L'une des racines est a^,
et l'autre racine est a~"^. Cette quantité étant déterminée, on
en conclut la valeur du rapport -^ i 1"i ^^t y f log. v} j .
Désignant «' par to, on aura w' — q w+ i =o. Ainsi le rapport
des deux conducibilités se trouve en multipliant ~ par le
quarré du logarithme de l'une des racines de l'équation
w' — ^ w + I = o. ,
i4
loG THEORIE DE LA CHALEUR.
SECTION IL
Équation du niom'emeTit varié de la chaleur dans une
sphère solide.
1 1 1.
Une masse solide homogène, de forme sphérique, ayant
ëté plongée pendant un temps infini dans un milieu entre-
tenu à la température permanente i , est ensuite exposée à
l'air qui conserve la température o, et qui est déplacé avec
une vitesse constante : il s'agit de déterminer les états suc-
cessifs du corps pendant toute la durée du refroidissement.
On désigne par x la distance d'un point quelconque au
centre de la sphère, par v la températm-e de ce môme point,
îfprès un temps écoulé t; on suppose, pour l'endre la question
plus générale, que la températui'e initiale, commune à tous
les points qui sont placés à la distance x du centre, est dif-
férente pour les différentes valeurs de x ; c'est ce qui aurait
lieu si l'immersion ne durait point un temps infini.
Les points du solide, également distants du centre, ne
cesseront point d'avoir une température commune; ainsi v est
une fonction de x et de t. Lorsqu'on suppose ^ = 0, il est
nécessaire que la valeur de cette fonction convienne à l'état
initial qui est donné, et qui est entièrement arbitraire.
112.
On considérera le mouvement instantané de la chaleur
dans vnie couche infiniment peu épaisse, terminée par les
deux surfaces sphériques dont les rayons sont .r et ^ 4- dx:
la quantité de chaleur qui , pendant un instant infiniment
petit dt, traverse la moindre surfiice dont le rayon est.r, et
CHAPITRE II. 107
passe ainsi de la partie du solide qui est plus voisine du
centre dans la couche splierique , est égale au produit de
quatre facteurs qui sont la conducibilité K, la durée dt ,
l'étendue 4"^' de la surface, et le rapport^, pris avec un
signe contraire ; elle est exprimée par — 4 K 77 a' -y^' d t.
Pour connaître la quantité de chaleur qui s'écoule pendant
le même instant par la seconde surface de la même couche ,
et passe de cette couche dans la partie du solide qui l'enve-
loppe , il faut changer , dans l'expression précédente , x en
X -\- d X ; c'est-à-dire , ajouter au terme — 4 K. - a;' -5— dtyXa.
différentielle de ce terme prise par rapport à x. On trouve
ainsi — 4 K. ~ ■^V~ ^^ — ^Y^-dix^ -7- jdt pour l'expression
de la quantité de chaleur qui sort de la couche sphérique , en
traversant sa seconde surface ; et si l'on retranche cette quan-
tité de celle qui entre par la première surface , on aura
l\¥^ -K d (x^ -j- jdt. Cette différence est évidemment la quan-
tité de chaleur qui s'accumule dans la couche intermédiaire ,
et dont l'effet est de faire varier sa température.
ii3.
Le coefficient C désigne ce qu'il faut de chaleur pour élever
de la température o à la température i , un poids déterminé
qui sert d'unité ; D est le poids de l'unité de volume; ^-x" dx
est le volume de la couche intermédiaire , ou n'en diffère que
d'une quantité qui doit être omise : donc ^i^CIi x^ dx est
la quantité de chaleur nécessaire pour porter la tranche in-
termédiaire de la température o à la température i. Il faudra
14.
io8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
par conséquent diviser la quantité de chaleur qui s'accumule
dans cette couche par /[ iz CD x' d ce, et l'on trouvera l'ac-
croissement de sa température v pendant l'instant d t. On
obtiendra aussi l'équation d v :=^ -^-^d t. d (x\ j^ ) ou
x' d X
dv Y,. /' d' V 1 dv \ , ,
,i4.
L'équation précédente représente la loi du mouvement de
la chaleur dans l'intérieur du solide, mais les températures
des points de la surface sont encore assujéties à une condition
particulière qu'il est nécessaire d'exprimer.
Cette condition relative à l'état de la surface peut varier
selon la nature des questions que l'on traite ; on pourrait
supposer, par exemple, qu'après avoir échauffé la sphère, et
élevé toutes ses molécules à la température de l'eau bouillante,
on opère le refroidissement en donnant à tous les points de
la surface la température o , et les retenant à cette température
par une cause extérieure quelconque. Dans ce cas on pourrait
concevoir cjue la sphère dont on veut déterminer l'état va-
riable est couverte d'une enveloppe extrêmement peu épaisse,
sur laquelle la cause du refroidissement exerce son action.
On siqiposerait, i° que cette enveloppe infiniment mince est
adhérente au solide, qu'elle est de la même substance que
lui, et qu'elle en fait partie, comme les autres portions de
la masse ; a° que toutes les molécules de l'enveloppe sont
assujéties à la température o par une cause toujours agissante
qui empêche que cette température puisse être jamais au-
dessus ou au-dessous de zéro. Pour exprimer cette même
condition dans le calcul, on doit assujétir la fonction v, qui
CHAPITRE II. 109
contient x et t, k devenir nulle, lorsqu'on donne à x sa
valeur totale X égale an rayon de la sphère, quelle que soit
d'ailleurs la valeur de t. On aurait donc dans cette hypothèse,
en désignant par ç (x, f) la fonction de x et t , qui doit
donner la valeur de 'v, les deux équations
d V K. / fi" i' 1 d V
dt CD V dx" x' d
X
) et9(X, 0- = o
de plus il faut que l'état initial soit repi^ésenté par cette même
fonction ©(.r, t)\ on aura donc pour seconde condition
(f{x, 0)= I. Ainsi l'état variable d'une sphère solide dans
la première hypothèse que nous avons décrite, sera repré-
senté par une fonction v, qui doit satisfaire aux trois équa-
tions précédentes. La première est générale, et convient à
chaque instant à tous les points de la masse; la seconde
affecte les seules molécvdes de la surface, et la troisième n'ap-
partient qu'à l'état initial.
1 15.
Si le solide se refroidit dans l'air, la seconde équation est
différente ; il faut alors concevoir que l'enveloppe extrêmement
mince, est retenue par une cause extérieure, dans un état
propre à faire sortir à chaque instant de la sphère, une quan-
tité de chaleur égale à celle que la présence du milieu peut
lui enlever.
Or la quantité de chaleur qui , pendant la durée d un
instant infiniment petit d t , s'écoule dans l'intérieur du so-
lide, à travers la surface sphérique placée à la distance x ,
est égale à — l\Y^t. x' y- d t ; et cette expression générale est
applicable à toutes les valeurs de x. Ainsi, en y supposant
a; = X, on connaîtra la quantité de chaleur qui, dans l'état
iio THÉORIE DE LA CHALEUR.
variable de la sphère, passerait à travers l'enveloppe extrê-
mement mince qui la termine ; d'un autre côté , la surface
extérieure du solide ayant une température variable, que
nous désignerons par V, laisserait échapper dans Tair une
quantité de chaleur proportionnelle à cette température, et
à l'étendue de la surface, qui est 4 tv X". Cette quantité a
pour valeur 4 ^ t^ X' V ^ ?.
Pour exprimer, comme on le suppose, que l'action de
l'enveloppe remplace à chaque instant celle qui résulterait de
la présence du milieu, il suffit d'égaler la quantité /^h-\'\ dt
à la valeur que reçoit l'expression — /^[ K t: X.\ -r- d t , lors-
qu'on donne à .r sa valeur totale X ; et l'on obtient par-là
l'équation -7- ^ — îf v , qui doit avoir lieu lorsque dans les
fonctions -j— et v on met, au lieu de jc, sa valeur X, ce que
l'on désignera en écrivant K -^ — i- A V=o.
116.
Il faut donc que la valeur de ^, prise loi'squea;=X, ait un
rapport constant — ^ avec la valeur de v , qui répond au
même point. Ainsi , on supposera que la cause extérieure du
refroidissement détermine toujours l'état de l'enveloppe extrê-
mement mince , en sorte que la valeur de -j- qui résulte de
cet état, soit proportionnelle à la valeur de v, correspondante
à ^ = X, et cjvie le rapport constant de ces deux quantités
soit ■ — ^. Cette condition étant lemplie au moyen d'une
cause toujours présente , qui s'oppose à ce que la valeur
CHAPITRE 11. m
extrême de -r— soit autre que — y ^ ^ l'action de l'enveloppe
tiendra lieu de celle de l'air.
Il n'est point nécessaire de supposer que l'enveloppe exté-
rieure soit extrêmement mince , et l'on verra par la suite
qu'elle pourrait avoir une épaisseur indéfinie. On considère
ici cette épaisseur comme infiniment petite , pour ne fixer
l'attention que sur l'état de la superficie du solide.
Il suit de là que les trois éc[uations qui doivent déterminer
la fiDnction <p (.«, ^) ou v sont les suivantes,
La première a lieu pour toutes les valeurs possibles de x et
de t ; la seconde est satisfaite lorsque a,' = X, quelle que soit
la valeur de t, et la troisième est satisfaite lorsque ^ = o,
quelle que soit la valeur de x.
On pourrait supposer que dans l'état initial , toutes les
couches sphériques n'ont pas une même température; c'est
ce qui arrive nécessairement, si l'on ne conçoit pas que l'im-
mersion ait duré un temps infini. Dans ce cas, c|ui est plus
général que le précédent, on représentera par Fa;,la fonction
donnée, qui exprime la température initiale des molécules
placées à la distance x du centre de la sphère; on rempla-
cera alors la troisième équation par celle-ci, ? (cT, o) = Fa-.
Il ne reste plus qu'une question purement analytique
dont on donnera la solution dans l'un des chapitres suivants.
Elle consiste à trouver la valeur de n , au moyen de la con-
dition générale , et des deux conditions particulières aux-
quelles elle est assujétie.
112 THÉORIE DE LA CHALEUR.
SECTION III.
Equations du inou\>einent varié de la chaleur dans un
cylindre solide.
ii8.
Un cylindre solide, d'une longueur infinie, et dont le côté
est perpendiculaire à la base circulaire, ayant été entièrement
plongé dans un liquide dont la températui'e est uniforme,
s'est échauffé successivement, en sorte que tous les points
également éloignés de Taxe, ont acquis la même température;
on l'expose ensuite à un courant 3'air plus froid ; il s'agit de
déterminer les températures des différentes couches, après
un temps donné.
X désigne le rayon dune surface cylindrique, dont tous
les points sont également distants de l'axe ; X est le rayon du
cylindre; v est la température que les points du solide, situés
à la distance x de l'axe, doivent avoir après qu'il s'est écoulé
un temps désigné par t, depuis le commencement du refroi-
dissement. Ainsi a» est une fonction de x et de t, et si l'on y
fait ?=o, il est nécessaire que la fonction de x, qui en pro-
viendra, satisfasse à l'état initial qui est arbitraire.
119.
On considérera le mouvement de la chaleur dans une por-
tion infiniment peu épaisse du cylindre, comprise entre la
surface dont le rayon est x , et celle dont le rayon est x -\- dx.
La quantité de chaleur que cette portion reçoit pendant
l'instant dt, de la partie du solide qu'elle enveloppe, c'est-
à-dire, la quantité qui traverse pendant ce même temps la
surface cylindrique dont le rayon est x , et à laquelle nous
CHAPITRE II. ii3
supposons une longueur égale à l'unité, a pour expression
— iYs.r:x~dt. Pour trouver la quantité de ehaleur, qui,
traversant la seconde sui'face dont le rayon est x -\- ri x ,
passe de la couche infiniment peu épaisse dans la partie du
solide qui l'enveloppe, il faut, dans l'expression précédente,
changer x enx + dx, ou, ce qui est la même chose, ajouter
au terme — aKr. x~ dt, la différentielle de ce terme,
dx
prise par rapport à x. Donc la différence de la chaleur reçue
à la chaleur perdue , ou la quantité de chaleur qui , s'accu-
mulant dans la couche infiniment petite détermine les chan-
gements de température, est cette même différentielle, prise
avec un signe contraire, ou Q.¥^-r: d t d ( x -j- j ; d'un autre
côté, le volume de cette couche intermédiaire est 2 j:x d x et
2CD ~ X d X exprime ce qu'il faut de chaleur pour l'élever
de la température o à la température i , C étant la chaleur
spécifique, et D la densité; donc le quotient
zKizdtdfx—j
2C . Dt: X d X
est l'accroissement que reçoit la température pendant lins*
tant d t. On obtient ainsi l'équation:
d v K / d' 7> I d ,
dt C.Dydx'
I d V ^
X dx )'
120.
La quantité de chaleur qui traverse, pendant l'instant (7^,
la surface cylindrique dont le rayon est x , étant généra-
lement exprimée par 2 K x a; -7— dt , il s'ensuit que l'on
i5
ii4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
trouvera celle qui soi't pendant le même temps de la super-
ficie du solide, en faisant, dans la valeur précédente, x = X;
d'un autre côté , cette même quantité qui se dissipe dans l'air
est, selon le principe de la communication de la chaleur,
égale a2T:\kvdt; on doit donc avoir à la surface l'équa-
tion déterminée — K ^— = A a». La nature de ces équations
est expliquée avec plus d'étendue, soit dans les articles qui
se rapportent à la sphère, soit dans ceux où l'on donne les
équations générales pour un corps d'une figure quelconque.
La fonction v, qui représente le mouvement de la chaleur
dans un cylindre infini doit donc satisfaire, i° à l'équation
générale _ = _ (^ _ + - ^ J , qm a heu quelles que
soient œ et t; 2° à l'équation déterminée jr ^ "*" ^^^ °' ^"^
a lieu , quelle que soit la variable t, lorsque a; = X ; 3° à
l'équation déterminée 'y = F (x). Cette dernière condition
doit être remplie pour toutes les valeurs de v, où l'on fait
t=o^ quelle que soit la variable x. La fonction arbitraire F^
est supposée connue, et elle correspond à l'état initial.
SECTION IV.
Équations du mouvement uniforme de la chaleur dans
un piisnie solide d'une longueur infinie.
I2Ï.
Une barre prismatique est plongée par une de ses extré-
mités dans une source constante de chaleur qui maintient
cette extrémité à la température A; le reste de cette barre,
dont la longueur est infinie , demeure exposé à un courant
CHAPITRE II. ii5
uniforme d'air athmospherique entretenu à la températui^e o;
il s'agit de déterminer la plus haute température qu'un point
donné de la barre puisse acquérir.
Cette question diffère de celle de l'article ^3, en ce qu'on
a égard ici à toutes les dimensions du solide , ce qui est né-
cessaire pour que l'on puisse obtenir une solution exacte.
En effet, on est porté à supposer que dans une barre d'une
très-petite épaisseur, tous les points d'une même tranche
acquièrent des températures sensiblement égales ; cependant
il peut rester quelque incertitude sur les résultats de cette
supposition. Il est donc préférable de résoudre la question
rigoureusement , et d'examiner ensuite, par le calcul, jusqu'à
quel point, et dans quel cas, on est fondé à regarder comme
égales les températui'cs des divers points d'une même section.
122.
La section faite perpendiculairement à la longueur de la
barre, est un quarré dont le côté est 2 /, l'axe de la barre
est l'axe des x, et l'origine est à l'extrémité A. Les trois cooi'-
données rectangulaires d'un point de la barre sont ^x:, y, z,
la température fixe du même point est désignée par v.
La question consiste à déterminer les températures que
l'on doit donner aux divers points de la barre, pour qu'elles
continuent de subsister sans aucun changement, tandis que
la surface extrême A , qui communique avec la source de
chaleur, demeure assujétie, dans tous ses points, à la
température permanente A; ainsi v est une fonction de x,
de f et de z.
120.
On considérera le mouvement de la chaleur dans une mo-
lécule prismatique, comprise entre six plans perpendiculaires
i5.
îi6 THEORIE DE LA CHALEUR.
aux trois axes des x, des j et des z. Les trois premiers plans
passent par le point rn , dont les coordonnées sont œ, y, z et
les autres passent par le point 7U , dont les coordonnées
sont X -h d X , y + ^ j% z + dz.
Pour connaître la quantité de chaleur qui, pendant l'unité
de temps, pénètre dans la molécule, à travers le premier
plan passant par le point ni, et perpendiculaire aux x , il faut
considérer que la surface de la molécule qui est située sur ce
plan, a pour étendue dzdy, et que le flux qui traverse
cette aire est égal , suivant le théorème de l'art. g8 , à — ^-j~'i
ainsi la molécule reçoit à travers le rectangle d»-dy, pas-
sant par le point m , une quantité de chaleur exprimée
par — K dz dy -j—. Pour trouver la quantité de chaleur qui
traverse la face opposée , et sort de la molécule , il faut sub-
stituer, dans l'expression précédente, x + dx à x, ou ce qui
est la même chose, ajouter à cette expression sa différen-
tielle prise par rapport à x seulement ; on en conclut que la
molécule perd, par sa seconde face perpendiculaire aux x,
une quantité de chaleur équivalente à
— ¥^d z d Y -, K d z d Y d ( -— ];
on doit par conséquent la retrancher de celle qui était entrée
par la face opposée; la différence de ces deux quantités est
dv\ -t^ j i -, d" V
K <7 S . dy d (-j- j , ou K c/ s dy d x
dx'
elle exprime combien il s'accumule de chaleur dans la molé-
cule, à raison de la propagation suivant le sens des x; et
cette chaleur accumulée ferait varier la température de la
CHAPITRE II. 117
molécule, si elle n'était point compensée par celle qui se
perd dans un autre sens.
On trouve, de la même manière, qu'à travers le plan per-
pendiculaire aux Y, et passant par le point m, il entre dans
la molécule une quantité de chaleur égale à — Kdzdx-jzi
et que la quantité qui sort par la face opposée est
cette dernière différentielle étant prise par rapport à y seu-
lement. Donc la différence de ces deux quantités , ou
Kdz dx dy ^-4', exprime combien la molécule acquiert de
chaleur, à raison de la propagation dans le sens des j.
Enfin on démontre de même que la molécule acquiert, à
raison de la propagation dans le sens des z, une quantité
de chaleur égale k Y^dx dy dz '-jr^- Or, pour qu'elle ne
change point de température, il est nécessaire qu'elle con-
serve autant de chaleur cpi'elle en contenait d'abord , en
sorte que ce qu'elle en acquiert dans un sens serve à com-
penser ce qu'elle en perd dans un autre. Donc la somme des
trois quantités de chaleur acquises doit être nulle; et l'on
„ . . ,, , . d^ V d" V f/' %'
lorme anisi 1 équation ^—7 + -j—^ + -7-^ = o.
124. —
Il reste maintenant à exprimer les conditions relatives à
la surface. Si l'on suppose que le point m appartient à l'une
des faces de la barre prismatique , et c[ue cette face est per-
pendiculaire aux z, on voit que le rectangle dx dy laisse
ii8 THEORIE DE LA CHALEUR.
échapper dans l'air, pendant l'unité de temps, une quantité
de chaleur égale à h dx dy V, en désignant par V la tem-
pérature du point m à la surface, c'est-à-dire, ce que de-
vient la fonction cherchée © (a;, j, z), lorsqu'on fait z = l,
demi -largeur du prisme. D'un autre côté, la quantité de
chaleur qui, en vertu de l'action des molécules , traverse ,
pendant l'unité de temps , une surface infiniment petite &) ,
située dans l'intérieur du prisme, perpendiculairement aux z,
est , d'après les théorèmes cités , égale à — K w -j-. Cette
expression est générale, et en l'appliquant aux points pour
lesquels la coordonnée z a sa valeur complète /, on en conclut
que la quantité de chaleur qui traverse le rectangle dx dy ,
placé à la superficie, est — Y^ dx dy ■^, en donnant à z,
dans la fonction -7^ , «a valeur complète /. Donc les deux
quantités — Y^dx dy -j^ et h dx dy v, doivent être égales,
afin que l'action des molécules convienne avec celle du
milieu. Cette égalité doit aussi subsister si l'on donne à z,
dans les fonctions -7^ et a», la valeur — /, ce qui a lieu pour
la face opposée à celle que l'on considérait d'abord. De plus,
la quantité de chaleur qui traverse une surface plane infi-
niment petite là , perpendiculaire à l'axe des y , étant
— K (d T-^' , il s'ensuit que celle qui s'écoule à travers un
rectangle dx dz, placé sur une face du prisme perpendi-
culaire aux j, est — K dx dz -j-^ en donnant a y, dans la
fonction -^^ sa valeur complète /. Or, ce rectangle dx dz,
CHAPITRE II. 119
laisse échapper dans l'air une quantité de chaleur exprimée
par h dx dz v; il est donc nécessaire que l'on ait l'équation
hv = — K-y^i lorsqu'on fait y=h ou /= — /, dans les
fonctions v et -7-.
125.
La valeur de la fonction 'v doit être, par hypothèse, égale
à A , lorsqu'on suppose .x- = o , quelles que soient les valeurs
de y et de z. Ainsi , la fonction cherchée v est déterminée
par les conditions suivantes : 1° elle satisfait pour toutes
les valeurs de x , y, z à l'équation générale
d' V d' T d" V
dx" dy dz^
2° elle satisfait à l'équation J ^' + j~ = ^ , lorsque y équi-
vaut à /, ou — /, cjuelles que soient x et z, ou à l'équation
-jT t; + -j^ = o , lorsque z équivaut à /^ ou à — l, quelles
que soient x et j; 3° elle satisfait à l'équation v=^K^ lors-
que a; = o, quelles que soient j- et z.
SECTION V.
Équations du mouvement varié de la chaleur dans i/n
cube solide.
126.
Un solide , de forme cubique , dont tous les points ont ac-
quis une même température , est placé dans un courant uni-
forme d'air atmosphérique, entretenu à la température o.
I20 THEORIE DE LA CHALEUR.
Il s'agit de détermiiiei' les états successifs du corps pendant
toute la durée du refroidissement.
Le centre du cube est piis pour origine des coordonnées
rectangulaires ; les trois perpendiculaires , abaissées de ce
point sur les faces , sont les axes des x, des }^ et du z; 2 1 est
le côté du cube, a» est la température à laquelle un point
dont les coordonnées sont x, j, z, se trouve abaissé , après
le temps t , qui s'est écoulé depuis le commencement du
refroidissement : la question consiste à déterminer la fonc-
tion V, qui contient x , y, z et t.
127.
Pour former l'équation générale à laquelle v doit satis-
faire, on cherchera quel est le changement de température
qu'une portion infiniment petite du solide doit éprouver
pendant l'instant dt , en vertu de l'action des molécules qui
en sont extrêmement voisines. On considérera donc une
molécule prismatique comprise entre six plans rectangu-
laires; les trois premiers passent par le point ?n, dont les
coordonnées sont a:, j, z, et les trois autres , par le point 7?i',
dont les coordonnées sont ce + dx , y 4- dy, z + dz.
La quantité de chaleur qui pénètre pendant l'instant dt
tlans la molécule, à travers le premier rectangle dy dz per-
pendiculaire aux jr, est — K dy d z -j- dt, et celle qui sort
dans le même temps de la molécule , par la face opposée , se
trouve en mettant x-\-dx au lieu de x, dans l'expression
précédente, elle est — Y^dy dz-j^ dt — K^/j dzd{-j-\dt,
cette différentielle étant prise par rapport à x seulement.
La quantité de chaleur qui entre pendant l'instant dt dans
CHAPITRE II. liïT
la molécule, à travers le premier rectangle dx dz, perpen-
diculaire à l'axe des y , est — K dx dz -j- dt , et celle qui
sort de la molécule, dans le même instant, par la face op-
posée , est — K dx dz—j- dt — K dx dz d [ -j- j dt, la dif-
férentielle étant prise par rapport à y seulement. La quantité
de chalei;r que la molécule reçoit pendant l'instant dt ,
par sa face inférieure perpendiculaire à l'axe des ;; , est
— K ^^ dj-rz dt , et celle qu'elle perd par la face opposée
est — K dx d y -j: dt — K dx dy d V-jz) d t, la différen-
tielle étant prise par rapport à z seulement.
Il faut maintenant retrancher la somme de toutes les
quantités de chaleur qui sortent de la molécule de la somme
des quantités qu'elle reçoit , et la différence est ce qui déter-
mine son accroissement de température pendant un instant :
cette différence est
Y^dydzd{-~\dt -\-Y^dx dzdf-^dt + Kd x dy d T-^^j d t ,
ou K dx dy dz -y-^ + -j-4 + -j-t dt.
128. :
Si l'on divise la quantité que l'on vient de trouver par
celle qui est nécessaire pour élever la molécule de la tem-
pérature o à la température i , on cormaîtra l'accroissement
de température qui s'opère pendant l'instant dt. Or, cette
dernière quantité est C . D dx dy dz : car C désigne la capa-
cité de chaleur de la substance; D sa densité, et dx dy dz
le volume de la molécule. On a donc, pour exprimer le mou-
16
132 THÉORIE DE LA CHALEUR.
vement de la chaleur dans l'intérieur du solide , l'équation
d V K / et V d" V d' V '\ , , .
777 'c7D\^'d^ '^ 'dy '^ inj J ^ -'
129.
Il reste à former les équations qui se rapportent à l'état
de la surface, ce qui ne présente aucune difficulté, d'après les
principes que nous avons établis. En effet , la quantité de
chaleur qui traverse, pendant l'instant dt, le rectangle djc dj,
tracé sur un plan perpendiculaire aux x, est — Y^dydz-r-dt.
Ce résultat, qui s'applicjue à tous les points du solide, doit
avoir lieu aussi lorsque la valeur de x est égale à /, demi-
épaisseur du prisme. Dans ce dernier cas, le rectangle dy dz
étant placé à la superficie , la quantité de chaleur qui le tra-
verse , et se dissipe dans l'air pendant l'instant dt, est
exprimée par h dy dz v dt, on doit donc avoir, lorsque
.r = /, l'équation A^ = — K -y-. Cette condition doit aussi
êti'e satisfaite lorsque x^ — /.
On trouvera de même que, la quantité de chaleur qui
traverse le rectangle dx dz situé sur ini plan perpendicu-
laire à l'axe des y étant en général — K dx dz -t-, et celle
qui à la superficie s'échappe dans l'air à travers ce même
lectangle étant h dx dz v dt, il est nécessaire que l'on ait
réc[uation h v + K -^r^o, lorsque r=^ou = — /. Enfin on
obtient pareillement l'équation déterminée h v -\- K -t^ = o^
qui estsatisfoite lorscpie zrr=/ou=: — /.
i3o.
La fonction cherchée, qui exprime le mouvement varié de
CHAPITRE If. 123
la chaleur dans l'intérieur dun solide de forme cubique
doit donc être déterminée par les conditions suivantes :
\° Elle satisfait à l'écjuation générale
d /' K / </' ?i d' 7> rt"
dt CD \dx' dy dz'
2° Elle satisfait aux trois équi» lions déterminées
7 -wr d V 7 -i^ d"}* j TT dv
■«y + K-r- = o, Aî^ + K-7- = 0, flV + K-T- = o,
dx ' dj ^ dz
qui ont lieu lorscjue ^ = d= /, j= ± /, z= àzl;
3" Si, dans la fonction -v qui contient x, y, z, t , on fait
^=o, quelles que soient les valeurs de x, j et z, on doit
avoir, selon l'hypothèse , i' = x\ , qui est la valeur initiale et
commune de la température.
i3i.
L'équation à laquelle on est parvenu dans la question pré-
cédente, représente le mouvement de la chaleur dans l'in-
térieur de tous les solides. Quelle cpie soit en effet la forme
du corps, il est manifeste qu'en le décomposant en molécules
prismatiques, on obtiendra ce même résultat. On pourrait
donc se borner à démontrer ainsi l'équation de la propagation
de la chaleiir. Mais afin de rendre plus complète l'exposition
des principes, et pour que l'on trouve rassemblés dans un
petit nombre d'articles consécutifs les théorèmes cjui servent
à établir l'équation générale de la propagation dans l'intérieur
des solides, et celles qui se rapportent à l'état de la surface,
nous procéderons, dans les deux sections suivantes, à la re-
cherche de ces équations, indépendamment de toute question
particulière, et sans recourir aux propositions élémentaires
que nous avons expliquées dans l'introduction.
i6.
124 THÉORIE DE LA CHALEUR.
SECTION VL
Équation générale de la propagation de la Chaleur dans
l'intérieur des solides.
l32.
THEOREME I.
Si les différents points d'une masse solide homogène, com-
prise entre six plans rectangulaires , ont des températures
actuelles déterminées par V équation linéaire
'V = A — ax — h y — cz (a)
et si les molécules placées à la suif ace extérieure sur les six
plans qui terminent le prisme sont retenues , par une cause
quelconque , ii la température exprimée p)ar l'équation (a);
toutes les molécules situées dans l'intérieur de la masse con-
serveront d'elles-mêmes leur température actuelle , en sorte
qu'il ne surviendra aucun changement dans l'état du prisme.
V désigne la température actuelle du point dont les coor-
données sont X , y , z; k.^ a , h, c , sont des coefficients
constants.
Pour démontrer cette proposition , considérons dans le
solide trois points quelconques m M j^., placés sur une même
droite m (/, , que le point M divise en deux parties égales ;
désignons par x -^y , z, les coordonnées du point m, et par v
sa température, par :t-f-a, j+p, z + y les coordonnées
du point ;;., et par w sa température, par x — a, j-^[î, z — y,
les coordonnées du point m, et par u sa température, on
aura
CHAPITRE II. 125
v=A — ax — bj' — cz, (i'=A — aÇx+a.) — ^(j+^) — <"('+y)
d'où l'on conclut
v — (c=(7a + ^3 + ry, et u — v=ax + h^ + cy.
Donc V — (v = u — 7^.
Or la quantité de chaleur qu'un point reçoit d'un autre
dépend de la distance des deux points et de la différence de
leurs températures. Donc l'action du point M sur le point p.
est égale à l'action de 7ji sur M, ainsi le point M reçoit autant
de chaleur de })} qu'il en envoie au point p..
On tirera la même conséquence quelles que soient la direc-
tion et la grandeur de la ligne qui passerait par le point M,
et qu'il diviserait en deux parties égales. Donc il est impos-
sible que ce point change de température, car il reçoit de
toutes parts autant de chaleur qu'il en donne. Le même rai-
sonnement s'applique aux autres points ; donc il ne pourra
survenir aucun changement dans l'état du solide.
i33.
COROLLAIRE r.
Un solide étant compris entre deux plans infinis parallèles
A et B , on suppose que la température actuelle de ses diffé-
rents points est exprimé par l'équation yr= i — -, et que
les deux plans qui le terminent sont retenus par une cause
quelconque, l'un A à la température i , et l'autre B à la tem-
pérature o : ce cas particulier sera donc compris dans le
lemme précédent , en faisant A = i , « = o, b=^o^ c=i.
126 THEORIE DE LA CHALEUR.
i34.
COROLLAIRE II.
Si l'on se représente dans l'intérieur du même solide un
plan M parallèle à ceux qui le terminent , on voit qu'il
s'écoule à travers ce plan une certaine quantité de chaleur
pendant l'unité de temps; car deux points très -voisins, tels
que m et n, dont l'un est au-dessous du plan et l'autre au-
dessus, sont inégalement écliaulfés; le premier, dont la tem-
pérature est plus élevée, doit donc envoyer au second , pen-
dant chaque instant, une certaine quantité de chaleur qui,
au reste, peut être fort petite, et même insensible, selon la
nature du coi^ps et la distance des deux molécules. Il en est
de même de deux autres points quelconques séparés par le
plan. Le plus échauffé envoie à l'autre une certaine quantité
de chaleur, et la somme de ces actions partielles, ou de toutes
les quantités de chaleur envoyées à travers le plan, compose
un flux continuel dont la valeur ne change point, puisque
toutes les molécules conservent leur tempéiature. Il est
facile de prouver que ce flux ou la quantité de chaleur qui
traverse le plan M. pendant l'unité de temps, équivaut à celle
qui traverse , pendant le même temps, un autre plan ^pa-
rallèle au premier. En effet , la partie de la masse qui est
comprise entre les deux sui faces M et N , recevra continuel-
lement, à travers le plan M, autant de chaleur qu'elle en perd
à travers le plan N. Si la quantité de chaleur qui , pénétrant
au-delà du plan M, entre dans la partie de la masse que l'on
considère, n'était point égale à celle qui en sort par la sur-
face opposée N, le solide compris entre les deux surfaces
acquérerait une nouvelle chaleur, ou perdrait une partie de
CHAPITRE II. 127
celle qu'il a, et ses températures rie seraient point constantes,
ce qui est contraire au lemrae précédent.
i35.
On prend pour mesure de la conducibilité spécifique d'une
substance donnée la quantité de chaleur qui, dans un solide
infini, formé de cette substance, et compris entre deux plans
parallèles, s'écoule pendant l'unité de temps à travers mie
surface égale à l'unité, et prise sur un plan intermédiaire
quelconque, parallèle aux plans extérieurs dont la distance
est égale à l'unité de mesuie, et dont 1 un est entretenu à la
température i , et l'autre à la température o. On désigne par
le coefficient K , ce flux constant de chaleur qui traverse
toute l'étendue du prisme, et qui est la mesure de la condu-
cibilité.
i3G.
L E IH M E.
Si l'on suppose que toutes les températures du solide dont
il s'agit dans l'article précédent , sont multipliées par lai
nom,hre quelconque g , en. sorte que l'équation des tempé-
ratures soit 'V^=^g — g z, au lieu d'être v^x — z, et si les
deux plans extérieurs sont entretenus , l'un cl la température g,
et l'autre à la température o, le flux constant de chaleur ,
dans cette seconde hypothèse , ou la quantité qui , pendant
l'unité de temps traverse l'unité de surface prise sur un plan
intermédiaire parallèle aux bases, est égale au prodidt du
premier flux K , multiplié par g.
En effet, puisque toutes les températures ont été aug-
mentées dans le rapport d'un à g, les différences des tem-
128 THÉORIE DE LA CHALEUR.
përatures des deux points quelconques m et p., sont aug-
mentées dans le même rapport. Donc, suivant le principe
de la communication de la chaleur, il faut, pour connaître
la quantité de chaleur que m envoie à jj. , dans la seconde
hypothèse, multiplier par g la quantité que ce point m en-
voyait à (A dans la première. Il en serait de même des deux
autres points quelconques. Or, la cpiantité de chaleur qui
traverse un plan M résulte de la somme de toutes les actions
que les points m m m m" etc. , situés d'un même côté du
plan, exercent sur les points ;;,, u.', [j1\ jj.", etc., situés de l'autre
côté. Donc , si dans la première hypothèse le flux constant
est désigné par K, il sera égal à gK, lorsqu'on aura mul-
tiplié toutes les températures par g.
137.
THÉORÈME II.
Dans un prisme dont les températures constantes sont
exprimées par l'équation oir^A — a x — by — cz, et que
terminent six plans rectangulaires dont tous les points sont
entretenus aux températures déterminées par l'équation pré-
cédente, la. quantité de chaleur qui , pendant l'unité de
temps , trai'erse l'unité de surface prise sur un plan inter-
médiaire quelconcpie perpendiculaire aux z, est la même que
le flux constant dans un solide de même substance , qui
serait compiis entre deux plans parallèles infinis , et pour
lequel l'équation des températures constantes serait 'V^:^^ — cz.
Pour le démontrer, considérons dans le prisme, et ensuite
dans le solide infini , deux points m et ^ extrêmement voisins
et séparés par le plan IM, perpendiculaire à l'axe des z;(a étant
au-dessus du plan , et m au-dessous ( Voy. fig. 4-)5 choi-
CHAPITRE II. 129
sissons au-dessous du même plan un point m tel que la
perpendiculaire abaissée du point y. sur le plan soit aussi
perpendiculaire sur le milieu h de la distance m ni. Désignons
par X , y , z + h les coordonnées du point j^, dont la tem-
pérature est iv, par :v — ^a,j — [i, z les coordonnées de m ,
dont la température est v, et par .r + a, 7 + p, z les coor-
données de m dont la température est v.
L'action de m sur r^., ou la quantité de chaleur que m
envoie à [j. pendant un certain temps , peut être exprimée
par q {v — w). Le facteur q dépend de la distance /«(x, et
de la nature de la masse. L'action de m sur [j. sera donc
exprimée par q [v — w)\ et le facteur q est le même que
dans l'expression précédente ; donc la somme des deux
actions de m sur [a , et de ni sur a , ou la quantité de chaleur
que [A reçoit de ni et de ni, est exprimée par
q {v — w -h v — w).
Or, si les points m , ;;., ni appartiennent au prisme, on a
■ a x — by — c {z+ h) , i'=A — ax — a — h y — -p — <
et 1^'= A — fl. ■^ + * — h y + p — cz; et si ces mêmes points
appartenaient au solide infini, on aui\iit, par hypothèse,
i^.
«' = <? — c z + h, y = c — c z, et v' = c — c
Dans le premier cas, on trouve
q {v — w + 1) — i\> )^2.q c h ,
et, dans le second cas, on a encore le même résultat. Donc
la quantité de chaleur cpie ja reçoit de m et de ni dans la
première hypothèse , lorsque l'équation des tempéiatures
constantes est v= h. — ax — bj — cz , équivaut à la
17
i3o THÉORIE DE LA CHALEUR.
quantité de chaleur que a reçoit de m et de ni\ lorsque
l'e'quation des températures constantes est a» = c — c z.
On tirerait la même conséquence par rapport à trois
autres points quelconques 7?^' ^! in, pourvu que le second
;/ fut placé à égale distance des deux autres, et que la hau-
teur du triangle isoscèle 771 [jI m fut parallèle aux z. Or, la
quantité de chaleur qui traverse un plan qu^elconque M
résulte de la somme des actions que tous les points jn , m ,
ni' , m" , etc. situés d'un côté de ce plan , exercent sur tous
les points [7. ;;.' ;/" ;y.", etc. situés de l'autre côté : donc le flux
constant qui, pendant l'unité de temps, traverse une partie
déterminée du plan M dans le solide infini, est égale à la
quantité de chaleur qui s'écoule dans le même temps à
travers la même portion du plan M dans le prisme dont les
températures sont exprimées par l'équation
-v = A — a X — h y — c z.
i38.
COROLLAIRE.
Le flux a pour valeur CK dans le solide infini, lorsque
la partie du plan qu'il traverse est l'unité de surface. // a
donc aussi dans le prisme la même 'valeur cY^ou — K -j--
On prouve de la même manière que le flux constant qui
a lieu, pendant l'unité de temps, dans le même prisme a
travers l'unité de surface sur un plan quelconque perpendi-
culaire aux y est égal a b \ ou — K -j- \ et que celui qui
traverse le plan perpendiculaire aux x a pour valeur a K
OU — K -7--
a X
CHAPITRE 11. i3i
139.
Les propositions que l'on a démontre'es dans les articles
précédents s'applic[ucnt aussi au cas où l'action instantanée
d'une molécule s'exercerait dans l'intérieur de la masse,
jusqu'à une distance appréciable. Il faut, dans ce cas , sup-
poser que la cause qui jetient les tranches extérieures des
corps dans l'état exprime par l'équation linéaire, affecte la
masse jusqu'à une profondeur iinie. Toutes les observations
concourent à prom-er que, dans les solides et les licjuides,
la distance dont il s'agit est extrêmement petite.
:'•' •• ,; i4o. ,
THÉORÈME Iir.
Si les températures des points d'un solide sont exprimées
par l'équation 0»=/ {x , y, z, t)^ dans laqixelle x, y, z
sont les coordonnées de la molécule dont la températui e est
égale à v après le temps écoulé t ; le flux de chaleur qui
traverse une partie d'un plan tracé dans le solide, et per-
pendiculaire à l'un des trois axes, n'est plus constant; sa
valeur est différente pour les différentes parties du plan , et
elle varie aussi avec le temps. Cette quantité variable peut
être déterminée par le calcul.
Soit w un cercle infiniment petit dont le centre coïncide
avec le point m du solide et dont le plan soit perpendicu-
laire à la coordonnée verticale z ; il s'écoulera pendant
l'instant dt, £) travers ce cercle, une certaine quantité de
chaleur qui passera de la partie du sohde inférieur au plan
du cercle , dans la partie supérieure. Ce flux se compose de
tous les rayons de chaleur qui partent d'un point inférieur,
et parviennent à un point supérieur, en traversant un point
17-
i32 THEORIE DE LA CHALEUR.
de la petite surface to. Nous allons démontrer que la valeur
du flux a pour expression — K. 7~. '^ d t.
Désignons par x! y z' les coordonnées du point m dont la
température est v ; et supposons que l'on rapporte toutes
les autres molécules à ce point m choisi pour l'origine de
trois nouveaux axes parallèlts aux précédents; soient ^, r,, i^,
les trois coordonnées d'un point rapporté à l'origine m;
on aura , pour exprimer la température actuelle w d'une
molécule inliniment voisine de m, l'équation linéaire
, y d v' du' ^ d v'
Les coefficients V, -j— , -j—, -77- sont les valeurs c[ue l'on
, . 1 I r • d V d V dv
trouve, en substituant dans les tonctions v , -j— , -j-.i -r. 1
aux variables x ,y, z, les quantités constantes x' , y , z, C[ui
mesurent les distances du point m aux trois premiers axes
des X , des j, des z.
Supposons maintenant que le même point m soit aussi
une molécule intérieure d'un prisme rectangulaire compris
entre six plans perpendiculaires aux trois axes dont m est
l'origine; que la température actuelle w de chaque molécule
de ce prisme, dont les dimensions sont finies, soit exprimée
par l'équation linéaire w = A + a ^ + Z» y; + c ^, et que les
six faces qui terminent le prisme soient retenues aux tem-
pératures fixes que cette dernière équation leur assigne.
L'état des molécules intérieures sera aussi permanent, et il
s'écoulera pendant l'instant dt, a travers le cercle u, une
quantité de chaleur que mesure l'expression — h c b» dt.
CHAPITRE II. ii3
Ct'la posé, si Ion prend ponr les valeurs des constantes
, , . , , cl v' d »' d v' i> ' p 1
a, b, c, les quantités i',-^ — , -y—, -3— ■> ' t't^t lixe du prisme
sera exprimé par l'équation
d v' d -»' d v'
(r =: 2» + <; + -/)
y
dx ^ ' dy ' ' dz '•
Ainsi les molécules infiniment voisines du point 771 auront,
pendant l'instant d t, la même température actuelle dans le
solide dont l'état est variable, et dans le prisme dont l'état
est constant. Donc le flux qui a lieu au point 771 pendant
l'instant d t , à travers le cercle infiniment petit w, est le
même dans l'un et l'autre solide : donc il est exprimé par
— K -J— (o d t.
a z
On en conclut la proposition suivante :
Si da77s lui solide do7it les te/npe'reitu7vs i7ite'7ieu7'es 'va7ie7it
avec le te77ips , e7i vertu de l'action des 77iolécules , 071 t/'ace
une ligne droite quelco7ique , et que l'on élève (voy. fig. ô),
aux différents poi7its de cette ligne, les 07'do7i7iées p m d'u7ic
courbe pla7ie égales aux températures de ces points prises au,
même iiista7it ; le flux de chaleur , e7i chaque point p de la
d7vite , se7^a propo/'tion7iel à la tange7ite de l'angle « que
fait l'élé7nerit de la courbe avec la parallèle aux abaisses ;
c'est-à-dire que si l'on plaçait au point p le centre d'un
cercle infiniment petit 1^ , perpendiculaire à la ligne , la
quantité de chaleur écoulée pendant un instant d t, à travers
ce cercle, dans le sens suivant lequel les abaisses a p crois-
sent, aurait pour mesure le produit de quatre facteurs cjui
sont la tangente de l'angle a, un coefficient constant K,
l'aire w du cercle, et la durée d t de l'instant. v . . ^■.^■,^
i34 THÉORIE DE LA CHALEUR.
i4i.
COROLLAIRE.
Si l'on représente par e l'abaisse de cette courbe ou la
distance d'un point/) de la droite à un point fixe o; et par
V l'ordonnée qui représente la température du point p;
V variera avec la distance e et sera une certaine fonction y £
de cette distance ; la quantité de chaleur qui s'écoulerait à
travers le cercle w, placé au point/;» perpendiculairement à
la ligne, sera — ^ ~/T ^-^ dt > ou — K/" (e) (^ d t , en dési-
gnant par/" (s) la fonction , , •
Nous donnerons à ce résultat l'expression suivante, qui
facilite les applications.
Pour connaître le flux actuel de la chaleur en un point p
d'une droite tracée dans un solide , dont les températures
'varient par l'action des molécules, il faut diviser la diffé-
rence des températures de deux points infiniment voisins du
point p par la distance de ces points. Le flux est propor-
tionnel au quotient.
THÉOREjME IV.
Il est facile de déduire des théorèmes précédents les
équations générales de la propagation de la chaleur.
Supposons que les différents points d'un solide homogène
d'une forme quelconque , aient reçu des températures ini-
tiales qui varient successivement par l'effet de l'action mu-
tuelle des molécules , et que l'équation v = f(x,y, z,t)
représente les états successifs du solide , on va démontrer que
la fonction v de quatre variables satisfait nécessairement
a l'équation
CHAPITRE II. i35
Tt CD \dx' ' ci y
l' V d'il el'-v-X
En effet, considérons le mouvement de la chaleur dans
une molécule comprise entre six plans perpendiculaires
aux axes des*", des j, et des z; les trois premiers de ces
plans passent par le point m, dont les coordonnées sont
x, y, z, et les trois autres passent par le point j?i', dont les
coordonnées sont a; + dœ, y + dy , z -k- d z.
La molécule reçoit pendant l'instant d t , à travers le
rectangle inférieur dx dy, c[ui passe par le point m, une
quantité de chaleur égale à — K d x dy -j^ d t. Pour con-
naître la quantité qui sort de la molécule par la face opposée,
il suffit de changer dans l'expression précédente z en z + dz,
c'est-à-dire d'ajouter à cette expression sa propre différen-
tielle prise par rapport à z seulement; on aura donc ;
— Y\. d X . dy -j: dt — K d x . dy d { -j-^ ] d z d t • .,
dz
pour la valeur de la quantité qui sort à travers le rectangle
supérieur. La même molécule reçoit encore à travers le pre-
mier rectangle d x d z qui passe par le point nj , une quan-
tité de chaleur égale à — lS.-j-dx.dz.dt; et si l'on ajoute
à cette expression sa propre différentielle prise par rapport
à y seulement, on trouve que la cjuantité cjui sort à travers
la face opposée d x d z, a pour expression
— K -j— dx dz d t — ]s. d { -j- j dy d x dz dt.
dy :■ ': ,:■ -Ji jJ
i36 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Enfin cette mole'cule reçoit, par le premier rectangle dy dz
une quantité de chaleur égale à — ^Zj~' ^J ^^^ ^^^ > ^^ ^^
qu'elle perd à travers le rectangle opposé, qui passe par to',
a pour expression
— K -j- (^y d z d t — K f/ ( -j— j d X d y d z d t.
d X
Il faut maintenant prendre la somme des quantités de
chaleur que la molécule reçoit, et en retrancher la somme
de celles qu'elle perd. On voit par-là qu'il s'accumule durant
l'instant dt dans l'intérieur de cette molécule, une quantité
'd^ -v d" V d" -y>
Il ne s'agit plus que de connaître quel est l'accroissement de
température qui doit résulter de cette addition de chaleur.
D étant la densité du solide, ou le poids de l'unité de
volume, et C la capacité spécifique, ou la quantité de chaleur
c[ui élève l'unité de poids de la température o à la tempéra-
ture I ; le produit C . D dx dy dz exprime combien il faut
de chaleur pour élever de o à i la molécule dont le volume
est dx dy dz. Donc en divisant par ce produit la nouvelle
quantité de chaleur que la molécule vient d'acquérir, on
aura son accroissement de température. On obtient ainsi
l'équation générale
totale de chaleur égale à K( -^^^^ + ^— , + -^^/]dx dy dzdt.
dv K [d^ V d^ V d^
■V
dt CD \dx' ^ dy ^ d:
(A)
qui est celle de la propagation de la chaleur dans l'intérieur
de tous les corps solides.
CHAPITRE 11. i37
i43.
Indépendamment de cette équation , le système des tem-
pératures est souvent assujéti à plusieurs conditions déter-
minées, dont on ne peut donner une expression générale,
puisqu'elles dépendent de l'espèce de la question.
Si la masse dans laquelle la chaleur se propage a des di-
mensions finies, et si la superficie est retenue par une cause
spéciale dans un état donné; par exemple, si tous ses points
conservent!, en vertu de cette cause, la tempéi'ature cons-
tante o, on aura, en désignant la fonction inconnue v par
ç {x,y,z,t), l'équation de condition 9 {x,y,z, t) = o; il
est nécessaire qu'elle soit satisfaite pour toutes les valeurs
de x,y, z, qui appartiennent aux points de la surface exté-
térieure, et pour une valeur quelconque de t.
De plus, si l'on suppose que les températures initiales du
corps sont exprimées par la fonction connue F {x,y, z),
on a aussi l'équation ip {oc, y, z,o) = F [x,y, z)\ la condi-
tion exprimée par cette équation doit être remplie pour
les valeurs des coordonnées x,y, z, qui conviennent à un
point quelconque du solide.
144.
Au lieu d'assujétir la surface du corps à une température
constante, on peut supposer que cette température n'est pas
la même pour les différents points de la surface , et qu'elle
varie avec le temps suivant une loi donnée; c'est ce qui a
lieu dans la question des températures terrestres. Dans ce
cas l'équation relative à la surface , contient la variable t.
145.
Pour examiner en elle-même, et sous un point de vue
très-général, la question de la propagation de la chaleur, il
18
i38 TPIÉOPlIE de la CHALEUR.
faut supposer que le solide, dont l'état initial est donné, a
toutes ses dimensions infinies ; alors aucune condition spé-
ciale ne trouble la diffusion de la chaleur, et la loi à la-
quelle ce principe est soumis, devient plus manifeste : elle
est exprimée par l'équation générale
d-v Y. r d" V d' V d^ V
dt CD V,â?=' ^ dy' ' dz'
à laquelle il faut joindre celle qui se rapporte à l'état initial
et arbitraire du solide.
Supposons que la température initiale d une molécule ,
dont les coordonnées sont x,j; z, soit une fonction connue
F{x,y, z), et désignons la valeur inconnue v parc {x,y, z, f),
on aura l'équation déterminée <ù(oe, y, z, o) = F (a:, y, z')';
ainsi la question est réduite à intégrer l'équation générale (A)
ensorte qu'elle convienne , lorsque le temps est nul , avec
l'équation qui contient la fonction arbitraire F.
SECTION VIL
Equation générale relative à la surface.
i46.
Si le solide a une forme déterminée, et si la chaleur pri-
mitive se dissipe successivement dans l'air atmosphérique
entretenu à une température constante , il faut ajouter à
l'équation générale (A) et à celle qui représente l'état initial,
une troisième condition relative à l'état de la surface. Nous
allons examiner dans les articles suivants, la nature de l'équa-
tion qui exprime cette dernière condition.
CHAPITRE II. i39
Considérons l'état varial)ie d'un solide dont la chaleur se
ilissipe dans l'air, entretenu à une température fixe o. Soit w
une partie infiniment petite de la surface extérieure , et ;;. un
point de w, par lequel on fait passer une normale à la sur-
face ; les différents points de cette ligne ont au même in-
stant des températures différentes.
Soient V la température actuelle du point ja, prise pour
un instant déterminé, et w la température correspondante
d'un point v du solide pris sur la normale, et distant du
point [i. d'une quantité infiniment petite a. Désignons ])ar
X ,y,z^ les coordonnées du point [i., et par
celles du point v; soient y (^,j-, c) =o l'équation connue
de la surface du solide, et 'v=(p(a?, jy, z, t) l'équation géné-
rale qui doit donner la valeur de v en fonction des quatre
variables x,y, z, t. En différentiant réquationy(^^ j, z) = o,
on aura md x -[- n d y +p d z=zo-^Tn ,n, p sont des fonc-
tions de x,y, z. ' ' '
Il résulte du corollaire énoncé dans farticle i4i , que le
tlux , dans le sens de la normale , ou la quantité de chaleur
qui traverserait pendant l'instant d t la. surface oj, si on la
plaçait en un point quelconque de cette ligne, perpendicu-
lairement à sa direction , est proportionnelle au quotient
c[ue l'on obtient en divisant la dittérence de température de
deux points infiniment voisins par leur distance. Donc l'ex-
pression de ce flux à l'extrémité de la normale est
— K oi d t;
a
K désignant la conducibilité spécifique de la masse. D'un
i8.
i4o THÉORIE DE LA CHALEUR.
autre côté la surface a> laisse échapper dans l'air, pendant
l'instant dt, une quantité de clialeur égale a hviùdt; h étant
la conducibilité relative à l'air atmospliéric[ue. Ainsi le flux
de chaleur à l'extrémité de la normale a deux expressions
différentes , savoir : hv m dtet — A- w d t; donc ces deux
^ a
quantités sont égales; et c'est en exprimant cette égalité,
que l'on introduira dans le calcul la condition relative à la
surface.
147.
On a iv = v -h ^v=v + -j-sx+-T-sy + -r- 0 z. Or, il
dx dy '' dz ^
suit des principes de la géométrie , que les coordonnées
^ X, Ij, dz, qui fixent la position du point v de la normale
par l'apport au point p., satisfont aux conditions suivantes :
p^ x^=^inl z,pt y = n^ z.
On a donc
i/ d V d V dv\ ^
, '^-'^ = pV''d^'^''dj-+^d-J^^--
on a aussi
«= Y^ x'+^f + §z' = -{j7i- + n' -hp')^^z,
ou a = - 5 z, en désignant par q la quantité
(m' ■+- n' +/>')';
donc
w — T / dv du dv\ I
a V dx dj ^ d zj q''
par conséquent l'égalité
A V (d dt==. — ki \iudt
CHAPITRE II. i4i
devient la suivante
dv d V d V h
m -, — \- n
dx dj
cl V II , ,, ,
Cette e'quation est tleterminc'e et ne s'applique qu'aux points
de la surface; elle est celle que l'on doit ajouter à lëquation
générale de la propagation de la chaleur (A), et à la con-
dition qui détermine l'état initial du solide ; m, n,p, q, sont
des fonctions connues des coordonnées des points de la
surface.
i48.
L'équation B signifie en général que le décroissement de
la température, dans le sens de la normale, à l'extrémité du
solide , est tel que la quantité de chaleur qui tend à sortir
en vertu de l'action des molécules, équivaut toujours à celle
que le corps doit perdre dans le milieu.
On pourrait concevoir que la masse du solide est pro-
longée, en sorte que la surface au lieu d'être exposée à l'air,
appartient à-la-fois au corps qu'elle temnine, et à une enve-
loppe solide qui le contient. Si, dans cette hypothèse, une
cause quelconque réglait à chaque instant le décroissement
des températures dans l'enveloppe solide, et la déterminait
de manière que la condition exprimée par l'équation B, fût
toujours satisfaite, l'action de l'enveloppe tiendrait lieu de
celle de l'air, et le mouvement de la chaleur serait le même
dans l'ini et l'autre cas : on peut donc supposer que cette
cause existe , et déterminer, dans cette hypothèse , l'état
variable du solide; c'est ce que l'on fait en employant les
deux équations A et B.
On voit par-là comment l'interruption de la masse et ^
i42 THÉORIE DE LA CHALEUR.
l'action du milieu, troublent la diffusion de la chaleur en
l'assujétissant à une condition accidentelle.
On peut aussi conside'rer sous un autre point de vue cette
équation (B), qui se rapporte a. l'état de la surface; il
faut auparavant déduire une conséquence remarquable du
théorème m (art. i4o)- Nous conserverons la construction
rapportée dans le corollaire du même théorème (art. 141 )•
Soient x, j, z les coordonnées du point p et
X-+- ^ X, y + èj; z + ^ z,
celles d'un point q infiniment voisin dep, et marqué sur
la droite dont il s'agit ; désignons par v et iv les tempéra-
tures des deux points p et q prises pour le même instant ,
on aura
donc le quotient
6 e dx à £ dx 8 & d z à t *^ "^
ainsi la quantité de chaleur qui s'écoule à travers la surface
(0 placée au point m, perpendiculairement à la droite, est
, , 7 l dv § X dv 8 y d 7> ^z)
( dx S e dj- d £ d z ai)
Le premier terme est le produit de — k -y- par. dt et par
^x
(jy- Cette dernière quantité est, d'après les principes de la
géométrie, l'aire de la projection de w sur le plan des y et z;
CHAPITRE II. i43
ainsi le produit représente la quantité de chaleur qui s écou-
lerait à travers l'aire delà projection , si on la plaçait au
point/», perpendiculairement à Taxe des a:
Le second terme — k -j- w k— d t représente la quantité
de chaleur qui traverserait la projection de w , faite sur le
plan des a; et z, si on plaçait cette projection au point ^,
parallèlement à elle-même.
Enfin le troisième terme — /.• -^tji^clt représente la
quantité de chaleur qui s'écoulerait pendant l'instant d t , k
travers la projection de w sur le plan àesoeçty, si l'on plaçait
cette projection au point y;, perpendiculairement à la coor-
donnée z.
On voit par-là que la quantité de chaleur qui s'écoule à
travei's chaque partie infiniment petite d'une surface tracée
dans l'intérieur du solide , peut toujours être décomposée
en trois autres , qui pénètrent les trois projections ortho-
gonales de la surface , selon des directions perpendiculaires
aux plans des projections. Ce résultat donne naissance à
des propriétés analogues k celles que l'on remarque dans
la théorie des forces.
i5o.
La quantité de chaleur qui s'écoule à travers une surllicc
plane, iniîniment petite w, donnée de figure et de position ,
étant équivalente à celle qui traverserait ses trois projections
orthogonales, il s'ensuit que, si l'on conçoit dans l'intérieur
du solide un élément d'une figure quelconque, les quantités
de chaleur qui pénètrent dans ce polyèdre par ses diffé-
rentes liices, se compensent l'éciproquement; ou plus exacte-
i44 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ment, la somme des termes du premier ordre, qui entrent
dans l'expression de ces quantités de chaleur reçues par la
molécule, est zéro; ensorte que la chaleur qui s'y accumule
en effet, et fait varier sa température, ne peut être exprimée
que par des termes infiniment plus petits c[ue ceux du pre-
mier ordre.
On voit distinctement ce résultat lorsqu'on établit l'équa-
tion générale (A), en considérant le mouvement de la chaleur
dans une molécule prismatique (ai-ticles 12^ et 142); on le
démontre encore pour une molécule d'une figure quelcon-
que, en substituant à la chaleur reçue par chaque face,
celle que recevraient ses trois projections.
Il est d'ailleurs nécessaire que cela soit ainsi : car, si une
des molécules du solide acquérait pendant chaque instant
une quantité de chaleur exprimée par un terme du premier
ordre, la variation de sa température serait infiniment plus
grande que celle des autres molécules, c'est-à-diie, que
pendant chaque instant infiniment petit, sa température aug-
menterait ou diminuerait d'une quantité finie; ce qui est
contraire à l'expérience.
i5i.
Nous allons appliquer cette remarque à une molécule
placée à la surface extérieure du solide.
Par un point a {voy. fig. 6), pris sur le plan des x et
y , menons deux plans perpendiculaires , l'un à l'axe des
X, l'autre à l'axe des y. Par un autre point h du même
plan , infiniment voisin de a , menons aussi deux plans
parallèles aux deux précédents; les ordonnées z, élevées
aux points a, h, c, d, jusqu'à la surface extérieure du
solide, marqueront sur cette surface quatre points a', h' , c , d,
I
CHAPITRE II. i45
et seront les arêtes d'un prisme tronqué, dont la base est
le rectangle abcd. Si par le point d , qui désigne le moins
élevé des quatre points d , V , d , cl' on fait passer un plan
parallèle à celui des xcty, on retranchera du prisme tron-
qué une molécule, dont une des faces, savoir : d b' c d' se
confond avec la superficie du solide. Les valeurs des quatre
ordonnées ad ce dd' hU sont les suivantes : . ,,..,, , '-,
ad =■ z
, d z -,
ce ^=: Z+ -r- d X
ax
dd :=^ z + ^dv
bb' z:::^ Z^-y-^-d X +~ d y
l52.
L'une des faces perpendiculaires aux x est un triangle, et
la face opposée est un trapèze. L'aire du triangle est
et le flux de chaleur dans la direction perpendiculaire à
cette surface étant — k ~ on a, en omettant le facteur dt,
, d V dy d z j
dx 1 dy "^
pour l'expression de la quantité de chaleur qui pénètre pen-
dant un instant dans la molécule, à travers le triangle dont
il s'agit. ' '
L'aire de la face opposée est - ';,■;. 'ij < X ,-.()
\^y(^ià^^ + ''iidx-v'if-dy
'<7
i46 THÉORIE DE LA CHALEUR.
et le flux perpendiculaire à cette face est aussi — J; j~_ , en
supprimant les termes du second ordre , infiniment plus
petits que ceux du premier; on retranchera la quantité de
chaleur qui sort par cette seconde face, de celle qui entre
par la première et l'on trouvera k-, ~ dx dr.
'■ ^ dx dx "^
Ce terme exprime combien la molécule reçoit de chaleur
par les faces perpendiculaires aux x.
On trouvera, par un calcul semblable, que la même mo-
le'cule reçoit, par les faces perpendiculaires aux y, une quan-
tité de chaleur é^ale à Ti -, — ^-dxdr.
° dy dy "^
La quantité de chaleur que la molécule reçoit par la base
rectangulaire est — ^' tt '^'^ ^y- Enfin, elle laisse échapper
dans l'air, à travers la surface supérieure a' b' c d' , une cer-
taine quantité de chaleur égale au produit de hv, par
l'étendue co de cette surface. La valeur de u est, selon les
principes connus, celle de dx dy, multipliée par le rapport
-; è désigne la longueur de la noi^male, depuis la surface
"extériem^e jusqu'au plan des x et y , et
3=3 1+^
dx) + KjFy)
donc la molécule perd à travers sa surface a b' c d une
quantité de chaleur égale à h v d x dy -■
Or, les termes du premier ordre qui entrent dans l'ex-
pression de la quantité totale de chaleur acquise par la
molécule, doivent se détruire, afin que la variation des tem-
CHAPITRE ïl. r47
pératures ne soit pas à chaque instant une quantité finie ;
ou doit donc avoir l'équation
k'^^.^- dxdy + A-^'-'-r- dx dy—h-^dx dy—h v - dxdr=o^
dx dx •' dj dj • dz '' z '
;T,i>'-' ',- W' ;
h i dv dz di' dz dv
k z dx dx df dy dz
lOJ.
En mettant pour -j^ et -^_ leurs valeurs tirées de l'éqna-
tion mdx + ndy^pdz = 0, et désignant par q la quan-
tité [ni- + 7f +jj')' on a ■•;■_; ••..
j j j •,'-.■•'. .\ .' ■ :< -i '.! i'iiri-
7 d V -, d i> T d V j /i,,
A- 7?z -J hk 71 -. 1- A- T? -7- + /; T (7 = o , (B)
dx dy ' dz ■'■ ^
on connaît ainsi d'une manière distincte ce que représente
chacun des termes de cette équation. • '■'; '' -;>-'■ i-
En les prenant tous avec des signes contraires et les mul-
tipliant par le rectangle dx dy, le premier exprime com-
bien la molécule reçoit de chaleur par les deux faces per-
pendiculaires aux X , le second combien elle en reçoit par
ses deux faces perjîcndiculaires aux y, le troisième combien
elle en reçoit par la face perpendiculaire aux z, et le qua-
trième combien elle en reçoit du milieu. L'équation exprime
donc que la somme de tous ces termes du premier ordre
est nulle, et que la chaleur acquise ne peut être représentée
que par des termes du second ordre.
i54.
Pour parvenir à cette équation (B) il faut considérer ime
des molécules dont la base est à la surface du solide, comme
i48 THÉORIE DE LA CHALEUR.
un vase qui reçoit ou perd la chaleur par ses dilTëreutes
faces. L'équation signifie que tous les termes du premier
ordre qui entrent dans l'expression de la chaleur acquise
se détruisent mutuellement ; ensorte que cet accroisse-
ment de chaleur ne peut être ex})rimé cjue par des termes
du second ordre. On peut donner à cette molécule, ou la
forme d'un prisme droit, dont l'axe est perpendiculaire à la
surface du solide, ou celle d'un prisme tronqué, ou une
forme cjuelconque.
L'équation générale (A) suppose que tous les termes du
premier ordre se détruisent dans l'intérieur de la masse , ce
qui est évident pour des molécules prismatiques comprises
dans le solide. L'équation (B) exprime le même résultat pour
les molécules placées aux limites des corps.
Tels sont les points de vue généraux sous lesquels on peut
envisager cette partie de la théorie de la chaleur.
_ , , . d i' K / d" V d" V d^ v \ , . ,
L équation _==:_(^_ + _+— J représente le
mouvement de la chaleur dans l'intérieur des corps. Ce
théorème fait connaître la distribution instantanée dans
toutes les substances solides ou liquides; on en pourrait
déduire l'équation qui convient à chaque cas particulier.
Nous ferons cette application dans les deux articles sui-
vants, à la question du cylindre et à celle de la sphère.
CHAPITRE II. i49
SECTION VIII.
Application des équations générales.
i55.
Désignons par /• le rayon variable d'une enveloppe cylin-
drique quelconque, et supposons, comme pre'cédemraent
dans l'art. 1 18, que toutes les molécules également éloignées
de l'axe ont à chaque instant une température commune;
a» sera une fonction de /• et t; r est une fonction de j% z,
donnée par l'équation /■'=z' -\-y^- H est évident, en premier
lieu que la variation de a» par rapport à x est nulle; ainsi
le terme -r— doit être omis. On aura maintenant, suivant
dx
les principes du calcul différentiel, les équations :
d V dvdr d' v d^ i' f d r\' d v d' r
ZT"^ 77' 71 ^^ dl}'^dT''y7~z ) '^ TH'dl} '
di' dvdr d" ï> d' ï< / d r\'' d i> d' )\
7}-^^d~r'7}^^7J'~7T\7j) "*" ZT'ZP'
donc ■ . '
d^v d'v d'7'{/dr\' /" 'l ''^'l dvid'r d' r\) , .
di^ + 7r=d? \X7i) + C<7) f -d-r U--^ 57 j|- («)
Il faut l'emplacer dans le second membre les cjuantités
d r d r d' r d^ r
71' Tj' Tï^' dy
par leurs valeurs respectives ; pour cela on tirera de l'équa-
tion z^ + y- = r ..._-.
dr f dr\^ d' r
d r / f/ r N ^ d' r
dj V dj J d y'
i5o THEORIE DE LA CHALEUR.
et parconséqueat
dz) -^{dJ-J +''\dï^ + d?,
la première équation , dont le premier membre est égal à r,
donne
(Sï-m ■
la seconde donne
, lorsqu'on met pour
sa valeur i
d"- r d' r i . x
Si maintenant on substitue dans l'équation (a) les valeurs
données par les équations (i) et (c) , on aura
d^v d^v d^v I dv
d z" dy d r' r d r
Donc l'équation cpi exprime le mouvement de la chaleur
dans le cylindre , est
dv K f d''v I d v\
Z7 "~ CTD V77^ "^ l-"dr) '
comme on l'a trouvé précédemment, art. 119.
Ou pourrait aussi ne point supposer que les molécules
également éloignées de l'axe, ont reçu une température ini-
tiale commune; dans ce cas on parviendrait à une équation
beaucoup plus générale.
i5G.
Pour déterminer, au moyen de l'équation (A), le mouve-
I
CHAPITRE II. i5i
ment de la clialeur dans une sphère qui a été plongée dans
un liquide , on regai-deia v comme une lonction de /■ et t;
r est une fonction de ce, y, z, donnée par l'équation
/• étant le rayon variable d'une enveloppe. On aura ensuite
d V dv d r d' v d" v / d r\' dv d^ r
dx ëfl' dv dlë d r''\dx ) d^-' d:c' 'c.:.. ir-
d v dvdr d" v d' v /' d r\' dv d'' r
dj' dl''7}- jy d~? yl} J ^ Ti'TJ'
d T> dv d r d'v d' v /'dr\' dv d' r
et
riz d r dz d z' d r'- \dzj dr dz
En Tiûsant les suljstitutions dans l'équation
dv K /r/'î' d^ V d^- V
d t CD \dz' df ' d;
on aura ■ "
dv K fd'v\(dr\ fdry rdr\\ dv fd' r d' r . d^ r\\ , ,
L'équation .r' + j'^ -f- s' = r fournit les résultats sui\'ants :
dx \dxj dx^
dr ^ fdr\' d^ r
dr /" dr\ ' d'' r
"-=-'• 11'''''= {Tz) +''d^- ■ ■ :
Les trois équations du premier ordre donnent :
Les trois équations du second ordre donnent
.1.
d r\' /'dr\' / d r\' { d' r d' r d' r]
d r\'
i52 THÉORIE DE LA CHALEUR,
et mettant pour
/-dry /'d'-Y ('dry
la valeur i , on a
d' r d' r d' r 2
d~? ~^ dy '^ JI' r'
Faisant les substitutions clans l'équation (<*), on aura l'équation
dv K / d'' 21 '2 d V
7^ +
d t C . D V rf' '■' r dr
qui est la même que celle de l'art. 1 14-
L'équation contiendrait un plus grand nombi'e de termes ,
si l'on ne supposait point que les molécules également
éloignées du centre ont reçu la même température initiale.
On pourrait aussi déduire de l'équation déterminée (B),
celles qui expriment l'état de la surface dans les équations par-
ticulières , où l'on suppose cju'un solide d'une forme donnée,
communique sa chaleur à l'air atmosphérique ; mais le plus
souvent ces équations se présentent d'elles-mêmes, et la
forme en est très - simple , lorsque les coordonnées sont
choisies convenablement.
SECTION IX.
Remarques générales.
157.
La recherche des lois du mouvement de la chaleur, dans
les solides consiste maintenant à intégrer les équations que
nous avons rapportées ; c'est l'objet des chapitres suivants ;
CHAPITRE II. i53
ïious terminerons celui-ci par des remarques générales sur
la nature des quantités qui entrent dans notre analyse.
Pour mesurer ces quantités et les exprimer en nombre,
on les compare à diverses sortes d'unités, au nombre de
cinq, savoir : l'unité de longueur, 1 unité de temps, celle de
la température, celle du poids, et enfin 1 unité qui sert à
mesurer les quantités de chaleur. On aurait pu choisir pour
cette dernière unité la quantité de chaleur qui élève un
volume donné d'une certaine substance , depuis la tempéra-
ture o jusqu'à la température i. Le choix de cette unité
serait prélérable à plusieurs égards à celui de la quantité de
chaleur nécessaire pour convertir une masse de glace d'un
poids donné, en une masse pareille deau, sans élever la tem-
pérature o. Nous n'avons adopté cette dernière unité, que
parce qu'elle était en quelque sorte fixée d'avance dans plu-
.sieurs ouvrages de physique; au reste, cette supposition
n'apporterait aucun changement dans les résultats du calcul.
i58.
Les éléments spécifiques qui déterminent dans chaque
corps les effets mesurables de la chaleur, sont au nombi'e de
trois, savoir : la conducibilité propre, la conducibilité rela-
tive à l'air atmosphérique, et la capacité de chaleur.
Les nombres qui expriment ces quantités sont comme la
pesanteur spécifique autant de caractères naturels propres
aux diverses substances. . ' - -
Nous avons déjà remarqué, art. 36, que la conducibilité
de la surface serait mesurée d'une manière ph.is exacte, si
l'on avait des observations suffisantes sur les effets de la cha-
leur rayonnante dans les espaces vides d'air.
On peut voir, comme nous l'avons annoncé dans la pre-
20
i54 THÉORIE DE LA CHALEUR.
mière section du chap. I , art. 1 1 , qu'il n'entre dans le
calcul que trois coefficients spécifiques k, A^ C ; ils doivent
être déterminés par des observations, et nous indiquerons
par la suite les expériences propres à les faire connaître avec
précision.
r
109.
Le nombre C , qui entre dans le calcul , est toujours
multiplié par la densité D, c'est-à-dire, par le nombre
d'unités de poids C|ui équivalent au poids de l'unité de vo-
lume ; ainsi ce produit C D peut être remplacé par le coeffi-
cient c. Dans ce cas on doit entendre, par capacité spécifique;
de chaleur, la quantité nécessaire pour élever de la tem-
pérature o à la température i l'unité de volume d'une
substance donnée, et non l'unité de poids de cette substance.
C'est pour ne pas s'éloigner des définitions communes, que
Ion a rapporté dans cet ouvrage la capacité de chaleur au
poids et non au volume ; mais il serait préférable d'employer
le coefficient c tel que nous venons de le définir; alors il
n'entrera dans les expressions analytiques aucune grandeur
mesurée par l'unité de poids: on aura seulement à considérer .^
1° la dimension linéaii^e x , la température v , et le temps t ;
ctP les coefficient c, h, et k. Les trois premières quantités sont
des indéterminées, et les trois autres sont, pour chacjue
substance , des éléments constants que l'expérience fait con-
naître. Quant à l'unité de surface et à l'unité de volume,
elles n'ont rien d'absolu, et dépendent de l'unité de longueur.
160.
Il faut maintenant remarquer que chaque grandeur indé-
terminée ou constante a une dimension qui lui est propre, et
que les termes d'une même écjuation ne pourraient pas être
i
CHAPITRE II. i5:)
comparés , s'ils n'avaient point le même exposant de dimension.
Nous avons introduit cette considération dans la théorie de la
chaleur pour rendre nos définitions plus fixes, et servir à véri-
fier lecalcul ; elle dérive des notions primordiales sur les quan-
tités ; c'est pour cette raison que , dans la géométrie et dans
la mécanique, elle équivaut aux lemmes fondamentaux que
les Grecs nous ont laissés sans démonstration.
iGi. - ■ •
Dans la théorie analytique de la chaleur, toute équa-
tion (E) exprime une relation nécessaire entre des grandeurs
subsistantes x , t , v , c, h, k. Cette relation ne dépend point
du choix de l'unité de longueur, qui de sa nature est contin-
gent, c'est-k-dire que, si l'on prenait une unité différente pour
mesurer les dimensions linéaires, l'équation (E) serait encore
la même. Supposons donc que l'unité de longueur soit
changée , et que sa seconde valeur soit équivalente à la pre-
mière, divisée par ?n. Une quantité quelconque x qui dans
l'équation (E) représente une certaine ligne a ù, et qui, par-
conséquent, désigne un certain nombre de fois l'unité de
longueur, deviendra Jiix, afin de correspondre à la même
grandeur a h ; la valeur t du temps et la valeur v de la tem-
pérature ne seront point changées ; il n'en sera pas de même
des éléments spécifiques h , k, c : le premier h deviendra —, ;
car il exprime la quantité de chaleur qui sort pendant l'unité
de temps, de funité de surface à la température i. Si l'on
examine avec attention la nature du coefficient k , tel que
nous l'avons défini dans les art. Q^ et i35, on reconnaîtra
qu'il devient — : car le flux de chaleur est en raison directe
20,
i56 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de retendue de la surface, et en raison inverse de la distance
des deux plans infinis (art. ja). Quant au coefficient c qui
représente le produit C D, il de'pend aussi de l'unité de lon-
gueur et devient —, ; donc l'équation (E) ne doit subir aucun
changement, si Ion écrit, au lieu de x , inx , et en même
temi)s— , -A, — ;, au lieu de k, h, c ; le nombre m disparaîtra
* m m m '
de lui-même après ces substitutions : ainsi la dimension de
oc, par rapport à l'unité de longueur est i ; celle de k est — i ,
celle de h est — 2, et celle de c est — 3. Si l'on attribue à
chaque quantité son exposant de dirnensioii , l'équation sera
homogène , parce que chaque terme aura le même exposant
total. Les nombres tels que .y, qui représenteraient des sur-
faces ou des solides , ont la dimension 2 dans le premier
cas, et la dimension 3 dans le second. Les angles, les sinus
et autres fonctions trigonométriques , les logarithmes ou
exposants de puissance sont , d'après les principes du calcul ,
des nombres absolus qui ne changent point avec l'unité de
longueur ; on doit donc trouver leur dimension égale à o ,
qui est celle de tous les nombre abstraits.
Si l'unité de temps , qui était d'abord i , devient —, le
nombre t sera n t , et les nombres x et v ne changeront
point. Les coefficients k, h, c seront -, -, c. Ainsi les dimen-
sions de X, t, -v, par rapport à l'unité de temps, sont
o, I , o, et celles de k, h, c, sont — i , — 1,0.
Si l'unité de température était changée , en sorte que la
température i devînt celle qui répond à un autre effet que
l'ébullition de l'eau ; et si cet effet exigeait une température
CHAPITRE II.
ib-
moindre, qui fut à celle de l'eau bouillante dans le rapport
de I au nombre p ; v deviendrait vj), .v et t conserveraient
k h c
leurs valeurs, et les coëlficiens />, /?, c seraient -, -, -•
P P P
Le tableau suivant représente les dimensions des trois
indéterminées et des trois constantes, par rapport à chaque
sorte d'unité. , ■
LONG U EUR.
DURÉE.
TEMPÉRATUBE.
1
■•
"-»
o
I
o
o
O
I
- I
- ï
— I
— 2
— I
— i
— 3
o
— I
Ilxposaut de dimension de x
t
V
La couducibilité spécifique A
La conducJLilité de la surface. . . h
La capacité de chaleur c
162.
Si l'on conservait les coefficients C et D , dont le produit a
été repi'ésenté par c , on aurait encore à considérer l'unité
de poids, et l'on trouverait que l'exposant de dimension,
par rapport à l'unité de longueur, est — 3 pour la densité D,
et o pour C.
En appliquant la règle précédente aux différentes équations
et à leurs transformées, on trouvera qu'elles sont homo-
gènes par rapport à chaque sorte d'unité, et que la dimen-
sion de toute quantité angulaire ou exponentielle est nulle.
Si cela n'avciit point lieu , on aurait commis quelque erreur
i58 THÉORIE DE LA CHALEUR.
clans le calcul, ou l'on y aurait intx'oduit des expressions
abi'égées.
Si l'on choisit, par exemple, l'équation (Z») de lart. io5
dv K cr V hl
dl (î?D"dx- CTdI'
on trouve que, par rapport à l'unité de longueur, la dimen-
sion de chacun des trois termes est o; qu'elle est i pour
l'unité' de température, et — i pour l'unité de temps.
Dans l'équation a' = A e 'de l'art. 76, la dimen-
sion linéaire de chaque terme est o, et l'on voit que celle de
l'exposant x \/ _ est toujours nulle , soit pour l'unité
A' ù
linéaire, soit pour la durée ou la température.
% V^/V « V« V»« ^%^ ^^^ «%
«vx^v^^v^^
CHAPITRE HT.
PUOl'AG ATIO\ DE LA CHALEUR DANS UN SOLIDE
RECTANGULAIRE INFINI.
SECTION PREMIERE.
Exposition de la question.
i63.
LjES questions relatives à la propagation uniforme ou au
mouvement varie de la chaleur dans l'intérieur des solides,
sont re'duites, par ce cjui précède, à des problèmes d'ana-
lyse pure, et les progrès de cette partie de la pliysique
dépendront désormais de ceux que fera la science du calcul.
Les équations différentielles que nous avons démontrées,
contiennent les résultats principaux de la théorie , elles
expriment, de la manière la plus générale et la plus concise,
les rapports nécessaires de l'analyse numéricpie avec ime
classe très -étendue de phénomènes, et réunissent pour
toujours aux sciences mathématiques , une des branches les
plus importantes de la philosophie naturelle. Il nous reste
maintenant à découvrir l'usage que l'on doit faire de ces
équations pour en déduire des solutions complètes et d'une
application facile. La question suivante offre le premier
exemple de l'analyse qui conduit à ces solutions; elle nous
i6o THÉORIE DE LA CHALEUR.
a paru plus propre qu'aucune autre à faire connaître les
éléments de la niëtliode que nous avons suivie.
164.
Nous supposons qu'une masse solide homogène est con-
tenue oître deux plans verticaux B et C parallèles et infinis .
et c{u'on la divise en deux parties par un plan A perpen-
diculaire aux deux auties [yoy. fig. 7); nous allons con-
sidérer les tempèratuies de la masse BAC comprise entre
les trois plans infinis A, B, C. On suppose que l'autre
partie B' A C du solide infini est une source constante de
chaleur, c'est-à-dire que tous ses points sont retenus à la
température i, qui ne peut jamais devenir moindre, ni plus
grande. Quant aux deux solides latéraux compris l'un entre
le plan C et le plan A prolongé, l'autre entre le plan B et le
plan A prolongé , tous leurs points ont une température
constante o , et vme cause extérieure leur conserve toujours
cette même température; enfin les molécules du solide com-
pris entre A, B et C , ont la température initiale o. La chaleur
passera successivement du foyer A dans le solide BAC; elle
s'y propagera dans le sens de la longueur qui est infinie, et
en même temps elle se détournera vers les masses froides
B et C qui en absorberont une grande partie. Les tempéra-
tures du solide BAC s'élèveront de plus en plus ; mais elles
ne pourront outre-passer ni même atteindre un maximum
de température, qui est différent pour les différents points
de la masse. Il s'agit de connaître l'état final et constant dont
l'état variable s'approche de plus en plus.
Si cet état final était connu et qu'on le formât d'abord , il
subsisterait de lui-même, et c'est cette propriété qui le dis-
tingue de tous les autres. Ainsi la question actuelle consiste
CHAPITRE m. i6i
a déterminer les températures permanentes d'un solide rec-
tangulaire infini , comj)ris entre deux masses de glace B et C
et une masse d'eau bouillante A; la considération des ques-
tions simples et primordiales est un des moyens les plus cer-
tains de découvrir les lois des phénomènes naturels, et nous
voyons, par l'histoire deâ sciences, que toutes les théories se
sont formées suivant cette méthode. .. .
i65.
Pour exprimer plus brièvement la même question, on sup-
pose qu'une lame rectangulaire BAC, d'une longueur infinie,
est échauffée par son extrémité A, et conserve dans tous les
points de cette base une température constante i , tandis que
chacune des deux arêtes infinies B et C, perpendiculaires à
la première, est aussi assujétie dans tous ses points à une
température constante o ; il s'agit de déterminer qu'elles doi-
vent être les températures stationnaires de chaque point de
la lame.
On suppose qu'il ne se fait à la superficie aucune déper-
dition de chaleur, ou, ce qui est la même chose, on considère
un solide formé par la super-position d'une infinité de lames
pareilles à la précédente; on prend pour l'axe des œ la droite
o.T, qui partage la lame en deux moitiés, et les coordonnées
de chaque point m sont .x et j-; enfin on représente la lar-
geur A de la lame par 2 /, ou, pour abréger le calcul, par t:,
valeur de la demi -circonférence.
Concevons qu'un point i)i de la lame solide BAC, qui a pour
coordonnées a: et y, ait la température actuelle v , et que les
quantités v, qui répondent aux différents points, soient telles
qu'il ne puisse survenir aucun changement dnns les tempé-
ratures , pourvu que celle de chaque point de la base A soit
2[
i62 THÉORIE DE LA CHALEUR.
toujours I , et que les côtés B et G conservent dans tous leurs
points la température o.
Si l'on élevait en chaque point m une coordonnée verticale
égale à la température v , on formerait une surface courbe
qui s'étendrait au-dessus de la lame et se prolongerait à l'in-
fini. Nous chercherons à connaître la nature de cette surface
qui passe par une ligne parallèle élevée au-dessus de l'axe
des }-, à une distance égale à l'unité, et qui coupe le plan
horizontal , suivant les deux arêtes infinies parallèles aux x.
i66.
Pour appliquer l'équation générale
dv K r d'' V d'il d' v\
It CTD Kjdx^ "^ ~d^ "^ 'JIF) '
on considérera que, dans le cas dont il s'agit, on fait abstrac-
tion d'une coordonnée z, en sorte que le terme ^, doit être
omis ; quant au premier membre -j- , il s'évanouit , puis-
qu'on veut déterminer les températures stationnaires ; ainsi
l'équation qui convient à la question actuelle , et détermine
les propriétés de la surface courbe cherchée est celle-ci,
dx" dj
(a).
La fonction de ce et j, 9 {jc,j) qui représente l'état perma-
nent du solide BAC, doit 1° satisfaire à l'équation (a); 2° de-
venir nulle lorsqu'on substitue ir ou + - r au lieu de y,
quelle que soit d'ailleurs la valeur de a-; 3° elle doit être
égale à l'unité, si l'on suppose a:=^o , et si l'on attribue à j
CHAPITRE III. i6S
une valeur quelconque comprise entre — - -k el -i- -%. Il faut
ajouter que cette fonction o {x,j) doit devenir extrêmement
petite lorsqu'on donne à x une valeur très-grande, puisque
foute la chaleur sort du seul foyer A. ...
167.
Afin de considérer la question dans ses éléments, on cher-
chera en premier lieu les plus simples fonctions de a; et j,
qui puissent satisfaire à l'équation (a); ensuite on donnera à
cette valeur de v une expression plus générale, afin de rem-
plir toutes le conditions énoncées. Par ce moyen la solution
acquerra toute l'étendue qu'elle doit avoir, et l'on démontrera
que la question proposée ne peut admettre aucune autre
solution.
Les fonctions de deux variables se réduisent souvent à
une expression moins composée, lorsqu'on attribue à l'une
des variables ou à toutes les deux une valeur infinie; c'est ce
que l'on remarque dans les fonctions algébriques qui , clans
ce cas , équivalent au produit d'une fonction de x par une
fonction de y. Nous examinerons d'abord si la valeur de v
peut être représentée par un pareil produit; car cette fonc-
tion v doit représenter l'état de la lame dans toute son
étendue, et par consécjuent celui des points dont la coor-
donnée œ est infinie. On écrira donc v^^Fx .J'y, substituant
dans 1 équation a et désignant — ') . ' par r .r et — '-^,
par / f, on aura —r^ — - + ^'' ' = o ; on pourra donc sup-
r oc J y . .
F" 07 f Y . 1
poser -J, — = VI et '—- ^^ — m , m étant une constante quel-
conque, et comme on se propose seulement de trouver une
31.
•
i64 THÉORIE DE LA CHALEUR.
valeur particulière de v, on déduira des équations précé-
dentes F .2' = e , yy=cos. my.
iG8.
On ne pourrait point supposer que m est un nombre né-
gatif, et l'on doit nécessairement exclure toutes les valeurs
particulières de v, où il entrerait des termes tels que e .,m
étant un nombre positif, parce que la température v ne peut
point devenir infinie, lorsque .v est infiniment grande. En
effet la chaleur n'étant fournie que par la source constante
A, il ne peut en parvenir qu'une portion extrêmement petite
dans les points de l'espace, qui sont très-éloignés du foyer.
Le reste se détourne de plus en plus vers les arêtes infinies
B et C , et se perd dans les masses froides qu'elles terminent.
L'exposant m qui entre dans la fonction e ' . cos. J7iy
n'est pas déterminé, et l'on peut choisir pour cet exposant
lin nombre positif quelconque : mais , pour que v devienne
nulle en faisant j^=^ n ou ^^=4- - tc, quelle que soit a;,
on prendra pour }n un des termes de la suite, i, 3, 5,
^,9, etc. ; par ce moyen la seconde condition sera remplie.
i6g.
On formera facilement une valeur plus générale de 'v, en
ajoutant plusieurs termes semblables aux précédents, et l'on
aura -v^ (7 e ' cos.y+l>e cos. 3 j+ ce cos. 5j
+ de ^ . COS. 7 J + etc. (ù). Il est évident que
cette fonction v désignée par ç {x,y) satisfait à l'équation
7- , H — T-7 = o, et à la condition o (a:, ± i -) =o. ll.r.este
CHAPITRE III. i6;?
à remplir une troisième condition, qui est exprimée ainsi :
<û (o, >') = I , et il est nécessaire de remarquer que ce ré-
sultat doit avoir lieu lorsqu'on met pour j une valeur quel-
conque , comprise entre t; et H — tt. On ne peut en rien
inférer pour les valeurs que pi'endrait la fonction <p {o,f)^
si 1 on mettait au lieu de y une quantité non comprise entre
les limites 77 et + - vr. L'équation (Z») doit donc être as-
sujétie à la condition suivante :
I =acos.y + bcos. 3j>' + ccos.J^ + ^cos. 7J + etc.
C'est au moyen de cette équation que l'on déterminera les
coefficients a, h, c, cl, . . . etc. dont le nombre est infini.
Le second membre est une fonction de y , qui équivaut à
l'unité , toutes les fois que la variable y est comprise entre
et + - 77. On pourrait douter qu'il existât une pareille
fonction , mais cette question sera pleinement éclaircie par la
suite.
lyo.
Avant de donner le calcul des coefficients, nous remar-
querons l'effet que représente chacun des termes de la série
dans lequation (&).
Supposons que la température fixe de la base A, au lieu
d'être égale à l'unité pour tous ses points, soit d'autant
moindre que le point de la droite A est plus éloigné du mi-
lieu o, et qu'elle soit proportionnelle au cosinus de cette
distance; on connaîtra facilement dans ce cas la nature de la
surface courbe , dont l'ordonnée verticale exprime la tempé-
rature V ou ç> {x, y). Si l'un coupe cette surface à l'origine
i66 THÉORIE DE LA CHALEUR,
par un plan perpendiculaire à l'axe des x, la courbe qui ter-
mine la section aura pour équation ^' = rt ces. j; les valeurs
des coefficients seront les suivantes :
az^^a, h^^o, c = o, d=o,
ainsi de suite , et l'e'quation de la surface courbe sera
i; == rt e . cos. y.
Si l'on coupe cette surface perpendiculairement à l'axe des
y, on aura une logarithmique dont la convexité est tournée
vers l'axe ; si on la coupe perpendiculairement à l'axe des x,
on aura une courbe trigonométrique qui tourne sa concavité
vers l'axe. Il suit de là qvie la fonction -j—^ a toujours une va-
leur positive, et que celle de -^-^ est toujours négative. Or
la quantité de chaleur qu'une molécule acquiert à raison de sa
place entre deux autres dans le sens des x, est proportionnelle
à la valeur de -j—; • ( art. 1 23 ) ; il s'ensuit donc que la molé-
cule intermédiaire reçoit de celle qui la précède, dans le sens
des X , plus de chaleur qu'elle n'en communique à celle qui
la suit. Mais , si l'on considère cette même molécule comme
placée entre deux autres dans le sens des y , la fonction
^— i" étant négative, on voit que la molécule intermédiaire
communique à celle qui la suit plus de chaleur qu'elle n'en re-
çoit de celle qui la précède. Il arrive ainsi que l'excédent de cha-
leur qu'elle acquiert dans le sens des x , compense exactement
ce cju'elle perd dans le sens des j, comme l'exprime l'équa-
i
CHAPITRE III. 167
tion -j~^ + -j-r = o. On connaît ainsi la rovite que suit la
chaleur qui sort du foyer A. Elle se propage dans le sens
des X, et en même temps elle se décompose en deux parties,
dont lune se dirige vers une des arêtes , tandis que l'autre
partie continue de s'éloigner de l'origine, pour être décom-
posée comme la précédente et ainsi de suite à l'infini. La
surface que nous considérons est engendrée par la courbe
trigonométriquc, qui répond à la base A, et se meut perpen-
diculairement à l'axe des x en suivant cet axe , pendant que
chacune de s^es ordonnées décroît à l'infini , proportionnel-
lement aux puissances successives d'une même fraction.
On tirerait des conséquences analogues, si les tempéra-
tures fixes de la base A étaient exprimées par le terme
h COS. 3 j" ou c COS. 5j- etc. ;
et l'on peut, d'après cela, se former une idée exacte du mou-
vement de la chaleur dans les cas plus généraux; car on
verra par la suite que ce mouvement se décompose toujours
en une multitude de mouvements élémentaires, dont chacun
s'accomplit comme s'il était seul.
' r'\ SECTION II.
Premier exemple de l'usage des séries trigonome'friques dans
la théorie de la chaleur.
171.
Nous reprendrons maintenant l'équation *•
I = a COS. r + b cos. 3 j + c cos. Sy + d cos. 7 j+ etc. ,
i68 THÉORIE DE LA CHALEUR,
dans laquelle il faut déterminer les coefficients a, h, c, r/, etc.
Pour que cette équation subsiste, il est nécessaire que les
constantes satisfassent aux équations que l'on obtient par
des différenîiations successives, ce qui doniie les l'ésultats
suivants :
i=acos. j+Z» cos.3j)'-+ <:cos.o_7+ c^cos.y j+etc.
o = a sin. j + 3 h sin.3j+ 5 csin. 5j + 7 rZsin. yj + etc.
o = « cos. jH-3'ècos. 3j+o'ccos. 5j+7Vcos. yj+etc.
o = rt sin. r + 3'/'-'eos.3r + 5'ceÉ«sr5v-+7We»sr. 7/4- etc. ,
ainsi de suite à l'iniini.
Ces équations devant avoir lieu lorsque J/'= o, on aura
i=(^+ b + c-h d-\- e + f+ g+ • . . etc.
o =r rt + 3' Z; + 5' c + 7V/ + 9' e + 1 1'/+ . . . etc.
o = a + 3'' Z* + 5^c + 7W + g^^e + . . . etc.
o = fl -{- 3^ Z* + 5"c + 7V/ + . . . etc.
o = <2 + 3' 6 + 5V + . . . etc.
etc.
Le nombre de ces équations est infini comme celui des
indéterminées a ,b, c , d,e. . . etc. La question consiste à
éliminer toutes les inconnues , excepté une seule.
172.
Pour se former une idée distincte du résultat de ces élimi-
nations, on supposera que le nombre des inconnues a, h, c,
d . . . etc. , est d'abord défini et égal à m. On emploiera les
m, premières équations seulement, en effaçant tous les termes
I
CHAPITRE III. 169
où se trouvent les inconnues qui suivent les m premières. Si
l'on fait successivement^?? = 3, 7??=:3,7?? = 4i"^ = ^^! ainsi de
suite, on trouvera dans chacune de ces suppositions, les valeurs
des indéterminée?. La quantité a , par exemple, recevra une
valeur pour le cas de deux inconnues , une autre pour le cas de
trois inconnues, ou pour le cas de quatre inconnues, ou succes-
sivement pour un plus grand nombre. Il en sera de même de l'in-
de'terminëe b, qui recevra autant de valeurs différentes que Ton
aura effectué de fois l'élimination; chacune des autres indéter-
minées est pareillement susceptible dune infinité de valeurs
différentes. Or la valeur d'une des inconnues, pour le cas
ou leur nombre est infini, est la limite vers laquelle tendent
continuellement les valeurs qu'elle reçoit au moyen des éli-
minations successives. Il s'agit donc d'examiner si, à mesiu'e
que le nombre des inconnues augmente, chacune des valeurs
a , h , c , cl,. . . etc. ne converge point vers une limite finie,
dont elle approche continuellement.
Supposons que l'on emploie les sept équations suivantes :
I = rt+ h -\' c+ d+ e+ f+ g
o = « + 3' ^ + 5= c+ 'j' d+^' e+ II- /+ 1 3' g
o = a + ?)^ b + S' c+ n'* d+ ly e + 1 1^ /+ i3' g
o = a + y b-h^' c+f d + cf e+ II' f+ l'i' g
o = « + 3' ^ + 5** c+f d+ (j^ e + 1 1* /+ 1 3' g
o = rt + 3"° b + o'" c + 7'° d + 9'^ e + I V°f+ 13'" g
o = a -{- Z'' b + S" c -\- 7"' d + 9'- e + 11" f+ i3" g.
- ' - - • 22
170 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Les six équations qui ne contiennent plus g, sont :
i3'=«(i3'— 1')+ ^(i3'— 3')+ c(i3'— 5')-t- r/(i3'— 7')+ e(i3'— 9')+ /(i3'— 11')
o =a (i3'— i=)-f-3' 5(13'— 3')+5' c (i3'— 5=)+7' ^(i3'— j'J+g-- e (i3'— 9') + iiy(i3'— 11'}
o=a(i3'— l'-^+S'^CiS'— 3')4-5^c(r3'— 5')+7^rf(i3'— 7')+9^e(i3'— 9')+iiy(i3'— II')
o=«(i3'— iO+3^'5{i3'— 3')+5V(i3'— 5')+7'^^(i3'— 7';+9''e(i3'— 9')+ii''/(i3'— ir)
o = rt(i3'— i')+3'i(i3— 3'}4-dV(i3'— 50+7'«'(i3'— 7'J+9'e(i3'— 9')+iiy(i3'— II')
o=a(i3'— i')4-3''5(i3'— 3'}+5'"c(i3'— 5')+7-''r/(i3'— 7')+9"'e(i3'— 9')+ii-y(i3— II')-
En continuant l'élimination , on obtiendra l'équation
finale en a, qui est :
fl(i3'— i=)(ii'— 1')(9'— 1')(7'— r)(5'— 1')(3'— I')=rI3^II^9^7^5^3^I^
Si l'en avait employé un nombre d'équations plus grand
d'une unité, on aurait trouA'é, pour déterminer a, une équa-
tion analogue à la précédente, ayant au premier membre un
facteur de plus, savoir: i5' — 1\ et au second membre i5%
pour nouveau facteur. La loi à laquelle ces différentes va-
leurs de a sont assujéties est évidente, et il s'ensuit que la
valeur de a, qui correspond à un nombre infini d'équations-
est exprimée ainsi :
3' 5' 7' Q' II' i3'
(7, -; i . il . . . etc.
3' — i 5"' — 1 7' — i 9' — I II' — I i3' — i
3.3 5.5 7.7 Q.q II. II i3.i3
ou a = — -r-Ta-ir^-Q- 7- • • ^t^-
2.4 4-0 O-O o.IO 10.12 12.14
Or cette dernière expression est connue et, suivant le
théorème de Wallis, on en conclut a = -. Il ne .s'agit
CHAPITRE III. i"£
donc maintenant que de connaître les valeurs des autres
indéterminées.
174.
Les six équations qui restent après rélimination de g-
peuvent être comparées aux six équations plus simples que
Ion aurait employées, s'il n'y avait en que six inconnues.
Ces dernières équations difièrent des équations (c), en pe
que, dans celles-ci, les lettres y, e, d, c, h, a se trouvenr
multipliées respectivement par les facteurs
i3'— II' i3'— 9' i3'— 7' i3' — 5' i3' — 3^ i3'— r
' I ■'.' ' . "ÎJ ' t'X^ '
i3' ' i3' ' i3'
Il suit de là que si on avait résolu les six équations
linéaires que l'on doit employer dans le cas de six indéter-
minées, et que l'on eût calculé. la valeur de chaque inconnue,
il serait facile d'en conclure la valeur des indéterminées de
même nom, correspondantes au cas où l'on aurait employé
sept équations. Il sullirait de multiplier les valeurs àe/,e,
d , c, b , a , trouvées dans le premier cas par des facteurs
connus. Il sera aisé, en général, de passer de la valeur de
l'une des c|uantités, prise dans la supposition d'un certain
nombi'e d'équations et d inconnues, à la valeur de la même
cjuantité, prise dans le cas où il y aurait une inconnue et
luie équation de plus. Par exemple, si la valeur de/trouvée
dans l'hypothèse de six équations et six inconnues, est repré-
sentée par F, celle de la même quantité prise dans le cas d'une
i3'
inconnue de plus, sera F. ,,__ — ,• Cette même valeur, prise
dans le cas de huit inconnues, sera, par la même raison,
i5'
F. -
i3' — 11" i5' — n*
22.
172 THEORIE DE LA CHALEUR.
et dans le cas de neuf inconnues, elle sera
■p iJ "^ .___LZ__
i3' — II' i5"— II" in" — 11"'
ainsi de suite. Il suffira de même de connaître la valeur de b,
correspondante au cas de deux inconnues , pour en conclure
celle de la même lettre qui correspond au cas de trois ,
quatre, cinq inconnues, etc. On aura seulement à multiplier
cette première valeur de b par
Jl 71 9^ 'JL. etc
5'— 3= 7' — 3' 9'— 3' 11^— 3'*"'"'
Pareillement si l'on connaît la valeur de c pour le cas de
trois inconnues, on multipliera cette valeur par les facteurs
successifs
on calculera de même la valeur de d par le cas de quatre
inconnues seulement, et on multipliera cette valeur par
9^ II' i3' i5'
^^^=5^'ii'— 7^"i3'— 7'"i5'— 7'' • •
Le calcul de la valeur de a est assujéti à la même règle, car
si on prend cette valeur pour le cas d'une seule inconnue,
et cju'on la multiplie successivement par
3' — i' 5'— I' 7'— i' 9'—!"'
on trouvera la valeur finale de cette quantité'.
La question est donc re'duite à déterminer la valeur de a
dans le cas d'une inconnue, la valeur de b dans le cas de
deux inconnues, celle de c dans le cas de trois inconnues, et
ainsi de suite pour les autres inconnues.
CHAPITRE III. 173
Il est facile de juger, à l'inspection seule des équations et
sans aucun calcul , que les résultats de ces éliminations suc-
cessives doivent être , c> : ■ -.'.i I
a = 1
b =
d
I' 3' 5'
I' 3' 5'
'"— 9"' 3'— 9' 5^—9' 7'— 9' ,;
. /"^- '. / \ ,
Il ne reste qu'à multiplier les quantités précédentes par
les séries des produits qui doivent les compléter et que nous
avons donnés (art. 174)- On aura en conséquence, pour les
valeurs finales, des inconnues a,h,c,d,e,f, etc., les ex-
pressions suivantes : ..,.1 „ o , !
^=1- T^ î-ri v-^ — .■ ^^—■—. — T etc.
o — I 5 — I 7' — 1 g — I" II — V ••(
7 l' 5' 7' Q' II'
I=_j> 5'_3> r;^_3- g=_3- II» — 3' ^
I'
^3
9' "'
1° — 5' 3' — 5' 7' — 5' 9' — 5- II' — 5
I' 3' 5- 9' II
-, etc.
etc.
V-f V-f 5'-7' 9'-7' ii=_7' .
e=-^: 1 2: Zl_. '3-
1-9' 3'-9' 5'-9' 7=-9^ II -9' i3'-9' ^'^•'•
f = '' 3' 5' 7' 9' ! , i3' i5'
•^ I'— n'"3'— ii''5'~ii'*7'~n''9=— lï'' i3'— ii'"i5'— 11'^^^'
174
OU<ï= + 1
THEORIE DE LA CHALEUR.
3.3 5.5 7-7
2.3 ■ 4.6 ' 6.8
etc.
c= +
I . I
I . I
7-7 9-9
etc.
+
2.8 4' lO 6.12
3^_ 7-7 9-9 11"
4-6 2.8 1.13 4- 14 6. i6
i.i 3.3 5.5 9.9 II. II
6.8 4- 10 2.12 2.16 4- 18
i.i 3.3 5.5 7.7 II. II
etc.
t3.i3
etc.
5. i3 i5 . i5
6.20
8.10 6.12 4-^4 2.16 2.20
i.i 3.3 5.5 7.7 9.9
4.22 6.24
ô. iS I.l.IJ I
etc.
etc.
10.12 8.14 6.16 4- li^ 2.20 2.24 4-26 6.28
La quantité - 7; ou le quart de la circonférence équivaut,
suivant le théorème de Wallis, à
2.2 4-4 6-6 8.8 10.10 12.1a i4-i4
1.2 3.5
9.11
1 1 . i3 i3. i5
etc.
Si l'on remarque maintenant quelles sont, dans les valeurs^
de a,b,c,d,e, etc., les facteurs que l'on doit écrire aux
numérateurs et aux dénominateiu^s , pour y compléter la
double série des nombres impairs et des nombres pairs , on
trouvera que les fiicteurs à suppléer sont :
pour b
pour c
pour d
pour e
pour/
3.3
~6~
5^
10
7-7
14
9-9
18
1 1 . II
22
a
1.
et l'on en conclut
i=— 2.
T
2
2
2
5~S
r/=-2. ^
e —
2.
7 ■'•
2
9 ■^'
f—
-2.
2
CHAPITRE III. 175
/
177-
C'est ainsi qu'on est parvenu à effectuer entièrement les
éliminations et à déterminer les coefficients a,h ,c , d , etc.,
de l'équation
I ^=a COS. 0^+ h COS. ?>x-\-c eos. 5 x + r/eos. "j x-\-c cos. 9 x, + etc.
La substitution de ces coefficients, donne l'équation
sui\ante :
Tî
I r, I cr I
:COS.J'" ^ COS. 0} + ^ COS. 0}" - COS. y 7"
H — COS. 0 Y COS. I I r +- etc.
Le second membre est une fonction de 7 , qui ne change
point de valeur quand on donne à la variable >■ une valeur
comprise entre T^et + - 77- Userait aisé de prouver que
cette série est toujours convergente, c'est- à -dire ffue, en
mettant au lieu de j un nombre quelconque, et en pour-
suivant le calcul des coefficients , on approche de plus en
plus d'une valeur fixe, en soite que la différence de cette
valeur à la somme des termes calculés, devient moindre que
toute grandeur assignable. Sans nous arrêter à cette démons-
tration, cjue le lecteur peut suppléer, nous ferons l'emar-
quer que la valeur fixe, dont on approche continuellement,
est - -, si la valeur attribuée à y est comprise entre o et
- -, mais c[u'elle est — -t.^ si y est comprise entre - - et - - ;
car, dans ce second intervalle, chaque terme de la série
change de signe. En général la limite de la série est alterna-
tivement positive et négative ; au reste , la convergence n'est
176 THÉORIE DE LA CHALEUR.
point assez rapide pour procurer une appi^oximation facile ,
mais elle suffit pour la vérité de l'équation.
178.
L'équation
y := COS. ce — t: COS. o X + ^ COS. ù X COS. 'j X + etc. ,
•^ j 5 7
appartient à une ligne qui, ayant x pour abcisse et j pour
ordonnée, est composée de droites séparées dont chacune
est parallèle à l'axe et égale à la demi-circonférence. Ces
parallèles sont placées alternativement au-dessus et au-des-
sous de l'axe, à la distance -; r, et jointes par des perpendicu-
laires qui font elles-mêmes partie de la ligne. Pour se former
une idée exacte de la nature de cette ligne , il faut supposer
que le nombre des termes de la fonction
t:os. X — 5 cos. 3 X + ^ COS. 5 X — etc.
o 5
reçoit d'abord une valeur déterminée. Dans ce derner cas
l'équation
y = cOS X „ COS. 3 X + -z COS. 5 X CtC.
appartient à une ligne courbe qui passe alternativement
au-dessus et au-dessous de l'axe , en le coupant toutes les
fois que l'abcisse x devient égale à l'une des quantités
o, ±- :t,± -77, ±-t7. etc.,
a mesure que le nombre des termes de l'équation augmente,
la courbe dont il s'agit tend de plus en plus à se confondre
avec la ligne précédente, composée de droites parallèles et
CHAPITRE III. inr
J J
de droites pei'pendiculaires; on sorte que cotte ligne est la
limite des diff'éiTutes courbes que l'on obtiendrait en
augmentant successivement le nombre des termes.
SECTION III.
Remarques sur ces séries.
On peut envisager ces mêmes équations sous un autre
point de vue, et démontrer immédiatement l'équation
T. \ ry X >- \ I
-^cos.o; — ttCos. ox 4-ïCOs. d j? cos. n x +-cos.f).r — etc.
Le cas ou x est nulle se vérifie par la série de Léibnitz ,
r 1 I I I
7=1 — ^ + -F 1 etc.
4 3579
Ensuite on supposera que le nombre des termes de la série
cos. X — ;ï cos. "i X + ^ cos. Sx cos. n X + etc.
0 ô 7
au lieu d être infini est déterminé et égal à m. On considé-
rera la valeur de cette suite finie comme une fonction de x
et de m. On réduira la valeur de la fonction en une série
cyxlonnée suivant les puissances négatives de m; et Ion
reconnaîtra que cette valeur approche d'autant plus d'être
constante et indépendante de x , que m est un plus grand
nombre.
Soit y la fonction cherchée qui est donnée par l'équation ;
y=.cos,.x — iiCos.ôx+ pcos. ox cos. n x + ....-\ cos. 2.111 — ix
'' 6 5 7 2 /M — 1
23
178 THÉORIE DE LA CHALEUR.
le nombre m des termes étant supposé pair. Cette équation
différenciée par rapport à x, donne
-^ z=: sin. X — sin. ?> x + sin. 'Sx — sin. 'j x . . . .
dx
+ sin. 2 m — i.x — sin. 1111 — \.x\
en multipliant par 2 sin. 1 x , on a
— 2 -;- sin. 2 a? =r 2 sin. x . sin. 2.,x — 2 sin. 3 x . sin. 2 x
dx
+ 2 sin. 5 a?.sin. o. x . . . + ù. sin. 2 m — "à x sin. 2 cr
— 2 sni. 2 7?? — I a-.sni 2 a?.
Chaque terme du second membre étant remplacé par la dif-
férence de deux cosinus , on en conclura :
— 2 -r- sin. 2.x-= COS. ( — x) — COS. 3 x
COS. X + COS. 5 X
+ COS. 3 X — COS. 7 X
■ — COS. 5 X+ COS. 9 X
+ COS. 7 X — COS. 1 1 X
+ COS.2 7?i Sx COS.2 7?i I
X
COS. 2/71 3^ + COS.2W + IX.
Le second membre se réduitàcos. 2 m+ r x — cos. 2.111 — ix
ou — 2 sin. 2 7?i .r.sin. x; donc
2^ V COS. X J
CHAPITRE III. i^c,
i8o.
On intégrera le second membre par parties, en distin-
guant dans l'intégrale le facteur sin. iinx .dx , qui doit être
intégré successivement , et le facteur ou sec. x que Ion
" COS. X 1
doit différencier successivement; désignant les résultats de
ces différenciations par sec' x , sec." x , sec."' x,. . . etc., on
I
aura 2 r = const. cos. imx . sec. x
"^ 2 m , .
I • il II
+ sin. 2. m X sec x — - cos. 2 m x sec. x + etc.
1 .m 1 . »i
ainsi la valeur de j ou
cos. X — ôCos. oa-h-cos. t)x cos. "0;...+-^ coi.im — \x,
O 3 1 ' 2 7« — I '
qui est une fonction de x et m , se trouve exprimée par une
série infinie; et il est manifeste que plus le nombre m aug-
mente, plus la valeur de y approche de celle de la con-
stante. C'est pourquoi, lorsque le nombre m est infini, la
fonction y a une valeur déterminée qui est toujours la
même, quelle que soit la valeur positive de x, moindre
fjue - -JT. Or, si l'on suppose l'arc x nul, on a
I I I 1 ,
r=i — ^ +^ 1 etc.,
- 3 D - 9
qui équivaut à - t:. Donc on aura généralement 7 tt = cos. x
4 ■ ° ^4
I I
- cos. 70;+-
7 ^ 9
5 cos. 3.r + ^ cos. 5 a; cos. 70;+- cos. i^x — etc. {b).
a3.
[8o THEORIE DE LA CHALEUR.
i8i.
Si dans cette équation on suppose o?^- • - on trouvera
ir iiiiiii
-77-, = I +Q K 1 1 5 K-+- • ' • etc.
2V 0579111015
*^
En donnant à l'arc x d'autres valeurs particulières, on trou-
veia d'autres séries, qu'il est inutile de rapporter, et dont
plusieurs ont déjà été pul^liéts dans les ouvrages d'Euler.
Si on multiplie l'équation (Z») par d x, et que l'on intègre,
on aura
-, = sin. X — ,jr sin. 3 x + — sin. 5 x ,sin. n x -h etc.
En faisant dans cette dernière équation ^ :=: ^ t: , on trouve
I , I I I I ^
:st^=i+-t: + — + —+- + etc.,
8 5' o' 7 9
série déjà connue. On pourrait énumérer à l'infini ces cas
particuliers; mais il convient mieux à l'objet de cet ouvrage
de déterminer, en suivant le même procédé, les valeurs
de diverses séries formées de sinus ou de cosinus, d'arcs
multiples.
182.
Soit r = sin. x sin. 2. x + tj sin. 3x — - sin. A x.. . .
•^ 2 o 4
I
H Sin. ni — IX sm. ni x ,
m — I m '
m étant un nombre pair quelconque. On tire de cette équation
-r^ = cos. X — COS. 2. X ■+■ COS. 3 X — COS. Ax
+ COS. 771 IX COS. 171 X ;
CHAPITRE Ilf. i8i
multipliant par 2 sin. x, et remplaçant chaque terme du
second membre par la différence de deux sinus, on auia :
2.sm. x-f^=sin.a-{-x — sui.^' — x
(ta;
sm. li a; + x + sni. 2 x — x
4- sin. d X + X — sin. 3 x — x
+sin. (/;<! — I X — x) — sin. (»^ + i x — x)
— sin. (^jiix + x) -f-sin. (mx — x);
et, en réduisant
* d Y *
2. sni, a" y- = sm. X + sin. m x — sin. (m x + x)^
la quantité sin. mx — sin. {inx+x) ousin. {mx+ - x — -x)
.. . — ^\xi.{nix-\- - X + - X)
^ ■2. 1 '
équivaut à — 2 sin - :c . cos. {^mx-\- ~x)\ on a donc ;
. , sin. - X
a y X 2
COS. {^inx + - x^^
, COS. (jnx -\ — x)
OU -f-=z ;
ax 2 I '
2 COS. - X
2
on en conclut
COS. {m X + - x)
y = \ x—Jdx.
I
2. COS. - V*;
2
COS. - X,
182 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Si l'on intègre par parties, en distinguant le facteur
ou sec. - X, qui doit être successivement différencié, et le
facteur cos. {m x + ^- x) que l'on intégrera plusieurs fois de
suite , on formera une série dans laquelle les puissances de
m + - entrent aux dénominateurs. Quant à la constante, elle
2
est nulle , parce que la valeur de y commence avec celle de x.
Il suit de là que la valeur de la suite finie
sin. X sin. 2 jr + Tjsin. Zx — -p sin. 5 a; 4- - sin. nx... sin. m x,
a 0 5 'j ' m
diffère extrêmement peu de - x , lorsque le nombre des
tei'mes est très-grand , et si ce nombre est infini, on à l'équa-
tion déjà connue
I . I- I.o !■/ \ ■ f
- a;=sni. X sni. ix-v ôSni. ox — -, sni. L^x + psni. bx — etc.
2 2 o 45
On pourrait ainsi déduire de cette dernière série, celle que
nous avons donnée plus haut pour la valeur de - tt.
i83.
Soit maintenant r = - cos. 2 a' — - cos. 4-^ + ^ cos. 6 x.,..
1
I I
H cos. 2 m — 2 X cos. 2 m x.
% m — 2 im
Différenciant, multipliant par 2 sin. 2 a, substituant les dif-
férences de cosinus et réduisant , on aura :
d Y sin. 7. in-\- \ X
2 j=- = — tang. X H
ax o COS. X
CHAPITRE III. i83
OU 2. y = c — J a X tang. x -\- J a x .
COS. .r
intégrant par parties le dernier terme du second membre, et
supposant /;/ infini , on a j- := c + - log. cos. x. Si dans
1 équation
7- :=: - COS. 2 0? -CQ?,.\x + 7, COS. 6x ^ COS. 8^ + . . . CtC.
on suppose x nulle, on trouve ;
j=. ^ -^ + |- ;. + ... etc. =^log. .9.;
donc y = - log. 2 + - log. cos. x. On parvient ainsi à la
série donnée par Euler : . •
log:. (2 cos. - ^) = cos. X cos. 2 0;+ 5 cos. Zx — -cos.4.i" + etc.
0^2' 2 o 4
184.
En appliquant le même procédé à l'équation
I . o I . ;^ I .
Y = sin. X -\- ^ sin. a jc + p sni. ^ x -\- - sm. ^ x + etc. ,
-' i> 5 r- / '
on trouvera la série suivante, c[ui n'avait pas été i^emar-
quée ,
I . I.o I.- I. I.
-■::=sni..r + jsni. o>r+ 7; sin. o j:+ -sm. n x-\- - sm. na -f-ctc.
4 ^ 5 7 9'
Il faut observer à l'égard de toutes ces séries, que les
équations qui en sont formées n'ont lieu que lorsque la
variable x est comprise entre certaines limites. C'est ainsi
que la fonction
i84 THÉORIE DE LA CHALEUR.
COS. X — .7 COS. o x + ^ COS. ox COS. n X + etc.
•> 5 7
n'est équivalente à -^ r, que si la variable œ est contenue
entre les limites que nous avons assignées. Il en est de même
de la série
sin. œ sin. 2.x + ^ sin. 3x — -. sin.4'2?+ ^sin. 5x — etc.
Cette suite infinie, qui est toujours convergente, donne la
valeur - x toutes les fois que l'arc x est plus grand que o,
et moindre c[ue tt. Mais elle n'équivaut plus a ~ x, si l'arc
surpasse 7:; elle a au contraire des valeurs très -différentes
de - X ; car il est évident que dans l'intervalle de x=-:: a.
a; = 2 r, la fonction reprend avec le signe contraire toutes les
valeurs qu'elle avait eues dans l'intervalle précédent, depuis
^=0, jusqu'à x=:t-. Cette série est connue depuis long-
temps, mais l'analyse qui a servi à la découvrir n'indique
pas pourquoi le résultat cesse d'avoir lieu lorsque la variable
surpasse tt.
Il faut donc examiner attentivement la méthode que nous
venons d'employer et y chercher l'oiigine de cette limitation,
à laquelle les séries trigonométriques sont assujéties.
i85.
Pour y parvenir, il suffit de considérer que les valeurs
exprimées par les suites infinies, ne sont connues, avec une
entière certitude, que dans les cas où l'on peut assigner les
limites de là somme des termes qui les complètent; il faut
CHAPITRE II. i85
donc supposer qu'on emploie les premiers termes seule-
ment de ces suites et trouver les limites entre lesquelles le
reste est compiis.
Nous appliquerons cette remarque à 1 équation
I o I r I COS. 1 >n — Zx
r=cos. ce — :; COS. ôx + pcos. OA' cos. 7.r... + — ::;
"^ 5 5 7 ' 2 «2 i
COS. 2 m — I X
im — I
le nombre des termes est pair et représente par m; on en
d'j V 1^ ' i- d }■ s\n. 7.111 X r ^ r ^
eduit cette équation 2 -f- ^ ■> ci ou Ion peut
A dx COS. X 1
tirer la valeur de j, en intégrant par parties. Or, l'intégrale
f u .V d X peut être résolue en une série composée d'autant
de termes qu'on le voudra ^ u €t v étant des fonctions
de X. On peut écrire, par exemple :
fu.v dx=c+u/ vdx — -j—fdxf v dx + -j-^ fdxfdxf'vdx
~f^^{7S)fdxfdxf'vdx),
équation qui se vérifie d'elle-même par la différentiation.
En désignant sin. i mx par v et sec. x par u, on trouvera
I I , .
2 y =z c sec. .r COS. imx -\ — : — - sec. x sm. a m x
\i r* / 1 S6C. X
sec. X COS. 1 m X — / ( « -^ — r- cos. 2 mx
sec." X
l86.
Il s'agit maintenant de connaître les limites entre lesquelles
est comprise l'intégrale ~ — 5- /(«^ (sec") cos. 2mx) qui com-
i86 THEORIE DE LA CHALEUR.
plète la suite. Pour former cette intégrale il faudrait donner
à l'arc X une infinité de valeurs, depuis o, terme oii l'inté-
grale commence, jusqu'à x, qui est la valeur finale de l'arc,
déterminer pour chacune des valeurs de oc celles de la diffé-
rentielle d (sec." a?), et celle du facteur cos. inix , et ajouter
tous les produits partiels : or le facteur variable cos. ^ m x
est nécessairement une fraction positive ou négative : par
conséquent l'intégrale se compose de la somme des valeurs
variables de la différentielle d (sec." x)^ multipliées respec-
tivement par des fractions. La valeur totale de cette inté-
grale est donc moindi'e que la somme des différentielles
d (sec.":r), prises depuis .r = o jusqu'à x , et elle est plus
grande que cette même somme prise négativement : car,
dans le premier cas, on remplace le facteur variable cos. imx
par la quantité constante i , et dans le second cas on
remplace ce facteur par — i : or cette somme des différen-
tielles d (sec", ir), ou ce qui est la même chose, l'intégrale
f d (sec." x), prise depuis x=o, est sec. .r — sec." o;sec."^'
est une certaine fonction de x, et sec." o est la valeur de cette
ibnction, prise en supposant l'arc x nul.
L'intégi'ale cherchée est donc comprise entre
+ ( sec." a; — sec." o) et-^— (sec."x — sec."o);
c'est-à-dire, qu'en représentant par k une fraction inconnue
positive ou négative, on aura toujours
/ {d [ sec." X ) COS. a. m x) = k ( sec." x — sec.'' o ).
On parvient ainsi à l'équation
CHAPITRE IL 187
2 Y= c sec. X COS. 2. ni X -{ — - — - • sec. x sin. ^ ni x
H — 5 — 5 sec." X COS. 2 ni x ^• -^ — rfsec." x — sec." o),
dans laquelle la quantité -:; ( sec." x — sec." o) exprime
ex:ictement la somme de tous les derniers termes de la série
infinie. ,
187.
Si l'on eût cherché deux termes seulement, on aurait eu
l'équati
on
I I , .
2 y=: c sec. X cos. sinix + ■ — ■ sec. x sni. 2 in x
'' a ni '± lu
-\ — :; — - (sec' a;' — sec.'o).
Il résulte de là que l'on peut développer la valeur de j en
autant de termes que l'on voudra, et expi'imer exactement
le reste de la série; on trouve ainsi cette suite d'équations :
2 Y=^c sec. x COS. 2 ni x — — , (sec. x — sec. o )
I I , .
2,y=c sec. .-rcos. 2/?ixH- -; — ;sec. x sui. 2/«a;
■^ nui 2 iiL'
H — ; — L ( sec. X — sec. o ).
1 1 , .
2 r =:= C sec. X cos. 2. m x -\ — ; — - sec. x sm. 2 m x
•^ 2 m 2 m
-{ — ; — . sec." X cos. 2 m x + -, -, f sec' x — sec." o ).
1 . ,
Le nombre K qui entre dans ces équations n'est pas le même
pour toutes , et il représente dans chacune une certaine
24.
i88 THÉORIE DE LA CHALEUR.
quantité qui est toujours comprise entre i et — i .m est
égal au nombre des termes de la suite
COS. X — rrcos. '5x + ^cos.5x. . . COS. ^m — ix.
dont la somme est désignée par j.
i88.
On ferait usage de ces équations, si le nombre m était
donné, et quelque grand que fût ce nombre, on pourrait
déterminer aussi exactement qu'on voudrait, la partie va-
riable de la valeur de j. Si le nombre /?? est infini, comme on
le suppose, on considérera la première équation seulement;
et il est manifeste que les deux termes qui suivent la con-
stante, deviennent de plus en plus petits; en sorte que 2. y
a dans ce cas pour valeur exacte la constante c ; on déter-
mine cette constante en supposant x=o dans la valeur de
y, et l'on en conclut
-=cos. a; — o cos.3.r + pcos. 5x cos. 70;+ -cos.qo^ — etc.
4 3 5 7 '^ 9 ^
Il est facile de voir maintenant que le résultat a néces-
sairement lieu, si l'arc x est moindre que - tt. En effet, attri-
buant à cet arc une valeur déterminée X aussi voisine de
-77 qu'on voudra le supposer, on pourra toujours donner à
m une valeur si grande, que le terme — (sec. x — sec. o)
qui complète la série , devienne moindre qu'une quantité
quelconque ; mais l'exactitude de cette conclusion est fondée
sur ce que le terme sec. x n'acquiert point une valeur qui
CHAPITRE II. 189
excède toutes les limites possibles, d'où il suit que le même
raisonnement ne peut s'appliquer au cas où l'arc x n'est pas
moindre que - 77.
On fera usage de la même analyse pour les se'ries qui
expriment les valeurs de - r, log. cos. .r, et l'on pourra dis-
tinguer par ce moyen les limites entre lesquelles la variable
doit être comprise, pour que le résultat du calcul soit exempt
de toute incertitude; au reste, ces mêmes questions seront
traitées ailleurs par une méthode l'ondée sur d'autres prin-
cipes.
• . 189. '
L'expression de la loi des températures fixes, dans une
lame solide, suppose la connaissance de l'équation
■:: loir' i
--r=cos.T — tCos. o .r+ ^cos. Dx cos. 7^+ - cos.na: — etc.
4 ^ 3 7 ' 9 ^
Voici le moyen le plus simple d'obtenir cette équation :
Si la somme de deux arcs équivaut au quart de la circon-
férence - 77, le produit de leurs tangentes est i , on a donc en
général - tt = arc . tang. u + arc . tang. - (c) ; le signe arc.tang. it
indique la longueur de l'arc dont la tangente est k , et l'on
connaît depuis long-temps la série qui donne la valeur de
cet arc ; on aura donc le résultat suivant :
ô.lir;.
tgo THÉORIE DE LA CHALEUR.
si maintenant on écrit e ^ ^~ ' au lieu de u clans l'e'qua-
tioji (c) et dans 1 équation {cV) on aura :
\ T. =arc.tang. e^'^~ ' + arc.tang. e ~~ ^^~~ ^
et -,-^ = cos.a: — *cos.3j; + |cos.5a7 — -cos. 70; + ^005.90; — etc.
la série de l'équation {d) est toujours divergente, et celle de
l'équation (b) est toujours convergente; sa valeur est ^ ^ o"
I
SECTION^ VL
Solution générale.
190.
On peut maintenant former la solution complète de la
question que nous nous sommes proposée ; car les coeffi-
cients de l'équation (b) (art. i()8) étant déteruiinés, il ne
reste plus qu'à les substituer, et l'on aura :
-— = e cos. j — :t e COS. a j + ^ e cos. o jr
e ^ cos.jy+e ^ cos. 9 j+ etc. (a).
/~i 1 1 . f, . . 1, ' • d^ V d'' V 111
Cette valeur de v satisiait a 1 équation — - + -, -= o ; elle de-
1 dx^ df
vient nulle lorsqu'on donne à 7 une valeur égale à -tc ou — -;
enfui , elle équivaut à l'unité , toutes les fois <jue x étant
CHAPITRE II. 19c
nulle , y est comprise entre — - - et 4- - r. Ainsi toutes les
conditions physiques de la question sont exactement rem-
plies, et il est certain que, si l'on donnait à chaque point de
la lame la température que l'équation (a) détermine , et en
même temps si l'on entretenait la base A à la température i ,
et les arêtes infinies B et C à la température o , il serait
impossible qu'il survînt aucun changement dans le système
des températures. . , ,
191.
Le second membre de l'équation (a) étant réduit en une
série extrêmement convergente , il est toujours facile de
•déterminer en nombre la température d un point dont les
coordonnées j: et y sont connues. Cette solution donne lieu
à diverses conséquences qu'il est nécessaire de remarcjuer ,
parce qu'elles appartiennent aussi à la théorie générale.
Si le point 7îi , dont on considère la température fixe, est
très -éloigné de l'origine A, le second membre de l'équa-
tion (a) aura pour valeur extrêmement approchée , e cos. } v
il se réduit à ce premier terme , si x est infinie.
L'équation r>= - e cos. j^représente aussi un état du so-
lide qui se conserverai t sans aucun changement, s'il était d'abord
foimé ; il en serait de même de l'état exprimé par l'équation
D = ^- e • cos. 3 y, et en général chaque terme de la sé-
rie correspond à un état particulier qui jouit de la même pro-
priété. Tous ces systèmes partiels existent à-la-f'ois dans celui
que représente l'équation (a) ; ils se superposent , et le mouve-
ment de la chaleur a lieu pour chacun d'eux de la même
192 THEORIE DE LA CHALEUR.
manière que s'il e'tait seul. Dans l'état qui re'pond à l'un
quelconque de ces termes , les températures fixes des points
de la base A diffèrent d'un point à un autre, et c'est la seule
condition de la question cjui ne soit pas remplie ; mais l'état
général qui résulte de la somme de tous les termes satisfait
à cette même condition.
A mesure que le point dont on considère la température
est plus éloigné de l'origine, le mouvement de la chaleur
est moins composé : car, si la distance x a une valeur assez
grande, chaque terme de la série est fort petit, par rapport
au précédent, de sorte que l'état de la lame échauffée est
sensiblement représenté par les trois premiers termes, ou
par les deux premiers, ou par le premier seulement, pour
les parties de cette lame qui sont de plus en plus éloignées
de l'origine.
La surface courbe , dont l'ordonnée verticale mesure la
température fixe v , se forme en ajoutant les ordonnées
d'une multitude de surfaces particulières, qui ont pour
équations
TZV, X TZV, I Zx o'Tî'i 5^ r
——. = e cos.j)',— ;— = — ^e. cos.of,—j-=e cos. 5/ etc.
La première de celles-ci se confond avec la surface générale,
lorsque x est infinie, et elles ont une nappe asymptotique
commune.
Si la différence v — v, de leurs ordonnées est considérée
comme l'ordonnée d'une surface courbe , cette surface se
confondra lorsque x est infinie, avec celle dont l'équation est
-T X a», = — ^ e COS. 3 j. Tous les autres termes de la
série donnent une conclusion semblable.
CHAPITRE ni. 193
On trouverait encore les mêmes re'sultats si la section , à
l'origine, au lieu d'être terminée comme dans l'hypothèse
actuelle par une droite parallèle à l'axe des j, avait une figure
quelconque formée de deux parties symétriques. On voit
donc que les valeurs particulières
a e COS. y, h c cos. Z y, ce cos. 5 j, etc.
prennent leur origine dans la question physique elle-même,
et ont une relation nécessaire avec les phénomènes de la
chaleur. Chacun d'eux exprime un mode simple suivant le
quel la chaleur s'établit et se propage dans une lame rec-
tangulaire , dont les côtés infinis conservent une température
constante. Le système général des températures se compose
toujours d'une multitude de systèmes simples, et l'expres-
sion de leur somme n'a d'arbitraire que les coefficients
a, h, c, d, etc.
192.
On peut employer l'équation (a) pour déterminer toutes les
circonstances du mouvement permanent de la chaleur dans
une lame rectangulaire échauffée à son origine. Si Ion
demande, par exemple, cjuelle est la dépense de la source
de chaleur, c'est- tà-dire , quelle est la quantité qui, pendant
un temps donné, pénètre à travers la base A et remplace
celle qui s'écoule dans les masses froides BetC;il faut con-
sidérer que le flux perpendiculaire à l'axe des y a pour
expression — k -j-- la quantité qui , pendant l'instant d t
s'écoule à travers une particule d y de l'axe, est donc
25
^k%dydt;
194 THÉORIE DE LA CHALEUR.
et, comme les tempe'ratures sont permanentes, le produit du
flux, pendant l'unité de temps, est — k j^^y. On intégrera
cette expression entre les Inmtes y = 7:et j= + - r,
afin de connaître la quantité totale qui traverse la base, ou,
ce qui est la même chose, on inte'grera depuis j=o jusqu'à
j == - ,7, et l'on prendra le double de la somme. La quantité
-T^ est une fonction de x et y, dans laquelle on doit faire
:r = o, afin que le calcul se rapporte à la base A, qui coïn-
cide avec l'axe des y. La dépense de la source de chaleur a
donc pour expression 2 / ( — ^' ;7~ " ^J ) • L'intégrale doit
être prise depuis y = o jusqu'à j- = ^ tt ; si dans la
fonction y— on ne suppose point ,r = o, mais x = x^ l'inté-
grale sera une fonction de x qui fera connaître comj^ien il
s'écoule de chaleur pendant l'unité de temps à travers une
arête transversale placée à la distance x de l'origine.
193.
Si l'on veut connaître la quantité de chaleur qui , pendant
l'unité de temps, pénètre au-delà d'une ligne tracée sur la
lame parallèlement aux arêtes B et C , on se servira de
l'expression — k -7—, et, la multipliant par l'élément dx delà
ligne tracée , on intégrera par rapport à x entre les termes
donnés de la ligne; ainsi l'intégrale / i — k~j--dx j fera
connaître combien il s'écoule de chaleur à travers toute
CHAPITRE III. 193
l'étendue de la ligne ; et si avant ou après l'intégration on
fait 7 ^ - TT , on connaîtra la quantité de chaleur qui , pen-
tlant l'unité de temps , sort de la lame en traversant l'arête
infinie C. On pourra ensuite comparer cette dernière quan-
tité à la dépense de la source de chaleur ; car il est néces-
saire que le foyer supplée continuellement la chaleur qui
s'écoule dans les masses B et C. Si cette compensation n'avait
pas lieu à chaque instant, le système des températures serait
vai-iable.
L'équation (a) donne
Ï94-
Kd V 4K/ — X — Zx o — 5^ r
-r- ^^ -^[ e • COS. j — e COS. oj+e cos.oy
• \ ■ — e ^^ COS. 7j+etc. j
multipliant par dj-, intégrant depuis _}-=o, on a
4 K / — X . l — Zx ■ o I — 3^ . r
— le sni.j — 7T e sui.oy+^e "" ^
sm. oy
I — nx . \
- e ^ sni. y 7+ etc. ]•
Si l'on fait j-^:- -, et si l'on double l'intégrale, on trouvera:
8K/ — X I — Z x I — 5.r 1 — n X A
e +ôe +^e +-e^+ etc.
71 V >> 3 7 -J
pour l'expression de la quantité de chaleur qui, pendant
l'unité de temps, traverse une ligne parallèle à la base et
dont la distance à cette base est x.
25.
196 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On déduit aussi de l'équation (a)
— K^=-^fe sin-J — e sm. 3j + e sin. b j
— e ^^ sin. 7 /+ • ) ;
donc l'intégraley — KT j^ j dx^ prise depuis
4K /, — X. ■ , — 'ix^ . Q
x^^ot&X- — f(i — e jsin.jK — (i — ^ ) sni. 0 j
+ (i — e ) sin. 5 j — (i — e ' )sm. yj+etc. J
Si l'on retranche cette quantité de la valeur qu'elle prend
lorsqu'on y fait x infinie, on trouvei^a :
4K/ — X . I — Zx . o I — 5.r ■ t- ^ \
— (e sin.j^ — ^e sni.oj + ^e sm. oj — etc. ),
et, en faisant j=- ir, on aura l'expression de la quantité
totale de chaleur qui traverse l'arête infinie C, depuis le
point dont la distance à l'origine est x , jusqu'à l'extrémité
de la lame: cette quantité est
4K/ — X I — Zx I — ^x I — nx ^ \
— y^ +3^ +5^ +7^ +etc.J;
on voit qu'elle équivaut à la moitié de celle qui pénètre pen-
dant le même temps au-delà de la ligne transversale tracée
sur la lame à la distance x de l'origine. Nous avons déjà
remarqué que ce résultat est une conséquence nécessaire des
conditions de la question; s'il n'avait pas lieu, la partie de la
lame qui est placée au-delà de la ligne transversale et se pro-
CHAPITRE III. 197
longe à l'infini, ne recevrait point par ses bases une quantité
de chaleur e'gale à celle qu'elle perd par ses deux arêtes,
elle ne pourrait donc point conserver son état, ce qui est
contraire à l'hypothèse.
195.
Quant à la dépense de la source de chaleur, on la trouve
en supposant ^=0 dans l'expression précédente; elle acquiert
par-là une valeur infinie, et l'on en connaîtra la raison si l'on
remarque que, d'après l'hypothèse, tous les points de la ligne
A ont et conservent la température i ; les lignes parallèles
qui sont très-voisines de cette base ont aussi une température
extrêmement peu différente de l'unité ; donc les extrémités
de toutes ces lignes qui sont contiguës aux masses froides B
et C leur communiquent une quantité de chaleur incompa-
rablement plus grande que si le décroissement de la tempé-
rature était continu et insensible. Il existe dans cette pi-e-
mièi'e partie de la lame , aux extrémités voisines de B ou de
C , une cataracte de chaleur ou un flux infini. Ce résultat
cesse d'avoir lieu lorsque la distance x reçoit une valeur ap-
préciable. -
On a désigné par t la longueur de la base. Si on lui attribue
une valeur quelconque 2 l, il faudra éci'ire, au lieu de y,
- r. ^ , et multipliant aussi les valeurs de x par ~, on écrira
- t: -j au lieu de x. Désignant par A la température constante
de la base, on remplacera v par -r. Ces substitutions étant
faites dans l'équation (a) on a
2
198 THÉORIE DE LA CHALEUR.
— - e ' ^/ . COS. 7 ^^7 + etc. J ( B).
Cette équation repre'sente exactement le système des tempé-
ratures permanentes dans un prisme rectangulaire infini,
compi'is entre deux masses de glace B et C , et une source de
chaleur constante.
197-
Il est facile de voir, soit au moyen de cette équation , soit
d'après l'art. 171 , que la chaleur se propage dans ce solide,
en s'éloignant de plus en plus de l'origine, en même temps
qu'elle se dirige vers les faces infinies B et C. Chaque section
parallèle à celle de la l)ase est traversée par une onde de
chaleur qui se renouvelle à chaque instant , et conserve la
même intensité : cette intensité est d'autant moindre, que la
section est plus distante de l'origine. Il s'opère un mouve-
ment semblable, par rapport à un plan quelconque parallèle
aux faces infinies; chacun de ces plans est traversé par une
onde constante qui porte sa chaleur aux masses latérales.
Nous aurions regardé comme inutiles les développements
contenus dans les articles précédents, si nous n'avions point
à exposer une théorie entièrement nouvelle, dont il est né-
cessaire de fixer les principes. C'est dans cette même vue que
nous ajouterons les remarques suivantes.
198.
Chacun des termes de l'équation (a) correspond à un seul
système particulier de températures , qui pourrait subsister
dans une lame rectangulaire échauffée par son extrémité , et
CHAPITRE III. 199
dont les arrêtes infinies sont retenues à une température
constante. Ainsi l'équation v =e cos. y représente les
températures permanentes, lorsque les points de la base A
sont assujétis à une température fixe, désignée par cos.j. On
peut concevoir maintenant que la lame échauffée fait partie
du plan qui se prolonge à l'infini dans tous les sens, et en
désignant par x et > les coordonnées d'un point quelconque
de ce plan, et par v, la température du même point, on
appliquera au plan tout entier l'équation a» = e cos. y;
par ce moyen , les arêtes B et C auront la température con-
stante o ; mais il n'en sera pas de même des parties contigués
BB et ce ; elles recevront et conserveront une température
moindre. La base A aura dans tous ses points la température
permanente, désignée «par cos. j-, et les parties contigués AA
auront une température plus élevée.
Si l on construit la surface courbe dont l'ordonnée verti-
cale équivaut à la température permanente de chaque point
du plan , et si on le coupe par un plan vertical passant par
la ligne A, ou pai^allèle à cette ligne, la figure de la section
sera celle d'une ligne trigonométrique dont l'ordonnée re-
présente la suite infinie et périodique des cosinus. Si l'on
coupe cette même surface courbe par un plan vertical paral-
lèle à l'axe des x^ la figure de la section sera dans toute son
étendue celle d'une courbe logarithmique.
On voit par-là de cjuelle manière le calcul satisfait aux
deux conditions de l'hypothèse, qui assujétissent la ligne à
une température égale à cos. y, et les deux cotés B et C à la
température o. Lorsqu'on exprime ces deux conditions, on
200 THEORIE DE LA CHALEUR.
résout en effet la question suivante : Si la lame e'chauffe'e
faisait partie d'un plan infini, quelles devraient être les tem-
pératures de tous les points de ce plan , pour que le système
fût de lui-même permanent, et que les températures fixes
des côtés du rectangle infini fussent celles qui sont données
par l'hypothèse?
Nous avons supposé précédemment que des causes exte'-
ineures cjuelconques retenaient les faces du solide rectan-
gulaire infini, l'une à la température i, et les deux autres à
la température o. On peut se représenter cet effet de diffé-
rentes manières; mais l'hypothèse propre au calcul, consiste
à regarder le prisme comme une partie d'un solide dont
toutes les dimensions sont infinies, et à déterminer les tem-
pératures de la masse qui l'environne, en sorte cjue les con-
ditions relatives à la surface soient toujours observées.
200.
Pour connaître le système des températures permanentes
dans une lame rectangulaire dont l'extrémité A est entretenue
à la température i , et les deux arêtes infinies à la tempé-
rature o, on pourrait considérer les changements que subis-
sent les températures , depuis l'état initial qui est donné
jusqu'à l'état fixe qui est l'objet de la question. On détermi-
nerait ainsi l'état variable du solide pour toutes les valeurs
du temps, et l'on supposerait ensuite cette valeur infinie.
La méthode que nous avons suivie est différente, et con-
duit plus immédiatement à l'expression de l'état final, parce
qu'elle est fondée sur une propriété distinctive de cet état.
On va prouver maintenant que la question n'admet aucune
autre solution que celle que nous avons rapportée. Cette
démonstration résulte des propositions suivantes.
CHAPITRE m. 20I
20 1.
Si Ion donne à tous les points d'une laine rectangulaire
infinie les températures exprimées par l'équation (a), et si
l'on conserve aux deux arêtes B et C la température fixe o
pendant cjue l'extrémité A est exposée à une source de
chaleur cjui retient tous les points de la ligne A à la tempé-
rature fixe I ; il ne pourra survenir aucun changement dans
l'état du solide. En effet, l'équation -^ + — ^==0 étant satis-
faite, il est manifeste que la cjuantité de chaleur qui déter-
mine la température de chaque molécule ne pourra être ni
augmentée ni diminuée.
Supposons les différents points du même solide ayant
reçu les températui'es exprimées par l'équation (a) ou
v = f^ {a:,j-), qu'au lieu de retenir l'arête A à la tempéra-
ture I , on lui donne ainsi qu'aux deux lignes B et C la tem-
pérature fixe o; la chaleur contenue dans la lame BAC
s'écoulera à ti'avers les trois arêtes A,B,C, et d'après l'hypo-
thèse elle ne sera point remplacée , en sorte que les tempé-
ratures diminueront continuellement, et cjue leur valeur
finale et commune sera zéro. Cette conséquence est évidente
parce que les points infiniment éloignés de l'origine A ont
une température infiniment petite d'après la manière dont
l'équation (a) a été formée.
Le même effet aurait lieu en sens opposé, si le système
des températui-es était 1; = — ip (.r, j), au lieu d'être
a> = cp (.r, j) ; c'est-à-dire que toutes les températures ini-
tiales négatives varieraient continuellement , et tendraient
de plus en plus vers leur valeur finale o, pendant cjue les
trois arêtes A , B , C conserveraient la température o.
26
202 THEORIE DE LA CHALEUR.
202.
Soit 'v=f{^x,y') une équation donnée qui exprime la
température initiale des points de la lame BAC, dont la
base A est retenue à la température i , pendant que les
arêtes B et C conservent la température o.
Soit 'y=F(.r;, j) une autre équation donnée qui exprime
la température initiale de chaque point d'une lame solide
BAC parfaitement égale à la précédente, mais dont les
trois arêtes B, A, C sont retenues à la température o.
Supposons que tians le premier solide l'état variable qui
succède à l'état initial soit déterminé par l'équation
t désignant le temps écoulé, et que l'équation v=^ {.^ij} 0
détermine l'état variable du second solide, pour lequel les
températures initiales sont '^{^x,y').
Enfin , supposons un troisième solide égal à chacun des
deux précédents; soit v ^f [^x , y^ -\- F(j',j-) l'équation qui
l'eprésente son état initial,' et soient i la température con-
stante de la base A, o et o celles des deux arêtes B et C.
On va démontrer que l'état variable du troisième solide
sera déterminé par l'équation i> = ^(j;;, j, t)-\-<^{^x ,y, t).
En effet, la température d'un point m du troisième solide
varie, parce que cette molécule, dont M désignera le volume,
acquiert ou perd une certaine quantité de chaleur A. L'ac-
croissement de la température pendant l'instant
dt est — — dt,
c .m.
le coefficient c désignant la capacité spécifique rapportée au
CHAPITRE m. 2o3
volume. La variation de la température du même point,
dans le premier solide, sera — rr dt , et elle sera — ^^ dt
dans le second , les lettres d et H repi^îsentant la quantité
de chaleur positive ou négative que la molécule acquiert en
vertu de l'action de toutes les molécules voisines. Oi- il est
facile de reconnaîti^e que A équivaut à<f+D. Pour s'en con-
vaincre il suffit de considérer la quantité de chaleur que le
point in reçoit d'un autre point m' appartenant à l'intérieur
de la lame, ou aux arêtes qui la limitent.
Le point /// , , dont la température initiale est désignée par/; ,
transmettra, pendant l'instant dt, à la molécule m, une quan-
tité de chaleur exprimée par q,{f, — f) dt, le facteur q, re-
présentant une certaine fonction de la distance des deux
molécules. Ainsi la quantité totale de chaleur acquise par ni
sera 2 q^ {/, — f)dt, le signe 2 exprimant la somme de tous
les termes que l'on trouverait en considérant les autres points
7??,, m^, 771 y etc. qui agissent sur 771; c'est-à-dire, en mettant
^,,y, , ou q^, fi, ou ^4,y^, ainsi de suite, à la place de q,-if-
On ti^ouvera de même 2 ^, (F, — ¥)dt pour l'expression de
la quantité totale de chaleur acquise par le même point 771
du second solide; et le facteur q, est le même que dans le
terme 2 q, {/, — f)dt , puisque les deux solides sont formés
de la même matière, et que la situation des points est la
même; on a donc
^ = 2^.(/.-/)^^etD = 2^. (F.— F)f;?f.
On trouvera par la même raison ' - ^ ^ '> . '
A = 2^.(/ + F,-(/+F))./f; :-;/,.:.
26.
2o4 THEORIE DE LA CHALEUR. .
donc A = rZ+ D et -^ = — ^ + — ^r^- Il suit de là que cha-
c.m c.JVl cm. '
que molécule 771 du troisième solide acquerra, pendant l'ins-
tant df , un accroissement de température égal à la somme
des deux accroissements qui auront lieu pour le même point
dans les deux premiers solides. Donc à la fin du premier
instant, l'hypothèse primitive subsistera encore, puisqu'une
molécule quelconque du troisième solide aura une tempé-
rature égale à la somme de celles qu'elle a dans les deux
autres. Donc cette même relation aura lieu au commence-
ment de chaque instant, c'est-à-dire que l'état variable du
troisième solide sera toujours représenté par l'équation
2o3.
La proposition précédente s'applique à toutes les questions
relatives au mouvement uniforme ou varié de la chaleur.
Elle fait voir que ce mouvement peut toujours être décom-
posé en plusieurs aut^s dont chacun s'accomplit séparément
comme s'il avait lieu seul. Cette superposition des effets sim-
ples, est un des éléments fondamentaux de la théorie de
la chaleur. Elle est exprimée dans le calcul, par la nature
même des équations générales , et tire son origine du principe
de la communication de la chaleur.
Soit maintenant v = (f{œ, y) l'équation (a), qui exprime
l'état permanent de la lame solide BAC, échauffée par son
extrémité A , et dont les arêtes B et C conservent la tempé-
rature I ; l'état initial de cette lame est tel, d'après l'hypo-
thèse, que tous ses points ont une température nulle, excepté
ceux de la base A , dont la température est 1 . Cet état initial
CHAPITRE m. 2o5
pourra donc être considéré comme formé de deux autres ,
savoir : un premier , pour lequel les températures initiales
seraient — <p(^-, }), les trois arêtes étant maintenues à la
température o , et un second état , pour lequel les tempéra-
tures initiales sont + (^(jc, y)^ les deux arêtes B et C con-
servant la température o , et la base A la température i ; la
superposition de ces deux états produit l'état initial qui ré-
sulte de l'hypothèse. Il ne reste donc qu'à examiner le mou-
vement de la chaleur dans chacun des deux états partiels.
Or, pour le second , le système des températures ne peut
svdiir aucun changement; et pour le premier, il a été remaïqué
dans l'article 201 que les températures varient continuelle-
ment , et finissent toutes par êti'e nulles. Donc l'état final ,
proprement dit , est celui que représente 1 équation (a) ou
Si cet état était formé d'abord, il subsisterait de lui-même,
et c'est cette propriété qui nous a servi à le déterminer. Si
l'on suppose la lame solide dans un autre état initial, la dif-
férence entre ce dernier état et l'état fixe forme un état par-
tiel, qui disparaît insensiblement. Après un temps considéra-
ble, cette différence est presque évanouie, et le système des
températures fixes n'a subi aucun changement. C'est ainsi
que les températures variables convergent de plus en plus
vers un état final, indépendant de réchauffement primitif. •
204.
On reconnaît par-là que cet état final est unique; car, si
l'on en concevait un second , la différence entre le second et
le premier formerait un état partiel , qui devrait subsister de
lui-même, quoique les arêtes A,B, C fussent entretenues à
2o6 THEORIE DE LA CHALEUR.
la température o. Or ce dernier effet ne peut avoir lieu : il
n'en serait pas de même si l'on supposait une autre source
de chaleur indépendamment de celle qui s'écoule à l'ori-
gine A : au reste cette hypothèse n'est point celle de la
question que nous avons traitée, et pour laquelle les tem-
pératures initiales sont nulles. Il est manifeste que les
parties très - éloignées de l'origine ne peuvent acquérir
qu'une température extrêmement petite.
Puisque l'état final qu'il fallait déterminer est unique, il
s'ensuit que la question proposée n'admet aucune autre solu-
tion que c( lie cj^ui résulte de l'équation (a). On peut donner
une autre forme à ce même résultat , mais on ne peut ni
étendre, ni restreindre la solution, sans la rendre inexacte.
La méthode que nous avons exposée dans ce chapitre,
consiste à former d'abord des valeurs particulières très-sim-
ples , qui conviennent à la question , et à rendre la solution
plus générale, jusqu'à ce que la fonction "v ou 9 {^yj) satis-
fasse à trois conditions , savoir :
.7^+ <P = ^' (p(^,o)= I, <p (^, ± - t:) = o.
11 est visible que l'on pourrait suivre une marche contraire ,
et la solution que l'on obtiendrait serait nécessairement la
même que la précédente. Nous ne nous arrêterons point à
ces détails, qu'il est facile de suppléer, dès qu'une fois la
solution est connue. Nous donnerons seulement dans la
section suivante une expression remarc[uable de la fonction
ç [x , j)') dont la valeur est développée en série convergente
dans l'équation (aj.
CHAPITRE III. 207
SECTION V.
Expression finie du résultat de la solution.
2o5.
On pourrait déduire la solution précédente de l'intégrale
de l'équation j— ^ + -7— = o , qui contient des quantités
imaginaires, sous le signe des fonctions arbitraires. Nous
nous bornerons ici à faire remarquer que cette intégrale
a une relation manifeste avec la valeur de v donné par l'é-
quation
TZ V —X I — 'h X o I — 5 a' r
— - = e cos.j' — ^e cos. oj"+F^ cos. oj' — etc.
En effet, en remplaçant les cosinus par leurs expressions
imaginaires, on a '
5 5
TT V
La première série est une fonction de x — jl/ — i, et la se-
conde est la même fonction de x + j V^ — i.
En comparant ces séries au développement connu de l'arc
arc.tang. z en fonction de z sa tangente, on voit sur-le-
2o8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
champ que la première est arc . tang e , et que
la seconde est arc. tang. e~ ^^'^^ ~~^ -, ainsi l'équation (a)
prend cette forme finie ,
_ = arc. tang. e ^ -^ ^ + arc. tang. e ^ -^ > [V,)
2 °
C'est de cette manière qu'elle rentre dans l'intégrale générale
■v = rf{x+j]y~l) + ^{x—y\y-^~[) (A);
la fonction 9 [z) est arc.tang. e""", et il en est de même de
la fonction <\i (z).
Si dans l'équation (B) on désigne le premier terme du
second membre par p et le second par q , on aura
:t'y=jD + ^, tang./»=e ^ -^ ^tang. §- = 6
, . tang./) + tane.^ 2 e ^.cos. r 2 cos. y
donc tang. (« + ^) ou — ^-!- = 77^= ^^i
^ ^^ -' ^ 1 — tang. /?. tang. ^ i — c~^'^ e^ e~'
1 ' 1 • i> ' • I ^ / 2 COS. r \ ^ N
on en déduit 1 équation - tt 1'=: arc.tang. ( -^ £7^ j (cj.
C'est la forme la plus simple sur laquelle on puisse présenter
la solution de la question.
206.
Cette valeur de v ou 9 (a, j) satisfait aux conditions
relatives aux extrémités du solide qui sont (p(a;,±^7r) = o
CHAPITRE III. 209
et 9 ( o , j ) = I ; elle satisfait aussi à l'équation générale
-T—^ + ——^=0, puisque l'équation [c] est une transformée
de l'équation (B). Donc elle représente exactement le sys-
tème des températures permanentes ; et comme ce dernier
état est unique, il est impossible qu'il y ait aucune autre
solution , ou plus générale ou plus restreinte.
L'équation (c) fournit , au moyen des tables , la valeur de
l'une des trois indéterminées d , x, y, lorsque les deux
autres sont données ; elle fait connaître très-clairement la
nature de la surface qui a pour ordonnée verticale la tem-
pérature permanente d'un point donné de la lame solide.
Enfin on déduit de cette même équation les valeurs des
coefficients différentiels -7— et -7— qui mesurent la vitesse
dx d Y i
avec laquelle la chaleur s'écoule dans les deux directions
orthogonales ; et l'on connaîtra par conséquent la valeur
du flux dans toute autre direction.
Ces coefficients sont exprimés ainsi
e +e V ^y — ■'
= _2cos.j -j^ _,. ^—asm.j
2 X
e
2 COS. 2^4- e J''dj '" ''^ \e +2cos.2^-f-<î
On remarquera que, dans l'article ig4 la valeur de ^,
et celle de -j^ sont données par des séries infinies dont
il est facile de trouver la somme , en remplaçant les
quantités trigonométriques par des exponentielles imagi-
naires. On obtient ainsi ces mêmes valeurs de ^ et ^ que
nous venons de rapporter.
27
yio THÉORIE DE LA CHALEUR.
La question que l'on vient de traiter est la première que
nous ayons résolue dans la théorie de la chaleur , ou plutôt
dans la partie de cette théorie qui exige l'emploi de l'ana-
lyse. Elle fournit des applications numériques très-faciles ,
soit que l'on fasse usage des tables trigonométriques ou des
séries convergentes, et elle représente exactement toutes
les circonstances du mouvement de la chaleur. Nous passe-
rons maintenant à des considérations plus générales.
SECTION VL
Développement d'une Jonction arbitraire en séries
trigonométriques.
207.
La question de la propagation de la chaleur dans un
solide rectangulaire a conduit à l'équation^— ^ + -j—^ = o ;
et si Ion suppose que tous les points de l'une des faces du
solide ont une température commune , il faut déterminer
les coefficients a,h , c , cl, e, etc. de la série
a
COS. X + h cos. ?) X + c COS. 5 .r + f/ cos. 7x4-... etc. ,
en sorte que la valeur de cette fonction soit égale à une
constante toutes les fois que l'arc x est compris entre
— 7 t: et + 7 77. On vient d'assigner la valeur de ces coeffi-
cients ; mais on n'a traité qu'un seul cas d'un problême plus
général , qui consiste à développer une fonction quelconque
CHAPITRE III. 21 r
en une suite infinie de sinus ou de cosinus d'arcs multiples.
Cette question est liée à la tliéorie des équations aux dilfé-
rences partielles et a été agitée dès l'origine de cette analyse.
Il était nécessaire de la résoudre pour iiitégier convenable-
ment les écjuations de la propagation de la chaleur ; nous
allons en exposer la solution.
On examinera, en premier lieu, le cas où il s'agit de
réduire en une série de sinus d'arcs multiples, une fonction
dont le développement ne contient que des puissances im-
paires de la variable. Désignant une telle fonction par f a: ,
on posera l'équation
fX = asin.ji' + i^sin. 2..v H- csin. 3.v -h ds\n. 4-f + . . . etc.
et il s'agit de déterminer la valeur des coefficients a, h, c, cl, etc.
On écrira d'abord l'équation
^x = x<^'o + ^<p"o + ±^^"'o+-^'fo + -^j^o + ... etc.
dans laquelle ç'o, (p'o, ? "o, <p"o, etc. désignent les valeurs
que prennent les coefficients . - , ■
d.n^x d-.ti^x (P.is^x d'.r^x
lorsqu'on y suppose oc = o. Ainsi en représentant le déve-
loppement selon les puissances de x par l'équation
i.Jc=Aœ — B ^ + C ., — D — ^ , r a ^ E — ., . ^ ^. ~ — -etc.
2.J 2.0.4.5 2.0.4.^.0.7 2.0.4.5.0.7.8.9
27.
J2I2
THEORIE DE LA CHALEUR
on aura
90 0
et
y 0 — A
f 0 — 0
9"' o = B
ç'^o 0
f 0 — C
(f'O 0
f'O — D
etc.
etc.
Si maintenant on compare l'équation préce'dente à
celle-ci
(fx = asm..x + Z'sin. 2^' + csm.3x ■+■ dsin./^x + esin. 5x + etc.
En développant le second membre par rapport aux puis-
sances de Jc , on aura les équations
A-=a -h 2. b + 3 c + 4 fl + 5 e -h etc.
B =a + 2^ b -h 3' c + ^^ d -h 5^ e + etc.
C=« + 2'Z'4-3'<? + 4'c?+5'e + etc.
D = <z + 2'(^ -H 3'c + 4'^+ 5'e + etc.
E =r rt -f- 2^ Z» + 3V + 4® ^ + 5' e + etc. (<2)
etc.
Ces équations doivent servir à trouver les coefficients
a, b, c, d, e, etc., dont le nombre est infini. Pour y
parvenir , on regardera d'abord comme déterminé et égal à
m le nombre des inconnues, et l'on conservera un pareil
nombre ui d'équations ; ainsi l'on supprimera toutes les
équations qui suivent les m premières, et l'on omettra dans
chacune de ces équations tous les termes du second membre
qui suivent les m premières que l'on conserve. Le nombre
entier m étant donné, les coefficients a, b, c, d, e etc.
CHAPITRE III. 2i3 ♦
ont des valeurs fixes que l'on peut trouver par l'élimination.
On obtiendrait pour ces mêmes quantités des valeurs diffé-
rentes , si le nombre des équations et celui des inconnues
était plus grand d Une unité. Ainsi la valeur des coefficients
varie à mesure que l'on augmente le nombre de ces coeffi-
cients et celui dss équations qui doivent les déterminer.
Il s'agit de chercher quelles sont les limites vers lesquelles
les valeurs des inconnues convergent continuellement à
mesure que le nombre des équations devient plus grand.
Css limites sont les véritables valeurs des inconnues qui
satisfont aux équations précédentes lorsque leur nombre
est infini.
208.
On considérera donc successivement les cas où l'on aurait
à déterminer luie inconnue par une équation, deux incon-
nues par deux équations, trois inconnues par trois équa-
tions , ainsi de suite à l'infini. Supposons que l'on désigne
comme il suit différents systèmes d'équations analogues à
celles dont on doit tirer les valeurs des coefficients :
rt,=A, rt, + 2 Z>,=:A, a, + Q.b,-h3 C3=A3 a^^ + ti b^ + 3 c^-h^ d^=A^
a, + 2'b,=B, ai + 2'bi + 3'c,=B, a^ + 2'b^-i-'5'c,-^-/^'d,=B^
ai + 2.''bi + 3'Ci=Ci a, + 2.'b^ + 3'c^-h^'di,=C^
a, + 2 bs + 3 c, + i^ ds + 5 e,^A,
a, + 2.'b, + 3'c., + ^'d^ + ■5'e, = Bs
■■■:b :■/>!•-•.■;•.: a, + 2.- b, + 3' c, + /i- d, + 5' e,=^Di
a, + 2.''b, + 3'^c,-h:i^d, + o^e, = Es
etc. (è)
2i4 THEORIE DE LA CHALEUR.
Si maintenant on élimine la dernière inconnue e^ , au
moyen des cinq équations qui contiennent A; Bj C5 D5E5 , etc.
on trouvera
a.^ (5'_ I =) + 2 ^5 (5 — 2O 4- 3 cj (5 — 3') + 4 d, (5=— 4^) = 5' A,- — B5
a, (5'— x) + i'h (5=— 2') + 3' c, (5 — 3^ + ^' d, (5^— 40 = 5^ B5 — C,
«^(5=_i) + 2=^.j(5'_20 + 3'c5(5-— 30+4'^5(5=— 40=5=C5 — D,
^, (5=_ I ) + a' Z-s (5^— 2') + 3' c, (5^— 3^ + 4' d, (5^— 40 = 5^ D^ — E^
On aurait pu déduire ces quatre éclations des quatre
qui forment le système précédent, en mettant dans ces
dernières au lieu de
«4 (5=— I ) a,
c, (5^ — 3=) c''
d, (5^-40^^.
et au lieu de A4 5' A5 — Bj
B, 5B,_C,
C, 5C, — D,
D4 5'D5— E,
On pourra toujours, par des substitutions semblables,
passer du cas qui répond à un nombre m d'inconnues à
celui qui répond à un nombre w + i . En éci'ivant par ordre
i
J»
CHAPITRE III. 2i5
toutes ces relations entre les quantités qui répondent à l'un
des cas et celles qui répondent au cas suivant , on aura
Q=c.(7'-3') d,=d,{f-4') ..=,,(7'-5') /,==/(7'-6") ;
etc.
a,^=a,{2'~-i)
a.=«,(a'— i)
b^ — 1^3(3' — 2')
«j=''..(4'— 0
b—bii^—^^)
a,=n,{^'—i)
b—b,{^^—i-')
ai=af.{6'—i)
b,=ù,(6'-2')
a^a,(y-i)
'^«='^7(7'— 2')
on aura aussi
A, = 3A3— B, B, = 3B3— C,
A3 = 4A,— B, B3 — 4B, — C C, = 4C,— D,
{d)
:5A, — Bj B,==5B,— C, C, = 5C5-
etc.
-D, D, = 5D, — E,,
On conclut des équations [c) qu'en représentant par
a , h , c , cl , e , . . . etc. , les inconnues dont le nombre est
infini , on doit avoir
/ a
(-'-
-0(3'-
-0(4'-
K
-I )(6'-
-0
(3'-
-2^)(4'-
-20(5^-
-2^)(6'-
-2")
(4'-
-30(5^-
-3^)(6'-
-^'W-
-30
■(5^_4^)(6'_4=)(7'_4')(8'_4').
etc.
(^)
ai6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
209.
Il reste donc à déterminer les valeurs de <?, b^ c, d^ e^ etc. ;
la première est donnée par une équation , dans laquelle
entre A,; la seconde est donnée par deux équations dans
lesquelles entrent A, B, ; la troisième est donnée par trois
équations, dans lesquelles entrent A5B3C3, ainsi de suite. Il
suit de là que si l'on connaissait les valeurs de
A. A,B, A3B3C, A.BjC.D^... etc.,
on trouverait facilement a, en résolvant une équation , a^ b,
en résolvant deux équations , a^ b^ c, en résolvant trois équa-
tions, ainsi de suite ; après quoi on déterminerait a, b, c, d, e,
etc. Il s'agit maintenant de calculer les valeurs de
A. A,B, A3B3C3 AiB,C,D, A.B.CsD.Es etc.,
au moyen des équations [cl). 1° on trouvera la valeur de A.
en A, et B, ; 2° par deux substitutions on trouvera cette va-
leur de A, en A3 B3 C, ; 3° par trois substitutions on trouvera
la même valeur de A, en AJB4C4DJ, ainsi de suite. Ces va-
leurs successives de A, sont :
A.=A, 2'— B,
A,=A, 2'.3'— B3(2' + 3')4-C3
A,=A, 2\3\4'— B,(2'.3' + 2'.4' + 3'.4') + C4(2'+3' + 4')— D,
A.=A, 2\3\4\5^— B5(2'.3'.4' + 2'-3'.5^ + 2'.4'.5'4-3\4\5')
+ C, (2'. 3'+ 2' . 4'+ 2' . 5'+ 3' . 4'+ 3' . 5'+4= . 5')— D, (2'+3'+ 4'+ 5')+E, ,
etc. ,
dont il est aisé de remarquer la loi. La dernière de ces va-
leurs, qui est celle que l'on veut déterminer, contient les
CHAPITRE 111. 217
quantités A, B , C , D, E, etc. avec un indice infini , et ces quan-
tités sont connues ; elles sont les mêmes que celles qui en-
trent dans les équations (a).
En divisant cette dernière valeur de A, par le pi'oduit infini
2\3'.4\5'.6' etc.,
on a
+ etc.
Les coefficients numériques sont les sommes des produits
que l'on formerait par les diverses combinaisons des frac-
IIIIII V .,,,
tions "TTôTTTFTgT et, apres avon- sépare la pre-
mière fraction — ;•. Si l'on représente ces différentes sommes
de produits par P, Q, R, S, T, . . . etc. , et si l'on emploie la
première des équations (e) et la première des équations (h) ,
on aura, pour exprimer la valeur du premier coefficient a ,
l'équation
^'''"'"v^.'.y.T'.'.'''"''' •-^-BP.+CQ.-DR.+ES.-FT.+etc.;
or les quantités P, Q, R, S, T,. . . etc. , peuvent être facilement
déterminées comme on le verra plus bas ; donc le j^remier
coefficient a sera entièrement connu. •> ■«,
28
2i8 THEORIE DE LA CHALEUR.
2IO.
Il faut passer maintenant à la recherche des coefficients
suivants hcdef... etc., qui d'après les équations [e) dé-
pendent des quantités h^ c^ d^ e^f^ . . . etc. On reprendra pour
cela les équations (b) ; la première a déjà été employée pour
trouver la valeur de a, ; les deux suivantes donnent la va-
leur de b,_; les trois suivantes la valeur de c^ ; les quatre sui-
vantes la valeur de d^^ ainsi de suite.
En effectuant le calcul, on trouvera, à la seule inspection
des équations , pour les valeurs de b, c^d^e^. . . etc , les résul-
tats suivants :
2^,(l'— 2') = A, I'— B,
3 <?3 (i'— 3') (2'— 3') = A3 i'.2'— B3 (i'4- 2') + C3
4 d, (i'— 4') (2'— 4') (3'— 4") = A, i'.2\3"— B,(i'.2'+ 1'.3'+ 2'.3') + C, (i'+ 2'+ 3')— D,
5 e, (i'— 5') (2'— 50(3'— 5') (4'— 5')= A, i'.2'.3\4^— B, (i\2'.3"+ 1=.2'.4'+ i'.3'.4'+2'.3'.4')
+C,(I^2'^-I^3'+l^4'+2^3=+2^4'+3^4')— D,(i'+2'+3'+40+E,
etc.
La loi que suivent ces équations est facile à saisir; il ne
reste plus qu'à déterminer les quantités
A,R, A3B3C3 A,B,C, etc.
Or, les quantités A, B^ peuvent être exprimées en A3B3C3,
ces dernières en A4B4C4D4 etc. Il suffit pour cek d'opérer
les substitutions indiquées par les équations (d) ; ces chan-
gements successifs réduiront les seconds membres des équa-
tions précédentes à ne contenir que les quantités ABCD
etc. , avec un indice infini, c'est-à-dire, les quantités connues
CHAPITRE III. 219
ABCD etc. qui entrent dans les équations («;); les coeffi-
cients seront les différents produits que l'on peut faire en
combinant les quarrés des nombres i'2'3'4'5' à l'infini. Il
faut seulement remarquer que le premier de ces quari'és i'
n'entrera point dans les coefficients de la valeur de «, ; que
le second quarré 2' n'entrera point dans les coefficients de
la valeur de b^ ; que le troisième quarré 3' sera seul omis
parmi ceux qui servent à former les coefficients de la valeur
de 03, ainsi du reste à l'infini. On aura donc pour les valeurs
de h^c^d^er, etc. , et par conséquent pour celles de bcde etc.,
des résultats entièrement analogues à celui que l'on a trouvé
plus haut pour la valeur du premier coefficient a,.
21 1.
Si maintenant on représente
parP,lesquantités^ + ^ + ^-l- ^ + . . . !
■n ^ I I I I
i'.3\4' i'.3'.5= 3\3\4'^3\4\5'
S.
I^3^4^5' i\4\5\6' ^ * •/ j
etc. ,
que l'on forme par les combinaisons des fractions
I I I I I
F 2^ F F 5^ ■ ■ ■ '
18.
220 THEORIE DE LA CHALEUR.
à l'infini , en omettant la seconde de ces fractions — ■ : on
aura , pour de'terminer la valeur de b^ l'équation
2 è, -^^^l;^^;^^^ = A,-BP, + CQ, — DR, + ES,— FT, -1- etc.
En représentant en général par P„ Q„ R„ S„ T„ les
sommes des produits que l'on peut faire en combinant di-
versement toutes les fractions -7 -r tt jr 7^ à l'infini,
après avoir seulement omis la fraction —^ ; on aura en gé-
néral, pour déterminer les quantités a^h^Cid^e,,. . . etc., les
équations suivantes :
A,— BP. + CQ.— DR. + ES.— etc.= a, -
2\3\4\5'
A,_BP,4-CQ,— DR,+ES,— etc.^aZ», ^33!^^ 5?^,
A3-BP3+CQ3-DR3+ES3— etc.=3c3 ['.V.y.i'V.^'.^
A,-BP,+CQ.-DR,+ES,-etc.=4^. "^-^^^^-^
etc.
212.
Si l'on considère maintenant les équations {è) qui don-
nent les valeurs des coefficients abcd. . . etc., on aura les
résultats suivants :
CHAPITRE III. 221
2^>(''--'^^^'-t^t^.r^^''~^'^•••=^A-BP. + CQ.-DR. + ES-etc■
I .3 .4 .5
i'.2\4'.5'
(r_40i£:_^:)g^^
I .2 .0 .5
etc. ' '• -' ' -
En distinguant quels .sont les facteurs qui manquent aux
numérateurs et aux dénominateurs pour y compléter la
double série des nombres naturels, on voit que la fraction
se réduit , dans la première équation , à ; dans la se
2 2
â"4
4 8
conde à -^ ; dans la troisième à ^-^ ; dans la quatrième à
— y I ; en sorte que les produits qm multiplient
a, 2.b, 3c, l^d , etc. ,
sont alternativement - et . Il ne s'agit donc plus que
de trouver les valeurs de
P. Q. R. S. P, Q. R. S, P3 Q3 R3 S3 . . . etc.
Pour y parvenir, on remarquera que l'on peut faire dépen-
dre ces valeurs de celles des quantités PQRST... etc.,
qui représentent les différents produits que l'on peut former
avec les fractions ^ -^ ttt tt — sr • • • etc. , sans en omettre
222 THÉORIE DE LA CHALEUR.
aucune. Quant à ces derniers produits, leurs valeurs sont
données par les séries des développements de sinus. Nous
représenterons donc les séries
7^ + î^ + F + F + ^ + ^*^- P^^P'
rrr^ + T^+T^-^i^ + ^ + iTir + ^^'-P^'Q'
ainsi de suite.
La série sin. a: = a; ^ H „ . _ + — „ . „ „ h etc. ;
2.0 2.J.4.5 2. 0.4. 5. 6. 7 '
nous fournira les quantités P Q R S T etc. En effet, la valeur
du sinus étant exprimée par l'équation
sin.x=:r(i— ^)(i-^)(i-3^)(i-^)(i-^)etc.
on aura i 5 H 5— rr , . g ^ 1- etc.
2.0 2.0.4.5 2. i. 4-5. 0.7
d'où l'on conclut immédiatement
I
77
2.3
i /î
■K*
1
a . 3 . 4 . 5
■^M-.,9
1T«
*1£^
; -
.9 H- ..H
a. 3. 4. 5.
.6.
•^
%
.7
jr^j'
2.3.4.5.
13
•7-
8.9
etc.
I
■ 1
CHAPITRE III. 22:3
Q
R
S
2l3.
Supposons maintenant que P„QrtR„S„... etc., représentent
les sommes de produits différents que l'on peut faire avec
1 c ■ I I I 1 I { ' ,- . _ , , ,
les tractions — r — r tt -tt ^^. • • etc. , dont ôti aura sépare la
120^43 '
fraction -7, n étant un nombre entier quelconque; il s'agit
de déterminer P„Q„R„S„... etc. , au moyen de PQRS... etc.
Si l'on désigne par i — qV^-\-q' Q„ — q^ R„ + q" S,,*^ etc. , les
produits des facteurs > . . .c ,}.,l ,fi,i =^ 3n3nrovic;ô^;ooiië
- ab' asilso ; .oJa . . . ,% Ji ,9 .^, 9^j
(-f)(-^)('-F)('-^)-"-««.îî-C).*
parmi lesqûels'on aurait omis le seul fdcteiir i — ^;'I1 fâu-
afro'!(;r!j;ei ^nb sahirfi- b , .-jJo .". .'i^^;)*i.R
dra qu'en multipliant par i — -^ la quantité
I — ^P„ + ^^Q„ — 7'R„ + ^''S„ — etc., . .
•.,■.■;■ ■■ . -i- i\ 'P. -V V^--:, -- -
on trouve i — qV + î^^'Q'^— -^'^TtH-y'S*— i-étc.' + ^"
, .0J9
224 THEORIE DE LA CHALEUR.
Cette comparaison donne les relations suivantes :
" «'
Q„+P„
' Q
R„ + Q„
n'
S.,+ R„
■\ S
etc
iP. — P
1
•' q,.=q_4p + -1
R„=R— 4q+4p— 4
.3l'> ...anpa ob no- ^nc i , ^*.^- m. y,'! '>:r9i) sb
..En employant les valeurs connues de PQRS, et faisant
successivement n= i,2,3,4i5. . . etc., on aura les valeurs
de P,Q,R. S, . . . etc.; celles de P,Q,R,S, . . . etc.; celles de
P3Q3R3S3... etc. - ' ] ' - .
214.
,11 résulte de tout] ce qui précède que les valeurs de
abc de. . . etc. , déduites des équations
a + 2. Z> + 3 t + /i d + 5 e + etc. = A
a + 2.^ b + y c + ^^ d + 5' e + etc. = B
<a^ -H 2' ô + 3' c + 4^ <^ + 5' e + etc. = C
a + 2' è -b 3lc + 4'c? + 5' e + etc. = D
^. + 29^ + 3'c + 4 ^' + 5 e« + etc. = E
etc.
CHAPITRE III. 225
sont exprimées ainsi,
2 \'2..i I V V2-J-4-3 I 2.3 iV
U. 3.4.5.6.7 T^'2.3.4.5"*"7^'275 T^j
"^ V2.3.4.5.6.7.8.9 ""2.3.4.5.7"'" F' 1X45 T^"Z3"'"W
— etc.
p. / 77^ 17:* I 1T' I \
V2.3.4.5.6.7 7^* 1.3.4.5"'' 7^'^ W
p, / tt' I tc* I r* I Tî' I \
"'"• V2.3.4.5.6.7.8.9 I^"2.3.4.5.7"'"2^'2.3.4.5 P""2:3 "^â»y
— etc.
2 V2.3 iv V2.3.4.D 3' 2.3 3v
V,2.3.4.5.6'.7 3' ■2.3.4.5'^ 3^" ^~ 3^ j ;.
p, / tt' I tt" I t:* r ir" r \
"^ \.2.3.4.5.6.7.8.9 3^'2.3.4.5.7 ^ F" 2.3.4.5 ~F'ï^ "^ F^
— etc.
1^/2.3.4.5.6.7 I .t* I ir" i\
\ ^' 4^'2.3.4.5"'"4^'2^ 4^j
p, / tt' I tt® I tt* I x' I \
"'" V2.3.4.5.6.7.8.9~4^' 2.3.4.5.7 "*" J^'^M^~4^'^'i '^4^)
— etc.
•' ' ■ etc. •
29
\ ..y
:i26 THEORIE DE LA CHALEUR.
21 5.
Connaissant les valeurs de ahcdef. . . etc. , on les sub-
stituera dans l'équation proposée
({,x = asm.ûi; + bsin. 2.x + dûn. 3^ + esm.^x + etc. ;
et mettant aussi au lieu des quantités ABC DE, etc. leurs
valeurs «p'o, !p'"o, ç'o, 9"'o, «p'^o. . . etc., on aura l'équation
générale
^ \.2.3.4.3.o.7 I- 2.3.4.5 i" 2.0 i^y )
I . ( /tt' I > / 7r^ I 17' I \
— ^sui.2.rjcp'o + <p-o(^-3--J + 9 0^^3^g--.-3 + -J
"*=? ^U.3.4.5.6-7~i^"iX4:5 + r^*;:3— ^; + ^*^i
+ 3sm.3a:|9 0 + <p o(^--3-3^J + 9o(^3-p-p.^+3,J
■^^ "^ U.3.4.5.6.7"~ 3^" 2-34:5 + 3^T3 ~ W "^^*'^- j
^-^sm.4^J9-o + ro(^-^) + f 0(^^-^.53 + ^) •
+ 90 :, , r ^ 77" q / r + 7- 3 Tê ) + CtC. (A)
^ V2. 3. 4. 5. 6.7 4' 2.3.4.5 4 2.3 4V j ^ ^
4- etc.
On peut se servir de la série précédente pour réduire en
séries de sinus , d'arcs multiples une fonction proposée
CHAPITRE III. 227
dont le développement ne contient que des puissances im-
paires de la variable.
210.
Le cas qui se présente le premier est ct4ui où l'on aurait
(fXr=a;; on trouve alors (p'o == i , (p"'o = o, ç'o =::o. . . ,
ainsi du reste. On aura donc la série
-^ = sin.a^ sin. q.x + ^ sin. 3.r — -, sin. lix + etc.,
2 2 3 4
qui a été donnée par Euler. ; : ,.
Si l'on suppose cjue la fonction proposée soit ^^ on aura
9" o = o , (p'" 0 = 2.3, ç' o ^ o , 9"' 0 = 0. . . etc. ,
ce qui donne l'équation
-x^=('k' — ^ jsin.o; — Ttc' — ^ j -sin.2a.'4- Ttc' — ^7 j ^sin.3a;+etc.
On parviendrait à ce même résultat en partant de l'équa-
tion précédente,
- a; = sin. X sin. Q.x + ^sm.Zx — -sin. 4'^ + etc.
2 2 3 4 ^
En effet, en multipliant chaque membre par dx, et inté-
grant , ou aura • ■
C r=cos. * rcos. Q.x -\- ^cos. "ix — -7; COS. 4 -^ -^ etc. ;
4 2' 3 4
la valeur de la constante c est
I I I I
29.
228 THEORIE DE LA CHALEUR
TV'
73
série dont on sait que la somme est H 5. Multipliant par
dx les deux membres de l'ëquation
ô -=cos. X -COS. 2.X + ij- COS. ôx — etc.
et intégrant, on aura
I it". j: r a-' . 1 .
5^sin.a; -sin. 2
X + -x- sin. 3^7 — etc.
2 2.3 2 2.3 ' 2' * 3'
Si maintenant on met au lieu de x , s>2l valeur tirée de l'é-
quation
I . I . I . o I . /
-o^^sm.o-' sin. 2.x — ^sm. ôx — -, sni.A-s? + etc.,
2 2 3 4 ^ '
on obtiendra la même équation que ci-dessus, savoir :
1 X* . /it' I \ I . /tc' I \
5 = sm.ir{^, -) sm. 2^^ „ -)
2 2.3 \2.3 I V 2 V2.3 2 /
-l-3sin.3^(5-f) + Jsin. 4a^g-^)-etc.
On parviendrait de la même manière à développer en
séries de sinus multiples , les puissances x^ x' x"^ . . . etc. , et
en général toute fonction dont le développement ne con-
tiendrait que des puissances impaires de la variable.
217.
L'équation (A) (art. 2r6) peut être mise sous une forme
plus simple que nous allons faire connaître. On remarque
d'abord qu'une partie du coefficient de sin. x, est la série
CHAPITRE III. . '2-2g
qui représente la quantité -91Ï. En effet, on a en général
9'^ = ?o+^ç'o + f 9"o + ^9"'o + ^<p"o + ^^<p'o+...etc.
Or, la fonction 9 x ne contenant par hypothèse que des puis-
sances impaires; on doit avoir 90=0, 9"o=o, 9'''o=o,
ainsi de suite. Donc
9 0^ = a- 9' o + ^ 9- o + — ^ 9^- o 4- etc. ;
une seconde partie du coefficient de sin. x se trouve, en
multipliant par , la série _
y
©"" OH ^ ©'' o H 5-7-^ 9' o H o / > fi „ • ?"■ o + etc. ,
* 2.0' 2.0.4-3 2.0.4.3.0.7 • . '
dont la valeur est - <p"r. On déterminera de cette manière les
différentes parties du coefficient de sin. œ, et celles qui com-
posent les coefficients de sin. 2.0c, sin. 3^?;, sin. /^x, sin. 5jc.
etc. On emploiera pour cela les équations :
,, ■
le' «^
n 1 ^"' ni /r' n 1
-Tc"'
- 9'"oH-etc.
I
^9 ^
V
° ' 2.3*!' 0 1 2.3.4.5? ° ' 2.3
.4.5
.6,
"
n 1 '^ r-' r> 1 '^ m"'n 1
IV»
1^" r» -1- ptp
tt"
t
° ' 2.3Î' ° ' 2.3.4.5'P ° ' a. 3
.4.5
.6,
.7^
»
^1 -»ii^ 1 -"ni nfr
f:'
.•.■7;
-.?"-
V
0|--,,9 OH- „ /k"? 01 cit..
2.3^ a. 3. 4.5'^
f"
'OH Kf" OH- etc.
_ 9".
.1;.. ^iii .:_,-.'r" :-;;',(■= •■ .aj;,
23o THEORIE DE LA CHALEUR.
au moyen de cette réduction on donnera à l'équation (A)
la forme suivante :
sin. 2.x Ut; ;<p" ir + — ?"tc êf^'"^ + etc.
+ 3sin. 3x Utt — ôT"?" TV + T-i'p"'^ — 3^'P"'" ~*~ ^''^'
— ^sin. ^x Ltc — Ti?"TC-l-Tï9"w — -Têf'-^ + etc.
+ etc. (B)
ou celle-ci
-T:(fX = f TC sin. x^ - sin. 2.x + 0 sin. 3x — etc. |
— (p"TC sin.x iSin. 2.x + :^sïîi. 3x — etc.
+ (p"ir sin.^ ^ sin. 2 a; + ■--jSin. 3 a; — etc.
— <p"tc sin.cr — -^sin. 2.x — y^sin. 3x — etc.
+ etc. (C)
218.
On peut appliquer l'une ou l'autre de ces formules , toutes
les fois que l'on aura à développer une fonction proposée,
en une série de sinus d'arcs multiples. Si par exemple la
fonction proposée est e — e , dont le développement ne
contient que des puissances impaires de x, on aura
.r
1 e — e
- Tf • —
2 1
CHAPITRE III. 23i
— = f sin.a- sin.ax + _ sin. 3 j;- — etc. )
— rsin.or jsin.2a; 4- ô^sin. 3a; — etc. ]
+ fsin.x ;sin. 2^ + YsSin.Sx^ — etc. j
— f sin. j; ôsin. 2j: -l-^sin.3.r — etc. j
+ r.sin.x ;^sin.2a; + ~^sin.3.r — etc. j
— etc.
En distinguant les coefficients de sin. x, sin. ix, sin. ?ix,
4 1- 1 I II I
X, etc. , et mettant au lieu de , + — , -. -\- etc. ,
sa valeur — , on aura
/i «- Il TV
j"
I le — e ) sin.:e sin.ajr sin.Sj; „....., .^
- -îi ^=^ = — r^ — ■ — r-r + -ô-r-^ -TT-^ + ^t^-
sin. 4 -^
On pourrait multiplier ces applications et en déduire plu-
sieurs séries remarqualiles. On a choisi l'exemple précédent
parce qu'il se présente dans diverses questions relatives à la
propagation de la chaleur.
Nous avons supposé jusqu'ici que la fonction dont on de-
mande le développement en séries de sinus d'arcs multiples,
peut être développée en une série ordonnée, suivantles puis-
sances de la variable x , et qu'il n'entre dans cette dernière
séi'ie que des puissances impaires. On peut étendre les mêmes
conséquences à des fonctions quelconques, même à celles
232 THEORIE DE LA CHALEUR.
qui seraient discontinues et entièrement arbitraires. Pour
établir clairement la vérité de cette proposition , il est néces-
saire de poursuivre l'analyse qui fournit l'équation précé-
dente (B) et d'examiner quelle est la nature des coëfficents
qui multiplient sin.a;, sin. 2.x, sin. 3 œ, sin. ^x. En désignant
par - la quantité qui multiplie dans cette équation - sin. nx,
si n est impair, et sin. nx, si n est pair; on aura
S:=f 7c — -<p"iT + ^-^,<p"-rr — -„<p"n: + etc.
Considérant s comme une fonction de tc, différentiant deux,
fois, et comparant les résultats, on trouve s -\ — - j—, :^ <p ■^ ;
équation à laquelle la valeur précédente de s doit satisfaire.
Or, l'équation .y + — -7— ^=9 x, dans laquelle s est considérée
comme une fonction de x, a pour intégrale
j=<2COS. nx -\- h sin. nx + n sin.rea' /cos. nx.a^ x.dx
— n COS. n x j sin. nx.(fxd x.
n étant un nombre entier, et la valeur de x étant égale à r,
on a s=^±/} I (px.sin. nx dx. Le signe -f- doit être choisi lors-
que n est impair, et le signe — lorsque ce nombre est pair.
On doit supposer x égal à la demi -circonférence r, après
l'intégration indiquée; ce résultat se vérifie, lorqu'on déve-
loppe au moyen de l'intégration par parties, le terme
/■
ç X sin. nx.dx
CHAPITRE III. 233
en remarquant que la fonction <pcc ne contient que des puis-
sances impaires de la variable et en prenant l'intégrale de-
puis .r=o jusqu'à ,r=-n:.
On en conclut immédiatement que ce terme équivaut à
Si l'on substitue cette valeur de - dans l'équation (B), en
prenant le signe + lorsque le terme de cette équation est de
rang impair, et le signe ■ — lorsque n est pair; on aura en
général S((p^.sin. iix .dx) pour le coefficient de sin. n.x ; on
parvient de cette manière à un résultat très -remarquable
exprimé par l'équation suivante :
-77(p^ = sin. xS (sin. x.<s^x .d x) +sin. i x S [sin. '2 x <!^ x d x)
-(-sin. 3 .r S (sin. i x.<fx dx) -f- sin. i x S (sin. ix (fx dx) -|-etc. ;
(D)
le second membre donnera toujours le développement cher-
ché de la fonction (p.r, si l'on effectue les intégrations de-
puis x=o^ jusqu'à x=i:.
220.
On voit par-là que les coefficients abc clef. . . etc., qui
entrent dans l'équation
-7r(px=;a sin. x-\- b sin. "xx ->!- c sin. Z x + d un. âx-\-GXc.
et que nous avons trouvés précédemment par la voie des éli-
minations successives, sont des valeurs intégrales définies
exprimées par le terme général S (sin. «.z. ça; r/ a), /étant
le numéro du terme dont on cherche le coefficient. Cette
• " 3o
234 THÉORIE DE LA CHALEUR.
remarque est importante, en ce qu'elle fait connaître com-
ment les fonctions entièrement arbitraires peuvent aussi
être développées en séries de sinus d'arcs multiples. En effet,
si la fonction 9 x est représentée par l'ordonnée variable
d'une courbe quelconque dont l'abscisse s'étend depuis x^o
jusqu'à a'=-^ et si l'on construit sur cette même partie de
l'axe la courbe trigonométrique connue , dont l'ordonnée est
j = sin. x; il sera facile de se représenter la valeur d'un
terme intégral. Il faut concevoir que pour chaque abscisse x,
à laquelle répond une valeur de 9 x, et une valeur de sin. x,
on multiplie cette dernière valeur par la première, et qu'au
même point de l'axe on élève une ordonnée proportionnelle
au produit 9 a;. sin. x. On formera, par cette opération conti-
nuelle, une troisième courbe, dont les ordonnées sont celles
de la courbe trigonométrique, réduite proportionnellement
aux ordonnées de la courbe arbitraire cjui représente 9 x.
Cela posé, l'aire de la courbe réduite étant prise depuis x = o
jusqu'à a"=7r, donnera la valeur exacte du coefficient de sin. x;
et quelle que puisse être la courbe donnée qui répond à 9 a;,
soit qu'on puisse lui assigner une équation analytique, soit
qu'elle ne dépende d'aucune loi régulière, il est évident
qu'elle servira toujours à réduire d'une manière quelconque
la courbe trigonométrique; en sorte que l'aire dç la courbe
réduite a, dans tous les cas possibles, une valeur déterminée
qui donne celle du coefficient de sin. x dans le développe-
ment de la fonction. Il en est de même du coefficient sui-
vant b ou S (9 a;. sin. 2.x dx).
Il faut en général, pour constniire les valeurs des coeffi-
cients ahcde. . . etc., imaginer que les courbes, dont les
équations sont
CHAPITRE III. 335
f=sin. X , y=s\n. 2 X , y=sin. 3a:, f=sin. i^x, etc.,
ont été tracées pour un même intervalle sur l'axe des x, de-
puis x = o jusqu'à x^t; et qu'ensuite on a changé ces
courbes en multipliant toutes leurs ordonnées par les or-
données correspondantes d'une même courbe, dont l'équa-
tion est j-=9X. Les équations des courbes réduites, sont:
^=sin. a?, f a^',j^=sin. 2X.^ x,j^=sm. 3x.(p x,j''=sin. 4'^. ? a?., etc.
Les aires de ces dernières courbes, prises depuis a;=o jus-
qu'à a- = TT , seront les valeurs des coëlficients a b c d etc. ,
dans l'équation
- rç.r=r rt sin. x ~{- b sin. zx -\- c sin. Z x -\- d sin. ^x-\- etc.
2
221.
On peut aussi vérifier l'équation précédente (D) (art. 220),
en déterminant immédiatement les quantités a,a^a^...a^ etc.,
dans l'équation
r^x=a, sin.x + a, sin.2.r 4- a^ sin. 3^ + ... a^ sin. /\r + ... etc.;
pour cela on multipliera chacun des membres de la dernière
équation, par sin. ix.dx, i étant im nombre entier, et l'on
prendra l'intégrale depuis x,= o jusqu'à a'=-, on aura
S ((px.sin. ix.dx):=^a, S (sin. x sin. ix.dx)-\-a, S(sin. 2 jr.sin. ix.d x)
+ . . . «j S (sin.yA-.sin. ix.dx) + . . . elc.
Or on peut facilement prouver, 1° que toutes les inté-
grales qui entrent dans le second membre, ont une valeur
nulle, excepté le seul terme a^ S(sin. «.x.sin. ix dx); oP que
la valeur de S (sin. j a;, sin. ix.dx) est ^ t.; d'où l'on con-
3o.
236 THÉORIE DE LA CHALEUR.
, , , , . s ((ûx.s'in. ix.dx) rr ^ >
dura la valeur de «;, qui est -^^ , -• lout se re-
duit à considérer la valeur des intégrales qui entrent dans
le second membre , et à démontrer les deux propositions
précédentes. L'intégrale 2 S (sin. y x.sin. ?'^.<5?x) , prise de-
puis if r= o jusqu'à ,r == TT, et dans laquelle i et j sont des
nombres entiers , est
^.sin. ij^.x) — j^. sin. (7T/'a;) + C.
L'intégrale devant commencer lorsque j?=o, la constante C
est nulle, et les nombres «ety étant entiers, la valeur de l'in-
tégrale deviendra nulle lorsqu'on fera x^=^t.\ il s'ensuit que
chacun des termes tels que
rt, S (sin. J" sin. / jr.^f j:),a, S(sin. ix.ûn.ix.dx) , a^ S (sin. 3 .rsin. ix.dx)G\.c.
s'évanouit, et que cela aura lieu toutes les fois que les nom-
bres i ety seront différents. Il n'en est pas de même lorsque
les nombres i ety sont égaux, car le terme ^— -r sin. [i — jx )
auquel se réduit l'intégrale, devient -, et sa valeur est tc. On
a parconséquent 2 S (sin. ix .svx\..ix .dx')=^T;\ on obtient ainsi
de la manière la plus briève, les valeurs de a, «,<7.3«^...rt,etc.
qui sont :
S (cp.r.sin. jr.i^x) S((p.r.sin. 2 j:.û?j:)
S((p jT.sin. 3 x.dx) S ((f x. sin. ix.dx)
«3 — p— ... <Zi — r-z
En les substituant on a
CHAPITRE III. 23"
-7Tip*-=:sin. X S (ç J:^ sin. a.•.(Y.^') + sin. 2a:S(<p^.sin. 2 j:.(^^)
+ sin. 3 jrS(ç.a7sin. "hx.dx).... + sin. /a: S (cpx sin. ix.dx)
H- etc.
222.
Le cas le plus simple est celui où la fonction donnée a
une valeur constante pour toutes les valeurs de la variable x
comprises entre o et r ; dans ce cas, l'intégrale y sin. ix d x
est égale à-, si le nombre i est impair, et égal à o si le
nombre i est pair. On en déduit l'équation
I . i.o I-r !• !• .4.
-7T = sm. a? + ^sin.ojc + -p sin. o a; + -sni. n x + - sm. q.r + etc.
que l'on a trouvée précédemment. "'
Il faut remarquer que lorsqu'on a développé une fonction
ç ^ en une suite de sinus d'arcs multiples la valeur de la
série a sin. x + h sin. ix + c sin. ?)x ->r d sin. [\x + etc. est la
même que celle de la fonction <p x tant que la vai'iable x est
comprise entre o et ^ ; mais cette égalité cesse en général
d'avoir lieu lorsque la valeur de x surpasse le nombre tt.
Supposons que la fonction dont on demande le dévelop-
pement soit X , on aura, d après le théorème précédent.
-T!X = sin.x jxsin.xdx + sin. 2 a; /a; sin. 2.x dx
-h sm.3x lxsin.3x dx + sin.4A7-^sin.4'^^>^ + etc.
L'intégrale /^ sin. ixdx équivaut à ± - , les indices o et -
o
qui sont joints au signe / font connaître les limites de l'in-
238 THÉORIE DE LA CHALEUR.
tégrale ; le signe + doit être choisi loi'sque i est impair, et le
signe — lorsque i est pair. On aura donc l'équation suivante :
1 . I. i-o !•/ i-r I-
-jc = sin.x sin. 2.x + 5^sin. ox — -:sm./±x + ^sin. o:r sui.7,r + etc.
2 2 o 45 7
223.
On développera aussi en séries de sinus d'arcs multiples
les fonctions différentes de celles où il n'entre que des puis-
sances impaires de la variable. Pour apporter un exemple
qui ne laisse aucun doute sur la possibilité de ce développe-
ment, nous choisirons la fonction cos. x, qui ne contient
que des puissances paires de x , et qu'on développera sous
la forme suivante :
a sin. X + b sin. 2.x + c sin. 3 ^' 4- ds\n. /^x + e sin. 5x + etc.
quoiqu'il n'entre dans cette dernière série que des puissances
impaires de la même variable. On aura en effet, d'après le
théorème précédent ,
- 77 COS. X = sin. X /cos. x sin. x dx
+ sin. 2. r /cos. a; sin. ixdx + sin. 3 .r /cos. .r sin. 3xdx + etc.
L'intégrale /cos. A' sin. i a; dx, équivaut à zéro lorsque i est
un nombre impair, et à -^717-» lorsque i est un nombre pair.
En supposant successivement i = 2, 4i 6, 8, etc. on aura la
série toujours convergente :
I 2 . 4 • / 6 . ^
-, % cos. X = — 5 sni. 2x -\- 5-? sin. Ax + z — sin. o x
4 I .0 J.5 5.7
8 . o 10 .
H sm.o.r -\ sin. \ox -\- etc.
7. y 9-II
CHAPITRE III. 289
ou cos.x=- T- + ^ jsin.2a:+ f^ + 0sin.4^
!jO
-H r^ + -jsin.6^+ (--f--) sin.8a'+ T-H jsin. 10.2 -+- etc.
Ce résultat a cela de remarquable qu'il offre le développe-
ment du cosinus eu une suite de fonctions dont chacune ne
contient que des puissances impaires. Si l'on tait dans l'ëqua-
tion précédente j: = { "^ 1 on trouvera :
1 » ■ v , . , ■ ..,,.,, i ,■.
ir i/iiiii.! I I \
7 — ^=- ( - + ô — --T-- H 1 T + etc. )
41/2 2V1 o ^ 7 9 '1 ^^ i^ y
Cette dernière série est connue ( introd. ad anaîysin. infinit.
cap. X).
224.
On peut employer une analyse semblable pour dévelop-
per une fonction quelconque en série de cosinus d'arcs mul-
tiples. Soit ç.r la fonction dont on demande le développe-
ment , on écrira : '
oa: = a„cos. ox4-<2, COS. x+<7, cos. 2 jr + rtjcos. j.a; + .,,(2;COS.ix... + etc. ini)
Si l'on multiplie les deux membres de cette équation par
COS. y X et que ion intègre chacun des termes du second
membre depuis x=zo jusqu'à x^=^t,\ il est facile de s'assurer
que la valeur de cette intégrale sera nulle , excepté pour le
seul terme qui contient déjà cos. y\r. Cette remarque donne
immédiatement le coefficient rtj ; il suffira en général de
considérer la valeur de l'intégrale y cos. /x cos. ix dx,
prise depuis x ■=. o jusqu'à o^ = -rr , en supposant que y et /
sont des nombres entiers. On a
>
COS. i X cos. ix dx = —r-. — ^ sin. / + ix -{ — —. — r, sin. j — ix-
- J 2(y + 0 J 2(7—') •^
24o THEORIE DE LA CHALEUR.
Cette intégrale, prise depuis ^==0 jusqu'à x = r: ^ est
évidemment nulle toutes les fois quey et « sont deux nom-
bres différents. Il n'en est pas de même lorsque ces deux
nombres sont égaux. Le dernier terme -j-. — rt sin. j — i x
devient -, et sa valeur est - ir , lorsque l'arc x est égal à tu.
Si donc on multiplie les deux termes de l'équation précé-
dente (m) par cos. i o" , et que l'on intègre depuis o jus-
qu'à TT , on aura : /ç x cos. ix d x = - tz a,^ équation qui fera
connaître la valeur du coefficient a^ . Pour trouver le premier
coefficient a, , on remarquera que dans l'intégrale
sm. / -h IX -\ , . ., sm. J ■
si 7=0 et i=o chacun des termes devient -, et la valeur
"' o ' .
de chaque terme est f t:; ainsi l'intégrale ycos.y.r cos. io? dx,
prise depuis ^==0 jusqu'à x = tz est nulle lorsque les deux
nombres entiersy et i sont différents ; elle est ^ t: lorsque les
deux nombres y et i sont égaux, mais différents de zéro,
elle est égale à tc lorsque y et i sont l'un et l'autre égaux à
zéro , on obtient ainsi l'équation suivante :
-t:(^X = - j(fxdx -h CO&.X ((fXCOS.xdx
o o
-h cos. 2,xl(fXCOS.2.xdx + cos.3xl<pxcos.'dxdx + etc. (n)
o ■ o
Ce théorème et le précédent conviennent à toutes les fonc-
CHAPITRE m. 24ï
tions possibles, soit que l'on en puisse exprimer la nature
par les moyens connus de l'analyse, soit qu'elles correspon-
.dent à des courbes tracées arbitrairement.
225.
Si la fonction proposée dont on demande le développe-
ment en cosinus d'arcs multiples est la variable a; elle-même;
on écrira l'équation
{-x=a^-{-û,cos.x+û,cos.2.x+aiCo&.3jc+... -ha,cos.i.x;+etc.
et l'on aura , pour déterminer un coefficient quelconque <?; ,
Véqnation (7, = Lvcos.i'xdx. Cette intégrale a une valeur
o
nulle lorsque i est un nombre pair , et est égal à lorsque
i est impair. On a en même temps <?„ = ^ r'. On formera
donc la série suivante ,
I /cos.j:: /COS.Sj: , COS. 5 .r ,co3. 7jc
x = - 7; — 4 4— ^ï: 4 —T. 4 — 7^ etc.
On peut remarquer ici que nous sommes parvenus à trois
développements différents de 7 ,v, savoir :
1 . I. i.Q 1 . , l . rr
-a:=sin.ôc sin. 2X + ôSui. ox — -sin.4*'+ -sni. 0^ — etc.
I 2. 2.0 ^ ■ r 2. _.
-x = - sin. X + Tj — sm. ox + ^zr- sin. o x h — — sm. r x + etc.
2 -rc i-TT 5'TT y T. '
112 2.T2r^ ^
-X = ~,t: cos.o: — ^;:r-C0S. .^X — p^- COS. 0 ^' — etc.
3 4 7Ï 3'TT 5-TC
Il faut remarquer que ces trois valelirs dï; 4 -^^ ii<^ doivent
point être considérées comme égales, abstraction faite de
o
n
342 THEORIE DE LA CHALEUR.
toutes les valeurs de x ; les trois développements préce'dents
n'ont une valeur commune que lorsque la variable x est
comprise entre o et ^ tt. La construction des valeurs de ces
trois séries et la comparaison des lignes dont elles expriment
les ordonnées rendraient sensibles la coïncidence et la dis-
tinction alternatives des valeurs de ces fonctions.
Pour donner un second exemple du développement d'une
fonction en série de cosinus d'arcs multiples, nous choisi-
rons la fonction sin. x qui ne contient que des puissances
impaires de la variable, et nous nous proposerons de la
développer sous la forme
a + b COS. x + c COS. 2.x + dcos. 3x-\- etc.
En faisant à ce cas particulier l'application de l'équation
générale, on trouvera, pour l'équation cherchée,
I . I COS. 2ar COS. 4-^ COS. 6 a: cos. 8j?
7iTsm.a:= 5 5-? g etc.
4 2 i.i c5.5 5.7 7.9
On parvient ainsi à développer une fonction qui ne contient
que des puissances impaires en une série de cosinus dans
laquelle il n'entre que des puissances paires de la variable. Si
on donne à a; la valeur particulière ^ tt , on trouvera :
I I I I I I
- TC — — 1 5 — ■^ — jr + -p + etc.
4 a i.o 0.5 5.7 7.9
Or , de l'équation connue
I I I I I I .
'■!:=zi — ^+^ 1 hetc.
4 3 5 7 9 II
CHAPITRE III. 043
On tire
T I r I I ^
ô77 = — ^ + g 1 \- -ô — - + etc.
8. I .0 5.7 9-11 iJ. iD
et aussi
I I I I I I
8 2 3.5 y. 9 ii.i3 l'i. li.
en ajoutant ces deux résultats, on a, comme précédemment,
III III I I
777=- -i 5 — ô-^ + T 1 5 + etc.
4 a 1.6 ô.ô o.y 7.9 9-II II. lû
226.
L'analyse précédente donnant le moyen de développer
une fonction quelconque en série de sinus ou de cosinus
d'arcs multiples , nous l'appliquerons focilement au cas où
la fonction à développer a des valeurs déterminées , lorsque
la variable est comprise entre de certaines limites et a des
valeurs nulles, lorsque la variable est comprise entre d'au-
tres limites. Nous nous arrêterons à l'examen de ce cas
particulier, parce qu'il se présente dans les questions phy-
siques qui dépendent des équations aux différences partielles,
et qu'il avait été proposé autrefois comme un exemple des
fonctions qui ne peuvent être développées en sinus ou
cosinus d'arcs multiples. Supposons donc que l'on ait à
réduire en une série de cette forme une fonction dont la
valeur est constante, lorsque >aj est comprise entre o et a, et
dont toutes les valeurs sont nulles lorsque x est comprise
entre a et w. On emploiera l'équation générale (ui) dans
laquelle les ixïtégrales doivent être prises depuis x =^ Q
jusqu'à ^=-. Les valeurs de oa; qui entrent sous le signey
3i.
244 THÉORIE DE LA CHALEUR.
étant nulles depuis Jc = oi jusqu'à x = t:; il svxffira d'intégrer
depuis a:=o jusqu'à a' = a. Cela posé, on trouvera, pour la
série demandée , en désignant par h la valeur constante de
la fonction ,
1 , (i — COS. a • I — COS. 2 a •
-'t:aix=n\ sin.a-l sin. 2 0?
2 ' ( ■*F~ 2
I — COS. 3 a • o I — COS. 4 a • / \
H s,\n.ox-\ . sui.4-i^ + etc.
3 4 ^
Si l'on fait A=:| tt, et que l'on représente le sinus verse de
l'arc X par sin. V. .r^ on aura :
ça'=sin. V.asin.a^+^sin.V. 2asin. 2^+|sin. V. 3asin.3a;
4- 4sin. V. 4asin.4-ï^ + -^sin. V. 5asin. Sx + etc.
Cette série toujours convergente est telle que si l'on donne
à X une valeur quelconque comprise entre o et a, la somme
de ses termes sera \ tc ; mais si l'on donne à x une valeur
quelconque plus grande que a et moindre que ^ x la somme
des termes sera nulle.
Dans l'exemple suivant, qui n'est pas moins remarquable,
les valeurs de 9X sont égales à sin. x pour toutes les valeurs
de X comprises entre o et a , et sont nulles pour toutes les
valeurs de x comprises entre a et -n. Pour trouver la série
qui satisfait à cette condition , on emploiera l'équation (m).
Les intégrales doivent être prises depuis x =^ o jusqu'à
x = t::, mais il suffira, dans le cas dont il s'agit, de prendre
ces intégrales depuis .r=o jusqu'à a?=a, puisque les valeurs
de 9 X sont supposées nulles , dans le reste de l'intervalle.
On en conclura : ''■■
CHAPITRE III. 245
sin.asin..r sin.aasiu. ajc sin. 3 a sin. 3 a:
.t = 2a ! ; ; 1 ; ^— ^ Y
9 •■<■ -i 3t ; ; 1 ; ; — t. — -i :; k-, — -
sin. 4 a sin. 4-'^ ^
+ - — r — TT-T 1- etc.
- —4 a )
Si l'on supposait a = :7, tous les termes de la série s'évanoui-
raient, excepté le premier qui deviendrait -, et qui a pour
valeur sin. a- , on aurait donc 9 .r = sin. .r.
22r,
On peut étendre la même analyse au cas ou l'ordonnée
représentée par 9 x serait celle d'une ligne composée de
différentes parties, dont les unes seraient des arcs de courbes
et les autres des lignes droites. Par exemple, si la fonction
dont on demande le développement en séries de cosinus
d'arcs multiples a pour valeur ('-j — a % depuis a':= o jus-
qu'à a- ^ ^ 77, et est nulle depuis .r = 7 77 jusqu'à œ = 77.
On emploiera l'équation générale (n), et en effectuant les
intégrations dans les limites données , on trouvera que le
terme généi'al /( ( - ) — -''^j cos. ix dx est égal à -^ lorsque i
est impair, à -.'- lorsque i est double d'un nombre impair, et
à — '- lorsque i est quadruple d'un nombre impair. D'un
autre côté, on trouvera ^ —, pour la valeur du premier terme
- l a^x d x. On aura donc le développement suivant :
I 1 /77A'' 2 (cos..r COS. 3.r COS. 5>r cos. T.r . )
cos.a.r cos. 4j? cos. 6j:
H -. 7^ -\ r^ etc.
2 4 ^
246 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Le second membre est repre'senté par vme ligne composée
d'arcs paraboliques et de lignes droites.
228.
On pourra trouver de la même manière le de'veloppement
d'une fonction de x qui exprime l'ordonnée du contour
d'un trapèze. Supposons que 9X soit égale à x depuis x=o
jusqu'à .x'==K, que cette fonction soit égale à « depuis ^ = a
jusqu'à a' = 7; — a, et enfin égale à u — x, depuis x^^t. — a
jusqu'à a^^r=T7. Pour la réduire en une série de sinus d'arcs
multiples, on se servira de l'équation générale (//?). Le terme
généraly"(p x sin. ix.dx sera composé de trois parties diffé-
rentes, et l'on aura, après les réductions, -sin. (i a) pour le
coefficient de ?,m.ix, lorsque i est un nombre impair; et
zéro pour ce coefficient , lorsque i est un nombre pair. On
parvient ainsi à l'équation :
-iî(pa?=2 sin. a sin. a? + ^^ sin. 3 a sin. 3a: + ^ sin. 5 a sin. 5 x
+ — sin. y a sin. 'j x -\- etc. (jj.)
Si l'on supposait « = 1 tt, le trapèze se confondrait avec le
triangle isoscèle, et l'on aurait, comme précédemment, pour
l'équation du contour de ce triangle :
-■;rça: = 2rsin..r + 0- sin. Zx + 7, sin. 5 j? + - sin. 'j x -\- etc. j
série qui est toujours convergente cpielle que soit la valeur
de X. En général les suites trigonométriques auxquelles nous
sommes parvenus, en développant les diverses fonctions,
sont toujours convergentes : mais il ne nous a point paru
CHAPITRE 111. 247
nécessaire de le démontrer ici : car les termes qui com-
posent ces suites ne sont que les coefficients des termes des
se'ries qui donnent les valeurs des températures ; et ces
coefficients affectent des quantités exponentielles qui décrois-
sent très-rapidement , en sorte que ces dernières séries sont
très-convergentes. A l'égard de celles oii il n'entre que des
sinus ou des cosinus d'arcs multiples, il est également facile
de prouver qu'elles sont convergentes, quoiqu'elles repré-
sentent les ordonnées des lignes discontinues. Cela ne résulte
pas seulement de ce que les valeurs des termes diminuent
continuellement; car cette condition ne suffit pas pour établir
la convergence d'une série. 11 est nécessaire cpie les valeurs
auxquelles on parvient , en augmentant continuellement le
nombre des termes , s'approchent de plus en plus d'une
limite fixe, et ne s'en écartent que d'une quantité qui peut
devenir moindre que toute grandeur donnée : cette limite
est la valeur de la série. Or on démontre rigoureusement
que les suites dont il s'agit satisfont à cette dernière condition.
229.
Nous reprendrons l'équation précédente (;;.) dans laquelle
on peut donner à x une valeur quelconque ; on considérera
cette quantité comme une nouvelle ordonnée , ce qui
donneia lieu à la construction suivante.
Ayant tracé sur le plan des x et y {voj. fig. 8 ) le rectangle
dont la base o t. est égale à la demi-circonférence , et dont la
hauteur est 7 t. , sur le milieu m du côté parallèle à la base
on élèvera perpendiculairement au plan du rectangle une
ligne égale à ^ t^, et par l'extrémité supérieure de cette
ligne, on tirera des droites aux quatre angles du rectangle.
On formera ainsi une pyramide quadrangulaire. Si l'on
û48 THEORIE DE LA CHALEUR.
porte maintenant sur le petit côté du rectangle, à partir du
point o, une ligne quelconque e'gale à a, et que par l'ex-
trémité' de cette ligne on mène un plan parallèle à la base
o 77, et perpendiculaire au plan du rectangle, la section com-
mune à ce plan et au solide sera le trapèze, dont la hauteur
est égale à a. L'ordonnée variable du contour de ce trapèze
est égal, comme nous venons de le voir, à
— Tsin. K sin. *' -t-ô-,sin. 3 a sin. 3^+ ?^ sin.5a sin. 5 a;
+ — sin. 7 a sin. •] x + etc. j ;
Il suit de là qu'en appelant x, y, z, les coordonnées d'un
point quelconc[ue de la surface supérieure de la pyramide
quadrangulaire que nous avons formée, on aura pour Téquii-
tion de la sui^face du polyèdre, entre les limites
I sin.arsin. r sin. 3 .r sin. 3 r sin. 5;f sin. 5 r
-.z= ^-h 3, =^+ ^-^ + etc.
Cette série convergente donnera toujours la valeur de l'or-
donnée ;: ou de la distance d'un point quelconque de la
surface au plan des x et j'.
Les suites formées de sinus ou de cosinus d'arcs multiples
sont donc propres à représenter entre des limites déter-
minées , toutes les fonctions possibles , et les ordonnées des
lignes ou des surfaces dont la loi est discontinue. Non seu-
lement la possibilité de ces développements est démontrée ,
mais il est facile de calculer les termes des séries ; la valeur
d'un coefficient quelconque dans l'équation :
oa'=rt, sin. a; -»-«:, sin. 20; + «23 sin. ?)x-\- .„.-\-a, sin. « a; 4- etc.
CHAPITRE III. a49
est celle d'une intégrale définie , savoir :
if?-^
sni. i x.ax
de
Quelle que puisse être la fonction ç.r, ou la forme de la
courbe qui la représente, l'intégrale a une valeur déterminée
qui peut être introduite dans le calcul. Les valeurs de ces
intégrales définies sont analogues à celle de l'aire totale
fv^xdx comprise entre la courbe et l'axe dans un inter-
valle donné, ou à celles des quantités mécaniques, telles
que les ordonnées du centre de gravité de cette aire ou d'un
solide quelconque. Il est évident que toutes ces quantités
ont des valeurs assignables soit que la figure des coips soit
régulière, soit qu'on leur donne une forme entièrement
arbitraire.
280.
Si l'on applique ces principes à la question du mouvement
des cordes vibrantes, on résoudra les difficultés qu'avait
d'abord présentées l'analyse de Daniel Bernouiiii. La solu-
tion donnée par ce géomètre suppose qu'une fonction quel-
conque peut toujours être développée en séries de sinus ou
de cosinus d'arcs multiples. Or de toutes les preuves de
cette proposition la plus complète est celle qui consiste à
résoudre en effet une fonction donnée en une telle série
dont on détermine les coëtficients.
Dans les recherches auxquelles on applique les équa-
tions aux différences partielles, il est souvent farile de
trouver des solutions dont la somme compose une iiitégrale
plus générale : mais l'emploi de ces intégrales exigeait que
l'on en déterminât fétendue, et que Ion pût distinguer
33
uào THÉORIE DE LA CHALEUR.
clairement les cas où elles représentent l'intégrale générale
de ceux où elles n'en comprennent qu'une partie. Il était
nécessaire sur-tout d'assigner les valeurs des constantes , et
c'est dans la recherche des coefficients que consiste la diffi-
culté de l'application. Il est remarquable que l'on puisse
exprimer par des séries convergentes , et , comme on le verra
dans la suite ;, par des intégrales définies, les ordonnées des
lignes et des surfaces qui ne sont point assujéties à une loi
continue. On voit par- là qu'il est nécessaire d'admetti^e
dans l'analyse des fonctions qui ont des valeurs égaleç,
toutes les fois que la variable reçoit des valeurs quelconques
comprises entre deux limites données, tandis qu'en substi-
tuant dans ces deux fonctions, au lieu de la variable, un
nombre compris dans un autre intervalle les résultats des
deux substitutions ne sont point les mêmes. Les fonctions
qui jouissent de cette propriété sont représentées par des
lignes différentes , qui ne coïncident que dans une portion
déterminée de leur cours, et offrent une espèce singulière
d'osculation finie. Ces considérations prennent leur origine
dans le calcul des équations aux différences partielles ; elles
jettent un nouveau jour sur ce calcul, et sei^viront à en
faciliter l'usage dans les théories physiques.
23 1.
Les deux équations générales qui expriment le dévelop-
pement d'une fonction quelconque en cosinus ou en sinus
d'arcs multiples donnent lieu à plusieurs remarques qui font
connaître le véritable sens de ces théorèmes, et en dirigent
l'application.
Si dans la série
bcos. X + ccos.2x-h dcos. 3x + ecos.4'^ + etc.
a
CHAPITRE III. 25i
on rend négative la valeur de x, la série demeure la même,
et elle conserve aussi sa valeur si l'on augmente la vari.ible
d'un multiple quelconque de la circontérence 2 7v. Ainsi
dans l'équation
-i;(p,rr=:- / o X d X ->(- COS. X j oxcos.xdx
+ COS. 2x I (fX COS. 2 X dx + COS. 3 xl f X COS. 3xdx + etc. (v)
la fonction o est périodique, et représentée par une courbe
composée d'une multitude d'arcs égaux , dont chacun cor-
respond sur l'axe des abscisses à un intervalle égal à 2 t:. De
plus chacun de ces arcs est composé de deux branches
syméti^iques qui répondent aux deux moitiés de l'intervalle
égal à 2 77.
Supposons donc que l'on trace une ligne d'une forme
quelconque 9 y a et qui réponde à un intervalle égal à 77 ,
(vojez fig. g). Si l'on demande une série de la forme
a + b COS. X -\' c COS. 0.x -{- d cos. ?)x + etc.
telle qu en mettant au lieu de x une valeur quelconque X
comprise entre o et r , on trouve pour la valeur de la série
celle de lordonnée X ç, il sera facile de résoudre cette ques-
tion : car les coefficients donnés par l'équation (v) sont
- I tfX dx , 5 / <fX COS. 2.x dx, - I fX cos. 3 x dx, etc.
Les diverses intégrales qui sont prises de ^ = 0 à a' = 7:,
ayant toujours des valeurs mesurables comme celle de l'aire
o 9 rt -^T, et la série formée par ces coefficients étant toujours
32.
+
252 THÉORIE DE LA CHALEUR.
convergente, il n'y a aucune forme de la ligne (f^a, pour
laquelle l'ordonnée X9 ne soit exactement représentée par
le développement
a -\- b COS. .r + ccos. 2^ + dcos. 3a; + ecos. ^x + etc.
L'arc fr^a est entièrement arbitraire ; mais il n'en est pas de
même des autres parties de la ligne, elles sont au contraire
déterminées : ainsi l'arc 9 a qui répond à l'intervalle de
0 à — t: , est le même que l'arc 9 a ; et l'arc total a 9 <^ se
répète pour les parties consécutives de l'axe dont la lon-
gueur est 2 -.
On peut faire varier dans l'équation (v) les limites des
intégrales. Si elles étaient pi'ises depuis a; = — % jusqu'à
ce ^ Tz ^ le résultat serait double ; il le serait aussi si les
limites des intégrales étaient o et 2 tc , au lieu d'être o et u.
b
Nous désignons en général par le signe / l'intégrale qui
a
commence lorsque la variable équivaut à a^ et qui est com-
plète lorsque la variable équivaut k b ; et nous écrirons
l'équation {n) sous la forme suivante :
-779^ = - / <fœdx + cos. .r j fX cos.xdx
o o
COS. ax I (fx cos.2xdx-\- cos. 3 a; / ipxcos.3xdx + etc. (v)
o o
Au lieu de prendre les intégrales depuis ^^o jusqu'à ^=1:,
on pourrait les prendre depuis x = o jusqu'à a; = 2 tt , ou
CHAPITRE III. 253
depuis x = — -ir jusqu'à .r = 77; mais dans chacun de ces
deux cas , il faut écrire au premier membre i: f x au lieu
de 7 TC y X.
232.
Dans l'équation qui donne le développement d'une fonction
quelconque en sinus d'arcs multiples, la série change de
signe et conserve la même valeur absolue lorsque la variable
X devient négative ; elle conserve sa valeur et son signe
lorsque la variable est augmentée ou diminuée d'un mul-
tiple quelconque de la circonférence 277. L'arc f^a (voyez
fig. 10), qui répond à l'intervalle de o à tc est arbitraire;
toutes les autres parties de la ligne sont déterminées. L'arc
ç ç a, qui répond à l'intervalle de o à — 7:, a la même forme
que l'arc donné ç <p « ; mais il est dans une situation opposée.
L'arc total a 9 ç ç ç <^ est répété dans l'intervalle de tt à 3 x ,
et dans tous les intervalles semblables. Nous écrirons cette
équation comme il suit :
■Kfx=sm.x I <fxsm.xdx + sin.îix j<!fx&\w.2.xdx
o o
+ s,\x\.'àxjr^xs,\\i.?>xdx + eX.c. {^)
o
On pourrait changer les limites des intégrales, et écrire
/ OU / au lieu de / ; mais dans chacun de ces deux cas,
o 77 O
n faut écrire au premier membre ir 9 a^, au lieu de j tt 9 x.
233.
La fonction (fx, développée en cosinus d'arcs multiples,
254 THEORIE DE LA CHALEUR.
est représentée par une ligne forme'e de deux arcs égaux
placés symétriquement de part et d'autre de Taxe des j, dans
l'intervalle de — tt à + tc {voj. fig. ii); cette condition est
exprimée ainsi çx=o ( — x). La ligne qui représente la
fonction i]; jc est au contraire formée dans le même inter-
valle de deux arcs opposés , ce qu'exprime l'équation
4» ^' = • — ij/ ( — x).
Une fonction quelconque F x , représentée par une ligne
tracée arbitrairement clans l'intervalle de — 7; à + t, peut
toujours être partagée en deux fonctions telles que r^x et ^x.
En effet, si la ligne F' F' m F F représente la fonction ¥ x,
et que l'on élève par le point o l'oi'donuée o lu , ou ti-acera
par le point m à droite de l'axe o m l'arc Jnff semblable
à l'arc m F' F' de la courbe donnée , et à gauche du même
axe on tracera l'arc niff semblable à l'arc m FF; ensuite
on fera passer par le point m une ligne 9' 9' m 9 9 cjui
partagera en deux parties égales la différence de chaque
ordonnée o; F ou x f à l'ordonnée correspondante xf ou
x F'. On tracera aussi la ligne ^' i^' o i^ \ ^ dont l'ordonnée
mesure la différence de l'ordonnée de F' F' m F F à celle de
f'f ^^^ff- ^^^^ posé, les ordonnées de la ligne FF' m. FF
et de la ligne//" mff étant désignées l'une par Fx et la
seconde paryA',on aura évidemmentyx==F( — a); désignant
aussi l'ordonnée de 9' 9' m 99 par 9 a;, et celle de il ^ o ij; y
par 4*^, on aura
Y x^^qx + '1(X-\- et/x = (fx — <\ix = F{ — x)
donc
'ox = ^¥x + {F{—x)et<^x=^Fx — ^F(—x),
CHAPITRE III. aSô
on en conclut
(p^=z(p( — x) et ^x^= — ij* l — ^)'-i
ce que la construction rend d'ailleurs e'vident.
Ainsi les deux fonctions 90; et i^ x , dont la somme équi-
vaut à ¥ X , peuvent être développées l'une en cosinus d'arcs
multiples et l'autre en sinus.
Si l'on applique à la première fonction l'écpiation (v), et à
la seconde l'équation (jx), en prenant dans l'une et l'autre les
iutégi\ales depuis ^=—7: jusqu'à x^iz^ et si l'on ajoute les
deux résultats , on aura
/+ COS. jrycpx d.T-\- COS. Q.xf<!fxcos.ixdx + etc.
9 X dx
+ sin. X f if X d X -\- iva. ixfi^xsxw. ixdx-\-^Xc,
les intégrales doivent être prises depuis x= — -r jusqu'tà
x=T.. Il faut remarc[uer maintenant que dans l'intégrale
I (fxcos.xdx on pourrait, sans en changer la valeur,
mettre fX + <!fX au lieu de 9 x : car la fonction cos. x étant
composée, à droite et à gauche de l'axe des x, de deux parties
semblables , et la fonction i)/ x étant au contraire formée de
+™
deux parties opposées, l'intégrale ji/x co&.xdx est nulle. Il
— 77
en serait de même si l'on mettait cos. 2.x ou cos. 3 a; et en géné-
ral COS. ix au lieu de cos. x, i étant un des nombres entiers de-
puis o jusqu'à l'infini. Ainsi l'intégrale/ a^x cos ix dx est la
256 THÉORIE DE LA CHALEUR,
même que l'intégrale
j [^x + ^ x) COS. ix dx ou / Fx cos. i x dx ;
+™
On reconnaîtra aussi que l'intégrale / ^x sin. ix dx est égale
-\--.
à l'intégrale j ¥ x sin. ix dx , parce que l'intégrale
/
<s^x sin. IX a X
est nulle. On obtient par-là l'équation suivante (y;), qui
sert à développer une fonction quelconque en une suite
formée de sinus et de cosinus d'arcs multiples ;
- -l-cos. xfY X COS. X d X -\- COS. i.xfY x cos. ix dx-\-c\.c.
^Fx=- jFxdx (p)
^J -\- s\x\. xfY X sn\. xdx ^ sin. t-x/Y xs\n. a x dx-\-çic.
234.
La fonction Y x, qui entre dans cette équation, est repré-
sentée par une ligne F'F'FF, d'une forme quelconque. L'arc
F'F'FF, qui répond à l'intervalle de — rà + r, est arbitraire;
toutes les autres parties de la ligne sont déterminées, et
l'arc F'F'FF est répété dans tous les intervalles consécutifs
dont la longueur est it.. Nous ferons des applications fré-
quentes de ce théorème, et des équations précédentes [pi)
et («).
CHAPITRE ni. â57
/
\
Si l'on suppose dans l'équation {p) que la fonction ¥ x
est repre'sente'e, dans l'intervalle de — i: à + -17, par une ligne
composée de deux arcs égaux symétricjuement placés, tous
les tenues c|ui contiennent les sinus s'évanouiront, et l'on
trouvera l'équation (jn). Si au contraire la ligne qui repré-
sente la fonction donnée ¥ x est formée de deux arcs égaux
de situation opposée, tous les termes qui ne contiennent
point les sinus disparaissent , et l'on trouve l'équation (//).
En assujétissant la fonction F' x à d'autres conditions , on
trouverait d'autres résultats.
On écrira dans l'équation générale (/>), au lieu de la va-
riable X, la quantité ir - , ^ désignant une autre variable,
et 2/' la longueur de l'intervalle dans lequel est placé l'arc
qui représente Fa;; cette fonction sera F (-- } , que nous
désignerons pary.r. Les limites cjui étaient x^ — -t: et ,r=r
deviendront tt — = — 77,7:— = tt; on aura donc, après la
substitution
+r + cos. Ç-i^-j f/xcos.Ç—jdx + cos.f^iTz-jl/xcos.fs.Tz'j^jdx+etc.
r/x=^ j fx dx (P)
+ sin. (^77^) //^'sin.(^) J.r + sin. (■2t:'^^ ffxsm. (2-^) r/.r+ etc.
toutes les intégrales doivent être prises comme la première,
de x^ — /• à ^==4- /■. Si l'on fait la même substitution dans
les écjuations (/?) et {m)^ on aura
r
{rfx=ifxdx + COS. f-^J fxcos. (t^^') dx + cos. (^tj^j f/xcos. ^2 77 -V/ an- etc.
o
33 (N)
258 THEORIE DE LA CHALEUR.
r
et;' 7'f x = s>in.( t:-\ If X. un. Tt: — j dx + sin, TaTT - j j fx sin. (2.-~\dx + etc.
o ' ■ (M)
dans la première équation (P) , les intégrales pourraient
être prises depuis .r = o jusqu'à .r=2/', et en représentant
par X l'intervalle total 2 1', on aura
+ COS. (niz^^j Ifx COS. (2-- j dx -¥ cos.(i . iT.'^j j fx co?,.q.(2.t: ^dx+etc.
\fx=- Ifx dx
+ sin. (^.Tt^jfx sin. T 2 x^J c?a -i-sin.2. (a-n^Jlfxsm.zfu-K y) dx+etc.
(n)
235.
Il résulte de tout ce qui a été démontré dans cette section ,
concernant le développement des fonctions en séries trigo-
nométriques, cjue si l'on propose une fonction y^^, dont la
valeur est représentée dans ini intervalle déterminé, depuis
,r = o jusqu'à x = X, par l'ordonnée d'une ligne courbe
tracée arbitrairement on pourra toujours développer cette
fonction en ime série cjui ne contiendra que les sinus, ou
les cosinus, ou les sinus et cosinus des arcs multiples, ou les
seuls cosinus des multiples impairs. On emploiera , poui' con-
naître les termes de ces séries, les équations (M), (N), (P).
On ne peut résoudre entièrement les questions fonda-
mentales de la théorie de la chaleur, sans réduire à cette
forme les fonctions qui représentent l'état initial des tem-
pératures.
Ces séries trigonométriques, ordonnées selon les cosinus
ou les sinus des multiples de l'arc, appartiennent à l'analyse
élémentaire, comme les séries dont les termes contiennent
CHAPITRE IIÏ. aS,)
les puissances successives de la variable. Les coefficients des
séries trigonométriques sont des aires définies, et ceux des
séries de puissance sont des fonctions données par la diffé-
rentiation, et dans lesquelles on attribue aussi à la variable
une valeur définie. Nous aurions à ajouter plusieurs remar-
ques concernant l'usage et les propriétés des séries trigono-
métriques; nous nous bornerons à énoncer brièvement celles
qui ont un rapport plus dii'ect avec la théorie dont nous
nous occupons. , .... .^
1° Les séries ordonnées selon les cosinus ou les sinus des
arcs multiples sont tonjours convergentes, c'est-à-dire qu'en
donnant à la variable une valeur quelconque non imagi-
naire, la somme des termes converge de plus en plus vers
une seule limite fixe, qui est la valeur de la fonction déve-
loppée.
2° Si l'on a l'expression de la fonction y.f qui répond à
une série donnée
a-\-h COS. x+ c cos. ix + d cos. 3x + e cos. ^x + etc. ,
et celle d'une auti'e fonction (fX, dont le développement
donné est
a -H P COS. ^ + y COS. '2 X + è COS. 3x + e COS. ^x-\- etc. ;
il est facile de trouver en termes réels la somme de la série
composée ^av.-hb'^ + cy + d^ + ee-i- etc. , et plus généra-
lement celle de la série
a c/.-h b f!,cos.x + c y COS. 2X + d ^ cos. 3^-1- e s cos. 4 -p + ftc.
que l'on forme, en comparant terjue à terme les deux séries
33.
26o THÉORIE DE LA CHALEUR.
données. Cette remarque s'applique à un nombre quelconque
de séries. -- ■?■ •>--'f-
3° La série (P) (art. 234) qui donne le développement
d'une fonction F^ en une suite de sinus et de cosinus d'arcs
multiples , peut être mise sous cette forme :
/+COS. xf¥o. COS. a t/a+cos. 2 xfV a cos. 2 a c/a+etc.
+ sin. jr-yPasin. a^a + sin. 2 xf¥ asin. 2 ao^a+etc.
« étant une nouvelle variable qui disparaît après les intégra-
tions. On a donc
~J^ ^ , -\- COS. X COS. a + COS. 2 x cos. 2 a + cos. 3 x cos. 3 a -f- etc. \
^ -h sin. A' sin. « + sin. 2 .r sin. 2 a + sin. 2 .r sin. 3 a + etc./
ou
F X= - I (- + cos. .a? a + cos. 2a? a +COS. 3.x a + etc. j
Donc, en désignant par 2 cos. ix — a, la somme de la série
précédente, prise depuis j=i jusqu'à i = -, on aura
Fœ=- JFadaflcos.ia; — a+-j.
L'expression — i- 2 cos i x — a représente une fonction de x
et de a telle que si on la multiplie par une fonction quel-
conque Fa, et, si après avoir écrit dx, on intègre entre les
limites a = — tt et a = r, on aura changé la fonction pro-
posée F a en une pareille fonction de x multipliée par la
demi-circonférence tt. On verra par la suite quelle est la na-
ture de ces quantités , telles que - + 2 cos. ix — tx., qui jouis-
sent de la propriété que l'on vient d'énoncer.
CHAPITRE m. a6i
40 Si dans les équations (M) (N) et (P) (art. 234) qui
e'tant divisées par /• donnent le développement d'une fonc-
tion fx, on suppose que l'intervalle /■ devient iniînimtMit
grand; chaque terme de la se'rie est un élément infiniment
petit d'une intégrale; la somme de la série est alors repré-
sentée par une intégrale définie. Lorsque les corps ont des
dimensions déterminées, les fonctions arbitraires qui repré-
sentent les températures initiales , et qui entrent dans les
intégrales des équations aux différences partielles, doivent
être développées en séries analogues à celles des équations
(M), (N), (P); mais ces mêmes fonctions prennent la forme
des intégrales définies , lorsque les dimensions des corps
ne sont point déterminées , comme on l'expliquera dans
la suite de cet ouvrage, en traitant de la diffusion libre de
la chaleur.
SECTION VII.
Application a la question actuelle.
236.
Nous pouvons maintenant résoudre d'une manière géné-
rale la question de la propagation de la chaleur dans une
lame rectangulaire BAC, dont l'extrémité A est constam-
ment échaiiffée, pendant que ses deux arêtes infinies B et C
sont retenues à la températui'e o.
Supposons que la température initiale de tous les points
de la table BAC soit nulle, mais que celle de chaque point
m de l'arête A soit conservée par une cause extérieure quel-
conque, et que cette valeur fixe soit une fonction y.i' de la
262 THÉORIE DE LA CHALEUR.
distance du point m à l'extrémité o de l'arête A, dont la
longueur totale est 2 r; soit v la température constante du
point m, dont les coordonnées sont / et ^, il s'agit de déter-
miner V en une fonction de y et x. La valeur
— m y .
q) = a e sm. J7ix
satisfait à l'équation j~+ S^~*^' '^ ^^ "^ ^°"* ^^^ quan-
tités quelconques. Si l'on prend Jii = i- , et que i soit un
nombre entier, la valeur ae ' ' rsin.fir.-j deviendra nulle,
lorsque œ = r, quelle que soit d'ailleurs la valeur de j. On
pourra donc prendre pour une valeur plus générale de v
' r y ■> y
v=a^e '^ sm. f TC- j + «,e ^sm. f ax- j + «je '' sm.f ^7r-J + etc,
-- Si l'on suppose j nulle, la valeur de v sera d'après l'hypo-
thèse égale à la fonction connue, _/x. On aura donc
/a; = <^xsin. (-K-^+a sin. raiv^j + «3 sin-rSTî^j-t- «4 sin.r4- 7) + etc.
On déterminera les coefficients a, a„ a^ a^ a., etc., au moyen
de l'équation (M) , et en les substituant dans la valeur de v
on aura
2
" •- ?,in. (t. -^ ff X s\n. (tz-^ d X -\- e " '' un. fzTz^jj/xsm. ÇzTz'^jdx
+ e '' '^f^-K-j I /x sin.f3T:'^^/\dx + etc.
CHAPITRE III. 263
2.3n.
En supposant dans l'équation précédente ■K = r, on aura
la même solution sous xme forme plus simple, savoir:
-^T^'=e -^ sin.x lyccsin.jcdjc + e ■^?,iu,2.xdxlfxsh\.2.xdx
-\-e -^ sin. 3x l/xsm.3xdx + etc. (a) ou
-r.v^= l/v.da.(e "^^sin-o^sin. a + e ' s\n. 2. x sm. 'j. a.
o
+ e -^sin. 3a'sin. 3a + etc. j ;
a est une nouvelle variable qui disparaît après l'intégration.
Si l'on détermine la somme de cette série ; et si l'on en fait
la substitution dans la dernière équation, on aura la valeur
de V sous une forme finie. Le double de la série équivaut à
(' ^^(cos. .r — « — cos.a.' + a) + e -^(cos. 2^ + a — COS. 2.X-\-a.
+ e -^(cos. 3a; — a — COS. 3^ + a) ^ etc.
désignant par ¥{y,p) la somme de la série infinie
— y — 2 1" — &Y f
e • COS. p + e "^ COS. 2/? + e ■ cos. 4/* + <^tc.
on en conclura
■K
t:V=^ JFadix iF(j,X — a,) — F{y,X + u)).
264 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On a
aF(j,/?)= _ _
_^—{f + pv^~^) ^—{f—p^~^)
I — e
ou
{f+py'-') j_g— (r— p»/-')
— y
cos.p — e
1' 1
J'F)-
e''' — 2 cos,
■ p + e
—X
donc
O
doL
1
-e-^
.-■^
COS. X -
- a
cos. j? 4- a —
I^V
— 2 COS.
' e^-
â + e
X-
-a. + e"^
2 COS. X +
^
ou
o
1
da
:i{e-^ — e~
-■^)sin.
.r.sin. a
TT V
((.^
2C0S
>. X
— a + e
■^{e^.
t + e~
n
— 2 cos.ar + c
T.V:
OU décomposant le coefficient en deux fractions,
'J \.e — 2C0S. j: — a + e e — 2COS. or-f-a + e /
o
Cette équation contient sous la forme finie, et en termes
réels, l'intégrale de l'équation -j-^ + -7-7 = o, appliquée à
la question du mouvement uniforme de la chaleur dans un
solide rectangulaire , exposé par son extrémité à l'action
constante d'un seul foyer.
CHAPITRE III. 265
Il est fîicile de reconnaître les rapports de cette intégrale
avec l'intégrale générale, qui a deux fonctions arbitraires;
ces fonctions se trouvent déterminées par la nature même
de la question, et il ne reste d'arbitraire que la fonctionya,
considérée entre les limites a = o et a = •jt. L'équation (r?)
représente, sous une forme simple, propre aux applications
numériques, cette même valeur de v réduite en une série
convergente.
Si l'on voulait déterminer la quantité de chaleur que le
solide contient lorsqu'il est parvenu à son état permanent;
on prendrait X'iwVé^XiAQfdx fdjv depuis .t'=o jusqu'à a- = 7r,
et depuis j = o jusqu à j= - ; le résultat serait proportionnel
à la quantité cherchée. En général il n'y a aucune propriété
du mouvement uniforme de la chaleur dans une lame rec-
tangulaire, qui ne soit exactement représentée par cette solu-
tion. Nous envisagerons maintenant les questions de ce genre
sous un autre point de vue, et nous déterminerons le mou-
vement varié de la chaleur dans les différents corps.
34
1 «.«.-*«. W»%V%WX«^l^%.-WV%-«>Vk«W^%-V««.X««.%-«.\'«^%.'%««.^««.V%V«'%V^%t.^^»^^V^.^W«WXI
CHAPITRE IV.
DU MOUVEJIENT LINEAIRE ET VARIE DE LA CHALEUR
DANS UNE ARMILLE.
SECTION PREMIERE.
Solution générale de la question.
238.
-L'ÉQUATION qui exprime le mouvement de la chaleur
dans une armille a été' rapportée dans l'article io5; elle est
dv Y^ d^v hl ,,,
'dt CD Z^ CDS'^" ^^
Il s'agit maintenant d'intégi-er cette équation , on écrira seu-
lement — = K -j—^ — hv , la valeur de K représentera -rg ,
celle de /i sera— yr^, x désigne la longueur de l'arc compris
entre un point m de l'anneau et l'origine o, v est la tempé-
rature que l'on observerait en ce point m après un temps
donné t. On supposera d'abord 'v=^e~*" u , u étant une
nouvelle indéterminée, on en tirera -^ = K -r—^ ; or cette
dernière équation convient au cas où l'irradiation serait
nulle à la surface, puisqu'on la déduirait de la précédente
CHAPITRE IV. S67
en V foisant A :=: o : on conclut de là que les différents
points de l'anneau se refroidissent successivement , par
l'action du milieu, sans que cette circonstance trouble en
aucune manière la loi de la distribution de la chaleur.
En effet, en intégrant l'équation -^ = K -;— ^, on trouverait
les valeurs de u qui répondent aux différents points de
l'anneau dans un même instant, et l'on connaîtrait quel serait
l'état du solide si la chaleur s'y propageait sans qu'il y eût
aucune déperdition à la surface; pour déterminer ensuite
quel aurait été 1 état du solide au même instant, si cette
déperdition eût eu lieu, il suffii'ait de multiplier toutes les
valeurs de u prises pour les divers points, et pour un même
instant, par une même fraction qui este"'". Ainsi le refroi-
dissement qui s'opère à la surface ne change point la loi de
la distribution de la chaleur; il en résulte seulement que la
température de chaque point est moindre qu'elle n'eut été
sans cette circonstance , et elle diminue pour cette cause
proportionnellement aux puissances successives de la frac-
tion e~*'.
289.
La question étant réduite à intégrer l'équation y-=K-T-;,
on cherchera, en premier lieu, les valeurs particulières les
plus simples que l'on puisse attribuer à la variable a ; on en
composera ensuite une valeur générale, et l'on démontrera
que cette valeur est aussi étendue que l'intégrale qui
contient une fonction arbitraire en x , ou plutôt qu'elle est
cette intégrale elle-même, mise sous la forme qu'exige la
question, en sorte qu'il ne peut y avoir aucune solution
différente.
34
268 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Oa remarquera d abord que l'équation est satisfaite si l'on
donne à u la valeur particulière a e"" sin. n x , m et n étant
assujétis à la condition 7?^ = — K/r. On prendra donc pour
une valeur paiticulière de u la fonction a e sin. n x.
Pour que cette valeur de u convienne à la cjuestion , il faut
qu'elle ne change point lorscpie la distance x est augmentée
de la quantité 2 tt r, /■ désignant le rayon moyen de l'anneau.
Donc 2.n r. r doit être un multiple i de la circonférence 2 t. ;
ce cjui donne « = 7. On peut prendre pour « un nombre
entier quelconque; on le supposera toujours positif parce
que, s'il était négatif, il suffirait de changer dans la valeur
a e sin. nx le signe du coefficient <2. Cette valeur parti-
k ;■' C
culière ae >' sin. ^ ne pourrait satisfaire à la question
proposée cju'autant qu'elle représenterait l'état initial du
solide. Or en foisant /^ = o, on trouve n = a sin. ^ : sup-
posons donc que les valeurs initiales de u soient exprimées
en effet par a sin. — , c'est-à-dire que les températures pri-
mitives des différents points soient proportionnelles aux
sinus des angles compris entre les rayons qui passent par
ces points et celui qui passe par l'origine, le mouvement de
la chaleur dans l'intérieur de l'anneau sera exactement
représenté par l'équation /A = rt e '^'sin.-^, et si l'on a
égard à la déperdition de la chaleur par la surface^ on
CHAPITRE IV. 269
trouvera v = ae '- ' sin. -. Dans le cas dont il s agit,
qui est le plus simple de tous ceux que l'on puisse con-
cevoir , les températures variables conservent leurs rapports
primitifs, et celle d'un point quelconque diminue comme
les puissances successives d'une fraction qui est la même
pour tous les points.
On remarc[uera les mêmes propriétés si l'on suppose que
les températures initiales sont proportionnelles au sinus du
double de l'arc — , et cela a lieu en général lorsque les tem-
pératures données sont représentées par a sin. i - , i étant
un nombre entier quelconque. •
On arrivera aux mêmes conséquences, en prenant pour
valeur particulière de u la quantité a e cos. n x : on
a aussi
i 2 n -K r= 2 i t: et n = - : donc l'équation
11 = a e r-' COS. —
exprimera le mouvement de la chaleur dans l'intérieur de
l'anneau si les températures initiales sont représentées par
l X
COS.
/•
Dans tous ces cas , où les températures données sont pro-
portionnelles aux sinus ou aux cosinus d'un multiple de
l'arc —, les rapports établis entre ces températures subsis-
tent continuellement pendant la durée infinie du refroidis-
270 THEORIE DE LA CHALEUR.
sèment. Il en serait de même si les températures initiales
étaient représentées par la fonction a sin. — + Z» cos. — ;- ,
«étant un nombre entier, a et h des coërficients quelconques.
240.
Venons maintenant au cas général dans lequel les tempé-
ratures initiales n'ont point les rapports que l'on vient de
supposer, mais sont représentées par une fonction quel-
conque Fa:. Donnons à cette fonction la forme 9 T- j en sorte
qu'on ait F a: = 9 T- j , et concevons que la fonction 9 (-)
est décomposée en une série de sinus ou de cosinus d'arcs
multiples affectés de coefficients convenables. On posera
l'équation
a sin. To - j-l- «, sin.Ti — ) + <7.sin. Ta - j -+- etc.
»©= \ '\ l w
+ Z»„ COS. (o ^ j + h, cos. (i^^ + b, cos. (i-j+ etc.
Les nombres <7„ a, a^. . . b„ b, b,. . . sont regardés comme
connus et calculés d'avance. Il est visible que la valeur de
u sera alors représentée par l'équation :
U--
:b'-
b^cos.—
r
ht
<7„Sin.2
è,C0S.2-
kt
-t- etc.
En effet, 1° cette valeur de u satisfera à l'équation
du fj </' u
de djc' ^
CHAPITRE IV. 271
parce qu'elle est la somme de plusieurs valeurs particu-
lières ; 2" elle ne changera point lorsqu'on augmentera la
distance x d'un multiple quelconque de la circonférence de
l'anneau; 3° elle satisfera à l'ëtat initial, parce qu'en faisant
/rrrro, on trouvcra l'ëquation (s). Donc toutes les conditions
de la question seront remplies , et il ne restera plus qu'à
multiplier par e cette valeur de m. . •
24 !•
A mesure que le temps t augmente , chacun des termes
qui compose la valeur de u devient de plus en plus petit ; le
système des températures tend donc continuellement à se
confondre avec l'état régulier et constant dans lequel la
différence de la température u a la constante b^ est re-
présentée par (a sin. -+ h cos. -) e ' ' • Ainsi les va-
leurs particulières que nous avons considérées précédem-
ment, et dont nous composons la valeur générale, tirent
leur origine de la cpiestion elle-même. Chacune d'elles re-
présente un état élémentaire qui peut subsister de lui-même
dès qu'on le suppose formé; ces valeurs ont une relation
naturelle et nécessaire avec les propriétés physiques de la
chaleur.
Pour déterminer les coefficients a„a, a^a^. . . h^b^ Z». b^ etc.
on emploiera l'équation (n) art. 234, qui a été démontrée
dans la dernière section du chapitre précédent.
L'abscisse totale désignée par X dans cette équation sera
"x-r, a; sera l'abscisse variable, et / x représentera l'état
initial de l'anneau, les intégrales seront prises depuis x^=o
272
THÉORIE DE LA CHALEUR.
I
jusqu'à x=2 r r, on aura donc
TC rj'x= - jj'x dx-{-
COS. f—j COS. f~j /"x dx + COS. [2 — ) /cos. (i--\fxdx
sin. f-jfsm.f'-jJ'xdx + sm.fQ. — jsm. (o.-Afx dx
etc.
Connaissant ainsi les valeurs de a„ a, a, a^. . .h^h^ h^ h^ , etc.
on les substituera dans 1 équation , et l'on aui'a l'équation
suivante , qui contient la solution complète de la question
Tirv:
— ht
(^-Jfxdx+
s\n.-l(s\r\.—fx dx\
COS. jf COS.- /x dxj
e ~ sin-Ta-) /sin.ra-j/'xfZ^
cos. fa^ j /cos-Ta -Afxdx
ht
■+et|
(E)
2 T. r. Le premier terme -^ ^-^ ' ' '- qui sert à
Toutes les intégrales doivent être prises depuis a; = o
jusqu'à x
fcirmer la valeur de v , est évidemment la température
moyenne initiale, c'est-à-dire, celle qu'aurait chaque point
si toute la chaleur initiale était également répartie entre
tous les points.
On peut appliquer l'équation précédente (E), quelle que
soit la forme de la fonction donnée /"a;. Nous considérerons
deux cas particuliers, savoir: «1° celui qui a lieu lorsque
l'anneau ayant été élevé par l'action d'un foyer à des tempé-
ratures permanentes, on supprime tout- à -coup le foyer;
3° le cas où la moitié de l'anneau échauffée également dans
CHAPITRE IV. ayi
tous ses points serait réunie subitement à l'autre moitié qui
aurait, dans toutes ses parties, la température initiale o.
On a vu précédemment (art. io6) que les températures
permanentes de l'anneau sont exprimées par l'équation
v ^=a OL -\~ h a ',etla quantité a a pour valeur e f"^-,
l est le contour de la section génératrice , et ^ la surface de
cette section. Si l'on suppose qu'il y ait un seul foyer, il sera
nécessaire que 1 on ait 1 équation — = o au point oppose a
celui qui est occupé parle foyer. La condition av. — ha. ' =o
sera donc satisfaite en ce point. Regardons , pour plus de
facilité dans le calcul, la fraction -y — comme égale à l'unité,
et prenons le rayon r de l'anneau pour le rayon des tables
trigonométriques , on aura v^aé+be , donc l'état ini-
tial de l'anneau est représenté par l'équation
, — t: f — T. + x 7t — jr\
v=^oe [e +e y
Il ne reste plus qu'à appliquer l'équation générale (E), et
' en désignant par M la chaleur moyenne initiale , on aura
— ht -HT /i COS. .r — kt coi.ix — -i'kf cos. 3x — 3'/'^ cos. 4-J^ — A''kt \
v=2e M(--:^^^ +^qT-^ -- 3mT^ ^TTT''' -^'^^•}
Cette équation exprime l'état variable d'un anneau solide ,
qui , ayant été échauffé par un de ses points et élevé à des
températures stationnaires , se refroidit dans l air après la
suppression du foyer.
35
274 THÉORIE DE LA CHALEUR.
243.
Pour faire une seconde application de l'e'quation géné-
rale (E) nous supposerons que la chaleur initiale est telle-
ment distribuée, qu'une moitié de l'anneau comprise depuis
jj:=:o jusqu'à x=r: a dans tous ses points la température i
et que l'autre partie a la température o. Il s'agit de déter-
miner l'état de l'anneau après un temps écoulé t.
La fonction fx qui représente l'état initial est telle dans
ce cas que sa valeur est i toutes les fois que la variable est
comprise entre o et tt. Il en résulte que l'on doit supposer
fx = i et ne prendre les intégrales que depuis x = o
jusqu'à ,r = TT , les autres parties des intégrales sont nulles
d'après l'hypothèse. On obtiendra d'abord l'équation sui-
vante qui donne le développement de la fonction proposée
dont la valeur est i depuis x = o jusqu'à x = tt et nulle
depuis .r = TC jusqu'à a; = 2 w
fx=- + ^(sm.x+ ^sin. 3.r + ^sin. So-^-sin. 7^ + etc. j
Si maintenant on substitue dans l'équation générale les
valeurs qu'on vient de trouver pour les coefficients con-
stants , on aura l'équation
i — ht /i . —kt I . Q — 3'Â^ I • ■ r — 5"^-^ * \
-T:v=e (^TT + sni.o-e +iiSi\\.oxe +^s,\n.'oxe -l- etc. )
2 V4 J 5 y
qui exprime la loi suivant laquelle varie la température à
chaque point de l'anneau, et fait connaître son état après
un terme donné, nous nous bornerons aux deux applica-
tions précédentes, et nous ajouterons seulement quelques
observations sur la solution générale exprimée par l'équa-
tion (E)
CHAPITRE IV. 275
244.
1° Si l'on suppose k infini, l'état de l'anneau sera exprimé
ainsi r r v = e * - l/œ dx, ou désignant par M la tem-
pérature moyenne initiale v=e * M. La température d'un
point quelconque deviendra subitement égale à la tempéra-
ture moyenne et les diftérents points conserveront toujours
des températures égales, ce qui est une conséquence néces-
saire de l'hypothèse où l'on admet une conducibilité infinie.
2<* On aura le même résultat si le rayon /• de l'anneau est
infiniment petit.
3° Pour trouver la température moyenne de l'anneau
après un temps t il faut prendre l'intégrale yy a:' dx depuis
a; = o juscju'à x = 2t: r, et diviser par 2 x r. En intégrant
entre ces limites les différentes parties de la valeur de u, et
supposant ensuite x = 2. -k r, on trouvera que les valeurs
totales des intégrales sont nulles excepté pour le premier
terme; la température moyenne a donc pour valeur, apiès
le temps t , la quantité e M. Ainsi , la température
moyenne de l'anneau décroît de la même manière que si la
conducibilité était infinie, les variations occasionnées par la
propagation de la chaleur dans ce solide n'influent point
sur la valeur de cette température.
Dans les trois cas que nous venons de considérer la tem-
pérature décroît proportionnellement aux puissances de la
fraction e , ou, ce qui est la même chose, à fordorniée
d'une courbe logarithmique, l'abscisse étant égale au temps
écoulé. Cette loi est connue depuis long-temps, mais il faut
36.
orj^ THÉORIE DE LA CHALEUR.
remarquer qu'elle n'a lieu en général que si les corps ont
une petite dimension. L'analyse précédente nous apprend
que si le diamètre d'un anneau n'est pas très-petit, le refroi-
dissement d'un point déterminé ne serait pas d'abord
assujéti à cette loi, il n'en est pas de même de la tempé-
rature moyenne qui décroît toujours proportionnellement
aux ordonnées d'une logarithmique. Au reste , il ne faut
point perdre de vue que la section génératrice de l'armille
est supposée avoir des dimensions assez petites pour que les
points de la même section ne diffèrent point sensiblement
de température.
4° Si l'on voulait connaître quelle est la quantité de
chaleur qui s'échappe dans un temps donné par la superficie
d'une portion donnée de l'anneau, il faudrait employer l'in-
tégrale h lfdtf\i dx, et prendre cette intégrale entre les
limites qui se rapportent au temps. Par exemple, si l'on
choisit o , 2 r pour les limites de ^ , et o , - pour les li-
mites de t , c'est-à-dire si l'on veut déterminer toute la
quantité de chaleur qui s'échappe de la superficie entière
pendant toute la durée du refroidissement, on doit trouver
après les intégrations un résultat égal à toute la chaleur
initiale , ou 2 iv r M , M étant la température moyenne
initiale.
5° Si l'on veut connaître combien il s'écoule de chaleur
dans un temps donné , à travers une section déterminée de
dt ~ ^ en
mettant pour -^ la valeur de cette fonction , prise au point
dont il s'agit.
CHAPITRE IV. 277
245.
6" La chaleur tend à se distribuer dans l'anneau , suivant
une loi qui doit être remarquée. Plus le temps écoulé aug-
mente et plus les termes qui composent la valeur de v dans
l'équation (E) deviennent petits par rapport à ceux qui les
précèdent. Il y a donc une certaine valeur de t pour laquelle
le mouvement de la chaleur commence à être sensiblement
représenté par l'équation
u = a^ + fa, sin.— + b.cos.^j e r'.
Cette même relation continue à subsister pendant la durée
infinie du refroidissement. Si dans cet état on choisit deux
points de l'anneau, situés aux deux extrémités d'un même
diamètre; en représentant par x, et x^ leurs distances res-
pectives à l'origine , par v, et v, leurs températures corres-
pondantes au temps t ; on aura
Ht ,
x,\ ^\ lit
e
'v,= (a^ + (a, sin.'^' + h, cos. *^j e '^'j
kt
V, = (a^ + (a, sin. — -\-b, cos. ^ J e '^)^
kt ,
— ht
Les sinus des arcs— ^ et — ^ ne diffèrent que par le signe, et
il en est de même des quantités cos. — ^ et cos. -^; donc
V, +-V, kt
— = a e
ainsi la demi -somme des températures des points opposés
donne une quantité a e~ ' qui serait encore la même si
278 THÉORIE DE LA CHALEUR.
' j
l'on avait choisi deux points situés aux extrémités d un autre
diamètre. Cette quantité a e est, comme on l'a vu plus
haut, la valeur de la température moyenne après le temps t.
Donc la demi -somme des températures des deux points
opposés quelconques décroît continuellement avec la tempé-
rature moyenne de l'anneau, et en représente la valeur
sans erreur sensible , après que le refroidissement a dui'é un
certain temps. Examinons plus particulièrement en quoi
consiste cg dernier état qui est exprimé par l'équation
k t ,
a^-h ((^, sin. - + è, cos. -Je '■'Je
Si l'on cherche d'abord le point de l'anneau pour lequel on
a la condition
a, sin. f-j + b, cos. - = o , ou ^ = — arc. tang. f-^J
On voit que la température de ce point est à chaque instant
la température moyenne de l'anneau : il en est de même du
point diamétralement opposé : car l'abscisse oc de ce dernier
point satisferait encore à l'équation précédente
— = arc. tan Cf.
r "
i-kï
Désignons par X la distance à laquelle le premier de ces
points est placé , on aura
. X
sm. —
. r
0, = — a, ^ ,
cos —
r
CHAPITRE IV. 279
et substituant cette valeur de b, , on a
^=(«„+_±i^sin. ("~-)e '-)
X\ -^\ -ht
e
COS.—
r
Si l'on prend maintenant pour origine des abscisses le point
qui répondait à l'abscisse X, et que l'on désigne par u la
nouvelle abscisse x — X , on aura
— ht C j . u \
^ = e [a^ + bs,in.-e >■ y
A l'origine oii l'abscisse u est o et au point opposé, la tem-
pérature V est toujours égale à la température moyenne ;
ces deux points divisent la circonférence de l'anneau en
deux parties dont l'état est pareil , mais de signe opposé ;
chaque point de l'une de ces parties a une température qui
excède la température moyenne et la quantité de cet excès
est proportionnelle au sinus de la distance à l'origine.
Chaque point de l'autre partie a une température mointlre
que la température moyenne et la différence est la même
que l'excès dans le point opposé. Cette distribution symé-
trique de la chaleur subsiste pendant toute la durée du
refroidissement. Il s'établit aux deux extrémités de la moitié
échauffée, deux flux de chaleur dirigés vers la moitié froide
et dont l'effet est de rapprocher continuellement l'une et
l'autre moitié de l'armille de la température moyenne.
246.
On remarquera maintenant que dans l'équation générale
qui donne la valeur de 'V chacun des termes est de la forme
A t
a, sin. i — -\- b, COS. i -j e '•' ,
28o THEORIE DE LA CHALEUR.
on pourra donc tirer, par rapport à chaque terme, des
conséquences analogues aux précédentes. En effet, dési-
gnant par X la distance pour laquelle le coefficient
a, sin. i — l- h, cos. i —
r r
est nul , on aura l'équation b, = — a, tang. / — , et cette
substitution donne , pour la valeur du coefficient ,
a sin
..(^),
a étant une constante. Il suit de là qu'en prenant pour
l'origine des coordonnées le point dont l'abscisse était X ,
et désignant par m la nouvelle abscisse x — X, on aura pour
exprimer les changements de cette partie de la valeur de v
la fonction a e sin. - e r-- .
r
Si cette même partie de la valeur de v subsistait seule
en sorte que les coefficients de toutes les autres fussent nuls,
l'état de l'anneau serait représenté par la fonction
— ht — J' —
ae e •- sm
in. (.-.i;)
et la température de chaque point serait proportionnelle au
sinus du multiple i de la distance de ce point à l'origine.
Cet état est analogue à celui que nous avons décrit précé-
demment , il en diffère en ce que le nombre des points qui
ont une même température toujours égale à la température
moyenne de l'anneau n'est pas seulement 2, mais en général
égal à 2 i. Chacun de ces points ou nœuds sépare deux
CHAPITRE IV. 281
portions contiguës de l'anneau qui sont dans un état sem-
blable, mais de signe oppose. La circonférence se trouve
ainsi divisée en plusieurs parties égales dont letat est alter-
nativement positif ou négatif. Le flux de la ch.ileur est le •
plus, grand possible dans les noeuds, il se dirige toujours
vers la portion qui est dans l'état négatif, et il est nu! dans
le point qui est à égale distance de deux nœuds consécutifs.
Les rapports qui existent alors entre les températures se
conservent pendant toute la durée du refroidissement, et
ces températures varient ensemble très-rapidement propor-
tionnellement aux puissances successives de la fraction
-/. -i^l
Si l'on donne successivement à i les valeurs o , 1,2, 3,4, etc.
on connaîtra tous les états réguliers et élémentaires que la
chaleur peut affecter pendant qu'elle se propage dans un
anneau solide. Lorsqu'un de ces modes simples est une fois
établi, il se conserve de lui-même ; et les rapports qui existaient
entre les températures ne changent point; mais quels que
soient ces rapports primitifs et de quelque manière que
l'anneau ait été échauffé ; le mouvement de la chaleiu' se
décompose de lui-même en plusieurs mouvements simples,
pareils à ceux que nous venons de décrire, et qui s'accom-
plissent tous à-la-fois sans se troubler. Dans chacun de ces >
états la tempéi'ature est proportionnelle au sinus d'un cer-
tain multiple de la distance à un point fixe. La somme de
toutes ces températures partielles, prises pour un seul point
dans un même instant , est la température actuelle de ce
point. Or, les parties qui composent cette somme décrois-
se
3G
a82 THÉORIE DE LA CHALEUR.
sent beaucoup plus rapidement les unes que les autres. Il
en résulte que ces états élémentaires de l'anneau qui corres-
pondent aux différentes valeurs de i, et dont la superposition
détermine le mouvement total de la chaleur, disparaissent en
quelque sorte les uns après les autres. Ils cessent bientôt
d'avoir une influence sensible sur la valeur de la tempéra-
ture, et laissent subsister seul le premier d'entre eux pour
lequel la valeur de i est la moindre de toutes. On se formera
de cette manière une idée exacte de la loi suivant laquelle
la chaleur se distribue dans une armille,et se dissipe par sa
surfiice. L'état de l'armille devient de plus en plus symé-
ti'ique; il ne tarde point à se confondre avec celui vers
lequel il a une tendance naturelle, et qui consiste en ce que
les températures des différents points doivent être propor-
tionnels aux sinus d'un même multiple de l'arc qui mesure
la distance à l'origine. La disposition initiale n'apporte
aucun changement à ces résultats.
SECTION IL
De la communication de la chaleur entre des masses
disjointes.
247.
Nous avons maintenant à faire remarquer la conformité
de l'analyse précédente avec celle que l'on doit employer
pour déterminer les lois de la propagation de la chaleur
entre des masses disjointes; nous arriverons ainsi à une
seconde solution de la question du mouvement de la chaleur
dans une armille. La comparaison de deux résultats fera
CHAPITRE IIL 283
connaître les véritables fondements de la méthode que nous
avons suivie, pour intégrer les équations de la propagation
de la chaleur dans les corps continus. Nous examinerons en
premier lieu un cas extrêmement simple, qui est celui de la
communication de la chaleur entre deux masses égales.
Supposons que deux masses cubiques m et n d'égale
dimension et de même matière soient inégalement échauffées;
que leurs températures respectives soient a et b , et cpielles
soient d'une conducibihté infinie. Si l'on mettait ces deux
corps en contact, la température deviendrait subitement
égale dans l'une et l'autre à la tempéi^ature moyenne 7 {a + h).
Supposons que les deux masses soient séparées par un très-
petit intervalle, qu'une tranche infiniment petite du premier
corps s'en détache pour se joindre au second, et qu'elle
retourne au premier immédiatement après le contact. En
continuant ainsi de se porter alternativement , et dans des
temps égaux et infiniment petits, de l'une des masses à
l'autre, la tranche interposée foit passer successivement la
chaleur du corps le plus échauffé dans celui qui l'est moins ;
il s'agit de déterminer quelle serait, après un temps donné,
la température de chaque coi'ps , s'ils ne perdaient par leur
surfiice aucune partie de la chaleur qu'ils contiennent. On
ne suppose point que la transmission de la chaleur dans les
corps solides continus s'opère d'une manière semblable à
celle que l'on vient de décrire : on veut seulement déter-
miner par le calcul le résultat d'une telle hypothèse.
Chacune des deux masses jouissant d'une conducibihté
parfaite , la quantité de chaleur contenue dans la tranche
infiniment petite, s'ajoute subitement à celle du corps avec
lequel elle est en contact; et il en résulte une température
36.
û84 THÉORIE DE LA CHALEUR.
commune égale au quotient de la somme des quantités de
chaleur par la somme des masses. Soit w la masse de la
ti'anche infiniment petite qui se sépare du corps le plus
échauffé dont la température est a; soient a et p les tem-
pératures variables qui correspondent au temps t , et qui
ont pour valeurs initiales a et h. Lorsque la tranche to se
sépare de la masse m qui devient ni — to, elle a comme cette
masse la température a , et dès qu'elle touche le second
corps affecté de la température p , elle prend en même temps
que lui une température égale à — ^ _ • La tranche w re-
tenant cette dernière température, retourne au premier
corps dont la masse est m — w et la température a. On trou-
A era donc pour la température après le second contact
^ ' V /?« + " y ou — .
__ — . m -\- w
m
Les températures variables a et p deviennent , après l'in-
stant d t , a + (a — p) ^ et p + (a — p) ^; on trouve
ces valeurs en supprimant les puissances supérieures de w.
On a ainsi rf a = — (a — p) - et c? p = ( a — P ) — 5 ^^ masse
qui avait la température initiale p a reçu, dans un instant,
une quantité de chaleur égale à m rf p ou ( a — p ) w , laquelle
a été perdue dans le même temps par la premièie masse.
On voit par-là que la quantité de chaleur qui passe en im
instant du corps plus échauffé dans celui qui l'est moins,
est, toutes choses d'ailleurs égales, proportionnelle à la
différence actuelle des températures de ces deux corps. Le
CHAPITRE IV. a85
temps étant divisé en intervalles égaux, la quantité infini-
ment petite fc) pourra être remplacée par k d t , k étant le
nombre des unités de masse dont la somme contient co au-
tant de fois que l'unité de temps contient d t , en sorte que
l'on a — = -T-. On obtient ainsi les équations
<7a = — (a — fi) - r/ Z' et de (^ S = ( a — <{.)- d t.
248.
Si l'on attribuait une plus grande valeur au volume w qui
sert, pour ainsi dire, à puiser la chaleur de fun des corps
pour la porter à l'autre, la transmission serait plus prompte;
il faudrait, pour exprimer cette condition augmenter dans
la même raison la valeur de K qui entre dans les équations.
On pom^rait aussi conserver la valeur de w et supposer que
cette tranche accomplit dans un temps donné un plus grand
nombre d'oscillations, ce qui serait encore indiqué par une
plus grande valeur de K. Ainsi ce coefficient représente en
quelque sorte la vitesse de la transmission, ou la ficilité
avec laquelle la chaleur passe de l'un des corps dans l'autre ,
c'est-à-dire leur conducibilité réciproque.
249.
En ajoutant les deux équations précédentes , on a
^ a + f/ p = o , et si l'on reti\anche l'une des équations de
l'autre , on a r/ a — r/ 8 + 2 ( a — Ê ) - r/ /^ = o , et , faisant
a — p = J)'j> (^ y + 2 ~ J' d t=^o. Intégrant et déterminant
la constante par la condition c|ue la valeur initiale soit
K
a — b , on a j = ( a — b) e ^ '« . La différence y des tem-
286 THÉORIE DE LA CHALEUR.
përaturcs diminue donc comme l'ordonnée d'une loga-
rithmique, ou comme les puissances successives de la frac-
K
tion e '«. On a pour les valeurs de a et p
K ,K
200.
On suppose, dans le cas qui précède, que la masse infi-
niment petite fc) , au moyen de laquelle s'opère la transmis-
sion, est toujours la même partie de l'unité de masse, ou,
ce qui est la même chose , que le coefficient K qui mesure
la conducibilité réciproque est une quantité constante. Pour
rendre la recherche dont il s'agit plus générale, il faudrait
considérer le coefficient K comme une fonction de deux
températures actuelles a et p. On aurait alors les deux
K K
équations r/a = — (a — fj) -- d t , et<^,â=(a — ^) — d t ,
dans lesquelles K serait égal à la fonction de a et p , que
nous désignons par 9 (a, p). Il sera facile de connaître la loi
que suivent les températures variables a et .8 lorsqu'elles
approchent extrêmement de leur dernier état. Soit y une
nouvelle indéterminée égale à la différence entre a et la
dernière valeur qui est 7 {a -\- b) on c. Soit z une seconde
indéterminée égale à la différence c — p. On substituera au
lieu de a, et p leurs valeurs c — j et c — z; et, comme il
s'agit de trouver les valeurs de r et de :;, lorsqu'on les sup-
pose très-petites , on ne doit retenir dans les résultats des
substitutions que la première puissance de y et de z. On
trouvera donc les deux équations
CHAPITRE III. 287
.dj= — {z~-f)-, (c—y, c—z)dt et — rfz=-(r,— j) 9(c— j, c—z) dt,
en développant les quantite's qui sont sous le signe 9 et
omettant les puissances supérieures de y et de z. On trou-
vera dy=^[z — >•) — (^.d.t et dz=: — {z — j) — r^.dt. La quan-
tité 9 étant constante , il s'ensuit que les équations précé-
dentes donneront pour la valeur de la différence z — j, un
résultat semblable à celui que l'on a trouvé plus haut pour
la valeur de a — p.
On en conclut que si le coefficient K , cpie l'on avait
d'abord supposé constant , était représenté par une fonction
quelconque des températures variables , les derniers chan-
gements c[u'éprouvent ces températures , pendant un temps
infini, seraient encore assujéties à la même loi que si la
conducibilité réciproque était constante. Il s'agit actuelle-
ment de déterminer les lois de la propagation de la chaleur
dans un nombre indéfini de masses égales c[ui ont actuelle-
ment des températures différentes.
25 1.
On suppose que des masses prismatiques en nombre n , et
dont chacune est égale à ju, sont rangées sur une même ligne
droite, et affectées de températures différentes a, h, c, d, etc. ;
que des tranches infiniment petites cjui ont chacune la masse
w se séparent de ces différents corps excepté du dernier , et
se portent en même temps du premier au second , du second
au troisième , du troisième au quatrième , ainsi de suite ;
cju'aussitôt après le contact ces mêmes tranches retournent
aux masses dont elles s'étaient séparées ; ce double mouve-
ment ayant lieu autant de fois qu'il y a d'instants infiniment
288 THEORIE DE LA CHALEUR.
petits clt; on demande à quelle loi sont assujetis les chan-
gements de température.
Soient a, p, y, ^.... w les valeurs variables qui correspon-
dent au même temps t , et qui ont succédé aux valeurs
initiales a, h , c, cl, etc. Lorsque les tranches co se seront
séparées des n — t premières masses, et mises en contact
avec les masses voisines , il est aisé de voir cjue les tempé-
ratures seront devenues
«(/« — (o) p(w- — (o)4-aw y(w — w)+pM ^ {in — wj+yw w7w + ({/w
m '' m m. m -\- ta
CU«, P + (« — p)£,y + (p_y)£,ô^ + (y_à^)^,a>H-(^l— c;.)^.
Lorsque les tranches w seront revenues à leurs premières
places, on trouvera les valeurs des nouvelles températures
en suivant la même règle qui consiste à diviser la somme
des quantités de chaleur par la somme des masses, et l'on
aura pour les valeurs de «, jî, y, ^, etc. après l'instant dû
le coefficient de — est la différence de deux différences con- -
sécutives prises dans la suite a, |3,y... i]^, w. Quant au premier
et au dernier coefficient de -^ ils peuvent être considérés
aussi comme des différences du second ordre. Il suffit de
supposer que le terme a est précédé d'un terme égal à a, et
que le terme w est suivi d'un terme égal à h. On aura donc,
CHAPITRE IV. 289
en substituant, comme précédemment kdt à (o,les e'qua-
tions suivantes :
^a=;^//^((P-«)-(a-a))
Pour intégrer ces équations, on fera, suivant la méthode
connue, . , ■
a=«,e'" p = a,e'" y=rt'3e'"... w = <7„e^'; /?, ^., (7,, «^3, <7„,
étant des quantités constantes qu'il faudra déterminer. Les
substitutions étant faites , on aura les équations suivantes :
rt, /?= — (' <7. — a A
a, h = ^^ ((rtj — a,) — (a, — a, ))
«3 /i = - ((«4 — ^3) — («3 — «0)
«„ /? ^ - ((^f„ + ,— «„) — («.— <7„_.))
Si l'on regarde a, comme une quantité connue, on trouvera
l'expression de a, en «, et h , puis celle de a^ en a, et A,*
ûQO THÉORIE DE LA CHALEUR.
il en est de même de toutes les autres indéterminées a^ a^ , etc.
La première et la dernière équations peuvent être écrites
sous cette forme
et
'''° ^^ = m 1 («n+: — «„) — («„— «o-O ]
en retenant ces deux conditions a,:^a, et <7„=«„^.,, la
valeur de <7, contiendra la première puissance de h, la valeur
de «3 contiendra la seconde puissance de h, ainsi de suite
jusqu'à <7„+, qui contiendra la puissance n''"^' de h. Cela
posé, «„+, devant être égal à «„, on aura, pour déter-
miner h , une équation du 7î'*"°' degré , et a demeurera indé-
terminé.
Il suit de là que l'on pourra trouver pour h un nombre n
de valeurs , et que d'après la nature des équations linéaires
la valeur générale de a sera composée d'un nombre n de
termes, en sorte que les quantités a, (i , y, etc. seront déter-
minées au moyen des équations
ht , h't „ h"t
a = rt, e +(2, e + rt. e + etc.
ht , h't „ h"t
[i = «,d + a, e +«5 e + etc.
ht , h't „ h't
■^=ia^e +<Vj e + a^ e + etc.
lit , h't „ h"t
t,j=rt„ e + rt„ e + a„ e + etc.
les valeurs h lî K , etc. sont en nombre n et égales aux ii
racines de l'équation algébrique du «""" degré en h, qui
CHAPITRE IV. 291
a , comme on le verra plus bas , toutes ses racines réelles.
Les coefficients de la première équation a, aj a" a"\ etc.
sont arbitraires ; quant aux coefficients des lignes inférieures,
ils sont déterminés par un nombre n de systèmes d'écjua-
tions semblables aux équations précédentes. Il s'agit main-
tenant de former ces équations.
200.
Ecrivant la letti'c q au lieu de —7-, on aura les équations
suivantes :
o„+, = a,(g + 2) — a.
On voit que ces cpiantités appartiennent à une série
récurrente dont l'échelle de relation a les deux termes
(q + 2.) et — i. On pourra donc exprimer le terme général
a^ par l'équation <7^ = A sin. mu -+■ Bsin. /n — i u , en déter-
minant convenablement les quantités A, B et u. On trouvera
d'abord A et B, en supposant ?n égal à o et ensuite égal à
I, ce qui donne a^ = Bs'm.u , et a,^Asin.«, et parconsé-
quent a,. = a, sin. mu r-^— sin. ni — i u. En substituant
'■ sin. M
ensuite les valeurs de r/„ «„_, «„_,, etc. dans l'équation
générale ar^^a^_^{q -\- 1) — «„_, ; on trouvera
sm.mu = {q ■\-i)&m.{m — i)u — sin (to — 2) m,
37.
292 THEORIE DE LA CHALEUR.
en comparant cette équation à celle-ci
sm. m 11 = 2 COS. u sui. m — i u — sui. ?}i — 2U,
qui exprime une proprie'të connue de sinus d'arcs croissants
en progression arithme'tique, on en conclut q + 2:=:cos. ii,
ou q = — 2 sin. vers, u ; il ne reste plus qu'à déterminer
la valeur de l'arc u.
La valeur ge'ne'rale de a^ e'tant
sin
— Tsin. m u — sin. rn — i uj
on aura, pour satisfaire à la condition a„^, = ^„, l'équation
sin. n + i u — sin. u = sin. « u — sin. n — i u,
d'où l'on tire sin. n u = o. ou u =z i - -r: étant la demi-cir-
n
conférence et i un nombre entier cpielconque , tel que
o, 1,2,3, 4--" " — I ; on en peut déduire les n valeurs de
g ou -yT- ■ Ainsi toutes les racines de l'équation en h , qui
donnent les valeurs de h h h' h'" sont réelles négatives et
D'
fournies par les équations :
k
m
k
h = — 2 — sin. V To - )
A' = — 2-sin. V fi-")
}i-= — 2 — sin. V l 2 - )
m \ 'i y
//"-^)=_2^sin. V r;r="i")
Supposons donc qu'on ait divisé la demi- circonférence -k
CHAPITRE IV. 293
en un nombre 71 de parties égales, et que Ion prenne pour
former l'arc u un noml^re entier i de ces parties , i étant
moindre que // , on satisfera aux équations différentielles
en choisissant pour a uue quantité quelconrpie, et faisant
2-1 SU). \ U ■ ■ \f.., V
t iVA. V II
/sin. Il — sin. o it\
K = a, ( : ) e
\ sin. u J
fi = cf, ( ■■ ) e ,, '« 4; :^J<;q ■-
/sin.3?i — sln.2;/\
Y = r/ , ( : ) e
'sin. 3 ?i — sin. 2 ;/\ — 2 - ^ sin. A «
t siu. V « [ ;.^
.'(• /sin.«« — sin. « — I «\ — 2 - i* siu. V
to = r^ ( : ]e ■ m
Comme il y a un nombre n d'arcs différents que l'on
peut prendre pour u , savoir o - , i - , 2 - . . . n — i - . 11 y a
aussi un nombre n de systèmes de valeurs particulières
pour «, p, y, l^ etc. et les valeurs générales de ces variables
sont les sommes des valeurs particulières. , . ' ', '.
21)4.
On voit d'abord que si Tare u est nul, les quantités qui
multiplient a^ dans les valeurs de a, p, y, §, etc. deviennent
, , , ,, . / sin.zt, — sm.ou ,
toutes égales a 1 unité, car -. — a pour valeur i
° ' sin.« *■
lorsque 1 arc u est nul ; et il en est de même des quantités
qui se trouvent dans les équations suivantes. On conclut de
là qu'il doit entrer dans les valeurs générales de a, p, y, â'...»
des termes constants.
294 THÉORIE DE LA CHALEUR.
De plus, en ajoutant toutes les valeurs particulières cor-
respondantes de a, p,Y. . . etc., on aura
équation dont le second membre se réduit à o toutes les
fois que l'arc u n'est pas nul ; mais dans ce cas on trouvera
ji pour la valeur de -^ On a donc en général
a + P4-Y + â + ... etc. = 71 a, ;
or les valeurs initiales des variables étant a, b, c,d. . . etc. ,
il est nécessaire que l'on ait « a, = a + b+c-{-d-\- etc.; il
en résulte que le terme constant qui doit entrer dans chacune
des valeurs générales de
«^p,y,§... iùesX.-{a + b + c + d + etc. ) ,
c'est-à-dire , la température moyenne entre toutes les tempé-
ratures initiales.
Quant aux valeurs générales de a, p, y • • w, elles sont ex-
primées par les équations suivantes :
k
1 , , ^ /'sxn.u — sin.o?<N — 2 — ?sin.V.K
a=— {a + b + c + etc.) + a, ( -
sin. u /
* /•
, sin. «' — ?,m.o.u' — 2— ?sin. V.«'
+ b, : ; e m
' sin. u
sxn.u" — sin.o.?<" — 2— îsln. V.?t" . .
_j_ c, : Q '»■ + etc.
sin. M
CHAPITRE IV. . 295
I , 7 ^ V /sin.aH — siu.u\ — 2— ^sin. Vm
9,=: — (a + o + c + etc.) + aA ^ )c m
'^ n ^ ^ \ S'il- '< /
7 /sin. 2«' — siu.u'\
+ l^J : -,
V siii. a J
/siii.2H" — sin. /i" \ — 2 — ^sin.Vw"
+ C r—r, ) e /« + CtC
' V sin. Xi J
-2 ' ?siii. v a
\e "'
I . , . /sin.Szt — ûx\.u\ — 2— /sin-V/t
âz= — (<^ + ^ + c + etc.) + «, : e ni.
7 sin.3«'- — sin. 2«' — 2 — ^sin.V«"
+ Z», ^ ; e "i
SlU. u
s'in.'iu" — sin.3«" ^ . ■ t- ■/
— 2~tsin.\ii
+ C, sin. u" e '« + etc.
X- .
I , , ^ sin.«« — sin.w — i.u — 2— ?sin.\/t
(0^ — (a + b + c + etc.) + a, -. e m
n ^ ' sin. u
/ .
7 &\n.ni(! — sin.« — \ .u' — 2 — ;" sin. Vit'
+ ^x -^TT' ^
h
sin.«?<" — sin. 72 — \ .ii' — 2 — <^sin. V«"
+ C, ^ — 7, e m + etc.
255.
Pour déterminer les constantes <?, h, i\ d,. . . etc. , il faut
considérer l'état initial du système. En effet, lorsque le
temps est nul les valeurs de a, p, y, ^. . . etc., doivent être
égales à a, h, c, d etc. ; on aura donc n équations semblables
pour déterminer les n constantes. Les quantités
sin. Il — sin. o u , sin.2?i — sin.i^^ sin. 3 u — sin. 2«, . . .
sin. /i?i — sin. n — i.u,
296 THÉORIE DE LA CHALEUR.
peuvent être indiquées de cette manière,
A sin. o u, Asin. u, Asin. 2«, Asin. Zu, Asin4«--- A sin. n — i u;
les équations propres à déterminer les constantes sont, en
représentant par c la température moyenne initiale,
a = c-\-a, + h,-\-c, + etc.
, A sin. /< 7 âsin.Zi' A sin. ?<"
b=c-{-a, —. + b, — : r- + c, . + etc.
sm. « sm.u sm.u
Asin. 2?f 7 Asin. 2/<' A sin. 2 «"
C = C + flj — : 1- y, — : — + C, — : j, — h etc.
sin. u sin. u sin. u
7 Asin.3i< j Asin.3?<' A sin. 3 ?i"
a= c -\- a, — ^ h i», — : ; — \- c, — ■. h etc.
sin. « sin.u sin.it
etc.
Les quantités a, h, c, d, et c étant déterminées par ces
équations , on connaît entièrement les valeurs des variables
a., P, ^, ^•- w.
On peut effectuer en général l'élimination des inconnues
dans ces équations , et déterminer les valeurs des quantités
<7, h, c, r/, etc. , même lorsque le nombre des équations est
infini ; on emploiera ce procédé d'élimination dans les articles
suivants.
256.
En examinant les équations qui donnent les valeurs gé-
nérales des vai'iables a, p^ y... w, on voit que le temps
venant à augmenter les termes qui se succèdent dans la
valeur de chaque variable décroissent très-inégalement : car
les valeurs de u, u, u, u" , etc. étant
I .-, 2.-, 0.-, 4.-, etc.,
n n « ' ^ /i ' '
CHAPITRE IV. 297
les exposants sin.Vif, siii. V//', sin. Vu, sin. V u'\etc. devien-
nent de plus en plus grands. Si l'on suppose que le temps t est
infini , le premier terme de chaque valeur subsiste seul , et
la température de chacune des masses devient égale à la
tempe'rature moyenne - ((7 + Z' + c + ... etc.). Lorsque le
temps t augmente continuellement chacun des termes de la
valeur d'une des variables, diminue proportionnellement
aux puissances successives d'une fraction qui est, pour le
j ^ — 2— sin. V ic I ^ • ■> 4.
second terme e m , pour le troisième terme
e '" ' , ainsi de suite. La plus grande de ces frac-
tions étant celle qui répond à la moindre des valeurs de ii,
il s'ensuit que, pour connaître la loi cpie suivent les der-
niers changements de température, on ne doit considérer
que les deux premiers termes : car tous les autres devien-
nent incomparablement plus petits à mesui'e que le temps û
augmente. Les dernières variations de température a, fi, y, ^ ,
etc. , sont donc exprimées par les équations suivantes :
X ■ -.r
1/ j 7 s /sin.;< — sin. o.ziA — 2 — ^sin. \ .u
= -(a + ù + c+a,elc.) + aA ■. ]e m
"^ \ sin. u J
k . ,,
— 2 — ;; sin. V .H
m
-î • . /- . „
n.Sii — &iï\.iu\ — 2— ^sin. V.?<
m
n^ \ sin. H
i, J ■ 7 ^ \ /sin. 2K — sin. z^ \
^=-(a-^b + c + d,elc.) + aA -. ]e
n^ ■' \ s\n. Il J
y = ^^(a + è + C + f/, etc.) + <7/—
sin. IL
etc.
257.
Si l'on divise la demi-circonférence en un nombre // de
parties égales, et qu'ayant abaissé les sinus, on pi'eune les
38
■2gS THEORIE DE LA CHALEUR.
différences entre deux sinus consécutifs ; ces n différences
seront proportionnelles aux coefficients de e '« " ou
aux seconds termes des valeurs de a, p,y. .. oj. C'est pourquoi
les dernières valeurs de a,p,y. . . w sont telles que les diffé-
rences entre ces températures finales et la température
moyenne initiale -(a+ b + c -+- etc.) sont toujours propor-
tionnelles avix différences des sinus consécutifs. De quelque
manière que les masses aient d'abord été échauffées , la dis-
tribution de la chaleur s'opère à la fin suivant une loi con-
stante. Si l'on mesurait les températures dans les derniers
instants, où elles diffèrent peu de la température moyenne,
on observerait que la différence entre la température d'une
masse quelconque et cette températui'e moyenne, décroît
continuellement comme les puissances successives de la
même fraction; et, en comparant entre elles les températures
des différentes masses prises pour mi même instant, on ver-
rait que ces différences entre les températures actuelles et
la température moyenne, sont proportionnelles aux diffé-
rences des sinus consécutifs, la demi-circonférence étant
divisée en un nombre n de parties égales.
258.
Si Ion suppose que les masses qui se communiquent la
chaleur sont en nombre infini , on trouve pour l'arc ii une
valeur infiniment petite; alors les différences des sinus con-
sécutifs, prises dans le cercle, sont proportionnelles aux
sin. m u — sin. m — i . u
cosinus des arcs correspondants : car
équivaut à cos. mu, lorsque l'arc u est infiniment petit.
CHAPITRE IV. ^99
Dans ce cas, les quantités dont les températures prises au
même instant, diffèrent de la température moyenne à la-
quelle elles doivent toutes parvenir , sont proportionnelles
aux cosinus qui correspondent aux différents points de la
circonférence divisée en une infinité de parties égales. Si les
masses qui se transmettent la chaleur sont situées à distances
égales les unes des autres sur le périmètre de la demi-cir-
conférence t: , le cosinus de l'arc à lextrémité duquel une
masse quelconque est placée , est la mesure de la quantité
dont la température de cette masse diffère encore de la tem-
pérature moyenne. Ainsi le corps placé au milieu de tous les
autres est celui qui parvient le plus promptement à cette
température moyenne; ceux qui se trouvent situés d'un
même côté du milieu ont tous une température excédente,
et qui surpasse d'autant plus la température moyenne, qu'ils
sont plus éloignés du milieu ; les corps qui sont placés de
l'autre côté, ont tous une température moindre que la tem-
pérature moyenne, et ils s'en écartent autant que ceux du
côté opposé, mais dans un sens contraire. Eniiu ces diffé-
rences, soit positives, soit négatives, décroissent toutes en
même temps, et proportionnellement aux puissances succes-
sives de la même fraction ; en sorte qu'elles ne cessent pas
d'être représentées au même instant par les valeurs des
cosinus d'une même demi -circonférence. Telle est en gé-
néral, et si l'on en excepte les cas singuliers, la loi à laquelle
sont assujéties les dernières températures. L'état initial du
système ne change point ces résultats. Nous allons présen-
tement traiter une troisième question du même genre c[ue
les précédentes, et dont la solution nous fournira plusieurs
remarques utiles.
38.
3oo THÉORIE DE LA CHALEUR.
259.
On suppose un nombre n de masses prismatiques égales ,
placées à des distances égales sur la circonférence d'un cer-
cle. Tous ces corps cjui jouissent d'une conducibilité par-
faite, ont actuellement des températures connues, diffé-
rentes pour chacun d'eux ; ils ne laissent échapper à leur
surface aucune partie de la chaleur qu ils contiennent ; une
tranche infiniment mince se sépare de la première masse
pour se réunir à la seconde, qui est placée vei-s la droite;
dans le même temps une tranche parelèle se sépare de la
seconde masse en se portant de gauche à droite, et se joint
à la troisième ; il en est de même de toutes les autres masses ,
de chacune desquelles une tranche infiniment mince se sépare
au même instant, et se joint à la masse suivante. Enfin, les
mêmes tranches reviennent immédiatement après, et se réu-
nissent aux corps dont elles avaient été détachées. On sup-
pose que la chaleur se propage entre les masses au moyen
de ces mouvements alternatifs , qui s'accomplissent deux fois
pendant chaque instant d'une égale durée; il s'agit de trouver
suivant quelle loi les températures varient, c'est-à-dire que,
les valeurs initiales des températures étant données, il faut
connaître après un temps quelconque la nouvelle température
de chacune des masses.
On désignera par a.a^a^. . .a,. . . «„ les températures ini-
tiales dont les valeurs sont arbitraires , et par a, a, a..... a,...*,
les valeurs de ces mêmes températui'es après le temps écoulé
t. Il est visible que chacune des quantités a est une fonction
du temps t et de toutes les valeui'S initiales a^a^a^. . . a„: ce
.sont ces fonctions qu'il s'agit de déterminer.
CHAPITRE IV. 3oi
260.
On représentera par w la masse infiniment petite de la
tranche qui se porte d un corps à l'autre. On remarquera en
premier lieu que lorsque les tranches ont ëtë séparées des
masses dont elles faisaient partie , et mises respectivement
en contact avec les masses placées vers la droite , les c[uan-
tités de chaleur contenue dans les différents corps sont
(?7l — to) a, + co !X„^(j}l- — w)a, +w a,,(w — w) aj + w a,...., (m — co)a„ + oja„_,
en divisant chacune de ces quantités de chaleur par la
masse ru , on aura pour les nouvelles valeurs des tempéra-
tures
(0 , , (0 , , <0 , ,
a H (a,. — a, ), a, H (a, — aj, aj -| (a, — ajj
( «i _ , a, ) et «„ H ( a„ _ i a„ ) ;
c'est-à-dire que , pour trouver le nouvel état de la tempéra-
ture après le premier contact, il faut ajouter ta la valeur
qu'elle avait auparavant le produit de — par l'excès de la
température du corps dont la tranche s'est séparée sur celle
du corps auquel s'est jointe. On trouvera , par la même
règle , que les températures , après le second contact , sont
a., ^ f a , — « J H ( a 3 — «= )
(0 , W X
t;.-\ ( a„ — I — a„ ) H ( a , — a ,. )-
;3oâ THÉORIE DE LA CHALEUR.
Le temps étant divisé en instants égaux, on désignera
par dt \a durée de cet instant, et si l'on suppose que w
soit contenu dans un nombre k d'unités de masse autant de
fois que dt est contenu dans l'unité de temps, on aura
(o = A- dt. En appelant da,. . . da.. . . da,. . . da.. . . dy.„ les
accroissements infiniment petits que reçoivent pendent l'in-
stant dt les températures a,, a^... a,, a„, on aura les équations
ditïérenti elles suivantes :
da,=— dt [a„ — 2a, -4- a,)
r/a. = — d t (a, — 2 a, + «3 )
f/a, = — dt fa,_i — 2 a, + a,j.i)
da.n—i= — dt {^a.,i~-i — 2a„_i-|-a„)
</«„ = — d t {a„..i — 2a„ 4- «n+i)
261.
Pour résoudre ces équations, on supposera en premier
lieu , suivant la méthode connue
, ht
a, = y, e
, ht
«2 = ^= e
, ht
«3 = 63 e
j ht
j ht
CHAPITRE IV. 3o3
Les quantités b,h,_b^. . . . b„ sont des constantes indéter-
minées , ainsi que l'exposant h. Il est facile de voir que ces
valeurs de a^a^a^...a„ satisfont aux équations différentielles,
si l'on a les conditions suivantes :
bjl = ^{b^-2b^ + b,)
^„_, /?=— ((^„_o — 2br.-, + b„)
/i m 1 1 • \ <
soit q=i-j- , on aura , en commençant par la dernière équa-
tion,
b, = b„ {q + 1) — b„_,
b, = b, {q + 2.) — b„
bi = b, {q -\-2.)~b,
b. = b,_, {q -h a) — Z',_2
b„ = b„_,{q + 2.) — b„_i.- ■■■■"■
Il en résulte que l'on peut prendre pour bj>^ b^... b,... b,.;
les n sinus consécutifs que l'on obtient en divisant la cir-
conférence entière 2. t. en un nombre n de parties égales.
En effet , en appelant u l'arc. 2 -, les quantités
sin. ou, sin. m, siii. 2.u, sin
. ou sin. 71 — là
3o4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
qui sont en nombre ji appartiennent, comme on le sait, à
une série récurrente dont l'échelle de relation a deux termes ,
savoir : 2 cos. u et — ^ i ; en sorte que l'on a toujours la con-
dition sin. i «=2 cos. w. sin. {i — i) u. — sin. {i — 2) u. On
prendra donc pour h,, h,, h, h ^„ les quantités
sin. o?i, sin. i u, sin. 2 u.. . sin. n — i u et l'on aura en-
suite ^7+ 2=2 cos.i^ ou <7 = — sin. V. (zi) ou
h=^ — 2sin.Vr 2-\ On a mis précédemment la lettre q au
lieu de ~ en sorte que la valeur de h est "— sin. ^ [~) ^
en substituant dans les équations ces valeui-s de h, et de h,
on aura
— 2 — ^sin. V . 2 -
a, = sm. O.U.e "t n
— 1 — t sin. V . 2 -
a, = sm. i .u.e '« 7j .
— 2— f Sin. V .2 -
aj = sin. Q..U.e m. n
k . . ,7 TT
— 2- ^sin. V .2 -.
a„=:Sm.7l Î.U.e ni „,
2G2.
Ces dernières équations ne fournissent qu'une solution
très-particulière de la question proposée : car si l'on sup-
pose ^=0, on aura, pour les valeurs initiales de a,,a,,a3...a„,
les quantités sin. ou, sin. i u, sin.2ff... sin.ra — i u qui en
général diffèrent des valeurs données a^,a,,a^. . . a„: mais
la solution précédente mérite d'être remarquée parce qu'elle
exprime, comme on le verra par la suite, une circonstance
CHAPITRE IV. 3o5
qui appartient à tous les cas possibles, et repre'sente les
dernières variations des températures. Ou voit par cette
solution que, si les températures initiales a.a^a^ a„
étaient pro()ortionnelles aux sinus
sui. o.a-, sni. 1.2-, sin. a.2-. . . . sin.« — - 1.2-,
n n ' n il
elles demeureraient continuellement proportionnelles à ces
mêmes sinus , et l'on aurait les équations
^ ^ — '>^ et \\=i^—sm.y.i-
— ht
— ke ■ • ^ --■ '
«3 = <23 e
— />(
C'est pourquoi si les masses qui sont placées à distances
égales sur la circonférence du cercle, avaient des tempé-
ratures initiales propoi-tionnelles aux perpendiculaires
abaissées sur le diamètre qui passe par le premier point;
les températures varieraient avec le temps en tlemeurant
proportionnelles à ces perpendiculaires , et ces tt mpéra-
tures dimiiuieraient toutes à-la-fois comme les termes d'une
même progression géométrique dont la raison est la fraction
X . ,, r
— 2 — sin. V . 2 - .
e m ,1 ,, ^
263. ' ^' ■
Pour former la solution générale, on remarquera en pre-
mier lieu que l'on pourrait prendre pour ù^, ù^, b^ b„
les n cosinus correspondants aux points de division de la
. 39
3o6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
circonférence partagée en un nombre n de parties égales.
Ces quantités cos. ou, cos. i u , cos. 2i<... cos. n — \u dans
lesquelles u désigne l'art, o. - forment aussi une série récur-
rente dont l'échelle de relation a les deux termes 2 cos. u et
— I, c'est pourcjuoi l'on pourrait prendre pour satisfaire aux
équations différentielles , les équations suivantes :
/■ . ^,
— 2 — ?sin. V .M
aj = COS. O.iie m
— 1— t sin. V .u
a^ = COS. l .lie m
h . -,
— 2— ? sin. V .u
aj = COS. a M . e m
— 2 — t sva, V .M
:COS./i — i u.e
Indépendamment des deux solutions précédentes , on
pourrait choisir pour les valeurs de b, b^ bi....b„\es, quantités
sm.o. ^11, sm.\.2.u, sin. 2. 2 w, sin. 3. 2 m... sin. ?i — 1.2.U
ou celles-ci ,
cos. 0.2?/;, cos.i.iu, C0&.2..IU, COS. 3. 2 u... COS. n — ï.2.11.
En effet, chacune de ces séries est récurrente et formée de
n termes; l'échelle de relation a les deux termes 2cos.2«i et
— I ; et, si l'on continuait la série au-delà de Ji termes, on
en trouverait n autres, qui seraient respectivement égaux
aux n précédents. En général , si l'on désigne par u, u, Ui...u,...u„
les arcs 0.2-, i. — , 2— ,3. —,...(/?- — i) — etc., on pourra
CHAPITRE IV. 3o7
prendre pour les valeurs de b^b^b^. . . b, les n quantités
siu.o.u,, sin.i.u,, sm.iiu,, sin. 3.^, . . . sin. « — i.u.
ou celles-ci,
COS. O.Zf,, COS. I .?/.,, COS.2?/,, COS. 3. ?/,... COS. /i l.ll,
la valeur de h correspondante à chacune de ces séi'ies est
donnée par l'équation /i = — 2— sin. V.«,. "
On peut donner à i n valeurs différentes, depviis i= i jus-
quà i^u. En substituant ces valeurs de b,bj>i. . . b„ dans
les équations de l'art. 2G1 ; on aura, pour satisfiiire aux équa-
tions différentielles de l'art. 260 , les résultats suivants :
— 2 — tsin. V. M — 2 — t s\n. y . Il
«, = sin, o.«,_.e m • ou a, = cos. o.e/, e '«
— 2 f sin. V . ;/, — 1 — t sin. V. it
a, = sin. i.u.e '" ,, «j.=?:cos. i .11^ e,. ,pi-f . ,
/- ■/ ' ' '■ 1 "/■:-■ J^ ' . ■ ■
— 2 — t sin. V. K — 1 - t sin. V. n
t(i = Sin. 2,.U, e m ' aj:=COS. 2.«, e '«
1 — t sin. V . Il — 1 — t sin. V. u.
= sin./? — iu,e >" ..c '.c. 'ï„=eos.^i — i.u.e '" \
264. > rfl H- r« • o" . nrs -A ' ?
On satisferait également aux équations de l'art. 2G0 en
composant les valeurs de chacune des variables a, «, «3 . . . «,
de la somme de plusieurs valeurs particulières que l'on au-
rait trouvées pouf cette même variable, et t'ôn peut aussi
multiplier par des coëflicients constants quelconques, chacun
des termes qui entrent dans lu valeur générale d'une des va-
39.
3o8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
riables. 11 suit de là qu'en désignant par A.B, A,B, A3B3... A„B,
des coefficients quelconques , on pourra prendre , pour
exprimer la valeur générale d'une des variables, par exemple,
de «„_|., l'équation
a
m-
= ( A, sin. mii^ + B, cos. m u^ ) e
— 2 — ?.sin. V .«,
m
. , — 2 -t.sm. \.ii,
-1- ( A, sin. ?7i u^ + B;, COS. jji 11, ) e >"
X . ,,
, . . T> N — 2- t.sm. \ .u„
. . . + (A„sin. 7?iM„ + B„cos. w«„) e m
Les quantités A, A.Aj. . . A„, B.B.Bj B„ qui entrent dans
cette équation , sont arbitraires , et les arcs «, w, Wj . . . . m„
sont donnés par les équations
1-K air
Les valeurs des variables générales a, a, «3 . . . a„ sont donc
exprimées par les équations suivantes :
X . ,,
. _ , — 2 - t sm. V.M,
a, = (A, sm. o.ïi. + B, cos. o.uj e '«
X . ,.
. , — 2 — ^sin. V .u,
-l-(A, sin. o.w, + B, COS. o.u,)e m
X . -.
+ (A3Sin. 0.M3 + B3COS. 0.113)6 m +etc.
X . ,,
«, = (A, sm. I .w> + B.cos. . I .?/,) e m
X . ,,
. T) \ — 2- ^sin. V.«.
+ (A, sin. I . w, -4- B, COS. \ .u,) e m
X . ,.
-4- ( A3 sm . I . ïi, + B3 COS. 1 . «3 j e '" + ^^c.
CHAPITRE lY. 3oo
... T> • \ — 2— + sin. v.f<,
a3 = (A, sin. a.«, + B, sin. 2..u,)e m
/
+ (A, sin. 2.//, + B, COS. 2.f/J e '«
/?
+ (A}Sin. 2 . «/3 + 1)3 COS. 2.«3) e m 4-etc.
X
.. . „ ^ — 2 hsin.v.K,
a„ = (A, sin.7i — i .11^+ 13. COS. « — I .u,) e m
— 2 h sin. v.;<.
'A, siii. /? — I .u, + B, COS. n — i .u^) e
A
2 hsin. v.?<,
+ (A3sin./? — I . ?/3 + B, COS. 7« — ï.iii)e m ■■^+etc.
2G5.
Si l'on suppose le temps nul , les valeurs a, a, aj a„ doivent
se confondre avec les valeurs initiales «,<7, «3... «„. On
tire de là un nombre n d'équations cjui doivent servir à dé-
terminer les coefficients A, B, A, B, A3 B3. On reconnaîtra
facilement que le nombre des inconnues est toujours égal à
celui des équations. En effet , le nombre des termes qui en-
trent dans la valeur de chacune des variables, dépend du
nombre des quantités différentes sin. V;/,sin. V?/, sin. Vz/3...
etc. , qu'on trouve en divisant la circonférence 2 77 en un
nombre n de parties égales. Or, le nombre des cjuantités
sin. \.o.2 - , sin. \ .1.2. - , sin. V.2.2 - etc. , est beau-
coup moindre que 71, si l'on ne compte que celles qui
sont différentes. En désignant le nombre fi par 2^+1,
s'il est impair, et par 2/, s'il est pair, i+ i désignera tou-
jours le nombre des sinus verses différents. D'un autre
côté lorsque dans la suite des quantités
• - 77 * 77 . 77
sin. V.0.2 ~, sin. V.1.2 , sin. V.2.2 -, etc.
3io THÉORIE DE LA CHALEUR.
On parviendra à un sinus verse, sin. V.'X. — eVal à l'un des
préce'dents sin. V.V. — . Les deux termes des équations qui
contiendront ce même sinus verse, n'en formeront qu'un
seul; les deux arcs différents u. et u^, qui auront le même
sinus verse , auront aussi le même cosinus , et les sinus ne
différeront que par le signe. Il est aisé de voir que ces arcs
u^ etu., qui ont le même sinus verse, sont tels que-Ie
cosinus d'un multiple quelconque de u^ est égal au cosinus
d'un même multiple de n., et que le sinus d'un multiple
quelconque de u^ ne diffère que par le signe du sinus du
multiple de u^, . Il suit de là que lorsqu'on réunit en un
seul les deux termes correspondants de chacune des équa-
tions, les deux indéterminées A^ et A., qui entrent dans les
équations, sont remplacées par une seule indéterminée, sa-
voir : A — A^,. Quant aux deux indéterminées B et B^, ,
elles sont aussi remplacées par une seule , qui est B^ + B^, :
il en résulte que le nombre des indéterminées est égal dans
tous les cas , au nombre des équations ; car le nombre des
termes est toujours /+ i. Il faut ajouter que l'indéterminée
A disparaît d'elle-même dans tous les premiers termes ,
parce qu'elle multiplie le sinus d'un arc nul. De plus, lors-
que le nombre n est pair, il se trouve à la fiii de chac|ue
équation un terme dans lequel une des indéterminées dis-
paraît d'elle-même, parce qu'elle y multiplie un sinus nul;
ainsi le nombre des inconnues qui entrent dans les équa-
CHAPITRE IV. 3ii
tions est égal à 2(i+ i ) — 2, lorsque le nombre n est pair ;
par conséquent le nombre des inconnues est le même dans
tous les cas que le nombre des équations.
L'analyse précédente nous fournit, pour exprimer les va-
leurs générales des températures «, «;, aj . . . a„ , les équations
/. . ir. -r, 'i.T:\ — 2 — f sm. V.o. —
a, =: f A, sin. 0.0. hB, COS. 0.0. — je '" «
STC^ — 2— ^ sin. V.i. —
m n
(.27" 2 TT^
A, sin. o . I . — + B, COS. o . i . — ]e
n n J
/ ^ 2 TU 3 77'\
+ A3 sin. 0.2. h Bj COS. 0.2. — e
V. « n J
au T, 2Tr>j — 2 — ? Sin. V.2. —
m n
+ etc.
z, = ( A, sin. I . o . h B, COS. i . o . — ) e
\ n n J
+ ( A^ sm. I . I . h B, COS. I . I . — e
\ « 7i y
A3 sin. 1.2. — ^ + B3 COS. 1.2. — je
2 ^r^^ — 1- t sin. V.o. —
m 11
0.— t Sin. V . I —
— 2— ï Sin. V.2 —
m n
etc.
2 TC T. 2 7:\ — 2 — ^ Sin. v.o. —
m n
^ ' 2 7T 2 7C^
a3 = f A, sni. 2.0. h B, COS. 2.0. — je
+ ( A, sm. 2.0. h Bj COS. 2.0. — le
\ « Il J
-t- (Ajsm. 2.2.^ h B, COS. 2.2. — le
— 1— t Sin. V. I . —
m n
k . tr 2«
— 2— ? Sin. V.2. —
m n
etc. (ja)
k , . in
2 — hsin. V.O.
m n
X . 2 a
2 — |-sin. v.i . —
m n
3i:i THÉORIE DE LA CHALEUR
/ . . 2 TU -r, 2 Tr\
„= A,sin.« — I .o. 1- B, COS. « — i .o. — le
V II n J
A, sin.« — I . I . h B, COS. « — i . i .— j e
. / . 2 X
/ » • 2 17 T) 2 7r\ 2 hSlll. V.2.
-J- AiSin./t — I .a.— + OîCos.w — i.a. — ]e m n
+ etc.
Pour former ces équations, il faut continuer dans chacune
la suite des termes qui contiennent
sm. V.O. — , sni. V.i. — , sni. V.o. — -, etc.
/; // n
jusqu'à ce qu'on ait épuisé tous les sinus verses différents , et
omettre tous les termes subséquents , en commençant par
celui oîi il entrerait un sinus verse égal à l'un des précé-
dents. Le nombre des équations est n. Si n est un nombre
pair égal à 2 i, le nombre des termes de chaque équation
est i + I ; si le nombre n des équations est un nombre im-
pair représenté par a / + i , le nombre des termes est encore
égal <à i + 1. Enfin, parmi les quantités A,B, A, B, etc. qui
entrent dans ces équations, il y en a qui doivent être omises
et disparaissent d'elles-mêmes, comme multipliant des sinus
nuls.
2G7.
Pour déterminer les quantités A,B, A.B^ A3B3 etc. , qui
entrent dans les équations précédentes, il faut considérer
l'état initial qui est coiniu : on siqoposera f=o,et l'on écrira
au lieu de a, a, «3 etc., les quaiîtités données a^a^a^ etc, qui
sont les valeurs initiales des températures. On aura donc,
CHAPITRE IV. 3i3
^)Our déterminer A, B, A, B, A, B^ etc. , les équations sui-
vantes :
a, = A, sin. o.o.^^ — h A, sni. o. i . 1- A, sin.0.2. h etc.
n - Il n
+ B. COS. 0.0. — ^ + B^ COS. I . I . — + B, COS. o . 2 . — ' + etc.
n n n
â^, = A,sin. 1 .0.— + A,cos. o. i . — h- A, sin. i .2.— + etc.
Il ' n n
, COS. I . o . h B, sm. I . I . h B, cos. 1.2. (-etc.
II. Il n
.. 2TC.. 277.. 217
«3 =A,sm. 2.0. y- A,sin. 2. i . 1- A, sin. 2.2. 1- etc.
// Il II
+ B. COS. 2.0.^^ -1- B.cos. 2. 1 .— + B, cos. 2. 2.^^ + etc.
*,. =A, sin./z — 1 .0.^^ + A, sin.« — i . i . — - H- A, sin. n — i
n II
+ etc.
2 -
-I- B,cos.« — I .0. — 4- B, cos. « — I . I . — - -\- Bjsin. n — i
n n
[m) + etc.
' 268. ■ .
Dans ces équations, dont le nombre est ii ^ les quantités
inconnues sont A, B, A, B, A3 B3 . . . etc. , il s'agit d'effectuer
les éliminations et de trouver les valeurs de ces indéter-
minées. On remarquera d'abord que la même indéterminée
a un multiplicateur différent dans chaque équation , et que
la suite de ces multiplicateurs compose une série récurrente.
En effet , cette suite est celle des sinus croissants en pro-
gression aritlnnétique , ou celle des cosinus des mêmes arcs;
elle peut être représentée par
'40 .
.3i4 THEORIE DE LA CHALEUR.
sin. o?<...sin. iM...sin. ait... sin. 3«f... sin. n — \.u,
ou par COS. o?/...cos. im...cos. 2?f...cos. 3«... cos. n — \ .u.
L'arc u est égal à ii — j si rindéterminée dont il s'agit
est A . ou B . . Cela posé pour déterminer l'inconnue
A . au moyen des équations précédentes, il faut comparer
à la suite des équations la série des multiplicateurs sin. ou...
sin. I u... sin. 2?/... sin. Z u... sin. n — \.u, et multiplier
chaque équation par le terme correspondant de la série. Si
l'on prend la somme des équations ainsi multipliées , on
éliminera toutes les inconnues, excepté celle qu'il s'agit de
déterminer. Il en sera de môme si l'on veut trouver la valeur
de B . ; il faudra multiplier chaque équation par le multi-
plicateur de B . dans cette même équation , et prendre
ensuite la somme de toutes les équations. Il s'agit de démon-
trer qu'en opérant de cette manière, on fera disparaître en
effet des équations toutes les inconnues , excepté une seule.
Pour cela il suffit de faire voir i°que si l'on multiplie terme
à terme les deux suites.
^\x\.o.u, sin. i.M^ sin. a.ii, ûn.Z.u, ûxv.[\.u... sin.re — \ .u
sin. 0.0", sin. L'y, sin. 2. y, sin.S.o», sin.4-^--- sin.« — i .v
la somme des produits
sin. 0 u sin. o v + sin. 1 .u . sin. i.v -+- sin. 2 u . sin. 2.v + etc.
sera nulle, excepté lorsque les arcs ?t et -v, seront les mêmes,
chacun de ces ai'cs étant d'ailleurs supposé un multiple d'une
CHAPITRE IV. ^ 3i5
partie do la circonférence égale à — ; 2° que si l'on mul-
tiplie terme à terme les deux séries,
COS. on, COS. lu, COS. 2.11, cos. 3;^, cos. /[u, cos. 5u... etc.
COS. ov, COS. IV, COS. 2.V, COS. 3vy cos. qv, COS. 5 y... etc.
la somme des produits sera nulle , excepté le cas où u est
égal à v; 3° que si l'on multiplie terme à terme les deux
suites ,
sin. ou, sin. lu, sin. 2.1/, sin. 3?/, sin. ^u. . . etc.
cos. ov, COS. I V, COS. 2.V, cos. 3v, cos. ^ V. . . etc.
la somme des produits sera toujours nulle.
2%- • '
On désignera par ç l'arc — ,par ij. q Tare u, et par v (j
l'arc V, [y. et v étant des nombres entiers positifs moindres
que 71. Le produit de deux termes correspondants des deux
premières séries sera représenté par
I -. I ^ -.
sm. j ij.q . sm. j\if] ou - cos.y[A — ^q cos.jij. + 'jq
la lettre/ désignant un terme quelconque de la suite, o. . .
I . . . 2.. . . 2 . . . 3 . . . i. . . n — I ; or il est facile de prouver
que si Ton donne à / ses n valeurs successives , depuis o
jusquà n — i , la somme
I I
cos. 0[ji. — v^+-cos. i.jA — ^ q -\- ' COS. o.[j. — v<7
+ - cos. 3 (A — v^ + . . . + -COS. (11 — I .;x — v.^j
4o«
3i6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
aura une valeur nulle, et qu'il en sera de même de la suite.
I I I
- COS. Op. + V <7 + - COS. i .[j. +^jq + - COS. o jj. + v ^
COS. 3 [y. + V ^ . . . + - COS. fn — I . [x. + V .qj-
En effet, en représentant l'arc jy. — v.q par a., qui est par
conséquent un multiple de — , on aui-a la suite récurrente
cos.oa, COS. I a, COS. 2a... COS. Ti — la, dont la somme est
nulle. Pour le faire voir , on représentera cette somme par
s, et les deux termes de l'échelle de relation étant 2 cos. a
et — I , on multipliera successivement les deux membres
de l'équation
S=:COS. O a + cos. 2 a + COS. 3a... + COS. fl — la
par — -2 COS. a et par + i , puis ajoutant les trois équations,
on connaîtra que les termes intermédiaires se détruisent
d'eux-mêmes d'après la nature de la série récurrente.
Si l'on remarque maintenant que n a. étant un multiple
(le la circonférence entière , les quantités cos. n — i a . . . .
cos. n — 2.x. . . cos. n — 3a. . . etc. sont respectivement les
mêmes que celles que l'on désignerait par cos. ( — a)...
cos. ( — 2a)... cos. ( — 3a)... on en conclura as — 2Scos.a=o;
ainsi la somme cherchée s doit en général être nulle.
On trouvera de même que la somme des termes dus au dé-
veloppement de - COS. (j [i + v q ) est nulle. Il faut excepter
le cas ou l'arc représenté par a serait nul , on aurait alors
I — cos. a= I ; c'est-à-dire, que les arcs u et v sei'aient les
CHAPITRE IV. 3i7
mêmes. Dans ce cas, le terme - cos. /'[;. + v </ donne encore
un développement dont la somme est nulle : mais la quan-
tité - COS. y a — V q fournit des termes égaux dont chacun
a pour valeur -; donc la somme des produits terme à
terme des deux premières séries est - n.
On trouvera de la même manière la valeur de la somme
des produits terme à terme des deux secondes séries, ou
2 (cos. y \j.q .COS. j\q)\ en effet, on substituera à
, I
cos.jii.q .cos.j ^ q la quantité- cos. y a — ^.q + - cos.j ij.-hvq
et l'on en conclura comme dans le cas précédent, que
- - COS. Ji>. + ^q
est nulle, est cjue 2 - cos. y y. — ^q est nulle, excepté le cas
ou [y. = v. Il suit de là que la somme des produits terme à
terme des deux secondes séries ou 2 cos. J u.q .cos. j'^q est
toujours nulle, lorsque les arcs u et v sont différents, et
égale à - « lorsque u= v. Il ne faut plus que distinguer les
cas ou les arcs [/.q et vq sont tous les deux nuls, alors on a
o pour la valeur de 2 (sin.y p. ^.sin.y" v ^), qui désigne la
somme des deux produits terme à terme des deux premières
séries. 11 n'en est pas de même de la somme 2 (cos.jii.q.cosj\q)^
prise dans le cas ou y. q et -^ q sont nuls ; cette somme des
produits terme à terme des deux secondes séries est évi-
demment égale à n. Quant à la somme des produits terme
à terme des deux séries
3i8 THEORIE DE LA CHALEUR.
sin. ou, sin. u, sin. ^u, sin. Zu, sin. f^ii. . . sin. Ji — v .u
COS. ou, COS.U, COS. 2 M, COS. 3«, COS.4w... COS. « — i .u
elle est nulle, dans tous les cas, ce qu'il est facile de re-
connaître par l'analyse précédente.
270.
La comparaison de ces séries fournit donc les consé-
cpiences suivantes. Si l'on partage la circonférence 2 z en un
nombre n de parties égales, que l'on prenne un arc u com-
posé d'un nombre entier [j. de ces parties, et que l'on marqvie
les extrémités des arcs u, 2.11, 3u, [\u... n — i ?^, il ré-
sulte des propriétés connues des quantités trigonométriques
que les quantités
sin. ou, sin. u, sin. iu , sin. Zu... sin. n — i .u ,
ou celles-ci, cos. ou, cos. iu,co?>. q.u, cos. ?>u...cos.n — lu
forment une série récurrente périodique, composée de n
termes; si l'on compare une de ces deux séiùes correspon-
dantes à un arc u ou a — à une série correspondante à un
autre arc ^' ou v . — et qu'on multiplie terme à terme les deux
deux séries comparées; la somme des produits sera nulle
lorsque les arcs u et v seront différents. Si les arcs u et v
sont égaux , la somme des produits est égale à - « lorsque
l'on compare deux séries de sinus , ou lorsque l'on compare
deux séries de cosinus; mais cette somme est nulle, si l'on
compare une série de sinus à une série de cosinus. Si l'on
suppose nuls les arcs w et a», il est manifeste que la somme
CHAPITRE IV. 3i9
(les produits terme à terme est nulle, toutes les lois que
l'une des deux séries est formée de sinus, et lorsqu'elles le
sont toutes les deux , mais la somme des produits est //, , si
les deux séries composées sont formées de cosinus. En gé-
néral, la somme des produits terme à terme est égale à o ou
- n ou n; au reste, les formules connues conduiraient direc-
tement aux mêmes résultats. On les présente ici comme des
conséquences évidentes des théorèmes élémentaires de la
trigonométrie.
in\.
Il est aisé d'effectuer au moyen île ces remarques l'élimi-
nation des inconnues dans les équations précédentes. L'indé-
terminée A, disparaît d'elle-même comme ayant des coeffi-
cients nuls ; pour trouver B, on multipliera les deux membres
de chaque équation par le coefficient de B, dans cette même
équation , et l'on ajoutera toutes les équations ainsi mul-
tipliées , on trouvera (?, + (7, + r/j + . . . . a„ = B,.
Pour déterminer A, on multipliera les deux membres de
chaque équation par le coefficient de A^ dans cette équation
et en désignant l'arc — par q , on aura , après avoir ajouté
les équations
I .
«, sni.o.^ + (7,suî. i.<7 + <73sni.2.<y + ...«„sm.« — \.q=-n .A,.
On aura pareillement pour déterminer B,
/2, cos.o q-\-a^QO&. i.q + a^cos. ?>q -{-... a„cos. n — i.q = - /iB,.
En général , on trouvera chaque indéterminée en multi-
pliant les deux membres de chaque équation par le coëffi-
32Û THÉORIE DE LA CHALEUR.
cient de l'indéterminée dans cette même équation, et en
ajoutant les produits. On parvient ainsi aux résultats suivants :
«B,=ra, +«, + «j +etc. =Sa,
-/îA,=:rt, sni. o. h<7',sm. i. \-a,sin. a. i-etc. =Srt,sin. (^ — ij i. —
-7iB,=«.,cos. o.. h«^cos. I. h^ïjcos. 2.^^ — hetc. =Sa,cos.r« — i)i.—
2 11 n n ' ^ ^ n
-«A3=<7, sin.o.3.^^ — h a, sin. i.a. h «,sin. 2.2. ^^" + etc. :^S<2,cos.ri — 1)2. —
I T> o 2TC r, 2 7T o 2— f, /-s 2lr
-7?lj, = <7 COS. O.J. h <7, COS. I.O. h fl, COS. 2.J. hCtC. =S(7 COS. (i l)2.
I . • Q 2TC . Q 2'7r . r, 2TC ^ Cl . /. ^O 21
-rtAj=<7, sm.o.J. j- a, sm. i.o. 1-^3 sin. 2.j. i-etc. =S<7,sm. (« — i) J.—
2 TT
-«l3« = «,COS. O.O. 1- rt, COS. I.O. 1- <73COS.2.0. hetc. =h(7,C0S.(i 1)0. —
+ etc. (M)
Il faut , pour trouver le développement indiqué par le signe
S, donner à l ses 11 valeurs successives i... 2... 3... 4-" ^tc.
et prendre la somme, on aura en général
-nKj =S<7^,sin.r i — i .j — i . — ^ j et-reB^=Srt, cos. T i — i.j — i.— j
Si l'on donne au nombre entier j toutes les valeurs suc-
cessives I... 2... 3... 4--- etc. qu'il peut avoir, ces deux for-
mules fourniront les équations, et si l'on développe le terme
sous le signe S , en donnant à i ses n valeurs i ... 2... 3... 4-" 6tc.
on aura les valeurs des inconnues A,B, A, B^ A3B3 A4B4...etc.,
et les équations (m) art. 267 seront entièrement résolues.
CHAPITRE IV. 32.
272.
Il faut mainteiiant substituer les valeurs connues des
coefficients A, B, A, B, A3 B, . . . etc. , clans les équations (jj.) ,
art. 266 , et l'on trouvera les valeurs suivantes :
t sin. V.(jr, <sin. V.ç,
st,=r]N„ + N,e + N,e 4-etc.
^siii.V.f^, fsin.V.17,
«, =N, + (M,sin.y, +N,cos. y,)e + (M,sin. 5-, + N, cos. 5f,)e +etc.
fsin.V.^', ?sin.V.<7,
a,=:N„+(M,sin.2 5f,4-N,cos.2 5',)5 +(M, sin.a ^.+N,cos.2^,)£ +esc.
;sin,V.<7, ;sin. V.
a =::N„+;]VI,sin.y-iy,+N, cos.j-iq,)i +(!M,sin.y"-iy,+N,cos.y-i ^rjs
: + etc.
tûn.\.q, îsin.V.*^
a,=N„-l-(IVI,sin.«— iy,+N,cos.«— iy,)£ +(M,sin.«— i^j+N,cos.72— i5',)e
-t-etc.
dans ces équations
a— 27:- 2TC o2T
s = e /«,^, = I.-— , <jr^ = 2.-^, ^3 = d.— , etc.
N, = - s <7, COS. « — I <7, M, = - s <ï, sin. i — i ^.
2 ,
N, = - S (7 , COS. i — 1 <7, M, = - S <2, sin. i — i a.
N^3 = ~Sa,cos. i — I q^ M} = - Sfl.sin. i — i q^
> '-.on»
etc. etc.
4i
ba THEORIE DE LA CHALEUR.
273.
V-
Les équations que l'on vient de rapporter , renferment la
solution complète de la question proposée ; elle est repré-
sentée par cette équation générale
S (2,+ -sm.; — I — S<2,snî.i — i . h -cos.; — i — b(^,cos.i — i.
i„ /a • 27?,, . -: 2^ 2 -. aTîo . 2 ttX — 2— ^sin.V.i.
\n J n ' n II •' Il ii
h . -, ÎTT
/2 . -. ITZcy • -■ 2TC 2 -: 1'Kc< ~ 27r\ 2— ^Sin.V.2.
-sm./ — 1.2. — b«,sm.i — 1.2. h-cos./ — 1.2. — ba^.cos.i — 1.2. — le '« "
\n J n n n •' n n J
+ etc. (e)
dans laquelle il n'entre que des quantités connues , savoir :
a,. . . a^. . . a^. . . a^. . . a„, qui sont les températures ini-
tiales, K mesure de la conducibilité , m valeur de la masse,
n nombre des masses échauffées , et ^ le temps écoulé.
Il résulte de toute l'analyse précédente que si plusieurs
corps égaux en nombre n, sont rangés circulairement , et
qu'ayant reçu des températures initiales quelconques , ils
viennent à se communiquer la chaleur comme on l'a sup-
posé; la masse de chaque corps étant désignée par m, le
temps par t, et par k un coefficient constant, la température
variable de chacune des masses qui doit être une fonction
des quantités t , m et k, et de toutes les températures ini-
tiales, est donnée par l'équation générale (e). Il faut d'abord
mettre au lieu de / le numéro qui indique la place du corps '
dont on Veut coimaître la température, savoir: i pour le
premier corps, 2 pour le second, etc. ; ensuite il restera la
lettre i qui entre sous le signe S, on donnera à i ses n va-
leurs successives i... 2... 3... 4--- etc. , et l'on prendra
la somme de tous les termes. Quant au nombre des termes
CHAPITRE IV. 323
qui entrent dans cette équation , il doit y en avoir autant
que l'on trouve de sinus verses différents, lorsque la suite
des arcs est o — . . . r — . . . 3 — etc. . cest-a-dne, que le
ri n n • *■
nombre n étant égal à 2X+ i ou à 2 1 selon qu'il est im-
pair ou pair, le nombre des termes qui entrent dans l'équa-
tion générale est toujours >, + i.
274.
Pour donner un exemple de l'application de cette formule,
nous supposerons que la première masse est la seule que
l'on ait d'abord échauffée, en sorte que les températures ini-
tiales n,. . . a,. . . a^ a„ soient toutes nulles, excepté la
première, il est visible que la quantité de chaleur contenue
dans la première masse se distribuera successivement entre
toutes les autres- Or , la loi de cette communication de la
chaleur sera exprimée par l'équation suivante :
27r — 2— ^sin. V.i. —
a,= -«, 4- -a, COS./ — I — e
Il n •' n
2 -: 27Ï 2 tsm.\.2.
-f--<7, COS./ 12. e m n
n ' n
air ■ — 2 — f sm. \ .0. —
2 ■ o -^1^ Li — tsiu. * . j. —
-h-rt, COS./ — i.o — e m « H- etc.
Si la seconde masse était seule échauffée et que les tem- '
pératures a,. . a^. . . «74 . . . a„ fussent nulles , on aurait
I 2 / . ~. 2 77 . 2 TT -: 2 TC 2 7r\ —
x, = -rt, H- -«., ( sm./ — I — .sin. h cos./ — i — . cos. — J e
' n n ' \ ■' n n •> n n J ,.',.
2 / . ■: 2 TT . 2 TT -. a — 1T.\
+ -<?,{ sm./ — J.2. — sin. 2. — + cos./ — 1.2. — .cos. 2. — ]€
n - \ •> n n •' n n J
a— if sm. V. I.
m
2 ~ tsm. V. 2. —
m II
41.
3^4 THEORIE DE LA CHALEUR.
et si l'on supposait que toutes les températures initiales
fussent nulles, excepté a, et a^, on trouverait pour la va-
leur de a^ la somme des valeurs trouvées dans chacune des
deux hypothèses précédentes. En général, il est facile de
conclure de l'équation générale (s) art. o.'j'i que pour trouver
la loi suivant laquelle les quantités initiales de chaleur se
répartissent entre les masses, on peut considérer séparé-
ment les cas ou les températures initiales seraient nulles,
excepté une seule. On supposera que la quantité de clialeur
contenue dans une des masses se communique h. toutes les
autres, en regardant ces dernières comme affectées de tem-
pératures nulles, et ayant fait cette hypothèse pour chacune
des masses en particulier à raison de la chaleur initiale
qu'elle a reçue , on connaîtra quelle est, après un temps donné,
la température de chacun des corps en ajoutant toutes les
températures que ce même corps a dû recevoir dans chacune
des hypothèses pi-écédentes.
Si dans l'équation générale (e) qui donne la valeur de a^,
on suppose que le temps a une valeur infinie, on trouvera
«^= - S a,, en sorte que chacune des masses aura acquis
la température moyenne ; résultat qui est évident par lui-
même.
A mesure que la valeur du temps augmente , le premier
terme - S (<?,) devient de plus en plus grand par rapport
au suivant, ou à la somme des suivants. Il en est de mênae
du second par rapport aux termes qui le suivent; et, lors-
que le temps a acquis une valeur considérable, la valeur de
CHAPITRE IV. 325
a, est représentée sans erreur sensible par 1 équation suivante:
ar ri • '■ 2 ~
x, = -S<7,+ (sin./ — I — .Sr7,sin.j — I —
-. 2 ir <-, -: 2 X\
-I- COS./ I. — - Î5a, COS. l — I. — )
— ïsin. V . —
m n .
En désignant par a et 0 les coëflicients de sin. (J — i —
, /-; 2iv\ ^1 r • — 2— rsin.V. —
et de cos. (y — i — j,et la traction e m n parw on
aura a,= -ba, + (7sni./ — i h y cos.; — i — w. Les
quantités a et b sont constantes, c'est-à-dire , indépendantes
du temps et de la lettre / qui indic|ue le rang de la niasse
dont la températnre variable est a,. Ces quantités sont les
mêmes pour toutes les masses. La diftérence de la tempéra-
ture variable a^ à la température finale - S «, décroît donc
pour chacune des masses , proportionnellemeirt aux puis-
sances successives de la fraction oj. Chacun des corps tend
de plus en plus à acquérir la température finale - S («,), et
la différence entre cette dernière limite et la température
variable du même corps finit toujours par décroître comme
les puissances successives d'une fraction. Cette fraction est
la même, quel que soit le corps dont on considère les chan-
gements de température, le coefficient de w' ou a sin. Uj +
h COS. iij, en désignant par iij l'arc. (/' — i) peut être mis
sous cette forme A sin. (Uj + B) en prenant A et B, tels que
Ion ait a = A cos. B et 6 = A sin. B. Si l'on voulait déter-
miner le coefficient de w' qui se rapporte aux corps sui-
326 THÉORIE DE LA CHALEUR.
vants : dont la température est a . ... a . .. . a . , ... Il
^ 7 + 1 7+2 y + 3
faudrait ajouter à u^ l'arc — • ou 2. — , ainsi de suite ; c'est-à-
2 TT 11Z
— • OU 2.—
n n
dire, que l'on a les équations \
a. S(7, = A.sin.fB + i/,)co' + etc.
a. Srt, = A.sin. ( B + ?/, + I .^— ) to' + etc.
7+1 « V •* " y
a. — -S<2,==A.sin. ( B + M, + 2.— ) co' + etc.
y + 2 n V ' n J
t. ^ S (7, = A . sin. ( B + ?/ , + 3 . — ) 0^' + etc.
y + j « \ ' Il J
etc.
276.
On voit , par ces équations , que les dernières différences
entre les températures actuelles et les températures finales,
sont représentées par les équations précédentes , en ne con-
servant que le premier terme du second membre de chaque
équation. Ces dernières différences varient donc selon la loi
suivante : si l'on ne considère qu'un seul corps, la différence
variable dont il s'agit, c'est-à-dire, l'excès de la température
actuelle du corps sur la température finale et commune,
diminue comme les puissances successives d'une fraction, le
temps augmentant par parties égales; et, si l'on compare pour
un même instant la température de tous les corps , la diffé-
rence dont il s'agit varie proportionnellement aux sinus
successifs de la circonférence divisée en parties égales. La
température d'un même corps , pris à divers instants succes-
sifs égaux , est représentée par les ordonnées d'une logarith-
CHAPITRE IV. 32T
/
mique, dont l'axe est divisé en parties éi^ales, et la tempé-
rature de chacun de ces corps, prise au même instant pour
tous, est représentée par les ordonnées du cercle dont la
circonférence est divisée en parties égales. Il est facile de
voir, comme on l'a remarqué plus haut, que si les tempéra-
tures initiales sont telles , que les différences de ces tempéra-
tures à la température moyenne ou finale soient proportion-
nelles aux sinus successifs des arcs multiples, ces différences
diminueront toutes à -la -fois sans cesser d'être propoi'tion-
nelles aux mêmes sinus. Cette loi qui régnerait entre les
températures initiales ne serait point troublée par l'action
réciproque des corps , et se conserverait jusqu'à ce qu'ils
eussent tous acquis une température comraïuie. La diffé-
rence diminuerait pour chaque corps comme les puissances
successives d'une même fraction. Telle est la loi la plus sim-
ple à laquelle puisse être assujétie la communication de la
chaleur entre une suite de masses égales. Lorsque cette loi
est établie entre les températures initiales, elle se conserve
d elle-même, et lorsqu'elle ne règne point entre les tempéra-
tures initiales, c'est-à-dire lorsque les différences de ces tem-
pératures à la température moyenne ne sont pas proportion-
nelles aux sinus successifs des arcs multiples , la loi dont
il s'agit tend toujours à s'établir , et le système des tempé-
ratures variables finit bientôt par se confondre sensiblement
avec celui qui dépend des ordonnées du cercle et de celles
de la logarithmique.
Puisque les dernières différences entre l'excès de la tem-
pérature d'un corps sur la température moyenne, sont pro-
portionnelles aux sinus de l'arc à l'extrémité duquel le corps
«st placé , il s'ensuit que si l'on désigne deux corps placés
328 THÉORIE DE LA CHALEUR.
aux extrémités du même diamètre , la température du pre-
mier surpassera la température moyenne et constante autant
que cette température constante surpassera celle du second
corps. C'est pourquoi , si l'on prend à chaque instant la
somme des températures de deux masses dont la situation
est opposée , on trouvera une somme constante et cette
somme aura la même valeur pour deux masses quelconques
placées aux extrémités d'un même diamètre.
277.
Les formules qui représentent les températures variables
des masses disjointes s'appliquent facilement à la propaga-
tion de la chaleur dans les corps continus. Pour en donner
un exemple remarcpiable , nous déterminerons le mouve-
ment de la chaleur dans une armille,au moyen de l'équa-
tion générale qui a été rapportée précédemment.
On supposera que le nombre n des masses croît successi-
vement, et qu'en même temps la longueur de chacjue masse
décroît dans le même rapport, afin cpie la longueur du
système ait une valeur constante égale à 2 7;. Ainsi le nombre
n des masses sera successivement 2 ou 4i ou 8 ou 16, à
l'infini , et chacune des masses sera t. ou - ou -^ ou 5 , etc. Il
^ 24°
est nécessaire de supposer aussi que la facilité avec laquelle
la chaleur se transmet, augmente dans le même rapport que
le nombre des masses vi ; ainsi la quantité que représente
K lorsqu'il n'y a que deux masses, devient double lorsqu'il
y en a quatre, quadruple s'il yen a huit, ainsi de suite. En
désignant pai- g cette quantité on voit que le nombre K
devra être successivement remplacé par g , 2^, [\g^ etc. Si
l'on passe maintenant à la supposition du corps continu,
CHAPITRE IV. 329
on écrira au lieu de m, valeur de chaque masse infiniment,
petite, l'ëlëment d x ; au lieu du nombre 11 des masses on
mettra ^ , au lieu de /.• on mettra s: ~ ou v^ •
dx ' ^ 2 dx
Quant aux températures initiales ^, , «,, <73, (?,, (7„ , elles
dépendent de la valeur de l'arc x , et, en considérant ces
températures comme les états successifs d'une même variable,
la valeur générale a, représente une fonction arbitraire de x.
L'indice i sera alors remplacé par jr-. A l'égard des quan-
tités a,, a,, «3, ces températures sont des variables qui
dépendent des deux quantités x et t. En désignant par v
cette variable on aura ^' = cp (.r, t'). L'indicey qui marque
la place que l'un des corps occupe sera remplacé par
Ainsi pour appliquer l'analyse précédente au cas où l'on
aurait une infinité de trajiches, formant un corps continu
dont la forme serait celle d'une armille, il faudra substituer
aux cpiantités n, m, k, a^, i, a^, j celles cjui leur corres-
pondent, savoir ■.~^dx,^,fx,-^,m(x,t),~-On fera
ces substitutions dans l'équation (3) art. 2-3 et l'on écrira
- dx^ au lieu de sin. Y dx , et i et J au lieu de i — i ety — i.
Le premier terme - S a, devient la valeur de l'intégrale
^ffx dx prise depuis .r = o jusqu'à x^^r.\ la quantité
sin. (y — i)— ^ devient sin. y dx où sin. x; la valeur de
cos. ( / — I ) ^ est COS. x; celle de - / (a, sin. (i — i) — ^^"^
z /^ sin. X dx, l'intégrale étant prise depuis x = o jus-
4:^
33o THÉORIE DE LA CHALEUR,
qu'à x= 2r:, et celle de -S a^ cos. fi — i — j est
-/{foc COS. ;r dx^^
l'intégrale étant prise entre les mêmes limites, on obtient
par ces substitutions l'équation
— g-Kt
— kt
ç(a;,f)='y=; — '$ifxdx-\- -{?i\x\..x?ifxû.Vi..xdx-^cos.x'^fx(iQ)^.xdoc)e
-\--{?Àw..2x%fxh\w..ixdx->rCO?,.ix'^fxco?>.ixdx)e °
+ etc. (E)
et représentant par K la quantité ^7:, on aura
7t 7J = - l fx dx+{?,\n. xffx . s\n.xdx-\- cos. xffx cos. xdx) <
-\-{ûx\.o.xf<s^xs\\\.'2.xdx-\-Q.o?,.'xxf'!^xco^.Q:.xdx)e
+ etc.
278.
Cette solution est la même que celle qui a été rapportée
dans la section précédente , pag. 272 ; elle donne lieu à
diverses remarques, i ° Il ne serait pas nécessaire de recourir
à l'analyse des équations aux différences partielles pour
obtenir l'équation générale qui exprime le mouvement de
la chaleur dans une armille. On pourrait résoudre la ques-
tion pour un nombre déterminé de corps, et supposer ensuite
ce nombre infini. Cette méthode de calcul a une clarté qui
lui est propre, et qui dirige les premières recherches. Il est
facile ensuite de passer à une méthode plus concise dont
la marche se trouve naturellement indiquée. On voit d'abord
CHAPITRE III. 33[
que la distinction des valeurs particulières qui , satisfiusant
à l'équation aux différences partielles, composent la valeur
générale, dérive de la lègle connue pour l'intégration des
équations différentielles linéaires dont les coefficients sont
constants. Cette distinction est d'ailleurs fondée , comme on
l'a vu plus haut, sur les conditions physiques de la question;
2° Pour passer du cas des masses disjointes à celui d'un
corps continu, nous avons supposé que le coefficient K aug-
mentait proportionnellement au nombre ii des masses. Ce
changement continuel du nombre K est une suite de ce que
nous avons démontré précédemment , savoir que la quantité
de chaleur qui s'écoule entre deux tranches d'un même
prisme est proportionnelle à la valeur de y-, jt désignant l'ab-
scisse c|ui répond à la section, et v la température. Au reste
si Ton ne supposait point que le coefficient K augmente
proportionnellement au nombre des masses, et que l'on
retînt une valeur constante pour ce coefficient; on trouve-
rait, en faisant n. infini, un résultat contraire à celui qu'on
observe dans les corps continus. La diffusion de la chaleur
serait infiniment lente, et de quelque manière que la masse
eût été échauffée, la température d un point ne subirait
aucun changement sensible, pendant un temps déterminé,
ce qui est opposé aux faits. Toutes les fois cjue Ion a recours
à la considération d'un nombre infiai de masses séparées
qui se transmettent la chaleur, et que l'on veut passer au
cas des corps continus; il faut attribuer au coefficient K, qui
mesui'e la vitesse de la transmission, une valeur proportion-
nelle au nombre des masses infiniment petites qui compo-
sent le corps donné.
42. '
iiu THÉORIE DE LA CHALEUR.
3" Si dans la dernière e'quation que nous venons d'ob-
tenir pour exprimer la valeur de v ou 9 {x , f), on suppose
t = o :, il sera nécessaire que l'équation représente l'état
initial , on aura donc par cette voie l'équation [p) que nous
avons obtenue précédemment, pag. 256, savoir :
•k/x = - jfx dx
-\- svn. xff X sw\. X d X -\- sin. % x ff x sva. 2 xdx-\- etc.
cos.xJ^fxco&. X d X -\- coi. 1 xj^xcos. 2xdx-\-etc.
Ainsi ce théorème qui donne, entre des limites assignées,
le développement d'une fonction arbitraire en séries de
sinus ou de cosinus d'arcs multiples se déduit des règles
élémentaires du calcul. On trouve ici l'origine du procédé
que nous avons employé pour faire disparaître par des inté-
grations successives tous les coefficients, excepté un seul
dans 1 équation
+ a, sin.a;-|-fljSin. 2x~\-a^ sin. 3 07 + etc.
i^X=^£l
-\-b, cos.x-\-b^cos. 1 X -\- h ^cos.Z X -\- etc.
ces intégrations correspondent aux éliminations des diverses
inconnues dans les équations {jn) p. 3i3 et Sao, et l'on recon-
naît clairement par cette comparaison des deux méthodes
que l'équation (B) page 334 -, a lieu pour toutes les valeurs de
X comprises entre o et 2 it , sans que l'on soit fondé à l'appli-
quer aux valeurs de x qui excèdent ces limites.
279-
La fonction ip [x, t) qui satisfait à la question , et dont la
valeur est déterminée par l'équation (E) pag. 33o peut être
exprimée comme il suit
CHAPITRE IV. 333
3^9 (j;^ i)=fdoi/a.+ (2 Ûn.xfda.faiS\n.oi + ^ COS. xyd a/a. COS. a) e
+ (asin. ti xyd oifa sïn. 2 x-^ 2. COS. 2. x/da./'a. COS. 2 a) e
+ (2 sin. 3 J^yV/o/a sin. 3 a + 2 COS. 3.zyr/a/a COS. 3 a) e
+ etc.
ou2779(a;, t)==fdcc/'(/. (i+(2sin.xsin.a + 2cos.xcos.2)e
. . . . —2'ki
+ (2 sin, 2 o^sin. 2 a + 2 COS. 2 a;cos. 2 a) e
+ (2 sin. 3.r sin. 3 a+ 2 cos. 3a;cos. 3a) e
+ etc. )
=/'(f/a/a(l + 22C0S. /(a — x:)e~' )
Le signe 2 affecte le nombre i et indique que la somme doit
être prise de i = i à i = -. On peut aussi comprendre le
premier terme i sous ce signe 2 , et l'on a
2.T:(f(x,t)==/'da/'a'^ COS. i (a — Cc) 6
Il faut alors donner à i toutes ses valeurs en nombres en-
tiers depuis jusqu'à H — ; c'est ce que l'on a indique
en écrivant les limites — 7 et -h ~ auprès du signe 2, l'une
de ces valeurs de i est o. Telle est l'expression la plus
concise de la solution. Pour développer le second membre
de l'équation , on supposera i=^o et ensuite i=i ,2, 3, 4i etc.
et l'on doublera chaque résultat excepté le premier qui
334 THÉORIE DE LA CHALEUR.
répond à i=o. Lorsque t est nul il est ne'cessaire que la
fonction 9 (x, t) i^eprësente l'état initial dans lequel les tem-
pératures sont égales aj'x, on aura donc l'équation identique
2-
fx = -^jda.fx^COS.i{oL — x) (B)
O •'
On a joint aux signes y et 2 les indices des limites entre
lesquelles l'intégrale et la somme doivent être prises. Ce
théorème a lieu généralement quelle que soit la forme de la
fonction y^ dans l'intervalle de x = o a. x^^^t:; il est le
même que celui qui est exprimé par les équations qui don-
nent le développement de F a; , page 260 , et nous verrons
dans la suite que l'on peut démontrer immédiatement la
vérité de l'équation (B), indépendamment des considéra-
tions précédentes.
280.
Il est facile de i^econnaître que la question n'admet
aucune solution différente de celle que donne l'équation (E)
pag. 33o. En effet la fonction o{x,t) satisfait entièrement
à la question , et d'après la nature de l'équation différen-
tielle -r~ ^=z k -j—^ , aucune autre fonction ne peut jouir de
cette même propriété. Pour s'en convaincre il faut con-
sidérer que le premier état du solide étant représenté par
une équation donnée 'v,=fx, la fluxion -j-^ est connue,
puisqu'elle équivautà A" -H^. Ainsi en désignant par v, ou
V, 4- k -~ dtXa. température au commencement du second
instant , on déduira la valeur de v^ de l'état initiar et de
l'équation différentielle. On connaîtra donc de la même
CHAPITRE IV. 335
manière les valeurs v^ v^ a»;... v„ de la température d'un
point quelconque du solide au commencement de chaque
instant. Or la fonction (^{x, t) satisfait à l'ëtat initial, puisque
l'on a 9 (x, o) =fx. De plus elle satisfait aussi à l'écjuatiou
différentielle ; par conséquent étant différentiée elle don-
nerait pour -J^, —Ij, -Jj, etc. les mêmes valeurs que celles
qui résulteraient de l'application successive de cette équation
différentielle (a). Donc si dans la fonction 9 (.r, t) on donne
successivement à t les valeurs o , w , 2 w, 3 w, 4 w, etc. u dé-
signant l'élément du temps ; on trouvera les mêmes valeurs
a», -y, Vi i'4, etc. que l'on aurait déduites de l'état initial et
de l'application continuelle de l'équation -t-= k -7—,. Donc
toute fonction ^ [x, t) qui satisfait à l'équation différentielle
et à l'état initial se confond nécessairement avec la fonction
9 (œ, t) : car ces fonctions donneront l'une et l'autre luie
même fonction de .r^ si l'on y suppose successivement
t = o , b) , 2 w , 3 (0 . . . . iio, etc.
On voit par là qu'il ne peut y avoir qu'une seule solution
de la question , et que si l'on découvre d'une manière cjuel-
conque une fonction ^ (x, t) qui satisfasse à l'équation diffé-
rentielle et à l'état initial , on est assuré qu'elle est la même
que la précédente donnée par l'équation (E).
281.
Cette même remarque s'applique à toutes les recherches
qui ont pour objet le mouvement varié de la chaleur; elle
suit évidemment de la forme même de l'équation générale.
C'est par la même raison que l'intégrale de l'équation
-j- = k -j^ ne peut contenir qu une seule fonction arbitraire
en X. En effet , lorsqu'une valeur de ^v est donnée en fonc-
336 THEORIE DE LA CHALEUR.
tion de x pour une certaine valeur du temps t , il est évident
que toutes les autres valeurs de v qui correspondent à un
temps quelconque sont déterminées. On peut donc choisir
arbitrairement la fonction de x , qui correspond à un certain
état , et la fonction de deux variables x et ? se trouve alors
déterminée. Il n'en est pas de même de l'équation
que nous avons employée dans le chapitre précédent, et qui
convient au mouvement constant de la chaleur; son inté-
grale contient deux fonctions arbitraires en x et j: mais on
peut ramener cette recherche à celle du mouvement varié,
en considérant l'état final et permanent comme dérivé de
ceux qui le précèdent, et par conséquent de l'état initial qui
est donné. ' -'
L'intégrale que nous avons donnée
la aj a 2 e COS. l (a x)
contient une fonction arbitraire fx , et elle a la même
étendue que l'intégrale générale, qui ne contient aussi
qu'une fonction arbitraire en x : ou plutôt elle est cette inté-
grale elle-même mise sous la forme qui convient à la question.
En effet l'équation v^^fx représentant l'état initial, et
i; = ip (x, t) , représentant l'état variable qui lui succède ;
on voit que d'après la forme même du solide échauffé la
valeur de ^v ne doit point changer lorsqu'on écrit, au lieu
de ^, xàzi.iT.^ i étant un nombre entier positif quel-
conque. La fonction
— / d%frf.
1-kJ -^
2 e COS. i (a — .X')
CHAPITRE IV. 337
remplit cette condition; elle représente aussi l'état initial
lorsqu'on suppose t = o; car on a alors : > . '■ > : . »
/x = I da/xl COS. i {a. — x) [.
équation qui a été démontrée précédemment, pages 260 et 333
et qu'il est d'ailleurs facile de vérifier. Enfin la même fonc-
tion satisfait à l'équation différentielle -^ = K ■-^^. Quelle
que soit la valeur du temps t , la température v est donnée
par une série très-convergente, et les différents termes repré-
sentent tous les mouvements partiels qui se composent pour
former le mouvement total. A. mesure que le temps augmente,
les états partiels de l'ordre le plus élevé s'altèrent rapidement,
et ne conservent aucune influence appréciable ; ensorte que
le nombi'e des valeurs que l'on doit donner à l'exposant ?"
diminue de plus en plus. Après un certain temps le système
des températures est représenté sensiblement par les termes
que l'on trouve en donnant à i les valeurs o , ± i et ± 2 ou
seulement o et ± i , ou enfin par le premier de ces termes
qui est — / <^a/'a ; il y a donc une relation manifeste entre
la forme de la solution et la marche du phénomène physique
que l'on a soumis à l'analyse,
282.
Pour parvenir à cette solution on a considéré d'abord
les valeurs simples de la fonction v qui satisfont à l'équa-
tion différentielle ; on a formé ensuite une valeur qui
convient avec l'état initial , et qui a par conséquent toute la
généralité que la question comporte. On pourrait suivre une
marche différente et déduire la même solution d'une autre
^3
4
338 THEORIE DE LA CHALEUR.
expression de l'intégrale; car cette solution étant une fois
connue , on en transforme aisément les résultats. Si l'on
suppose que le diamètre de la section moyenne de l'anneau
devient de plus en plus grand à l'infini, la fonction f {x , t)
reçoit, comme on le verra par la suite, une forme diffëi'ente,
et se confond avec l'intégrale qui contient une seule fonction
arbitraire sous le signe d'intégrale définie. On pourrait aussi
appliquer cette dernière intégrale à la question actuelle;
ruais, si l'on se bornait à cette application, on n aurait qu'une
connaissance très-imparfaite du phénomène : car les valeurs
des températures ne seraient pas exprimées par des
séries convergentes , et l'on ne distinguerait point les
états qui se succèdent à mesure que le temps augmente, II
faudrait donc attribuer à la fonction qui représente l'état
initial la forme périodique que la question suppose; mais,
en modifiant ainsi cette intégrale, on n'aurait point d'autre
résultat que celui-ci
(p (x^ f)== — / ^^ «y^a 2 e COS. i (a — x)-
On passe aisément de cette dernière équation à l'intégrale
dont il s'agit, comme nous l'avons prouvé dans le Mémoire
qui a précédé cet ouvrage. Il n'est pas moins facile d'obtenir
l'équation en partant de l'intégrale elle-même. Ces transfor-
mations rendent de plus en plus manifeste l'accord des
résultats du calcul; mais elles n'ajoutent rien à la théorie,
et ne constituent nullement une analyse différente.
On examinera dans un des chapitres suivants les diffé-
rentes formes que peut recevoir l'intégrale de l'équation
CHAPITRE IV. 339
-j^=:K-^, les rapports qu'elles ont entre elles, et les cas
où elles doivent être employées.
Pour former celle qui exprime le mouvement de la chaleur
dans une armille, il était nécessaire de résoudre une fonction
arbitraiie en une série de sinus et cosinus d'arcs multiples ;
les nombres qui affectent la variable sous les signes sinus et
cosinus sont les nombres naturels i, 2, 3, 4i etc. Dans la
question suivante, on réduit encore la fonction arbitraire
en une série de sinus; mais les coefficients de la variable
sous le signe sinus ne sont plus les nombres i , 2 , 3 , 4 1 etc.
ces coefficients satisfont à une équation déterminée dont
toutes les racines sont irrationnelles et en nombre infini.
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43. .
34o THÉORIE DE LA CHALEUR.
•» «J*^» -V». «^^V'«^%«^«.^^kW««,'«.
CHAPITRE V.
DE LA PROPAGATION DE LA CHALEUR DANS UNF
SPHÈRE SOLIDE.
SECTION PREMIÈRE.
Solution générale.
283.
x-JK question de la propagation de la chaleur a e'té exposée
dans le chapitre II, section a, article 117 (page m); elle
consiste à intégrer 1 équation -^r=K (^ + J ^) en sorte
que l'intégrale satisfasse , lorsque a; = X , à la condition
^ + A 1) =r o , K désigne le rapport ^ et h désigne le rap-
port ^ des deux conducibilités ; 1; est la température que
l'on observerait après le temps écoulé t dans une couche
sphérique dont le rayon est x; X est le rayon de la sphère ;
a» est une fonction de a: et t qui équivaut à F x lorsqu'on
suppose ? = o. La fonction Y x est donnée, elle représente
l'état initial et arbitraire du solide.
Si l'on fait y:=iv x , y étant une nouvelle indéterminée ,
on aura, après les substitutions, -^ = K-r^: ainsi il faut
^ ^ dt dx^
CHAPITRE V. 34i
intégrer cette dernière équation , et l'on piendra ensuite
V = --. On cherchera en premier heu quelles sont les valeurs
les plus simples que Ton puisse attribuer à y, ensuite on
en formera une valeur générale qui satisfera en même temps
à l'équation différentielle, à celle de la surface et à l'état
initial. Il sera focile de reconnaître que lorsque ces trois
conditions sont remplies, la solution est complète, et que
l'on ne pourrait en trouver aucune autre.
284.
Soit y = e u , u étant une fonction de .r , on aura
m îi = K j— ,. On voit d'abord que la valeur de t devenant
infinie , celle de v doit être nulle dans tous les points ; puis-
que le corps est entièrement refroidi. On ne peut donc
prendre pour m qu'une quantité négative. Or K a une
valeur numérique positive ; on en conclut que la valeur de
u dépend des arcs de cercle, ce qui résulte de la nature
connue de féquation ??i«=:K-j— ,. Soit u = K cos. 11 x
+ B sin. n X ; on aura cette condition /?? = — K n\ Ainsi
l'on peut exprimer une valeur particulière de v par l'équa-
lion 0»= (A cos. n a? 4- B sin. n.r), ii est un nombre
positif quelconque , et A et B sont des constantes. On
remarquera d'abord que la constante A doit être nulle ; car
la valeur de v qui exprime la température du centre , lors-
qu'on fait x = o ne peut pas être infinie , donc le terme
A cos. X doit être omis.
De plus le nombre n ne peut pas être pris arbitrairement.
342 THEORIE DE LA CHALEUR
dx
En effet si dans l'équation déterminée ~-j — \- hv^=o on sub-
stitue la valeur de v , on trouvera
n X COS. n X {hx — i) sin. n x=^ o.
Comme l'équation doit avoir lieu à la surface , on y
supposera a; := X rayon de la sphère , ce qui donnera
= I — A X. Soit "k le nombre i — A X et « X = e ,
tang. n X
on aura = \. Il faut donc trouver un arc s qui , divisé
tang. s ^ '
par sa tangente donne un quotient connu X, et Ion prendra
71 = - . Il est visible qu'il y a une infinité de tels arcs , qui
ont avec leur tangente un rapport donné; en sorte que
l'éauation de condition -^^ = i — A X a une infinité
^ tang. n a.
de racines réelles.
285.
Les constructions sont très-propres à faire connaître la
nature de cette équation. Soit u = tang. e {"vqy: fig. 12),
l'équation d'une ligne dont l'arc e est l'abscisse, et u l'ordon-
née ; et soit '* = ^ l'équation d'une droite dont e et u dési-
gnent aussi les coordonnées. Si on élimine u avec ces deux
équations, on a la proposée t- = tang. e. L'inconnue e est
donc l'abscisse du point d'intersection de la courbe et de la
droite. Cette ligne courbe est composée d'une infinité d'arcs;
toutes les ordonnées correspondantes aux abscisses 7 w, 4 x,
vw,7TT, etc. sont infinies, et toutes celles qui répondent
aux points o, tt, 2::, 3tc, 4^:, etc. sont nulles. Pour tracer
la droite dont l'équation est a= y^= . „ , on forme le
CHAPITRE V. 343
quarre o i w i , et portiint la quantité A X de u> en A, on
joint le point h avec l'origine o. La courbe dont l'équation
est M=tang. £ a pour tangente à l'origine non une ligne qui
divise l'angle droit en deux parties égales, parce que la der-
nière raison de l'arc à sa tangente est i.On conclut de là que
si 1 ou I — AX est une quantité moindre que l'unité, la droite
m o m passe à l'origine au-dessus de la courbe 77 on et qu'il y
a un point d'intersection de cette droite avec la première
branche. Il est également évident que la même droite coupe
toutes les branches ultérieures n w Ji , n 1 ta n , etc. Donc
l'équation = ^ a un nombre infini de racines réelles,
'■ tani?. e
La première est comprise entre o et -, la seconde entre -k.
et 3 -, la troisième entre 2 tc et 5 -, ainsi de suite. Ces ra-
2 2
cines approchent extrêmement de leurs limites supérieures
lorsque leur rang e&t très-avancé.
286.
Si l'on veut calculer la valeur d'une de ces racines, par
exemple : de la première , on peut employer la règle sui-
vante : on écrira les deux équations e = arc. tang. u et
11^:= -^ arc. tang. 11 désignant la longueur de l'arc dont la
tangente est u. Ensuite prenant un nombre quelconque
pourri, on en conclura, au moyen de la première équa-
tion , la valeur de e ; on substituera cette valeur dans la
seconde équation, et l'on en déduira une autre valeur de u;
on substituera cette seconde valeur de u dans la première
équation; on en déduira la valeur de e qui, au moyen de
la seconde équation, fera connaître une troisième valeur
344 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de u. En la substituant dans la première e'quation on aura
luie nouvelle valeur de i. On continuera ainsi de déterminer
u par la seconde équation , et e par la première. Cette opé-
ration donnera des valeurs de plus en plus approchées de
l'inconnue i , la construction suivante rend cette conver-
gence manifeste.
En effet, si le point u correspond {voy. fig. i3) à la
valeur ai'bitraire que l'on attribue à l'ordonnée u; et si l'on
substitue cette valeur dans la première équation £=arc. tang. u,
le point £ correspondra à l'abscisse que l'on aura calculée ,
au moyen de cette équation. Si l'on substitue cette
abscisse e dans la seconde équation u =z -^ on trouvera une
ordonnée u qui correspond au point u . Substituant lî dans
la première équation , on trouvera une abscisse e' qui répond
au point e' ; ensuite cette abcisse étant substituée dans la
seconde équation fera connaître une ordonnée u qui, étant
substituée dans la première , fera connaître une troisième
abscisse i\ ainsi de suite à l'infini. C'est-à-dire que, pour
représenter l'emploi continuel et alternatif des deux équa-
tions précédentes , il faut par le point ii mener l'horizontale
jusqu'à la courbe , par le point d'intersection e mener la
verticale jusqu'à la droite , par le point d'intersection u
mener l'horizontale jusqu'à la courbe , par le point d'inter-
section z mener la verticale jusqu'à la droite, ainsi de suite
à l'infini, en s' abaissant de plus en plus vers le point cherché.
287.
La figure précédente (i3) représente le cas où l'ordonnée
prise arbitrairement pour u est plus grande que celle qui
répond au point d'intersection. Si l'on choisit au contraire
CHAPITRE IV. 345
pour la valeur initiale de u, une quantité plus petite, et
que l'on emploie de la même manière les deux équations
£ = arc. tang. M^ u=.-^ on parviendrait encoi-e k des valeurs
de plus en plus approchées de l'inconnue. La figure (i4) fait
connaître que dans ce cas on s'élève continuellement vers le
point d'intersection en passant par les points «e u î li' z\ etc.
qui terminent des droites horizontales et verticales. On
obtient, en partant d'une valeur de u trop petite, des quan-
tités e e' e" e"' e", etc. qui convergent vers l'inconnue et sont
plus petites qu'elles; et l'on obtient, en partant d'une valeur
de u trop grande, des quantités qui convergent aussi vers
l'inconnue, et dont chacune est plus grande qu'elle. On
connaît donc des limites de plus en plus resserrées , et entre
lesquelles la grandeur cherchée sera toujours comprise.
L'une et l'autre approximation sont représentées par la
formule
£ =. , . .arc. tang.r^ ai'c. tang.Q arc. tang. (^ arc. tang. y)))
Lorsqu'on aura effectué quelques-unes des opérations indi-
quées , les résultats successifs différeront moins et l'on sera
parvenu à une valeur approchée de £.
288.
On pourrait se proposer d'appliquer les deux équations
i = arc. tang. ii, et u = ^ dans un ordre différent, en leur
donnant cette forme u = tang. i et £ = x «. On prendrait
pour £ une valeur arbitraire, et, en la substituant dans la
première équation, on trouverait la valeur de u, qui étant
substituée dans la seconde équation donneiait une seconde
44
346 THÉORIE DE LA CHALEUR,
valeur de e ; on emploierait ensuite cette nouvelle valeur de
s de la même manière qu'on a employé la première. Mais il
est facile de reconnaître , par les constructions , qu'en sui-
vant le cours de ces opérations, on s'éloigne de plus en
plus du point d'intersection, au lieu de s'en approcher,
comme dans le cas précédent. Les valeurs successives de £
que l'on obtiendrait diminueraient continuellement jusqu'à
zéro , ou augmenteraient sans limite. On passerait successi-
vement de s" en w", de li' en e', de e' en lî^ de ii! en i , ainsi
de suite à l'infini.
La règle que l'on vient d'exposer pouvant s'appliquer au
calcul de chacune des racines de l'équation = i — A X
^ tang.e
qui ont d'ailleurs des limites données, on doit regarder
toutes ces racines comme des nombi'es connus. Au reste il
était seulement né-::essaire de se convaincre que l'écjuation
a une infinité de racines réelles. On a rapporté ici ce pro-
cédé d'approximation parce qu'il est fondé sur une construc-
tion remarquable, cju'on peut employer utilement dans
plusieurs cas , et qu'il fait connaître sur-le-champ la nature
et les limites des racines; mais l'application qu'on ferait
de ce procédé à l'équation dont il s'agit serait beaucoup
trop lente ; il serait facile de recourir dans la pratique à une
autre méthode d'approximation.
On connaît maintenant une forme particulière que l'on
peut donner à la fonction o) , et qui satisfait à deux condi-
tions de la question. Cette solution est représentée par
1 équation /»= , ,,,,- ou v ^ a e -^^-. Le
CHAPITRE V. 347
coefficient a est un nombre quelconque , et le nombre n est
tel aue l'on a "' ., = 1 — A X. Il en résulte que si les
T^ tang. n X
températures initiales des différentes couches étaient pro-
portionnelles au quotient '^'""'^'^, elles diminueraient toutes
à-la-fois, en conservant entre elles pendant toute la durée
du refroidissement les rapports qui avaient été établis ; et la
température de chaque point s'abaisserait comme l'ordonnée
d'une logarithmique dont l'abscisse désignerait le temps
écoulé. Supposons donc que , l'arc t étant divisé en parties
égales et pris pour abscisse, on élève en chaque point de
division une ordonnée égale au rapport du sinus à l'arc. Le
système de toutes ces ordonnées sera celui des tempéra-
tures initiales, qu'il faut attribuer aux différentes couches,
depuis le centre jusqu'à la surface , le rayon total X étant
divisé en parties égales. L'are s dont la longueur représente-
rait dans cette construction le rayon X ne doit pas être
pris arbitrairement; il est nécessaire que fcet arc ait avec
sa tangente un rapport donné. Comme il y a une infinité
d'arcs qui satisfont à cette condition, on formerait ainsi
une infinité de systèmes des températures initiales, qui
peuvent subsister deux-mêmes dans la sphère, sans que
les rapports des températures changent pendant la durée
du refi'oidissement. . ^
Il ne reste plus qu à former un £tat initial quelconque,
au moyen d'un certain nombre pu .d'une hifini té .d'états
partiels, dont chacun représente un de ces systèmes de
température que nous avons considérés précédemment . et
44.
348 THÉORIE DE LA CHALEUR.
dans lesquels l'ordonnée varie avec la distance x , propor-
tionnellement au quotient du sinus par l'arc. Le mouvement
général de la chaleur dans l'intérieur de la sphère, sera alors
décomposé en autant de mouvements particuliers dont
chacun s'accomplira librement comme s'il était seul.
Désignant par «, n., n^ n.:, ii^^ etc. les quantités qui satis-
font à l'équation — - — v = i — AX, et que l'on suppose
rangées par ordre , en commençant par la plus petite ; on
formera l'équation générale
— kn\t . — krilt . —kn\t .
'Vx^a,e sm.n^x+a^e sm.n^x+aie sin.?iiX-i-etc.
Si l'on fait ^=o, on aura pour exprimer l'état initial des
températures
xv^a, sin. n, x+a^ sin. n^x-\-ai sin. n^x+a:, sin. n^ a;+ etc.
La question consiste à déterminer , quel que soit l'état
initial, les coefficients a, <7, «3 «4, etc. Supposons donc que
l'on connaisse les valeurs de v depuis x=:o jusqu'à ar = X,
et représentons ce système de valeurs par F a; ; on aura
Yx=- {a^&\n.n,x-\-a:,&\Xi.n^x+aiSm.niX-\-aiSm.n^x + elc) (e)
291.
Pour déterminer le coefficient a^ , on multipliera les deux
nombres de l'équation par x sin. nx d x, et l'on intégrera
depuis a:=o jusqu'à x=X. L'intégrale/" sin. fiix sin. nxdx
prise entre ces limites, est
■ • jii
-T- — ; { — ?«sin. «Xcos. wX4- resin. /«Xcos. «Xj-
CHAPITRE V. 349
Si m et 71 sont des nombres choisis parmi les raciocs
«, /?, n^ Ji^^ et qui satisfont à l'équation -—^, — ^= i — /tX,
on aura
-.V
ou7?^cos.?7^Xsin./^X — /zsin.7?zXcos.7î,r:=:o.
»2 X « X
tano-.wX tang. «X
Oïl voit par-là que la valeur totale de l'intégrale est nulle ;
mais il y a un seul cas où cette intégrale ne s'évanouit pas,
c'est lorsque m=^n. Elle devient alors -, et, par l'applica-
tion des rèfifles connues, elle se réduit à - X — -7- sin.a/i X.
Il résulte de là que pour avoir la valeur du coefficient <?,,
dans l'équation (e), il faut écrire
2. l X sin.n.x .dx¥ x=^a , TX — - — sin. 2«,X j-
Le signey indiquant que l'on prend l'intégrale depuis a.:=o
jusqu'à œ = X. On aura pareillement
2. l X sin. n^x dx ¥ x=a, TX sin. 2«, XV
On déterminera de même tous les coefficients suivants. Il
est aisé de voir que l'intégrale définie 2.fx . sin. nx dx ¥ x
a toujours une valeur déterminée , quelle que puisse être la
fonction arbitraire F .r. Si cette fonction ¥ x est représentée
par l'ordonnée variable d'une ligne qu'on aurait tracée
d'une manière quelconque, la fonction x F.r.sin. nx, cor-
respondra aussi à l'ordonnée d'une seconde ligne que l'on
construirait facilement au moyen de la première. L'aire
terminée par cette dernière ligne entre les abscisses a; = o ,
35o THÉORIE DE LA CHALEUR.
œ = X. fera connaître le coefficient a^^ i étant l'indice du
rang de la racine n.
La fonction arbitraire F x entre dans chaque coefficient
sous le signe de l'intégration , et donne à la valeur de v
toute la généralité cjue la question exige, on parvient ainsi
à l'équation suivante
sin.n,a-fxsm.n,xYx.dx , sin. ri xfx sin.n,xF x dx ,
XV ■- '■ — /cn]t -^ — Anlt
2 A sin. 2 7?, X X sm. 2/?,X
2«, 2«,
Telle est la forme cjue l'on doit donner à lintégrale générale
IV' 4.- ^^ T- f^'î' 2 dv , ,, , ^
de 1 équation -^ = rs. -y-^ + - ^, pour quelle représente
le mouvement de la chaleur dans la sphère solide. En effet
toutes les conditions de la cjuestion seront remplies : i" l'équa-
tion aux différences partielles sera satisfaite ; 2." la quantité
de chaleur qui s'écoule à la surface conviendra à-la-fois à
l'action mutuelle des dernières couches et à l'action de l'air
sur la surface ; c'est-à-dire que féquation -i— -h h v = o ^ a
laquelle chacune des parties de la valeur de v satisfait
lorsque ,rrr=X, aura lieu aussi lorsqu'on prendra pour v
la somme de toutes ces parties; 3° la solution donnée con-
viendra à l'état initial lorsqu'on supposera le temps nul.
Les racines Ji, n, n. ?î,. etc. de l'équation — — ^ = i — h\
' - ^ ^' ^ tang.«X
sont très-inégales; d'où l'on conclut que si la valeur du
temps écoulé t est considérable, chaque terme de la valeur
de V est extrêmement petit par rapport à celui qui le prér
cède. A mesure cjue le temps du refroidissement augmente,
les dernières parties de la valeur de v cessent d'avoir aucune
CHAPITRE V. 35i
influence sensible ; et ces états partiels et élémentaires qui
composent tl'abord le mouvement général , afin qu'il puisse
comprendre l'état initial, disparaissent presqu'cntiërement,
excepté un seul. Dans ce dernier état, les températures des
différentes couches décroissent depuis le centre jusqu'à la
surface, de même que dans le cei'cle les rapports du sinus
à l'arc décroissent à mesure que cet arc augmente. Cette loi
règle naturellement la distribution de la chaleur dans une
sphère solide. Lorsqu'elle commence à subsister , elle se
conserve pendant toute la durée du refroidissement. Quelle
que soit la fonction F x qui représente l'état initial , la loi
dont il s'agit tend de plus en plus à s'établir ; et lorsque le
refroidissement a duré cjuelque temps, on peut supposer
qu'elle existe sans erreur sensible.
293.
Nous appliquerons la solution générale au cas oii la sphère
ayant été long-temps plongée dans un liquide, a acquis dans
tous ses points une même température. Dans ce cas , la
fonction Fx est i, et la détermination des coefficients se
réduit à intégrer x sin. nx dx , depuis a- = o jvisqu'à
■^ . • ' 1 sin./iX — ZiXcOS. «X ■r^ 1
iCi^X, cette nite£;rale est . Donc la va-
leur d'un coefficient quelconque est exprimée ainsi
a sin.«X — «Xcos. «X_
n «X — sin.«Xcos.«X '
le rang du coefficient est déterminé par celui de la racine n,
l'équation qui donne ces valeurs de n est :; ■"'1
n X COS. « X 2 X' r i^
— -■ ^ — =1 — « A-. it&iiu inoijido
sin. n A '
35a THEORIE DE LA CHALEUR.
1 Y
on trouvera donc «^ = - • — r;^ -.
n riA. COS. e c 74 A — cos. n X
Il est aise maintenant de former la valeur géne'rale ; elle
est donne'e par l'équation
— kn\t . — knlt .
■vx e ' sm.n.x e " sm.n^x
+ —r-^ ^ — ^, + etc.
aXA «, (rt, Xcosec. «, X — cos. «, X) «(«^X cosec. re^X — cos.WjX)
En désignant par s, e, ej £4 , etc. les racines de l'équation
= 1 — A X , et les supposant rangées par ordre en
commençantpar la plus petite; remplaçant n, X,?^, X,«3 X, etc.
par e. e, £3 , etc. , et mettant au lieu de K et A leurs valeurs
p-pj et jT- , on aura pour exprimer les variations des tempé-
ratures pendant le refroidissement d'une sphère solide qui
avait été uniformément échauffée , l'équation
L;„ = ^ t:.D X' •„ , ^ CD X,
, Isin. e, - e sin.e, :^ e '
■î>=-ïrX 1 h etc.
IL \ X X
1 £, - S, cosec.s, — cos. e" e, =^ e^cosec. e, — cos.e^
\ X A-
SECTION IL
Re?narques diverses sur cette solution.
294.
Nous exposerons quelques-unes des conséquences que
l'on peut déduire de la solution précédente. Si l'on suppose
que le coefficient h qui mesure la facilité avec laquelle la
chaleur passe dans l'air, a une très-petite valeur, ou que le
CHAPITRE IV. 353
rayon X de la sphère est très-petit, la moindre valeur de e
sera extrêmement voisine de zéro , en sorte que l'équation
— — =1 — ^ A se réduit a = i ^ , ou , en
tanu;.£ K i , K. ' ^
° e 5 ê'
2. J
omettant les puissances supérieures de e, r = 3 -^. D'un
autre côté la quantité -. cos. e devient , dans la même
/ X **"■ (^ X )
hypothèse, -t.— • Quant au terme ^ — il se réduit à
I. En faisant ces substitutions dans l'équation générale,
3 h
on aura a» :^ e c.d.x _,_ gj-^ Qn peut remarquer que les
termes suivants décroissent très-rapidement en comparaison
du premier, parce que la seconde racine «, est beaucoup
plus grande que zéro ; en sorte que si les quantités h ou X
ont une petite valeur , on doit prendre , pour exprimer les
3/it
variations des températures, l'équation o»^ e c.d.x Ainsi
les différentes enveloppes sphériques dont le solide est
composé conservent une température commune pendant
toute la durée du refroidissement. Cette température diminue
comme l'ordonnée d'une logarithmique, le temps étant pris
pour abscisse ; la température initiale qui est i se réduit
après le temps t a e c.d.x Pour que la température initiale
devienne la fraction —, il faut que la valeur de t soit 5-7 • „^k--
Ainsi , pour des sphères de même matière qui ont des dia-
45
354 THÉORIE DE LA CHALEUR.
mètres différents, les temps qu'elles mettent à perdre la
moitié ou une même partie déterminée de leur chaleur
actuelle, lorsque la conducibilité extérieure est extrêmement
petite , sont proportionnels à leurs diamètres. Il en est de
même des sphères solides dont le rayon est très-petit; et
l'on trouverait encore le même résultat en attribuant à la
conducibilité intérieure K une très-grande valeur. Il a lieu
en général lorsque la quantité -^ est très -petite. On peut
regarder le rapport -jt- comme très-petit, lorsque le corps
qui se refroidit est formé d'un liquide continuellement agité
que renferme un vase sphérique d'une petite épaisseur.
Cette hypothèse est en quelque sorte la même que celle
d'une conducibilité parfaite : donc la température décroît
suivant la loi exprimée par l'écpiation o) = e c.d.x
On voit par ce qui précède que dans une sphère solide
qui se refroidit depuis long-temps, les températures décrois-
sent depuis le centre jusqu'à la surface comme le quotient
du sinus par l'arc décroît depuis l'origine oii il est i jusqu'à
l'extrémité d'un arc donné e, le rayon de chaque couche
étant représenté par la longueur variable de cet arc. Si la
sphère a un petit diamètre , ou si la conducibilité propre
est beaucoup plus grande que la conducibilité extérieure,
les températures des couches successives diffèrent ti ès-peu
entre elles , parce que l'arc total £ qui représente le rayon X
de la sphère a très-peu d'étendue. Alors la variation de la
température v commune à tous les points est donnée par
CHAPITRE IV. 355
l'équation v = e c.d.x Ainsi, en comparant les temps
respectifs que deux petites sphères emploient à perdre la
moitié ou une partie aliquote de leur chaleur actuelle, on
doit trouver que ces temps sont proportionnels aux dia-
mètres.
296.
Le résultat exprimé par l'équation v = e c.d.x ne con-
vient qu'à des masses d'une forme semblable et de petite
dimension. Il était corniu depuis long-temps des physiciens,
et il se présente pour ainsi dire de lui-même. En effet si
un corps quelconque est assez petit pour que l'on puisse
regarder comme égales les températures des différents
points , il est facile de reconnaître la loi du refroidissement.
Soit I la température initiale commune à tous les points ^
et -v la valeur de cette température après le temps écoulé t ;
il est visible que la quantité de chaleur qui s'écoule pendant
l'instant d t dans le milieu supposé entretenu à la tempé-
rature o e&thÇtvdt, en désignant par S la surface exté-
rieure du corps. D'un autre côté C étant la chaleur qui est
nécessaire pour élever l'unité de poids de la température o
à la température i , on aura C . D . V pour l'expression de la
quantité de chaleur qui porterait le volume V du corps dont
la densité est D de la température o à la température i.
Donc est la quantité dont la température o» est dimi-
nuée lorsque le corps perd une quantité de chaleur égale à
h^vdt
C.D.V '
k S V d t. On doit donc avoir l'équation dv =
hSt
ou y = e C.D.V Si jg corps a la forme sphérique, on aura,
45.
356 THÉORIE DE LA CHALEUR.
3ht
en appelant X le rayon total , l'équation v==e c.d.x_
297-
Supposons que l'on puisse observer pendant le refroidis-
sement du corps dont il s'agit deux températures v^ et v, ,
correspondantes aux temps t^ et t^ ; on aura
/^ S log. V, — log. V,
C.D.V~ t, — t,
On connaîtra donc facilement par l'expérience l'exposant
ç r, y- Si l'on fait cette même observation sur des corps
différents , et si l'on connaît d'avance le rapport de leurs
chaleurs spécifiques C et C ; on trouvera celui de leurs
conducibilités extérieures h et h'. Réciproquement, si l'on
est fondé à regarder comme égales les valeurs h et h' de la
conducibilité extérieui'e des deux corps différents, on con-
naîtra le rapport des chaleurs spécifiques. On voit par-là
qu'en ol^servant les temps du refroidissement pour divers
liquides et autres substances enfermées successivement dans
un même vase d'une très-petite épaisseur, on peut déter-
miner exactement les chaleurs spécifiques de ces substances.
Nous remarquerons encore que le coefficient K qui mesure
la conducibilité propre n'entre point dans l'équation
V = e
-3: "'
C.D.X
1
ainsi les temps du refroidissement dans les corps de petite
dimension ne dépendent point de la conducibilité propre ;
et l'observation de ces temps ne peut rien apprendre sur
cette dernière propriété ; mais on pourrait la déterminer en
CHAPITRE IV. 357
mesurant les temps du refroidissement dans des vases de
différentes épaisseurs.
298.
Ce que nous avons dit plus haut sur le refroidissement
d'une sphère de petite dimension , s'applique au mouvement
du thermomètre dans l'air ou dans les liquides. Nous ajou-
terons les remarques suivantes sur l'usage de ces instru-
ments.
Supposons qu'un thermomètre à mercure soit plongé
dans un vase rempli d'eau échauffée, et que ce vase se
refroidisse librement dans l'air dont la température est
constante. Il s'agit de trouver la loi des abaissements suc-
cessifs du thermomètre.
Si la température du liquide était constante, et que le
thermomètre y fut plongé, il changerait de température en
s'approchant très-promptement de celle du liquide. Soit v
la température variable indiquée par le thermomètre , c'est-
à-dire son élévation au-dessus de la température de l'air;
soit u l'élévation de la température du liquide au-dessus de
celle de l'air, et t le temps correspondant à ces deux valeui^
v et u. Au commencement de l'instant d t qui va s'écouler,
la différence de la température du thermomètre à celle du
mercure étant v — u la variable v tend à diminuer , et elle
perdra dans l'instant dt une quantité proportionnelle à
v — u; en sorte que l'on aura l'équation dv= — h{y — u)dt.
Pendant le même instant d t \?l variable u tend à diminuer,
et elle perd une quantité proportionnelle à u , en sorte que
l'on a l'équation d u = — lAu d t. Le coefficient H exprime
la vitesse du refroidissement du liquide dans l'air, quantité
que l'on peut facilement reconnaître par l'expérience , et le
358 THÉORIE DE LA CHALEUR.
coefficient h exprime la vitesse avec laquelle le thermomètre
se refroidit dans le liquide. Cette dernière vitesse est beau-
coup plus grande que H. On peut pareillement trouver par
l'expérience le coefficient h en faisant refroidir le thermo-
mètre dans le liquide entretenu à une température constante.
Les deux équations dii = — Hudt et <^^» = — h{v — u)dt
A — H'^ .. dv , , . — ht r.
ou ^^ = A e et --7- =; — h v + h A e lournissent
at
celle-ci a» — u = b e + aHe , a et h étant des con-
stantes arbitraires. Supposons maintenant que la valeur
initiale de v — u soit A, c'est-à-dire que la hauteur du
thermomètre surpasse de A la vraie température du liquide
au commencement de l'immersion; et que la valeur initiale
de u soit E, on déterminera a et b, et l'on aura
. —ki H.E / —Ht —hty
'V — K ^ A e +
H
/ — nt — ht\
{e -e y
La quantité v — m est l'erreur du thermomètre , c'est-à-dire
la différence qui se trouve entre la température indiquée
par le thermomètre et la température réelle du liquide au
même instant. Cette différence est variable , et l'équation
précédente nous fait connaître suivant quelle loi elle tend à
décroître. On voit par l'expression de cette différence v — u
que deux de ses termes qui contiennent e diminuent
très -rapidement, avec la vitesse qu'on remarquerait dans
le thermomètre , si on le plongeait dans le liquide à tempé-
ij A.
rature constante. A l'égard du terme qui contient e •,
son décroissement est beaucoup plus lent, et s'opère avec
CHAPITRE IV. 359
la vitesse du refroidissement du vase dans l'air. Il resuite
de là qu'après un temps bien peu considérable, l'erreur du
thermomètre est représentée par le seul terme
H.E —Ht H
e ou ; Tr- u-
h — H — h — H
^99-
Voici maintenant ce que l'expérience apprend sur les
valeurs de H et h. On a plongé dans l'eau, à 8° 7 (division
octogésimale ) , un thermomètre qui avait d'abord été
échauffé, et il est descendu dans l'eau de 4o à 20 degrés en
six secondes. On a répété plusieurs fois et avec soin cette
expérience. On trouve d'après cela que la valeur de e
est 0,000042 1 si le temps est compté en minutes , c'est-à-
dire que l'élévation du thermomètre étant E au commence-
ment d'une minute , elle sera E (0,000042) à la fin de cette
minute. On trouve aussi h log. e = — 41^76 1 271. On a
laissé en même temps se refroidir dans l'air à 12° un vase
de porcelaine, rempli d'eau échauffée à 60°. La valeur de
e dans ce cas a été trouvée de 0,98514, celle de H log. e
est — o , oo65oo. On voit par-là combien est petite la valeur
de la fraction e , et qu'après une seule minute chaque
terme multiplié par e n'est pas la moitié de la dix-
millième partie de ce qu'il était au commencement de cette
minute. On doit donc n'avoir aucun égard à ces termes
ÏT
dans la valeur de v — u. Il reste l'équation v — « = '
H M H H M T-v' ' 1 1
ou V — u = — r -; Ti — 1-- t) après les valeurs trouvées
pour H et A , on voit que cette dernière quantité k est plu.s
36o THÉORIE DE LA CHALEUR.
de 673 fois plus grande que H , c'est-à-dire que le thermo-
mètre se refroidit dans l'eau plus de six cent fois plus vite
que le vase ne se refroidit dans l'aii'. Ainsi le terme -7- est
certainement moindre que la 600*^ partie de l'élévation de
la température de l'eau au-dessus de celle de l'air, et comme
le terme t s • -r- est moindre que la 600*^ partie du pré-
cédent qui est déjà très -petit, il s'ensuit que l'équation
qu'on doit employer pour représenter très - exactement
l'erreur du thermomètre est v — 11 = —j—. En général si h
est une quantité très-grande par rapport à H , on aura tou-
1, , . Yi.u
jours 1 équation v — m = —y —
3oo.
L'examen dans lequel on vient d'entrer fournit des consé-
quences très-utiles pour la comparaison des thermomètres.
La température marquée par un thermomètre plongé dans
un liquide qui se refroidit est toujours un peu plus forte
que celle du liquide. Cet excès ou erreur du thermomètre
diminue en même temps que l'élévation du thermomètre.
On trouverait la quantité de la correction en multipliant
l'élévation actuelle 11 du thermomètre, par le i-apport de la
vitesse H du refroidissement du vase dans l'air à la vitesse
h du refroidissement du thermomètre dans le liquide. On
pourrait supposer que le thermomètre , lorsqu'il a été plongé
dans le liquide, marquait une température inférieure. C'est
même ce qui arrive presque toujours ; mais cet état ne peut
durer ; le thermomètre commence à se rapprocher de la
température du liquide ; en même temps le liquide se
CHAPITRE V. 36i
refroidit , de sorte que le thermomètre passe d'abord à la
température même du liquide, ensuite il indique une tem-
pérature extrêmement peu différente et toujours supérieure.
3oo.
On voit par ces résultats que si l'on plonge dans un même
vase i-empli d'un liquide qui se refroidit lentement diffé-
rents thermomètres, ils doivent tous indiquer à très-peu-
près la même température dans le même instant. Appelant
h, II, W , les vitesses du refroidissement de chacun de ces
, , 1 1 ■ • 1 H . ?i H (« H «
thermomètres dans le liquide , on aura -^ ' "Â^ ' T^ P^^"'
les erreurs respectives. Si deux thermomètres sont égale-
ment sensibles, c'est-à-dire si les quantités h et K sont les
mêmes , leurs températures différeront également de celles
du liquide. Les coefficients h , K , K , ont de grandes valeurs
en sorte que les erreurs des thermomètres sont des quan-
tités extrêmement petites et souvent inappréciables. On con-
clut de là que si un thermomètre est construit avec soin et
peut être regardé comme exact, il sera facile de construire
plusieurs autres thermomètres d'une exactitude égale. Il
suffira de placer tous les thermomètres que l'on voudra
diviser dans un vase rempli d'un liquide qui se refroidit
lentement, et d'y placer en même temps le thermomètre qui
doit servir de modèle ; on n'aura plus qu'à les observer tous
de degré en degré , ou à de plus grands intervalles , et Ion
marquera les points oii le mercure se trouve en même temps
dans les différents thermomètres. Ces points seront ceux
des divisions cherchées. Nous avons appliqué ce procédé à
la construction des thermomètres employés dans nos expé-
46
362 THEORIE DE LA CHALEUR.
riences, en sorte que ces instruments coïncidaient toujours
exactement dans des circonstances semblables.
Non-seulement cette comparaison des thermomètres pen-
dant la durée du refroidissement du liquide établit entre eux
une coïncidence parfaite, et les rend tous semblables à un
seul modèle; mais on en déduit aussi le moyen de diviser
exactement le tube de ce thermomètre principal sur lesquels
tous les autres doivent être réglés. On satisfait ainsi à la
condition fondamentale de cet instrument, qui est que
deux intervalles quelconques comprenant sur l'échelle un
même nombre de degrés contiennent la même quantité de
mercure. Au reste nous omettons ici plusieurs détails qui
n'appartiennent point directement à l'objet de notre ouvrage.
3oi.
On a déterminé dans les articles précédents la tempé-
rature V que reçoit après le temps écoulé t une couche sphé-
rique intérieure placée à la distance x du centre. Il s'agit
maintenant de calculer la valeur de la température moyenne
de la sphère , ou celle qu'aurait ce solide si toute la quantité
de chaleur qu'elle contient était également distribuée entre
tous les points de la masse. Le solide de la sphère dont le
rayon est x étant 4''^ tti la quantité de chaleur contenue
dans une enveloppe sphérique dont la température est oj ,
et qui est placée à la distance x, sera ^v d (—t-\ Ainsi la
chaleur moyenne est 4 / ^ — ou ^^ /^' 'V dic , l'inté-
' 47V-J
CHAPITRE IV. 363
grale étant prise depuis a; = o jusqu'à a; = X. On mettra
pour V sa valeur
a, — /cnU • '*- — ^n]t . a, — knlt .
— e sin.n,.v-\ — -e sin.re.^H — e sin.7îja;+etc.
X X X
et l'on aura 1 équation
3 /" , , 3 ( sin./î.X — «.Xcos.n.X, —kn]t
^Jx-vdx = Y,\a, 4e
sin.w,X — «,Xcos.«,X / — knlt
+ a, 4 c +etc.
^ , , ,, 2sin.«,X — «iXcos. «iX ^^
On a trouve précédemment a, = ^^ — v • ^^
aura donc, en désignant par z la température moyenne,
s; C.D.X"
__ — ; — j _L- e ^ ^— '- — r^ — ^ e + etc.
équation dans laquelle tous les coefficients des exponen-
tielles sont positifs.
3o2.
Nous considérerons le cas où toutes les autres conditions
demeurant les mêmes, la valeur X du rayon de la sphère
deviendra infiniment grande. En reprenant la construction
TT V
rapportée en l'article 285 , on voit que la quantité -j^ deve-
nant infinie, la droite menée par l'origine, et qui doit couper
les différentes branches de la courbe se confond avec l'axe
des x. On trouve donc pour les différentes valeurs de s les
quantités -, 2 t , 3 tt , etc. , >. :;
-t deve- ^
Le terme de la valeur de z qui contient e CD X'
. 46
364 THÉORIE DE LA CHALEUR.
nant,à mesure que le temps augmente, beaucoup plus grand
que les suivants ; cette valeur de z après un certain temps
est exprimée sans erreur sensible par le premier terme seu-
lement. L'exposant ^-^ e'tant e'gal à K ^ ^ ^, , on voit que
le refroidissement final est très-lent dans les sphères d\iu
grand diamètre , et que l'exposant de e qui mesure la vitesse
du refroidissement est en raison inverse du quarré des
diamètres.
3o3.
On peut d'après les remarques précédentes se former une
idée exacte des variations que subissent les températures
pendant le refroidissement d'une sphère solide. Les valeurs
initiales de ces températures changent successivement, à
mesure que la chaleur se dissipe par la surface. Si les tem-
pératures des diverses couches sont d'abord égales, ou si
elles diminuent depuis la surface jusqu'au centre , elles ne
peuvent point conserver leurs premiers rapports, et dans tous
les cas , le système tend de plus en plus vers un état durable
qu'il ne tarde point à atteindre sensiblement. Dans ce der-
nier état , les températures décroissent depuis le centre
jusqu'à la surface. Si l'on représente par un certain arc e
moindre que le quart de la circonférence le rayon total de
la sphère, et que, divisant cet arc en parties égales, on
prenne en chaque point le quotient du sinus par l'arc , le
système de ces rapports représentera celui qui s'établit de
lui-même entre les températures des couches d'inie égale
épaisseur. Dès que ces derniers rapports ont lieu, ils con-
tinuent de subsister pendant toute la durée du refroidisse-
ment. Alors chacune des températures diminue comme l'or-
CHAPITRE IV. 365
donnée d'une logarithmique, le temps étant pris pour
abscisse. On peut reconnaître que cet ordre est établi en
observant plusieurs valeurs successives z z z" z"\ etc. qui
désignent la température moyenne pour les temps t, ?-f-B,
t-ho. 0, t+3 0, etc. la suite de ces valeurs converge toujours
vers une progression géométrique, et lorsque Its quotients
successifs — , ^ , -^m ? etc. ne changent plus , on en conclut
que les rapports dont il s'agit sont établis entre les tempé-
ratures. Lorsque la sphère est d'un petit diamètre , ces
quotients sont sensiblement égaux dès que le corps com-
mence à se refroidir. La durée du refroidissement pour un
intervalle donné, c'est-à-dire le temps nécessaire pour que
la température moyenne z soit réduite à une partie déter-
minée d'elle-même -" , est d'autant plus grande cjue la sphère
a un plus grand diamètre. in ni -^
3o4.
Si deux sphères de même matière et de dimensions diffé-
rentes sont parvenues à cet état final où les températures
s'abaissent en conservant leurs rapports , et que l'on veuille
comparer les durées d'iui même refroidissement, c'est-à-
dire le temps 0 que la température moyenne z de la pre-
mière emploie pour se réduire à — , et le temps 0' que la
température z de la seconde met à devenir — ; il faut con-
sidérer trois cas différents. Si les sphères ont l'une et l'autre
un petit diamètre, les durées 0 et 0' sont dans le rapport
même des diamètres. Si les sphères ont l'une et l'autre un
diamètre très-grand , les durées 0 et 0' sont dans le rapport
366 THÉORIE DE LA CHALEUR.
des quarres des diamètres;' et si les sphères ont des diamètres
compris entre Ces deux limites, los rapports des temps
seront plus grands que ceux des diamètres, et moindres
que ceux de leurs quarres. On a rapporté plus haut les
valeurs exactes de ces rapports.
La question du mouvement de la chaleur dans une sphère
comprend celle des températures terrestres. Pour traiter
cette dernière question avec plus d'étendue , nous en avons
fait l'objet d'un chapitre séparé.
3o5.
L'usage que l'on a fait précédemment de l'équation
— - — = >; est fondée sur une construction géométrique qui
est très-propre à expliquer la nature de ces équations. En
effet, cette construction fait voir clairement que toutes les
racines sont réelles ; en même temps elle en fait connaître
les limites , et indique les moyens de déterminer la valeur
numérique de chacune d'elles. L'examen analytique des
équations de ce genre donnerait les mêmes résultats. On
pourra d'abord reconnaître que l'équation s — X tang. s,
dans laquelle \ est un nombre connu moindre que l'unité,
n'a aucune racine imaginaire de la forme ni + jiyy — i. Il
suffit de substituer au lieu de e cette dernière quantité, et
l'on voit après les tfansformations que le premier membre
ne peut devenir nul lorsqu'on attribue à m et n des valeurs
réelles , à moins que n ne soit nulle. On démontre aussi qu'il
ne peut y avoir dans cette même équation
£ COS. e — y. sin. e
c— ).tang. e = o, ou -^^^ = o,
aucune racine imaginaire de quelque forme que ce soit.
CHAPITRE V; 367
En effet, 1° les' racines iriiaffiriaires du facteur -^=:::o
^ " COS. 5
n'appai'tienneut point à l'équation e — X tang. s = o puisque
ces racines sont toutes de la forme ^»;Tf-|/^ j/^ — i ; g,» lequa-
tion sin. £ '— ^ cos. e = o a nécessairement toutes ses racines
réelles lorsquè'V est moindre que l'unité. Pour prouver cette
de^ni^re proposition , il faut considérer sin. s comme le
produit d une uinnite de lacteurs qui sont . . , ',,
H^-^) (^-^0 C^-F^J ('-4^;
et considérer cos. c comme dérivant de sin. e par la différen-
tiation. On supposera qu'au lieu de former sin. s. du produit
d un nombre infini de facteurs, on emploie seulement les
m premiers, et que l'on désigne le produit par ç„, s.Pour
trouver la valeur correspondante qui remplace cos. e , on
prendra d ^J ou <p'„ £. Cela posé , on aura l'équation
f„i — ^ ip'^ £ = o. Or, en donnant au nombre ni ses valeurs
successives i, 2, 3, 4i ^tc. depuis i jusqu'à l'infini, on
reconnaîtra, par les principes ordinaires de l'algèbre, la na-
ture des fonctions de e qui correspondent à ces différentes
valeurs de m. On verra que, quelque soit le nombre w des
facteurs, les équations en e qui en proviennent ont les carac-
tères distinctifs de celles qui ont toutes leurs racines réelles.
De là on conclut rigoureusement que l'équation =>>■)
dans laquelle >. est moindre que l'unité ne peut avoir aucune
racine imaginaire. Cette même propoposition pourrait
368 THÉORIE DE LA CHALEUR.
encore être déduite d'une analyse différente que nous em-
ploierons dans un des chapitres suivants.
Au reste la solution que nous avons donnée n'est point
fondée sur la" propriété dont jouit cette équation d'avoir
toutes ses racines réelles. Il n'aurait donc pas été nécessaire
de démontrer cette proposition par les principes de l'analyse
algébrique. Il suffit pour l'exactitude de la solution que
l'intégrale puisse coïncider avec un état initial quelconque ;
car il s'ensuit rigoureusement qu'elle doit représenter aussi
tous les états subséquents.
^-^f^f^f','"
: )H ai Jif)aa«nIorji: ) .$« 3I
T
»/^'K «.^■» •«/«^V^.^^W*'»^!-'»^-*-»^ «.■•^ •*
CHAPITRE VI.
DU MOUVEMENT DE LA CHALEUR DANS UN CYLINDR»
SOLIDE.
Lj e mouvement de la chaleur dans un cylindre solide d'une
longueur infinie, est représente par les équations
~d
V K /</' ?' \ dv\ h ^ d\
l:~ÇpD\dT^^'xd^) ^"^ K '^d^~^''
que l'on a rapportées (pag. 112 et suivantes) dans les arti-
cles 118, 119 et 120. Pour intégrer ces équations, on don-
nera en premier lieu à v une valeur particulière très-simple
mt
exprimée par l'équation v = e u; m est un nombre
quelconque, et u une fonction de x. On désigne par A- le
coefficient ^^^ 4^* entre dans la première équation et par h.
le coefficient ^ qui entre dans la seconde. En substituant
la valeur attribuée à a» ^ on trouve la condition suivante :
ni d'^ u I du
k'^ dx X dx '
On choisira donc pour u une fonction de x qui satisfasse
à cette équation différentielle. Il est facile de voir que cette
fonction peut être exprimée par la série suivante :
47 ■
370 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ex" e" x"" f' jt" p-* x^
jû désignant la constante -,. On examinera plus particuliè-
rement par la suite l'équation différentielle dont cette série
dérive; on regarde ici la fonction u comme étant connue, et
l'on a e ^ . u pour la valeur particulière de v.
L'état de la surface convexe du cylindre est assujéti à une
condition exprimée par l'équation déterminée /iV+T— =0,
qui doit être satisfaite lorsque le rayon x a sa valeur totale
X; on en conclura l'équation déterminée
.( .,X' g^X'- g^X^ ctc W'^^ ^-'^' I ^^'^'
\. 2' "^2^4^"^2^4^6'"^*^'' V~ 2^ 2\4' 2\4'.6'
etc.
ainsi le nombre g^ qui entre dans la valeur particulière
e~~^ .u n'est point arbitraire. Il est nécessaire que ce nom-
bre satisfasse ta l'équation précédente, qui contient g et X.
Nous prouverons que cette équation en g dans laquelle h et
X sont des quantités données à une infinité de racines , et
que toutes ces valeurs de g sont réelles. Il s'ensuit que l'on
peut donner à la variable v une infinité de valeurs particu-
■^— ë ht
lières de la forme e ^ .u, qui différeront seulement par
l'exposant g. On pourra donc composer une valeur plus
générale , en ajoutant toutes ces valeurs particulières multi-
pliées par des coefficients arbitraires. L'ifitégrale qui servira
à résoudre dans toute son étendue la question proposée est
donnée par l'équalion suivante :
v = a,e *" .u^-\-a^e * .u-^ + a^e " .Ws + etc.
CHAPITRE VI. 371
g, g, g}. . . etc. désignent toutes les valeurs de u qui satisfont
à l'équation déterminée; u,u,u, etc. désignent les valeurs de
u qui correspondent à ces différentes racines; a, a, aide. y
sont des coefficients arbitraires qui ne peuvent être déter-
minés que par l'état initial du solide. , . .
007.
Il faut maintenant examiner la nature de l'équation déter-
minée qui donne les valeurs de g, et prouver que toutes les
racines de cette équation sont réelles, recherche qui exige
un examen attentir.
Dans la série i — ^ + Vtt— 4-7r^ + etc. qui exprime
2 2". 4 a .4 .0 ^ ^
n-X'
la valeur que reçoit u lorsque x = X^ on remplacera^
par la quantité 9, et désignant par^ô ou j cette fonction
de G, on aura j=r=/9= i —9 + -,—^rj, + ^.y^,- + etc.
l'équation déterminée deviendra
hX ^~^2>"^^ï\3"'~^ï\3\4^ + "^- hX ^/'9
— = 6^ 6^ 8^ ou -^ 4- 9 ^=0,
/■'9 désignant la fonction ^. ' ; ^^^ ^^'^ -
Chacune des valeurs de 9 fournira une valeur pour g, au
moyen de l'équation ^-^- :=: 9 ; et l'on obtiendra ainsi les
quantités g, g, etc. qui entrent en nombre infini dans la so-)
lution cherchée.
La question est donc de démontrer que l'équation .,j
~ + ^7f — °
47.
3-73 THEORIE DE LÀ CHALEUR.
doit avoir toutes ses racines réelles. Nous prouverons en
effet que requation_/6 = o a toutes ses racines réelles, qu'il
en est de même par conséquent de l'équation y 6 = o , et
qu'il s'ensuit qvie l'équation A = -^— a aussi toutes ses ra-
cines réelles , A représentant la quantité connue — '- —
3o8.
L équation j= i — 6 H — ^^ + ^ — etc. étant
différentiée deux fois , donne la relation suivante :
dy , d' r
On écrira comme il suit cette équation , et toutes celles que
l.'pq , ?^ ^4â»i% paj,' K ^ifféqenfciatiion ,
dr . d^ r
y+r^+^-d¥='''
......
et en général
^8» ^ ^ dh'^ d(i'
etc.
Or si Ton écrit dans Tordre suivant l'équation algébrique
X;=:o, et toutes celles qui en dérivent par la différentiation
V dX d'X d^X d'X
^ = ^' ;ï^=^' 7^=^^' ^^=^^^ 7^ = '*^*^'
— ex
CHAPITRE VI. 373
et si l'on suppose que toute racine réelle d'une quelconque
de ces équations étant substituée dans celle qui la précède ,
et dans celle qui la suit, donne deux résultats de signe con-
traire; il est certain que la proposée X = o a toutes ses ra-
cines réelles, et que par conséquent il en est de même de
toutes ses équations subordonnées
:"' dX d'X d'X ■''•■/-■
-j— = o , -; — - = o , —, — = o , etc.
a .V dx dx '
ces propositions sont fondées sur la théorie des équations
algébriques , et ont été démontrées depuis long-temps. Il
suffit donc de prouver que les équations
2!>oi''^i;p't . ' ' dy d' r "^ ■ ■• (i fs;;-
remplissent la condition précédente. Or cela suit de l'équa-
tion générale
d y , • s d y ,« y -_xrT li'.'";'
-4 + ('+i) rr- "h ^ — —^ = 0: -^"-
db' dO'+^ dH' + ' .,.,..- :./K.n,r.,.
car si l'on donne a 6 une valeur positive qui rende nulle la
fluxion — r-~- , les deux autres termes — ^ et — —^ rece-
vront des valeurs de signe opposé. A l'égard des valeurs
négatives de 9 il est visible , d'après la nature de la fonction
yô, qu'aucune quantité négative mise à la place de 0 ne pour-
rait rendre nulle , ni cette fonction , ni aucune de celles qui
en dérivent par la différentiation ; car la substitution d'une
quantité négative quelconque , donne à tous les termes le
00.,. .■ . .,. . J. „: 'iK:T\ f):-tv: /'■^r *n:)i'i'
374 THÉORIE DE LA CHALEUR.
même signe. Donc on est assure' que l'équation _)^=o a toutes
ses racines réelles et positives.
309.
Il suit de là que l'équationy 6 = 0 ou y=o a aussi toutes
ses racines réelles ; ce qui est une conséquence connue des
principes de l'algèbre. Examinons maintenant quelles sont
les valeurs successives que reçoit le terme ^ -fît -, ou Ô. —
lorsqu'on donne à 0 des valeurs continuellement croissantes,
depuis 6=r o jusqu'à 6= -. Si une valeur de 9 rend/' nulle,
la quantité 6 — devient nulle aussi ; elle devient infinie lors-
que S rend y nulle. Or il suit de la théorie des équations
que, dans le cas dont il s'agit, toute racine de j^' = o est
placée entre deux racines consécutives de j = o, et récipro-
quement. Donc , en désignant par 6, et 83 deux racines con-
sécutives de l'équation y' ^ o , et par 9, la racine de l'équa-
tion y = o qui est placée entre G, et 83, toute valeur de 9
comprise entre 9, et 9, donnera à j un signe différent de
celui qui recevrait cette fonction y , si 9 avait une valeur
comprise entre 9, et 93. Ainsi la quantité 9 — est nulle lors-
que 9=9,; elle est infinie lorsque 9 = 9, , et nulle lorsque
6 = 93. Il est donc nécessaire que cette quantité 9 — prenne
toutes les valeurs possibles , depuis 6 jusqu'à l'infini , dans
l'intervalle de 9, a G, , et prenne aussi toutes les valeurs
possibles de signe opposé , depuis l'infini jusqu'à zéro , dans
l'intervalle de 9, à 93. Donc l'équation A = 9. ^ a nécessaire-
ment une racine réelle entre 9. et 9,, et comme l'équation
CHAPITRE VI. 376
j'=zo a toutes ses racines réelles en nombre infini, il s'en
suit que l'équation A:^e — a la même propriété. On est
parvenu à démontrer de cette manière que l'équation dé-
terminée ,,
h\ 2' 2=.4' 2'. 4^. 6'
etc.
i—^-T-— + -T^ + f /. ^. + etc.
dont l'inconnue est g à toutes ses racines l'éelles et posi-
tives. Nous allons poursuivre cet examen de la fonction u
et de l'équation différentielle à laquelle elle satisfait.
r ' ■ ' ' 3 10. '
, De l'équation y 4- -^ + 6 -j^ :=: o , on déduit l'équation
y ,(' + 0 ^('+^)
générale —4- -\- U + i ) r— ^ -+- 6 r-p^ = o , et si l on
suppose 6 = 0, on aura l'équation
;: ,. a y i a y ■ . ' ,^ ,-.., \
3 ^ — ii- 1 1' ■i^i''; c
qui servira à déterminer les coefficients des différents termes
du développement de la fonctionyô, car ces coefficients dé-
pendent des valeurs que reçoivent les rapports différentiels
lorsqu'on y fait la variable nulle. En supposant le premier
connu et égal à x , on aura la série " '
si maintenant dans l'équation proposée ' -?- •
' 1
376 THÉORIE DE LA CHALEUR.
(/' u i du
gU+ -1—, -h - -j- =zO.
c ax X dx
On fait ^•— = ô et que l'on cherche la nouvelle équation en
u et 6 en regardant u comme une fonction de 6 , on trouvera
du , d'' u
d'où Ion conclut
ou u = I 5-V 4- ^^^JT + GtC-
2 2 0'
Il est facile d'exprimer la somme de cette série. Pour
obtenir ce résultat, on développera comme il suit la fonc-
tion COS. (asin. a:) en cosinus d'arcs multiples. On aura,
par les transformations connues ,
I arl/^TT I — .r\/ir7 I .x\/^\ t — x\/~i
2 ^2 , ^ 2
2COS. (asin. x) = e e +e
, , . ^ -^ v/— I
et désignant e par w
e
— I — I
att) — «M — «w «w
2 ^2
acos. (asin. j;)=e ^ .e ^ -4- e ^ .e'
» Hp«To!
En développant le second membre selon les puissances de
(0, on trouvera que le terme qui ne contient point u dans le
développement de cos. (a sin. j;) est
/ «' a* a' , a' ^^^ \
^- (.' — I^-^lM^ ~ 2'. 4^6' "^ 2».4'-6-.8'"~*^*''-;
CHAPITRE VI. 377
les coefficients deù)",w\co^, etc. sont nuls, il en est de même des
coefficients des termes qui contiennent w ,w ', w ~ ,etc.;
le coefficient de w est le même que celui de w'; le coefficient
— 7^T~^ , , r <j ^- etc. ) , le coefficient de
10 est le même que celui de m* ; il est aise d'exprimer
la loi suivant laquelle ces coefficients se suc(-èdent; mais,
sans s'y arrêter, on écrira 2 cos. 2 x , au lieu de ( w + u )
ou 2. COS. 4 -^ ^^^ lieu de (w + w~ ), ainsi de suite: donc
la quantité 2 cos. (a sin. .r) peut être facilement développée
en une série de la foi'me
A + B COS. 2 a; + C cos. 4 ^ + D cos. 6jc-{- etc.
et le premier coefficient A est égal à
2 ( I r + -T-TT , ,, ^, 4- etc. ) ;
si l'on compare maintenant l'équation généi'ale que nous
avons donnée précédemment
- n (f x = - j fX da: + cos, x j tfxcos. xdx + etc.
à celle-ci, 2cos. (asin.^) = A + B cos. 2,r + C cos. 4^^+ etc.,
on trouvera les valeurs des coefficients A, B, C, exprimét'S
par des intégrales définies. Il suffit ici de trouver celle du
premier coefficient A. On aura donc
- A = ^ / fcos. (a sin. x) dx\
l'intégrale devant être pris depuis x = o jusque a? = r. Donc
48
378 THÉORIE DE LA CHALEUR.
la valeur de la série i + -^-— , ., „, + etc. est celle
TT
de l'intégrale définie f dx cos. (asin. a,). On trouverait de
o
la même manière par la comparaison des deux équations les
valeurs des coefficients suivants B, C etc. ; on a indiqué ces
réi^ultats, parce qu'ils sont utiles dans d'autres i^echerclies
qui dépendent de la même théorie. Il suit de là que la va-
leur particulière de u qui satisfait à l'équation
d'' u i du ^ 1 f /,/-• >j„
ê-^' + ^ + -^^^ = oest^ COS. iyyg.sm.r) dx , ,
l'intégrale étant prise depuis ;=o jusqu'à 1=^7:. En dési-
gnant par q cette valeur de u, et faisant u^=qs, on trou-
— ^ et l'on aura pour l'intégrale complète
, ,, , . d'' u 1 du
de 1 équation gu + j^. + - j-^ = o ,
= {^-^^f^^.{xi.--g.sin.r)dry)f^'''-(^^'^-''''-'')^'''
A et B sont des constantes arbitraires. Si l'on suppose B=o
on aura, comme précédemment, m=/ cos. (.a? l/^.sin. r)r/r.
Nous ajouterons les remarques suivantes relatives à cette
dernière expression.
3ii.
L'équation
- I cos. (9sm. u) du=i i --i — ^^ p 1- etc.
CHAPITRE VI. 379
3e vérifie d'elle-même. En effet, on a
j COS. (0 sni. u) du=jdu{i ^ + -374— ,.3.4.5.6 -»- etc. J
et inte'grant depuis u = o jusqu'à m=:tc, en de'signant par
SjSjSô etc. les intégrales définies
/ sin.'M du^ f sin.''w du, j sin.^a du etc. ,
on aura
/COS. (9 sin. u) du= i . S, H j—.. S. T~ni^6+ ^tc.
^ ^ a - 2.6.4 2.0.4.0
il reste à déterminer S, S^S^ etc. Le terme sin."?/, n étant un
nombre pair , peut être développé ainsi :
sin." u = A„+ B„ COS. 2. n 4- C„ cos. ^n + etc.
en multipliant par du et intégrant entre les limites u = o
et u = -, on aura seulement / (ri?« sin." ?/)::= A„7t, les autres
termes s'évanouissent. On a , d'après la formule connue pour
le développement des puissances entières du sinus,
^^— ^'l' ^J— 2' ITi' '^*^— 2^-1.2.3' ^^—2^ 1.2.3.6 *^'-*-
en substituant ces valeurs de S.SjSsSg etc., on trouve
- j COS. (Ô sm. u) du=\—- + ^7^ — ^r^^-^TêT + etc.
On peut rendre ce résultat plus général en prenant, au
lieu de cos. {tsin.u)^ une fonction quelconque ç de ^ sin. u.
48.
38o THÉORIE DE LA CHALEUR.
Supposons donc que l'on ait une fonction ç z qui soit
ainsi développée ç s =: <p 4- z ^' + — ç" + -^o 9 ' H- etc. , on aura
^(^sin. ii) = 9 -H fip'.sin. m H — 9 .sm.^u -\ ^9".sin.'M+ etc.
et - I duf{tsin.u):^f + fç'.S, H — /.S, H ôç'.Ss + etc. (e)
Or, il est facile de voir que S.S^SsS, etc., ont des valeurs
nulles. A l'égard de S, S^SoSg... leurs valeurs sont les quan-
tités que nous avons désignées précédemment parA, A^A^..,
etc. C'est pourquoi , en substituant ces valeurs dans l'équation
(e) , on aura généralement , et quelle que soit la l'onction 9
^y<p(^sin.M)^i. = 9 + ^,9"4-^<p'^H-^-^^ç.^' + etc.,
dans le cas dont il s'agit , la fonction 9 z représente cos. z ,
et l'on a 0=1, 9= — i, f'^ = i , 9"^'= — i, ainsi de
suite.
3l2.
Pour connaître entièrement la nature de la fonction yo,
et celle de l'équation qui donne les valeurs de ^. il faudrait
considérer la figure de la ligne qui a pour équation
r= I — 6 + — ^-^^ + etc.
et qui forme avec l'axe des abscisses des aires alternative-
ment positives ou négatives qui se détruisent réciproque-
ment ; on pourrait aussi rendre plus générales les remarques
précédentes sur l'expression des valeurs des suites en inté-
grales définies. Lorsqu'une fonction d'une variable x est dé-
CHAPITRE VI. 38i
vcloppée selon les puissances de x, on en déduit fiicilenient
la fonction que représenterait la même série, si l'on rem-
plaçait les puissances
X x^ x^ x^x^... etc. par cos.a,', cos. 2,x^ cos. 3.r, cos.4-tj. etc.
en faisant usage de cette réduction, et du procédé indiqué
par le paragrap. 2<". de l'art, (aoo), on obtient ks intégrales
définies qui équivalent à des séries données : mais nous ne
pourrions entrer dans cet examen , sans nous écarter beau-
coup de notre objet principal. Il suffit d'avoir indiqué les
moyens qui nous ont servi k exprimer les valeurs des suites
en intégrales définies. Nous ajouterons seulement le déve-
loppement de la quantité 6 yg- en une fraction continue.
3i3. . r../' ., .
L'indéterminée y ou /d satisfait à l'équation , , ; /
: ■ -.'-•■> ..•^ + 79 + ^^='^ .. : . ..
d'où l'on déduit, en désignant par y,j", j"',j"' etc. les îo\w-
dy d'' Y d^ y d'* y
'' " dfi' f/9" «'6^' dfi- *^^^' -' .^
-r = y +j^"
ou
y
— r' — I
d'où r
y
Y
on conclut
-I
1-0
0
-r"'=4y^+yi''
-y - 1
etc.
y
y
y
-y -r
2 — Ô
3 —
y
y
J
V
4-
-6
5
6 — etc.
382 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Ainsi la fonction ^^ qui entre dans l'équation de'ter-
minëe a pour valeur la fraction continuée à l'infini
I— 0
3 — (
4-6
t) — etc.
3i4.
Nous allons maintenant rappeler les résultats auxquels
nous sommes parvenus jusqu'ici.
Le rayon variable de la couche cylindrique étant désigné
par X, et la température de cette couche étant v qui est
fonction de x et du temps t, cette fonction cherchée v doit
satisfaire à l'équation aux différences partielles
'.V j f d^ V I d v\
' t \d x' X dx J ''
on peut prendre pour v la valeur suivante
— m t
v = e .u,
u est une fonction de x qui satisfait à l'équation
m d'' u I du
k dx' X dx
m x*
Si l'on fait ô = ^ • — et que l'on considère u comme une
CHAPITRE VI. 383
fonction de 6, on aura "+ tû +^ 70^=0. La valeur suivante,
satisHxit à l'équation en «^ et ô , on prendra donc pour valeur
de u en x celle-ci ,
m x'' m" x'' m^ x'
la somme de cette série est
- I vos. (-^v -^ sin. 7- j dr;
l'intégrale étant prise depuis r=o jusqu'à ?■= tu. Cette
valeur de u en a- et 711 satisfait à l'équation différentielle, et
conserve une valeur finie lorsque œ est nulle. De plus, réc|ua-
tion j II + — = o doit être satisfaite lorsque .r = X rayon
du cylindre. Cette condition n'aurait pas lieu, si l'on donnait
à la quantité ?n cjui entre dans la fonction u une valeur
quelconque ; il faut que l'on ait l'équation
2
e
2-
-G
3 6
,.
f
4-
-6
• etc.
k 2 '
dans laquelle 6 désigne -r -^. Cette équation déterminée qui
equiv
ivaut à la suivante
384 THÉORIE DE LA CHALEUR.
_(i_9 + -_^ + etc.)^e--+^-^-^-4;^, + etc.
donne pour G une infinité de valeurs réelles que l'on désigne
par 6, , 6, , 63 , etc. , les valeurs correspondantes de m
^2\^9, 2'/e, 2' ^-6, ■ ■ , , • ,.> ,
sont ^^ -, -^v-j x^~' ^^^•'•> ^^"^^^ '^ valeur particulière de
V est exprimée ainsi ;,
iTa> = £? ^^^^ /cos. f 2 vl/â, sin. ^ J ^5-.
On peut mettre, au lieu de G,, une des racines G, , G, , Gj,
G4 , etc. , et l'on en composera une valeur plus générale
exprimée par l'équation
■KV = a,e — ^T^ — '- /cos. ( 2 i, V/6, . sin. q j dq
+ g,e~^, '/cos. Ta^ l/G^ . sin.^J ûJ^-
+ (73 e~^^/ '/cos. ^2 ^ l/ë^ . sin. ^ J û?^
-f- etc.
(7, . . . <7, . . . <73 sont des coefficients arbitraires : la variable q
disparaît après les intégrations qui doivent toutes avoir lieu
depuis q = o jusqu'à q = Tz.
3i5.
Pour démontrer que cette valeur de v satisfait à toutes
les conditions de la question et qu'elle en contient la solu-
tion générale, il ne reste plus qu'à déterminer les coeffi-
cients a, , o, , cii , d'après l'état initial. On reprendra l'é-
quation
— m,t — m^t ' — T)i^t .
o) = <^, e .u,-\-a^e .u^ + Oie . «3 + etc.
CHAPITRE VT. 385
dans laquelle w, , u,, w, sont les différentes valeurs que
prend la fonction u ou
m x'' m'' x'' ot' X* ''"-" ' '"'
^ A- 7''^V 1^4' ~ F 2'. 4'. 6' "*" ' ; ; J-. ' >
lorsqu'on met successivement au lieu de j les valeurs g\ .
g, , gi , etc. En faisant ^=o, on a 1 équation
V = (7, ?/, + a, u, + ^3 Ui + etc. , , ^
dans laquelle V est une fonction donnée de x. Soit 90; cette
fonction, et représentons la fonction u. dont l'indice est i,
par \ {^V^,)- On aura
Pour déterminer le premier coefficient, on multipliera chacun
des membres de lequation par n,dx, c, étant une fonction
de X, et l'on intégrera depuis x=o jusqu'à x = \. On dé-
terminera cette fonction c,, en sorte qu'après les intégrations
le second membre se réduise au premier terme seulement,
où se trouve le coefficient a,, toutes les autres intégrales
ayant une valeur nulle. Pour déterminer le second coeffi-
cient <7,, on multipliera pareillement les deux termes de
l'équation rfix = a,u, ■+- a^u, + a^u^ + etc. par un autre fac-
teur (7, dx, et l'on intégrera depuis x^o jusqu'à a^==:X.
Le facteur c, devra être tel que toutes les intégiales du se-
cond membre s'évanouissent, excepté une seule, savoir,
celle qui est affectée du coefficient a^. En général, on em-
ploie une suite de fonctions de x désignées par c, g, Çi^jCtc
qui correspondent aux fonctions u^ , u^ , u etc. ; chacun
4q
386 THEORIE DE LA CHALEUR.
de ces facteurs c a la propriété de faire disparaître par l'inte'-
gration tous les termes qui contiennent des intégrales défi-
nies excepté un seul ; on obtient de cette manière la valeur
de chacun des coefficients a^ a, a^ etc. Il faut donc chercher
quelles sont les fonctions qui jouissent de la propriété dont
il s'agit.
3i6.
Chacun des termes du second membre de l'équation est
une intégrale définie de cette forme a fa.u dx; u est une
fonction de x qui satisfait à l'équation
m d^ u \ du
K dx X dx '
on aura donc a fa.u dx== — a- f ( - 'L^ + /-1^\ En
J m J \X d X dx'' J
développant au moyen de l'intégration par parties les termes
r a du J C d^ u J
. r d' u J p, du cu r d-„
^* j'd^-'^''=^^-rx'-''-d^+pin^'^'^-
"Les intégrales devant être prises entre les hmites ar = o
eta?==X, on déterminera par cette condition les quantités
qui entrent dans le développement, et ne sont point sous
le signe /. Pour indiquer que l'on suppose x=^o dans une
expression quelconque en x, on affectera cette expression
de l'indice a ; et on lui donnera l'indice w pour indiquer la
CHAPITRE VI. 387
valeur que prend la fonction de x, lorsqu'on donne à cette
variable jc sa dernière valeur X.
On aura donc, en supposant x=o dans les deux équa-
tions précédentes
o = C + (u-] et o = D + ( -j— .<s — u.-r^) , .,,.,
\ x/a \ax a X J %' ;v ,!>
on détermine ainsi les constantes C et D. Faisant ensuite
x = X dans ces mêmes équations, et supposant que l'inté-
grale est prise depuis ^' = 0 jusqu'à a; = X, on auz'a
J\x'dx' ) V x)(ù V x) a. J \x ) '
^ r /■ d'il , N /du d>5\ fdu d<s\ Cf rf' s , \
on obtient ainsi l'équation .. ; • . :jii.- > .. ■■■^ > ■.>■■. -j.- - ;.
...... ,. ,iv. .„:-.... dx) , ..,.
, /du d a s \
^ "r . -^s-i • \dx dx X J(t
Si la quantité -^ — ^ ( ~ ) ^^ multiplie u sous le signe
d X
d'intégration dans le second membre était égale au produit
de s par un coefficient constant, les termes ; jh c ,;:.:; -, ■/. olj
/ I M . T-4 — ^ ( ° ) • ^•^' ( ^'' \ '^ -u dx
\ dx ) ■■ .-'i-/ '. c.U
, 49-
388 THÉORIE DE LA CHALEUR.
pourraient être réunis en un seul , et l'on obtiendrait pour
l'intégrale cherchéeyc.w dx une valeur qui ne contiendrait
que des quantités déterminées, et aucun signe d'intégration;
Il ne resterait plus qu'à égaler cette valeur à zéro.
Supposons donc que le facteur 5 satisfasse à l'équation
différentielle du second ordre 7. c + -7-4 — d(-^z=iO de
dx
même que la fonction u satisfait à l'équation
m d" u i du
k dx' X d X '
m et n étant des coefficients constants , on aura
n — mf 7 /du ds <s\ /du du o\
k J \dx dx xy(ù \dx dx xjct
Il existe entre m et o une relation très-simple qui se décou-
vre , lorsque dans l'équation t <? + -j— — d f ~j = o^ on
d X
suppose G=x s; on a, par le résultat de cette substitution,
l'équation j "^ "•" ^~^ + ~ d~ ^^^' ^^ ^"^ ^^^* ^^^^ ^^^ ^^
fonction s dépend de la fonction u donnée par l'équation
m d' u I du
k dx' X d X
Il suffît pour trouver .y de changer m en n dans la valeur
de u; on a désigné cette valeur de u par (^ fx\/-) celle
de (J sera donc x <]; (^Vj)'
On aura maintenant -7- c -H u-y^ -+■ w-=
ax dx X
CHAPITRE Vî. 389
.. \/f .y( Vf) +(V=)- Vîf (VîO ^ Q'V'd
- K- \/|) K Vi) + K Vf ) K V^) ■
les deux derniers termes se détruisant d'eux-mêmes , il s'en-
suit qu'en fesant x=o, ce qui correspond à l'indice a, le se-
cond membre entier s'évanouit. On conclut de là l'équation
suivante : ' ' ■
_Xv/î>'(X\/»>(x/f) (/)
Il est aisé de voir que le second membre de cette équation
est toujours nul lorsque les quantités m et n sont du nombre
de celles que nous avons désignées précédemment par
m.m^m} etc.
On a en effet - • f ' "''" ' ' '
comparant les valeurs de — j on voit que le second membre
de l'équation (y) s'évanouit.
Il suit de là qu'après que l'on a multiplié par c dx les
deux termes de l'équation
(fx=za,u, + a^ u, -+■ «3 ?<3 -H . . . a,Ui-h etc. ,
et intégré de part et d'autre depuis xz=o jusqu'à ^ = X,
chacune des intégrales définies qui composent le second
390 THÉORIE DE LA CHALEUR.
membre s'évanouit , il suffit de prendre pour c la quantité
xu oujtij' {^ Y y-)- Il faut excepter le seul cas ou n est égal
à m, alors la valeur de j a u dx tirée de l'équation (y) se
réduit à -, et on la détermine par les règles connues.
3i8.
Soit \/'l=.]j. et i/Ç=:v on aura
'A' 'fi
le second membre étant différentié au numérateur et au
dénominateur par rapport à v donnera en faisant
u.X'J;'^— XU'— ixX'iJ,"
U. = V , —'— •
<r ^ 2[X.
On a d'un autre côté l'équation
au i au , , u. , , „
et celle-ci,
~ ^ -{- <j.xi/=o et faisant x = — V, X i|; + [n];'=o;
on pourra donc éliminer dans l'intégrale qu'il s'agit d'éva-
luer les quantités ^' et i^\ ce qui donnera
on trouvera ainsi pour la valeur de l'intégrale cherchée
CHAPITRE VI. 39J
l I +— TT I ,
X=,.(^)et^(..^),
en mettant pour jj. et 'X leurs valeurs , et désignant par U, la
valeur que prend la fonction u ou vj/ (x\/"j\ lorsqu'on
suppose .r=X. L'indice i désigne le rang de la racine m de
l'équation déterminée qui donne une infinité de valeurs de 7??.
Si l'on substitue m, ou — X'6, dans '- ( i H / — )
2 2 \ 2.' km, y
on aura X'V:{^ + {JÇL.J y "" -' ■■
t
Il résulte de l'analyse précédente que l'on a les deux
équations
X X
J{xïi^u.dx) = o etJ(a:u;dx)=Çi + (^4^) )
X'UV'-'
—5
la première a lieu toutes les fois que les nombres i et / sont
différents , et la seconde lorsque ces nombres sont égaux.
Reprenant donc l'équation ya; = a^u, + a-, u, -h a^ u^ + etc.
dans laquelle il faut déterminer les coefficients a,, a^ya^,
etc. On trouvera un de ces coefficients désigné par a,, en
multipliant les deux membres de l'équation par x u, dx , et
en intégrant depuis a:=o jusqu'à <7 = X; le second membre
sera réduit par cette intégration à un seul terme , et l'on aura
l'équation 2 i(x <^{x) u,dxj=^a-X^ U/ (1 + ( /,.' -) \
qui donne la valeur de «,. Les coefficients a,, a,, a,, a,,
étant ainsi déterminés , la condition exprimée par l'équation
392 THEORIE DE LA CHALEUR.
<pa?=:<z, u, +a,u^ + a^ Ui + etc. , qui se rapporte à 1 état ini-
tial , sera remplie.
Nous pouvons maintenant donner la solution complète de
de la question proposée ; elle est exprimée par l'équation
suivante :
X X
~= I (xfX.u^dx) —z'kt j (xfx.u.dœ) —-i^kt
u, . e Il 2 • e
X
+ I (xfx.u,dx) —z'kt
u .e 4- etc.
La fonction de x qui est exprimée par u dans l'équation pré-
cédente a pour expression
- / COS. ( -^ l/î" . sin. ^ J ^ ^ ;
toutes les intégrales par rapport à x doivent être prises de-
puis x = o jusqu'à a; = X, et pour trouver la fonction u on
doit intégrer depuis q = o jusqu'à «7 = 7:; (j>x est la valeur
initiale de la température, prise dans l'intérieur du cylindre
à la distance x de l'axe , et cette fonction est arbitraire , les
quantités 6, 6, 93Ô4... etc. sont les racines réelles et posi-
tives de l'équation
CHAPITRE VI. 393
2 k
I-
-9
2-
-9
3-
-6
4-
-0
5 — etc.
320.
Si l'on suppose que le cylindre ait été plongé pendant un
temps infini dans un liquide entretenu à une température
constante, toute la masse se trouvera également échauffée,
et la fonction ç x qui représente l'état initial sera remplacée
par l'unité. Après cette substitution , l'équation générale
représentera exactement les progrès successifs du refroidis-
sement.
Si le temps écoulé f est infini, le second membre de l'équa-
tion ne contiendra plus qu'un seul terme , savoir : celui où
se trouve la moindre de toutes les racines 9,, G, ,63, etc.;
c'est pourquoi , en supposant que ces racines sont rangées
selon leur grandeur, et que 9 est la moindre de toutes, l'état
final du solide sera exprimé par l'équation
= I Çx (f x.u, dx) —i''kt
On déduirait de la solution générale des conséquences
semblables à celles que présente le mouvement de la chaleur
dans une masse sphérique. On reconnaît d'abord qu'il y a
une infinité d'états particuliers, dans chacun desquels les
rapports établis entre les températures initiales se conser-
5o
394 THEORIE DE LA CHALEUR.
vent jusqu'à la fin du refroidissement. Lorsque l'e'tat initial
ne coïncide pas avec un des états simples, il est toujours
composé de plusieurs d'entre eux, et les rapports des tempé-
ratures changent continuellement, à mesure que le temps
augmente. En général le solide arrive bientôt à cet état, ou
les températures des différentes couches décroissent conti-
nuellement en conservant les mêmes rapports. Lorsque le
rayon X est très-petit , on trouve que les tempéi^atures dé-
— A
croissent proportionnellement à la fraction e X. Si au
contraire ce rayon X a une valeur extrêmement grande ,
l'exposant de e dans le terme qui représente le système final
des températures contient le quarré du rayon total. On voit
par-là comment la dimension du solide influe sur la vitesse
finale du refroidissement. Si la température du cylindre dont
le rayon est X, passe de la valeur A à la valeur moindre B,
dans un temps T , la température d'un second cylindre de
rayon égal à X' passera de A à B dans un temps différent T .
Si les deux solides ont peu d'épaisseur , le rapport des temps
T et T' sera celui des diamètres. Si au contraire les diamè-
tres des cylindres sont très-grands, le rapport des temps
T et T' sera celui du quarré des diamètres.
V'»^'«'«'«>«'«^w^«<-«^ «^«'«^«/Vt.^.'W «r*^ V«^V ^ «^^v'
CHAPITRE VII.
PROPAGATION DE LA CHALEUR DANS UN PRISME
RECTANGULAIRE.
321.
L, , d'v d' V d^v
E Q UAT I o N ^-^ + -^ + -^, = o que nous avons rapportée
dans la section IV du chapitre II , page 119, exprime lé
mouvement uniforme de la chaleur dans l'intérieur d'un
prisme d'une longueur infinie , assuje'tie par son extrémité à
une tempéi'ature constante, et dont on suppose les tempé-
ratures initiales nulles. Pour intégrer cette équation, on
cherchera en premier lieu une valeur particulière de v, en
remarquant que cette fonction v doit demeurer la même,
lorsque y change de signe , ou lorsque z change de signe ;
et qu'elle doit prendre une valeur infiniment petite, lorsque
la distance x est infiniment grande. D'après cela il est facile
de voir que l'on peut choisir pour valeur particulière de 1»
la fonction ae .cos. nycos.pz;et faisant la substitution
on trouve ??r — n- — p=o. Mettant donc pour n et p des
quantités cjuelconques , on aura 7n==]Xn''-\-p\ La valeur de
V doit aussi satisfaire à l'équation déterminée
k d V
^'^ + ^ = 0,
lorsque j=:/ ou — l, et à l'équation t 'w + ^ = ^i ^oTs-
5o.
396 THÉORIE DE LA CHALEUR.
que z^:=l on — l, section IV du chapitre II, article laS. Si
l'on donne à v la valeur précédente , on aura
— n sin. ny+ y cos. nj==o et — p sm.pz + y cos.pz = o^
kl 7 . -.kl n 1
ou -T-=^pltdin^.pl , -j = nl X.M\^.nl,
on voit par -là que si l'on trouvait un arc i tel que étang. ^
équivalût à la quantité toute connue -fl, on prendrait pour
71 ou pour p la quantité -.. Or , il est facile de reconnaître
qu'il y a une infinité d'arcs qui , multipliés respectivement
par leur tangente donnent un même produit déterminé
-j-j d'où il suit que l'on peut trouver pour n ou pour/? une
A"
infinité Àe valeurs différentes.
322.
Si l'on désigne par e, e^, e^ etc. les arcs en nombre infini
qui satisfont à l'équation déterminée s tang. = = — , on
pourra prendre pour n im quelconque de ces arcs divisé
par l. Il en sera de même de la quantité y:»; il faudra ensuite
prendre m-^^ri' +p\ Si Ton donnait a n et h. p d'autres
valeurs , on satisferait à l'équation différentielle ; mais non
pas à la condition relative à la surface. On peut donc trouver
de cette manière une infinité de valeurs particulières de v ,
et comme la somme de plusieurs quelconques de ces valeurs
satisfait encore à réc|uation , on pourra former une valeur
plus générale de v.
On prendra successivement pour n et pour p toutes les
CHAPITRE VII. 397
valeurs possibles qui sont y, j, j etc. Désignant par<7,(7,
a^ etc., h^h.hi etc. des coefficients constants, on exprimera
la valeur de 'v par l'équation suivante :
a^e .cos.ny -\- a ,e ^ -cos./^.j+etc. j(^,cos.«.s
^.e .cos.7z.j4-a,e ^ .cos. «,r+etc. ji,cos.«,r.
+ f <2.e * ^ ' .cos.«,j+<^,e ^ ' .cos./?,j+etc.J(53Cos. «3S
+ etc.
3^3.
Si l'on suppose maintenant la distance a- nulle , il faudra
que chaque point de la section A conserve une température
constante. Il est donc nécessaire qu'en faisant a'=o,la va-
leur de V soit toujours la même, quelque valeur que onl'
puisse donner à y, ou à c; pourvu que ces valeurs soient
comprises entre o et /. Or en faisant / 1= o , on trouve
V = (a, COS. n,y + «_, cos. ?i,y + a^ cos. /?3 j + etc. )
( b, cos. n,z + b, cos. n^z + b^ cos. 7^3 z + etc. ). ^ ,
En désignant par i la température constante de l'extrémité
A , on prendra les deux équations
i=a, cos. n,y + a^ cos. n,y 4- a^ cos. n^y -\- etc.
I = b, cos. 71, y + b, COS. n,y + b^ cos. n^y + etc.
Il suffit donc de déterminer les coefficients a.a.aia^ etc. ^
dont le nombre est infini , en sorte que le second mem-
bre de l'équation soit toujours égal à funité. On a résolu
a
398 THEORIE DE LA CHALEUR.
précédemment cette question dans le cas où les nombres
w, , n^ , W3 , etc. forment la série des nombres impairs,
section II du chapitre III, page lyS. Ici les quantités
re, , «^ , /Zj , etc. sont des irrationnelles données par une
équation d'un degré infiniment élevé.
Posant l'équation
I =<7, COS. n,y -\- a-, cos. «, j + «3 cos. n^y + etc. ,
on multipliei'a les deux membres de l'équation par cos. («, j) dy,
et l'on prendra l'intégrale depuis y^=o jusqu'à y==l.
On déterminera ainsi le premier coefficient a^. On suivra un
procédé semblable pour déterminer les coefficients suivants.
En général , si l'on multiplie les deux membres de l'équation
par cos. -4 y, et que l'on intègre, on aura pour un seul terme
du second membre qui serait représenté par a cos. ny
l'intégrale ,
1 (^cos.ny.cos.^ydy) ou - a j cos. n — ^.y dy+ -a l cos. n + ^ydy
ou -T— ^.sin.w — v./H — — sin./î + v.j J, et faisant j=/.
a /w + v-sin-w — v./+« — v.sin. « + v./ \
2 V ri' — V )'
Or, une valeur quelconque de n satisfait à l'équation
Titang. n ^=t, il en est de même de v, on aura don
« tang. nl=v tang. v/;
ou n sin. ni cos. v/ — v sin. v^ cos. n 1:^=0.
CHAPITRE VIL 899
Ainsi l'intégrale précédente qui se réduit à
frtsin. ni COS. v / — v cos. ni sin. v/) est nulle.
Il faut excepter le seul cas ou 7i = v. En reprenant alors
iintegrale -( 1 ; ),onvoitquesilona7z=Vi
elle équivaut à la quantité - <2 f / + ~~~^r~j
Il résulte de là que si dans l'équation
I =(7, COS. n^j + a, COS. n^j + a^ cos. n^y + etc.
on veut déterminer le coefficient d'un terme du second mem-
bre désigné par a cos. nj, il faut multiplier les deux membres
par COS. ny.dy, et intégrer depuis j'=o jusqu'à r= ''• On
aura pour résultat l'équation
/7 I /; sin. inl\ I . ,
cos. ny dj = - a f / h J =- sm. n l,
d'où l'on tire — r—^. > = - a. On déterminera de cette
iiiC'\-sin.:iii C 4
manière les coefficients a, , a, , a^, , <7^ , etc. ; il en sera de
même des coefficients h, b^ b, b^ , etc. , qui seront respecti-
vement les mêmes que les précédeuts.
325.
Il est aisé maintenant de former la valeur générale de v ;
1° elle satisfera à l'équation -7—^ + -r—^ 4- -777 = o ; 2° elle satis-
Cl jL cl y Cil H/
fera aux deux conditions k-j^-\- hv^=o et k— + h v=^o\
dy dz
S** elle donnera une valeur constante pour v, lorsqu'on fera
4oô THÉORIE DE LA CHALEUR.
a; = o, quelles que soient d'ailleurs les valeurs de y et de z,
comprises entre o et /; donc elle résoudra dans toute son
étendue la question proposée.
On est parvenu ainsi à l'équation
I sin. «,/cos. «, r sin. n, /.cos. ii^r sïn.n-,l.cos.n,y
_ — 1 -^H — : — I — -. — + etc.
4 2 72,/+sin. 2«,/ 2 n,/-\-sin.Q.n,l 2n^l+sin.2n^I
ou désignant par s, £,£3 etc. les arcs nj, nj, n^l, etc.
sin. e, COS. -y sin.£jCOS.-i sin. £j cos. -=
I L t l .
__- ._ 1 ._ 1 . 1_ etc.,
4 2e,+sin.2e, 2£,+sin.2£j aEjH-sui. 2C3 '
équation qui a lieu pour toutes les valeurs de y comprises
entre o et l, et par conséquent pour toutes celles qui sont
comprises entre o et — /.
En substituant les valeurs connues de a^ ô, a^ b^ a^ h^ etc.
dans la valeur générale de v , on aura l'équation suivante,
qui contient la solution complète de la question proposée ,
'V sin. ra,/cos. «, s /sin. ?i, /cos. 7Z,^ — .r !/*«,' -|-n , " N
4.4 2«,/+sin. 2nJ\7.n, /+sin. 2«, / ' J
sm. n,l COS. n^z /sm.n, i COS. n,j- — xi/'n^^'+n," \
2«,/+sin.2«,/ \2«, Z+sin.2«,/ /
sin. n, l COS. rijZ / sm.n,l.cos.n,j- — xy'TïJ^'+ïï^ \
2«3/+sin.2«3 ^ \ 2M,/+sin.2«, / /
■4-etc. (E)
Les quantités désignées par 71,, n,, «3 etc. sont en nombre
infini, et respectivement égales aux quantités
e. £, 63 s^ j.
r r i' f
CHAPITRE VIL 4oi
les arcs e, , s, , 23 , £4 etc. sont les racines de l'équation dëter-
. , hl
mniee c tang. a = -77 .
32G.
La solution exprimée par l'équation précédente E est la
seule qui convienne à la question; elle représente l'intégrale
, , 1 11'' ^- '^'^ d-^'^' «^^ ?' I 1 11
générale de 1 équation ^— ^ + -r—^ -h -j-r = o , dans laquelle
on aurait déterminé les fonctions arbitraires d'après les con-
ditions données. Il est facile de reconnaître qu'il ne peut y
avoir aucune solution différente. En effet , désignons par
i^{^x,y,z') la valeur de v déduite de l'équation (E), il est
évident que si l'on donnait au solide des températures
initiales exprimées par ^{^x,y, z),il ne pourrait survenir
aucun changeinent dans le système des températures, pourvu
que la section à l'origine fût retenue à la température con-
stante I : car l'équation -^^ h- -^4 + -^=0 étant satisfaite ,
la variation instantanée de la température est nécessaire-
ment nulle. Il n'en sera pas de même, si après avoir donné à
chaque point intérieur du solide dont les coordonnées sont
X, y, z la température initiale i {x ,y, z), on donnait à tous
les points de la section à l'origine la température constante
o. On voit clairement, et sans aucun calcul, que dans ce der-
nier cas l'état du solide changerait continuellement, et que
la chaleur primitive qu'il renferme se dissiperait peu^tà-peu
dans l'air, et dans la masse froide C[ui maintient l'extrémité
à la température o. Ce résultat dépend de la forme de la
fonction i^ {x,y, z) , qui devient nulle lorsque x a une valeur
infinie comme la question le suppose.
Un effet semblable aurait lieu si les températures initiales,
5j.
4o2 THEORIE DE LA CHALEUR.
au lieu d'être + <\i {^x, y,z)^ étaient — i^i^x ,y, z) pour tous
les points intéiieurs du prisme ; pourvu que la section à
l'origine fut toujours retenue à la température o. Dans l'un
et l'autre cas, les températures initiales se rapprocheraient
continuellement de la température constante du milieu qui
est zéro; et, les températures finales seraient toutes nulles.
827.
Ces principes étant posés , considérons le mouvement de
la chaleur dans deux prismes parfaitement égaux à celui qui
est l'objet de la question. Pour le premier solide , nous sup-
posons que les températures initiales sont + i^ (>r, j, z), et
c[ue l'origine A conserve la température fixe i. Pour le se-
cond solide, nous supposons que les températures initiales
sont — i^{^x,y,z)^çX. C|u'à l'origine A tous les points de la
section sont retenus à la température o. Il est manifeste que
dans le premier prisme le système des températures ne peut
point changer, et que dans le second ce système varie con-
tinuellement jusqu'à ce que toutes les températures devien-
nent nulles.
Si maintenant on fait coïncider dans le même solide ces
deux états différents; le mouvement de la chaleur s'opérera
librement, comme si chaque système existait seul. Dans
l'état initial formé des deux systèmes réunis , chaque point
du solide aura une température nulle , excepté les points de
la section A dont la température sera i , ce qui est conforme
à l'hypothèse. Ensuite les températures du second système
changeront de plus en plus , et s'évanouiront entièrement ,
pendant que celles du premier se conserveront sans aucun
changement. Donc, après un temps infini, le système per-
manent des températures sera celiii que z-eprésente l'équation
CHAPITRE VII. 4o3
(E), ou 'y = |(.r,j, s). II faut remarquer que eette conse'-
quence dépend de la condition relative à l'état initial ; on la
déduira toutes les fois que la chaleur initiale contenue dans
le prisme est tellement distribuée, qu'elle s'évanouirait entiè-
rement , si l'on retenait l'extrémité A la température o.
328.
Nous ajouterons diverses remarques à la solution précé-
dante; 1° il est facile de connaîtz-e la nature de l'équation
£ tang. £=-^, il suffit de supposer (voyez fig. i5) que l'on
ait construit la courbe ?/== étang, e, l'arc s étant pris pour
abscisse, et 11 pour ordonnée. Cette ligne est composée de
branches asymptotiques. Les abscisses qui correspondent
aux asymptotes, sont ^tt, -t;, -x, -r etc. : celles qui cor-
respondent aux points d'intersection sont : i tt, 2TT,377,etc.
Si maintenant on élève à l'origine une ordonnée égale à la
quantité connue -7- , et que par son extrémité on mené une
parallèle à Taxe des abscisses , les points d'intersection don-
neront les r-acines de l'équation proposée e tang. £ = -^. La
construction indique les limites entre lesquelles chaque ra-
cine est placée. Nous ne nous arrêterons point aux procédés
de calcul qu'il faut employer pour déterminer les valeurs
des racines. Les recherches de ce genre ne présentent au-
cune difficulté. *
-. .- 329.^^ ^^
2° On conclut facilement de l'équation générale (E), que
plus la valeur de ce devient grande, plus le terme de la va-
leur de V, dans lequel se trouve la fraction e l^", +«, ^
5i,
4o4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
devient grand par rapport à chacun des suivants. En effet ,
n, n, Ui «4 etc. étant des quantités positives croissantes ,
la fraction e *^»^^"'' est la plus grande de toutes les frac-
tions analogues qui entrent dans les termes subséquents.
Supposons maintenant que l'on puisse observer la tempé-
rature d'un point de l'axe du prisme situé à une distance x
extrêmement grande , et la température d'un point de cet
axe situé à la distance ^ + i , i étant l'unité de mesure; on
aura alors j=o, 2=0, et le rapport de la seconde tempéra-
ture à la première sera sensiblement égal à la fraction
e -^l^^/i/ Cette valeur du rapport des températures des
deux points de l'axe est d'autant plus exacte , que la distance
X est plus grande.
Il suit de là que si Ton marquait sur l'axe des points dont
chacun fut distant du précédent de l'unité de mesure, le
rapport de la température d'un point à celle du point qui
précède , convergerait continuellement vers la fraction
é ^V^»",'. jjjfjgj jgg températures des points placés à dis-
tances égales finissent par décroître en progression géomé-
trique. Cette loi aura toujours lieu, quelle que soit l'épaisseur
de la barre, pourvu que l'on considère des points situés à
une grande distance du foyer de chaleur.
Il est focile de voir, au moyen de la construction, que si
la quantité appelée l qui est la demi - épaisseur du prisme,
est fort petite , «, a une valeur beaucoup plus petite que ii, ,
—x\y
■in.
ou /?3 etc. ; il en résulte cpie la première fraction e
est beaucoup plus grande qu'aucune des fractions analogues.
Ainsi, dans le cas où l'épaisseur de la barre est très- petite,
CHAPITRE Vif. 4o5
il n'est pas nécessaire de s éloigner de la source de la chaleur
pour que les températures des points également distants
décroissent en progression géométrique. Cette loi i"ègne alors
dans toute l'étendue de la barre. nu --\^ •ino3:>j.î -^a
i x »
. , • . 33o. , ,.
Si la demi -épaisseur l est une tres-petite quantité, la va-
leur générale de v se réduit au premier terme qui contient
é~f.hc^"' . Ainsi la fonction v qui exprime la température
d'un point dont les coordonnées sontx, y: ph^, est donnée
dans ce cas par l'équation .ai'jl iM-j<' -in -'> ^^-i.' iy.>
■ ■■ :t!- !-:■ z :io I j'i
/ 4.sln.7?, / \' — xX/^o.ri'
■7; = f — -, — : -, ) . cos. «r.tos. «S e k .*«
\i II l-{-&in. 1 n / J "^ .. —
•c,==«^ eJi33q 3fî3raon£
l'arc £ ou «/devient extrêmement petit, comifte on le voit
par la construction. L'équation t tang. e :^ y ^ se réduit alors
à V = T /; la première valeur de s ou £, est y —'-, à lins-
pection de la ligure, on connaît les valeurs des autres ra-
cines , en sorte que les cjuantités e, £_, ej e^ e; etc. sont les sui-
vantes y/ -i- , TT, 2 :t, 3 7;, 4 -^T etc. Les valeurs de ?? , », n. n^ n^ etc..
sont donc •— = \/ -7 ■> -ji —r-, ~yi etc. ; on en conclut comme
on l'a dit plus haut, que si / est une très-petite quantité, la
première valeur n est incomparablement plus grande c[ue
toutes les autres , et que l'on doit omettre dans la valeur
générale de v, tous les termes cjui suivent le premier. Si
maintenant on substitue dans ce premier terme la valeur
trouvée pour n, en remarquant que l'arc ni et lare 2 ni
sont égaux à leurs sinus, on aura .' .= x^^ ' j'a '
4o6 THEORIE DE LA CHALEUR.
. = cos.(^f.f)cos.(v/f.|).~"^^.
le facteur v -r ^pi entre sous le signe cosinus e'tant très-
petit, il s'ensuit que la température varie très -peu, pour
les différents points d'une même section , lorsque la demi-
épaisseur / est très -petite. Ce résultat est pour ainsi dire
évident de lui-même : mais il est utile de remarquer comment
il est expliqué par le calcul. La solution générale se réduit
en effet à un seul terme, à raison de la ténuité de la barre,
et l'on a en remplaçant par l'unité les cosinus d'arcs extrê-
mement petits v=ie ^ ^', équation qui exprime dans
le cas dont il s'agit les températures stationnaires.
On avait trouvé cette même équation précédemment,
article 76 , page 65 ; on l'obtient ici par une analyse entière-
ment différente.
33i.
La solution précédente fait connaître en quoi consiste le
mouvement de la chaleur dans l'intérieur du solide. Il est
facile de voir que lorsque le prisme a acquis , dans tous ses
points, les températures stationnaires que nous considérons,
il existe dans chaque section perpendiculaire à l'axe, un flux
constant de chaleur qui se porte vers l'extrémité non échauffée.
Pour déterminer la c[uantité de ce flux qui répond à une
abscisse x. Il faut considérer que celle qui traverse pendant
l'unité de temps , un élément de la section , est égale au pro-
duit du coefficient k, de l'aire dy clz, de l'élément dt, et du
rapport -r- pris avec un signe contraire. Il faudra donc pren-
CHAPITRE IV. 407
tire l'intégrale — kl dy 1 dz^^, depuis a= o jusqu'à
.T=^l, demi-épaisseur de la barre, et ensuite depuis j: = q
jusqu'à y = l-^ On aura ainsi la quatrième partie du flux
total.
Le résultat de ce calcul lait connaître la loi suivant laquelle
décroît la quantité qui traverse une section du prisme ; et Ton
voit que les parties éloignées reçoivent très-peu de chaleur
du foyer, parce que celle qui en émane immédiatement, se
détourne en partie vers la surface, pour se dissiper dans
l'air. Celle qui traverse une section quelconque du prisme,
forme , si Ion peut parler ainsi , une nappe de chaleur
dont la densité varie d'un point de la section à l'autre.
Elle est continuellement employée à remplacer la chaleur
qui s'échappe par la surface, dans toute l'extrémité du prisme
située à la droite de la section : il est donc nécessaire que
toute la chaleur qui sort pendant un certain temps de cette
partie du prisme , soit exactement compensée par celle qui y
pénètre en vertu de la conducibilité intérieure du solide. -,
332.
Pour vérifier ce résultat, il faut calculer le produit du flux
établi à la surface. L'élément de la surface est dx dy, et v
étant sa température hv dx dy est la quantité de chaleur
qui sort de cet élément pendant l'unité de temps. Donc l'in-
tégrale h f dx f dy .V exprime la chaleur totale émanée
d'une portion finie de la surface. Il faut maintenant em-
ployer la valeur connue de v en y, en supposant r. = /,puis
intégrer une fois depuis j = o jusqu'à j" = /, et une seconde
fois depuis cr = x jusqu'à x=^-. On trouvera ainsi la moitié
4o8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de la chaleur qui sort de la surface supérieure du prisme ; et
prenant quatre fois le résultat , on aura la chaleur perdue
par les surfaces supérieure et inférieure.
Si l'on se sert maintenant de l'expression hfdxfdz.v,
que l'on donne à y dans v sa valeur l, et que l'on intègre
une fois depuis s=o jusqu'à z=/, et une seconde fois de-
puis x=o jusqu'à x=-; on aura la quatrième partie de la
chaleur qui s'échappe par les surfaces latérales.
.:. L'intégrale hfdxfdyv, étant prise entre les limites
désignées donne
ha . , , — X V/i,
sm m i COS. nie
m V m" +«»
et l'intégrale hfdxfdz.v donne
n\^\
= COS. nil sm. nie
m'
Donc la quantité de chaleur que le prisme perd à sa surface,
dans toute la partie située à la droite de la section dont
l'abscisse est x, se compose de tous les termes analogues à
celui-ci
4/'-^ — X\ym' + n'\ I • 7 7 I 7 • 7)
; y , e — sin. m l cos. nl + - cos. m /.sm. îil\'
D'un autre côté la quantité de chaleur qui pénètre pen-
dant le même temps à travers la section dont l'abscisse est x,
se compose des termes analogues à celui-ci :
t\Ti a\/ nû -\r n} X\/'ni' + ti' . , . ,
e .sm. 77il.sin. ni;
il est donc nécessaire que l'on ait l'équation
CHAPITRE VIL 409
!lk—!!—t!li.&m. m Isin. «/=:— — 7^^=.sin. 7?z/.cos. ni
m.n in\Xnv+ie
= .cos. ml.sïn. n l ,
ou A•(w'4-7^')sin.7?^/ sin. ?il^h7?i cos.77ihin.7il
+ h n sin. 771 1 cos. 71 1:
or on a séparément K Tri" sin. 77ilû\\. /? /= h 711 cos. /« /sin. ?/ /,
wsin. m l li
OU 772 T = 7 ; on a aussi . .
COS. m l h
Je 71- sin. 71 1, sin. 77?/=A7? cos. 7i / sin. 777/;,
71 .sin. « l h
ou ^ = T > '
COS. ni k ' '■ ■
donc récjuation est satisfaite. Cette compensation cjui s'e'ta-
blit sans cesse entre la chaleur dissipée et la chaleur trans-
mise, est une conséquence manifeste de l'hypothèse; et le
calcul reproduit ici la condition qui avait d'abord été ex-
primée ; mais il était utile de remarquer cette conformité
dans une matière nouvelle , c[ui n'avait point encore été sou-
mise à l'analyse.
332.
Supposons cjue le demi-côté / du quarré qui sert de base
au prisme, soit une ligne extrêmement grande, et que l'on
veuille connaître la loi suivant laquelle les températures dé-
croissent pour les différents points de l'axe; on donnera à x
et à ; des valeurs nulles dans récjuation générale, et à / une
valeur extrêmement grande. Or la construction fait connaî-
tre dans ce cas que la première valeur de z est -,1a seconde
3 -, la troisième 5 - etc. On fera ces substitutions dans l'é-
2 2
. . 52
4io THÉORIE DE LA CHALEUR.
niiation générale, et l'on remplacera nj, nj, n^l, nj,, etc. par
leurs valeurs -, —, —, —, et l'on mettra aussi la fraction
3 r 5 7ï 7 TT
2 ' 2 ' 2
X
2 2
a au lieu de e ^ . On trouve alors
-Ka^^'+^-Ja'^^^+etC.)
^^, + _etc.)
-U -etc.)
7
+ etc.
On voit par ce résultat que la température des différents
points de l'axe décroît rapidement à mesure c]u'on s'éloigne
de l'origine. Si donc on plaçait sur un support échauffé et
maintenu à une température permanente , un prisme d'une
hauteur infinie, ayant pour base un carré dont le demi-côté
/ est très -grand; la chaleur se propagerait dans l'intérieur
du prisme , et se dissiperait par la surface dans l'air environ-
nant qu'on suppose à la température o. Lorsque le solide
serait parvenu à un état fixe, les points de l'axe auraient des
températures très-inégales, et à une hauteur équivalente à la
moitié du côté de la base, la température du point le plus
échauffé serait moindre que la cinquième partie de la tem-
pérature de la base.
CHAPITRE VIII.
DU MOUVEMENT DE LA CHALE U R DANS U >' C U B E
SOLIDE.
333.
.1 L nous reste encore à faire usage de 1 équation
dv R /d'- V d- 7-1 d" /i\ , ,
qui représente le mouvement de la chaleur dans un solide
de forme cubique exposé à l'action de l'air, (section IV du
chapitre II , page 119) On choisira en premier lieu pour v
la valeur très-simple e cos. nx cos. py cos. qz; et en
substituant dans la proposée, on aura l'équation de condi-
tion m ^^k{ii^ +/-'' + '7' )i ^^ lettre k désignant le coefficient
■FT^- Il suit de là que si l'on met au lieu de n, p, q des
quantités quelconques, et si l'on prend pour m la quantité
k^n" +/?' + q')t la valeur précédente de v satisfera toujours
à l'équation aux différences partielles. On aura donc léqua-
tion 'v = e ^ ^ ■' ^ .cos. nx cos. py cos. qz. Letat
de la question exige aussi que si x change de signe , et si }'
et z demeurent les mêmes, la fonction ne change point; et
que cela ait aussi lieu par rapport à j^ et par rapport h. z:
or la valeur de v satisfait évidemment à ces conditions.
5a.
4i2 THEORIE DE LA CHALEUR.
334.
Pour exprimer l'état de la surface, on emploiera les
e'quations suivantes :
±K^' + hv=o.
ctx ^
zkK.-;- H- hv=o.
dj
±K^ + /ii; = o. {h)
Elles doivent être satisfaites lorsque l'on a x=^-àLa, ou
j=±(7^ ou z=±<7. On prend le centre du cube pour
l'origine des coordonnées; et le côté est désigné par a.
La première des équations (i) donne
— mt ■ A-
-t-d nsm.nx cos.py cos.q z + ^cos.nxcospjcos.g z=o^
h
ou zf 71 tang. /^ a; + -jT- = o ,
équation qui doit avoir lieu lorsque a^=:±<7.
Il en résulte que l'on ne peut pas prendre pour n une
valeur quelconque, mais que cette quantité doit satisfaire à
la condition /irz tang. 7^« = |^ a. Il faut donc résoudre l'é-
quation déterminée z tang. t = — a, ce qui donnera la va-
leur de i, et l'on prendra «= . Or l'équation en s a une
infinité de racines réelles; donc on pourra trouver pour n
une infinité de valeurs différentes. On connaîtra de la même
manière les valeurs que l'on peut donner a p et a ç^/ elles
sont toutes représentées par la construction que l'on a em-
CHAPITRE VIII. 4i3
ployée dans la question précédente, art. (Sai). Nous dési-
gnerons ces racines par ?^, n, n^ «4 etc. Ainsi l'on pourra .
donner à a» la valeur particulière expinmée par l'équation
VT=ze ' ^ ^ COS. nx. COS. pj. COS. qz,
pourvu que l'on mette au lieu de n, une des racines 7/,, n,,
rii rij^ etc. , et qu'il en soit de même de p et de q.
335.
On peut former ainsi une infinité de valeurs particulières
de V, et il est visible que la somme de plusieurs de ces va-
leurs satisfera aussi à l'équation différentielle («7) et aux
équations déterminées (Z»). Pour donner à v la forme géné-
rale que la question exige , on réunira un nombre indéfini
de termes semblables à celui - ci :
ae \ i 1 ' .COS. 71 X COS. p y COS. qz.
Nous exprimerons cette valeur de v par l'écjuation suivante :
'U = f tf, cos. «,a'e +acos.n.,xe ' +acos. 77^X6 + etc. )
/ — kii,-t — k/i,'i — /Ç«,V \
(cos.7i,fe +cos.«,je +cos./?3j'e + etc. )
(cos.7i,ze +cos.7/,:;e -{-cos.77,ze + etc. )•
Le second membre doit se former du produit des trois
facteurs écrits dans les trois lignes horizontales, et les cpian-
tités rt, <7, «3 etc. sont des coefficients inconnus. Or , selon
l'hypothèse, si l'on fait t=o., la température doit être la
4i4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
même pour tous les points du cube. Il faut donc déter-
miner a, a, a^ etc. , en sorte que la valeur de v soit con-
stante, quelles que soient celles de x de j et de z, poui^vu
que chacune de ces valeurs soit comprise entre a et — a.
Désignant par i la température initiale commune à tous les
points du solide, on posera l'équation
I :^(3, COS. n, X + a^ ces. ji,x + rtj COS. «3 X + etc.
dans laquelle il s'agit de déterminer a, a, a^ etc. Après avoir
multiplié chaque membre par cos. n,x, on intégrera depuis
^ = 0 jusqu'à a: = (2 .• or, il résulte de l'analyse employée
précédemment art. (SaS), que l'on a l'équation
ûn.n, aco&. n, X s,\n. ji, a. cos. n^x s\n. n-, a. cos. ti-^x
f s\\\.in,a\ f siii. 2//,rt\ / sm.i n^a\
Ln^a[\^ '—) n.all-] ~) 7?3<7(lH )
\ 2 II, a y V 2 ri, a y \ 2 /i, a y
désignant par (j,, la quantité - f i -\ '■ '— j , on aura
sm. Il, n sin.«,a sin.n,a
I = cos. n.x -\ COS. n x, h cos. 7i, x + etc.
n, a [/., n, a [A, n^ a jjUj
cette équation aura toujours lieu lorsque l'on donnera à x
une valeur comprise entre a et — a.
On peut en conclure l'expression générale de v, elle est
donnée par l'équation suivante :
etc.
CHAPITRE VIII. 4iÔ
/sin.«,rt — A;;,'? s'm. n,a — fcn^'f
v= ( —cos.n.xe -I cos.n^xe
s\n.n-,a — kh-,'t . \
H — cosMiXe + etc. )
/sln.«,« — kn^t sln.«,« — kn^t
( î-cos.//,}e H cos.re,re
sin.K,œ ^ — kn?t , \
H -^-cos.7?,re + etc. )
(sxn.n.a — kn.t sm. ii,a
COS. n.ze H cos.n.ze
sin. «,rt — kn.'t \
H COSMiZe +CtC.)-
336.
L'expression de v est donc forme'e du produit de trois
fonctions semblables, l'une de x, l'autre de j et la troisième
dez, ce qu'il est facile de vérifier immédiatement.
En effet , si dans l'ëquation
d V T ^ d" V d^ V d' v\
~di \d^- ~^ ITf '^ 1^ J '
l'on suppose i> = X Y Z; en dénotant par X une fonction de
X et t, par Y une fonction de )• et t , et par Z une fonction
de z et t , on aura
on prendra les trois équations séparées
dT^ id_^ dX ,jd'\ dX '7'^''^
dt~ dz^' d7~ 'dV' 'd~r'~^'d7^'
4i6 THEORIE DE LA CHALEUR.
On doit avoir aussi pour la condition relative à la surface
d'où l'on de'duit
X A^ dY h,r dZ hr.
S> 4\ . 1
^ Il suit de là que pour résoudre complètement la question
il suffit de prendre l'équation -j- = 'k ^-^ et d'y ajouter l'é-
quation de condition -, h :^u = o qui doit avoir lieu, lors-
que a;= (7. On mettra ensuite à la place de x, oviy ou z et
l'on aura les trois fonctions X, Y, Z, dont le produit est la
valeur générale de 'v.
Ainsi la question proposée est résolue comme il suit :
, . sin.w.rt — 'kn't sin.7^,(^ — 'kn^'t
r,[x,t)=i —cos.n.xe H cos.«,a?e
^^ ■' n,a[J., 'i^a\j.^
sin . «, a — 7t «3 ' t
H COS. iiiXe + etc.
«3 a jj.3
n,, 71,, «3 etc., sont donnés par l'équation suivante, :
lia ^
t tang. £ = -j^ ,
dans laquelle s représente iia; la valeur de p., est
- ( I H ).
On trouve de la même manière les fonctions"<j!;(j, ?), <p(^^?).
CHAPITRE VIII. 417
337.
On peut se convaincre que cette valeur de v resoud la
question dans toute son étendue, et que l'intégrale com-
plète de l'équation aux différences partielles (a) doit né-
cessairement prendre cette forme pour exprimer les tempé-
ratures variables du solide.
En effet , l'expression de v satisfait à l'écpiation (a) et aux
conditions relatives à la surface. Donc les variations des
températures qui résultent dans un instant de l'action des
molécules et de l'action de l'air sur la surface, sont celles que
l'on trouverait en differentiant la valeur de v par rapport à
t. Il s'ensuit que si, au coinmencement d'un instant, la fonc-
tion V représente le système des températures , elle repré-
sentera encore celles qui ont lieu au commencement de l'ins-
tant suivant , et l'on prouve de même que l'état variable du
solide sera toujours exprimé par la fonction a', dans laquelle
on augmentera continuellement la valeur de t. Or cette
même fonction convient à l'état initial : donc elle représen-
tera tous les états ultérieurs du solide. Ainsi on est assuré
que toute solution qui donnerait pour v une fonction diffé-
rente de la précédente , serait erronée.
338. , ■; ■
Si l'on suppose C[ue le temps écoulé / est devenu très-
grand , on n'aura plus à considérer que le premier terme de
l'expression de v; car les valeurs «,/î,/?3 etc. sont rangées par
ordre en commençant par la plus petite. Ce terme est donné
par l'équation
/ sin.n, a\^ — 'ikn,''t
V = ( ) cos. n, x ces. n , y cos. 71 ze ,
voilà donc l'état principal vers lequel le système des tempé-
■ 53
4i8 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ratures tend continuellement, et avec lequel il coïncide sons
erreur sensible après une certaine valeur de t. Dans cet état
la température de chacun des points décroît proportionnel-
lement aux puissances de la fraction e ' ; alors les états
successifs sont tous semblables , ou plutôt ils ne différent
que par la quantité des températures qui diminuent toutes
comme les termes d'une progression géométrique, en conservant
leurs rapports. On trouvera facilement, au moyen de récjuation
précédente , la loi suivant laquelle les températures décrois-
sent d'un point à l'autre dans le sens des diagonales ou des
arêtes du cube , ou enfin d'une ligne donnée de position.
On reconnaîtra aussi quelle est la nature des surfaces qui
déterminent les couches de même température. On Aoit que
dans l'état extrême et régulier que nous considérons ici , les
points d'une même couche conservent toujours la même tem-
pérature, ce qui n'avait point lieu dans l'état initial et dans
ceux qui lui succèdent immédiatement. Pendant la durée
infinie de ce dernier état la masse se divise en une infinité
de couches dont tous les points ont une température com-
mune.
339.
Il est facile de déterminer pour un instant donné la tem-
pérature moyenne de la masse , c'est-à-dire , de celle cjue l'on
obtiendrait en prenant la somme des produits du volume de
chaque molécule par sa température , et en divisant cette
somme par le volume entier. On formera ainsi l'expression
rv X. j. s^q^i çgj ççjig fig i^ température moyenne V.
L'intégrale doit être prise successivement par rapport a
X, ti y et a z, entre les limites a et — a; v étant égal au
produit X.Y.Z, on aura
CHAPITRE VIII. 419
V = /' X dx JY dy JZ dz,
ainsi la température moyenne est ( / —) , car les trois
intégrales totales ont une valeur commune, donc
/sin.«,fl\' I — A/i.^t
+ ( —)—-e +etc.
La quantité na équivaut à s qui est une racine de l'équation
3 tang. s = ^ et <j. est égale à - T i — — V On a donc ,
en désignant les différentes racines de cette équation par
s. .s £j etc. ,
—k^t —k^t ~k'-4t.
V \ £, y sin.22, \ £; y sin.ae, \ e, / sin. 2 1
i
I 4 I H l +
2 5, 2 e, - 2 £j
1 3 5
e. est entre o et - -, ;, est entre r et - 77, cj entre a r et -r,
2 2 2
les moindres limites ■:r , 2 tt , 3 - etc. , approchent de plus en
plus des racines 5,, £3, s.^ etc., et finissent par se confondre
avec elles lorsque l'indice «est très-grand. Les arcs doubles
2 £,, 2 £,, 2 £3 etc. sont compris entre o et -, entre 2 tt et Stt,
entre 4~ et 57c; c'est pourquoi les sinus de ces arcs sont
. •■c 1 .../ sin. 2 £, sin. 2£j
tous positiis : les quantités i + - — — , 1 M — , etc. ,
sont positives et comprises entre i et 2. Il suit de là que
53.
etc.
420 THEORIE DE LA CHALEUR.
tous les termes qui entrent dans la valeur deVv sont po-
sitifs.
34o.
Proposons nous maintenant de comparer la vitesse du
refroidissement dans le cube, à celle que 1 on a trouvée pour
une masse sphe'rique. On a vu que pour l'un et l'autre de
ces corps, le système des températures converge vers un
état durable qu'il atteint sensiblement après un certain temps;
alors les températures des différents points du cube dimi-
nuent toutes ensemble en conservant les mêmes rapports,
et celles d'un seul de ces points décroissent comme les termes
d'une progression géométrique dont la raison n'est pas la
même dans les deux corps. Il résulte des deux solutions que
a
pour la sphère la raison est e et pour le cube e «'
La quantité n est donnée par l'écjuation
COS. n a h
n a —. =1 — T- a ,
sm. n a K
a étant le demi-diamètre de la sphère, et la quantité e est
donnée par l'équation e tang. s = jr «^ a étant le demi-côté
du cube.
Cela posé, on considérera deux cas différents; celui où le
rayon de la sphère et le demi-côté du cube, sont l'un et l'autre
égaux à a , cjuantité très-petite ; et celui où la valeur de a est
très-grande. Supposons d'abord que les deux corps ont une
petite dimension; -77- ayant une très-petite valeur, il en sera
de même de e , on aura donc -^ = e" , donc la fraction
CHAPITRE VIII. .\ii
e ^ a' est éi^ale h. e a '
ainsi les dernières températures que l'on observe, ont une
expression de cette forme A e « . Si maintenant dans
,, , . « n .COS. ri a h j i
I équation — -. = i — ir a , on suppose crue le second.
'■ siii. Il a XV 1 1 X
membre diffère très-peu de l'unité, on trouve ^=— — , donc
la franction e " est e a'
Ou conclut de là que si le rayon de la sphère est très-
petit , les vitesses finales du refroidissement dans ce solide et
dans le cube circonscrit sont égales, et qu'elles sont l'une et
l'autre en raison inverse du rayon ; c'est-à-dire que si la tem-
pérature d'un cube dont le demi-côté est a, passe de la va-
leur A à la valeur B dans le temps t, une sphère dont le
demi-diamètre est a, passera aussi dans le même temps de
la température A à la température B. Si la quantité a venait
à changer pour l'un et l'autre corps, et devenait a le temps
nécessaire pour passer de A à B aurait une autre valeur t',
et le rapport des temps t et t' serait celui des demi-côtés
a et a. Il n'en est pas de même lorsque le rayon a est extrê-
mement grand : car e équivaut alors à - t: , et les valeurs de
n a sont les quantités tî , 2 ?:, 3 -, 4") etc.
On trouvera donc facilement dans ce cas les valeurs des
fractions
— 3— À- — A- =• 3Atc' _hTi
e «» ' e " ' ces valeurs sont e 4a- et e «= '
422 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On tire de là ces deux conséquences remarquables: i"^ si les
deux cubes ont de grandes dimensions, et que a et a' soient
leurs demi-côtés; si le premier emploie le temps t pour
passer de la température A h. la température B , et le second
le temps t' pour ce même intervalle ; les temps t et t' seront
proportionnels aux. quarrés d' et d" des demi- côtés. On a
trouvé un résultat semblable pour les sphères de grande
dimension. 2° si un cube a pour demi -côté une longueur
considérables, et qu'une sphère ait la même quantité a pour
rayon , et que pendant le temps t la température du cube
s'abaisse de A à B,il s'écoulera un temps différent t' pen-
dant que la température de la sphère s'abaissera de A à B, et
les temps t et t' seront dans le rapport de 4 ^i 3.
Ainsi le cube et la sphère inscrite se refroidissent égale-
ment vite lorsqu'ils ont une petite dimension; et dans ce cas
la durée du refroidissement est pour l'un et l'autre corps
proportionnelle à l'épaisseur. Si le cube et la sphère inscrite
ont une grande dimension, la durée du refroidissement final
n'est pas la même pour les deux solides. Cette durée est plus
grande pour le cube que pour la sphère, dans la raison de
4 à 3, et pour chacun des deux corps en particulier la durée
du refroidissement augmente comme le carré du diamètre.
341.
On a supposé que le corps se refroidit librement dans l'air
atmosphérique dont la chaleur est constante. On pouiTait
assujétir la surfiice à une autre condition, et concevoir, par
exemple, que tousses points conservent, en vertu d'une cause
extérieure, la température fixe o. Les cpiantités n, p , q, qui en-
trent dans la valeur dcv sous le signe cosinus, doivent être telles
CHAPITRE VIII. 4a3
dans ce cas, que nx devienne nulle, lorsque x reçoit sa va-
leur complète a, et qu'il en soit de même àe py et de qz.
Si le côté du cube ia est représente par - c, c étant la lon-
gueur de la circonférence dont le rayon est i ; ... on pourra
exprimer une valeur particulière de i» par l'équation sui-
vante, qui satisfait en même temps à l'équation générale du
mouvement de la chaleur et à l'état de la surface,
, R
— o m
v = e CD . cos.a;cos.j'cos. z.
Cette fonction est nulle , quel que soit le temps t, lorsque x
ou r ou z reçoivent leurs valeurs extrêmes + -; c ou — -; c :
J ^ 4 4
mais l'expression de la température ne peut avoir cette forme
simple qu'après qu'il s'est écoulé un temps considérable , à
moins que l'état initial donné ne soit lui-même représenté
par la fonction cos. j:;.cos.j.cos. z. C'est ce que l'on a sup-
posé dans la sect. VIII du cbap. I, art. loo, p. 96. L'analyse
précédente démontre la vérité de l'équation employée dans
l'article que l'on vient de citer. Il faut remarquer que le nom-
bre désigné par w dans cet article, est le même que c : il équi-
vaut à la circonférence entière, et non à la demi -circonfé-
rence.
On a traité jusqu'ici les questions fondamentales de la
théorie de la chaleur, et considéré l'action de cet élément
dans les corps principaux. L'ordre et l'espèce des questions
ont été tellement choisis, que chacune d'elles présentât une
difficulté nouvelle et d'un degré plus élevé. On a omis à des-
sein les questions intermédiaires qui sont en trop grand
4a4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
nombre^ telles que la question du mouvement linéaire de la
chaleur dans un prisme dont les extrémités seraient retenues
à des températures fixes, ou exposées à l'air atmosphérique.
On pourrait généraliser l'expression du mouvement varié de
la chaleur dans le cube ou le prisme rectangulaire qui se
refroidit dans un milieu aériforme, et supposer un état ini-
tial quelconque; ces recherches n'exigent point d'autres
prmcipes que ceux qui sont expliqués dans cet ouvrage.
CHAPITRE IX.
DE LA DIFFUSION DE LA CHALEUR.
SECTION PREMIERE.
Du mouvement libre de la chaleur dans une li^nè infinie'.
342.
vJn considère ici le mouvement de la chaleur dans une
masse solide homogène , dont toutes les dimensions sont in-
finies. On divise ce solide par des plans infiniment voisins
et perpendiculaires à un axe commun , et l'on supposé d'abord
qu'on a e'chauffe' une seule partie de la masse, savoir, celle
qui est comprise entre deux plans A et B parallèles, dont la
distance est g; toutes les autres parties ont la température
initiale o : mais chacun des plans compris entre A et B a une
température initiale donnée, que l'on regarde comme arbi-
traire , et qui est commune à tous ses points : cette tempéra-
ture est différente pour les différents plans. L'état initial de
la masse étant ainsi défini, il s'agit de déterminer par le cal-
cul tous les états successifs. Le mouvement dont il s'agit, est
seulement linéaire , et dans le sens de l'axe des plans ; car il
est évident qu'il ne peut y avoir aucun transport de chaleur
dans un plan quelconque perpendjculaire à cet axe , puisque
la chaleur initiale de tous ses points est la même.
4^6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On peut supposer, au lieu du solide infini, un prisme
d'une très -petite épaisseur, et dont la surface convexe est
totalement impénétrable à la chaleur. On ne considère donc
le mouvement que dans une ligne infinie, qui est l'axe com-
mun de tous les plans.
La question est plus générale, lorsqu'on attribue des tem-
pératures entièrement arbitraires à tous les points de la par-
tie de la masse qui a été échauffée, tous les autres points du
solide ayant la température initiale o. Les lois de la distri-
bution de la chaleur dans une masse solide infinie, doivent
avoir un caractère simple et remarquable ; parce que le
mouvement n'est point troublé par l'obstacle des surfaces
et par l'action ~du milieu.
343.
La position de chaque point étant rapportée à trois axes
rectangulaires, sur lesquels on mesure les coordonnées x,y, z,
la température cherchée est une fonction des variables .r, j-, z,
et du temps t. Cette fonction 'y ou <p {x, y,z,t) satisfait à
1 équation générale _ =_ (^ _ + _ + _J) (a). De
plus, il est nécessaire qu'elle représente l'état initial qui est
arbitraire ; ainsi, en désignant par F {x,y, z) la valeur donnée
de la température d'un point quelconque, prise lorsque le
temps est nul , c'est-à-dire , au moment où la diffusion com-
mence ; on doit avoir (p(ar,j, z, 0) = F (^,j^z) (è). Il faut
trouver une fonction v des quatre variables x, y , z, t, qui
satisfasse à l'équation différentielle [a) et à l'équation déter-
minée (è).
Dans les questions que nous avons traitées précédemment,
l'intégrale est assujettie à une troisième condition qui dépend
CHAPITRE in:. 42-7
de l'ëtat tle la surface. C'est pour cette raison que l'analyse
en est plus composée, et que la solution exige l'emploi
des termes exponentiels. La forme de l'intégrale est beau-
coup plus simple , lorsqu'elle doit seulement satisfaire à
l'état initial; et il serait facile de déterminer immédiatement
le mouvement de la chaleur selon les trois dimensions. IMais
pour exposer cette paitie de la théorie, et faire bien con-
naître suivant cjuellc loi la diffusion s'opère, il est préfé-
rable de considérer d'abord le mouvement linéaire , en
résolvant les deux questions suivantes; on verra par la suite
comment elles s'appliquent au cas des trois dimensions.
344.
I""^ question : une partie a h d'une ligne infinie est élevée
dans tous ses points à la température i ; les autres parties de la
ligne ont la température actuelle o;on suppose que la chaleur
ne peut se dissiper dans le milieu environnant; il faut détermi-
ner quel est l'état de la ligne après un temps donné. On peut
rendre cette question plus générale, en supposant, i" que
les températures initiales des points compris entre a et h sont
inégales et représentées par les ordonnées d'une ligne quel-
conque, que nous regarderons d'abord comme composée de
deux parties symétriques (voyez fig. i5); â** qu'une partie de
la chaleur se dissipe par la surface du solide, qui est un prisme
d'une très-petite épaisseur et d'une longueur infinie.
La seconde question consiste à déterminer les états suc-
cessifs d'une barre prismatique, dont une extrémité est assu-
jettie à une température constante, et qui est infiniment
prolongée. La résolution de ces deux questions dépend de
54.
428 THEORIE DE LA CHALEUR.
l'intégration de l'ëquation
dv K d' V H.L
dt CD dx' CD. S
"V,
(article io5), qui exprime le mouvement linéaire de la
chaleur, v est la température que le point placé à la distance
X de l'origine doit avoir après le temps écoulé ^; K,H, G,
D, L, S, désignent la conducibilité propre, la conducibilité
extérieure , la capacité spécifique de chaleur, la densité, le
contour de la section perpendiculaire, et l'aire de cette
section.
345.
Nous considérons d'abord le premier cas , qui est celui où
la chaleur se propage librement dans la hgne infinie dont
une partie ab a reçu des températures initiales quelconques;
tous les autres points ayant la température initiale o. Si l'on
élève en chaque point de la barre l'ordonnée d'une courbe
plane qui représente la température actuelle de ce point, on
voit qu'après une certaine valeur du temps t, l'état du so-
lide est exprimé par la hgure de la courbe. Nous désigne-
rons par v = Fa; l'équation donnée qui correspond à l'état
initial, et nous supposons d'abord pour rendre le calcul
plus simple que la figure initiale de la courbe , est composée
de deux parties symétriques , en sorte que l'on a la condi-
tion Fa;=iF( — x). Soit
K 7 H.L 7 1 V' ^- à'v 1 d'' V 1
c:d = ^' c:d:s = ^' dans 1 équation — = kj^—hv,
c — ht i T du , d" u y~^ -,
on iera ^ = 6 . îi et Ion aura -T-=k -j-^. On prendra
dt «s *^
CHAPITRE IX. 429
pour u la valeur particulière a cos. q x e '^ ; a et q
sont des constantes arbitraires. Soient q^, q,, q,, q^. . . etc.
une suite de valeurs quelconques , et a,, a,, a^, a^. . . etc.,
une suite de valeurs correspondantes du coefficient Q , on
aura
u=za, COS. (q, a-) e ^' +a^cos.{q^x)e ^' + «23 cos. (^3 a?) e ^' + etc.
Supposons 1° que les valeurs q,, q^, q^,, qt,- • ■ etc., crois-
sent par degrés infiniment petits, comme les abscisses «y d'une
certaine courbe; en sorte qu'elles deviennent égales à dq,
Q.dq, Zdq, l\dq,. . . etc.; dq étant la différentielle' con-
stante de l'abscisse; 2° que les valeurs a,, a,, a^, a^. . . etc.
sont proportionnelles aux ordonnées Q de la même courbe,
et qu'elles deviennent égales à Q, dq , Q, dq , Q^ dq. . . etc.
Q étant une certaine fonction de q. Il en résulte que la va-
leur de u pourra être exprimée ainsi :
u= dq Q.cos. qx e ^ •
Q est ime fonction arbitraire y^ , et l'intégrale peut être
prise de^ = o à q = -. La difficulté se réduit à déterminer
convenablement la fonction Q.
346.
Pour y parvenir, il faut supposer t=o dans l'expression
de u et l'égaler à F.r. On a ainsi l'équation de condition
F x=: 1 dq Q.cos. qx. '
Si l'on mettait au lieu de Q une fonction quelconque de q ,
43o THEORIE DE LA CHALEUR.
et que 1 on achevât l'intégration depuis q=^o jusquà ^ = - ,
on trouverait une fonction de œ; il s'agit de résoudre la
question inverse, c'est-à-dire, de connaître quelle est la fonc-
tion de q qui , étant mise au lieu de Q , donnera pour résul-
tat la fonction Fx, problème singulier dont la solution exige
un examen attentif.
En développant le signe de l'intégrale, on écrira comme
il suit l'équation dont il faut déduire la valeur de Q :
F x=dq Q, cos. <7, X + dq Q, cos. q,x-h dq Qj cos. ^3 x
+ dqQ, COS. ^ , X + dq Q-, cos. q^x-h etc.
Pour faire disparaître tous les termes du second membre,
excepté un seul , on multipliera de part et d'autre par
dx cos. rx, et l'on intégrera ensuite par rapport à x depuis
x = o jusqu'à o:=^n7:, ii étant un nombre infini; /■ repré-
sente une grandeur quelconque égale à l'une des suivantes :
fj,} (].) ^3? '/r- etc., ou ce c[ui est la même chose dq, idq,
?>dq, [\dq... etc. Soit q, une valeur quelconque de la
variable ^, et q^ une autre valeur qui est celle que l'on a
prise pour /■; on aura r=qj dq et q^=q, dq. On considérera
ensuite le nombre infini n comme exprimant combien l'u-
nité de longueur contient de fois l'élément dq , en sorte que
l'on aura 11 = -1-. En procédant à l'intégration, on recon-
d q ^ ' ° '
naîtra que la valeur de fintégrale / dx cos.qx cos. rx est
nulle, toutes les fois que r et q sont des grandeurs diffé-
rentes ; mais cette même valeur de l'intégrale est - « ir , lorsque
q = r. Il suit de là que l'intégration élimine dans le second
CHAPITRE IX. 43i
membre tous les termes , excepté un seul : savoir , celui qui
contient q^ ou /•. La fonction qui affecte ce même terme est
Qj, on aura donc
i dx F X. COS. qx=:dq.Qj- ht: ^
et mettant pour n dq sa valeur i , on a
— ^ = / dx Fxcos. qx:
on trouve donc en général —={ dx F x cos. qx. Ainsi,
■ ' ' o '
pour déterminer la fonction Q qui satisfait à la condition
proposée, il faut multiplier la fonction donnée Yx par
dx cos.q X , et intégrer de x nulle à x infinie, en multipliant
le résultat par -; c'est-à-dire, que de l'équation
Y x= i dq fq COS. qx ,
on déduit ccWe- c\ ^fq^= _ i dx ¥x cos. qx, la fonction
F X représentant les températures initiales d'un prisme
infini dont une partie intermédiaire seulement est échauffée.
En substituant la valeur àefq dans l'expression d^Yx, on
obtient l'équation générale
- F 07= / dq cos. qx l dx Y x cos. qx. (s)
347.
Si l'on substitue dans l'expression de v la valeur que l'on
a trouvée pour la fonction Q, on a l'intégrale suivante, qui
contient la solution complète de la question proposée
432 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Tt-y — ht r j — ^n''tCj T^
— =e jaqcos.gxe ^ 1 dxt ce cos.qx.
L'intégrale , par rapport à x , étant prise de x nulle à x
infinie, il en résulte une fonction de <j', et prenant ensuite
l'intégrale par rapport à ^ de 5- = o à ^ = - , on obtient
pour V la fonction àe x et t, qui représente les états suc-
cessifs du solide. Puisque l'intégration, par rapport à x ,
fait disparaître cette variable, on peut la remplacer dans
l'expression de v par une variable quelconque a , en px^e-
nant l'intégrale entre les mêmes limites, savoir depuis
« = o jusqu'à a = -. On a donc
— =e ' l dqcos.qxe ^ / r/a Fa cos. ^ a,
o o
w^» — ht r 7 T-i r j — ^Q^i
OU — =e jdxvaldqe ^ cos. q x cos. q x.
00
L'intégration, par rapport à q , donnera une fonction de x,
f et a , et en prenant l'intégrale par rapport à a , on trouve
une fonction de o; et ^ seulement. Il serait facile d'effectuer
dans la dernière équation l'intégration par rapport à ^ et
et l'on changerait ainsi l'expression de v. On peut en gé-
néral donner diverses formes à l'intégrale de l'équation
dv T d' 71 j
dt da:' '
elles représentent toutes une même fonction de x et t.
CHAPITRE IX. 433
348.
Supposons en premier lieu que toutes les tempe'ratures
initiales des points compris entre a et b , depuis .2' = — r,
jusqu'à x= I , aient pour valeur commune i , et que les
températures de tous les autres points soient nulles, la fonc-
tion ¥x sera donnée par cette condition. Il faudra donc
intégrer, par rapport k x , depuis .r = o jusqu'à ^= i , car
le reste de l'intégrale est nulle d'après 1 hypothèse. On
trouvera ainsi :
Q2 sin.(7 Tzv — lit Cdq — a' kt
= et — = e I —^e ^ . cos. q x sni. q-
TU ^ 2 i/ ?
Le second membre peut être facilement converti en série
convergente, comme on le verra par la suite; il représente
exactement l'état du solide en un instant donné, et si l'on
y fait f=o, on exprime l'état initial.
Ainsi la fonction -^ 1 — sin.tj.cos.qx équivaut à l'unité,
si l'on donne à x une valeur quelconque comprise entre
— I et I : mais cette fonction est nulle si l'on donne à x
toute autre valeur non comprise entre — i et i. On voit
par -là que les fonctions discontinues peuvent aussi être
exprimées en intégrales définies.
349.
Pour donner une seconde application de la formule pré-
cédente , nous supposerons que la barre a été échauffée en
un de ses points par l'action constante d'un même foyer, et
qu'elle est parvenue à l'état permanent que l'on sait être
représenté par une courbe logarithmique.
Il s'agit de connaître suivant quelle loi s'opérera la diffu-
55
434 THÉORIE DE LA CHALEUR.
sion de la chaleur après qu'on aura retiré le foyer. En dési-
gnant par F X la valeur initiale de la température , on aura
F^=Ae ^^^; A est la température initiale du point
le plus échauffé. On fera, pour simplifier le calcul,
A = I et TT-^ = I .
Ko
On a donc Fx = e ^ on en déduit Q = l dxe cos.qx
et prenant l'intéerrale de x nulle à x infinie 0 = :•
Ainsi la valeur de v en x et t, est donnée par l'équation
suivante :
■KV — hi rd a .COS. qx
2 J 1 + q
35o.
Si 1 on tait f = o , on aura — = / ^ ; - ; ce qui cor-
respond à l'état initial. Donc l'expression ^ / JL^Stlfi équi-
vaut à e . Il faut remarquer que la fonction ¥x, qui
représente fétat initial ne change point de valeur d'après
l'hypothèse lorsque x devient négative. La chaleur com-
muniquée par le foj'er avant que l'état initial ne fut formé ,
s'est propagée également à la droite et à la gauche du point
o , qui la reçoit immédiatement , il s'ensuit que la ligne
d^ 1, ' i- -^ 2 rdq.cos.qx ^ , j
ont 1 équation serait y=- / -^ f- est composée de
deux branches symétriques que l'on forme en répétant à
droite et à gauche de l'axe de j la partie de la logarithmique
qui est à la droite de l'axe des y, et a pour équ.ation
CHAPITRE IX. 435
j=e ^. On voit ici un second exemple d'une fonction
discontinue exprimée par une intégrale définie. Cette fonc-
/dq .COS. q X , . ^ , — X , . ...
— i r — équivaut a e lorsque x est positive ,
mais elle est e lorsque x est négative,
35i.
La question de la propagation de la chaleur dans une
barre infinie , dont l'extrémité est assujettie à une tempéra-
ture constante , se réduit , comme on le verra dans la suite ,
à celle de la diffusion de la chaleur clans une ligne infinie ;
mais il faut supposer que la chaleur initiale, au lieu d'affecter
également les deux moitiés contiguës du solide y est distri-
buée d'une manière contraire ; c'est-à-dire qu'en représen-
tant par F.r la température d'un point dont la distance au
milieu de la ligne est x, la température initiale du point
opposé pour lequel la distance est — x,^ pour valeur Y x.
Cette seconde c{uestion diffère très-peu de la précédente et
pourrait être résolue par une méthode semblable : mais
on peut aussi déduire la solution de l'analyse qui nous a
servi à déterminer le mouvement de la chaleur dans les so-
lides de dimensions finies.
Supposons qu'une partie a h de la barre prismatique
infinie soit échauffée d'une manière quelconque, voy. fig. (16)
et que la partie opposée a p soit dans un état pareil , mais de
signe contraire ; tout le reste du solide ayant la température
initiale o. On suppose aussi que le milieu environnant est
entretenu à la température constante o, et qu'il reçoit de la
barre ou leur communique la chaleur par la surface exté-
rieure. Il s'agit de trouver quelle sera, après un temps donne'
436 THÉORIE DE LA CHALEUR.
t, la température a» d'un point dont la distance à l'origine
est X.
On considérera d'abord la barre échauffée comme ayant
une longueur finie aX, et comme étant soumise à une cause
extérieure cjuelconque qui retient ses deux extrémités à la
température constante o ; on fera ensuite X = --
aSa.
On emploiera d'abord l'équation
dv K d'v C.D.S dv , d' v -,
dt CD dx' HL dt rtx* '
et faisant
— ht du T d' u
v=e .u on aura ^ = ^^,
on exprimera comme il suit la valeur générale de u
u^=a,e * s,in.g,x+a,e ^ sm.g.x
+ aie ^ &in.giX + a,^e ^ sm.^4a;4- etc.;
faisant ensuite x=X, ce qui doit rendre nulle la valeur de
V , on aura, pour déterminer la série des exposants^, la con-
dition sin. gX. = o^oug'K. = iT., i étant un nombre entiei\
Donc
u^=a,e ^' sin.f ^^j + a, e X' sm.f 2^tt ) + etc.
Il ne reste plus qu'à trouver la série des constantes <z,, <7, ,
«3, <74, etc. Faisant ^;^o on a
u=S x=a,s>in.Cx^^ + a^ &h\.(ix^ +ai&in.\?)X-^ + etc.
CHAPITRE IX. 437
r-j par/"/-; on aura
J'r=a, s'm.r + a, sin. 2 r + a^ sm.3 r :i- a^sin. /\ r + etc.
Or, on a trouvé précédemment a, = - 1 dr/r.sm. ir, l'in-
tégrale étant prise de r=o à r=T,. Donc
— a. = f dœFx .iin.fix — y
Lintégrale devait être prise de /•=o à 7-=:-^; donc elle doit
être prise par rapport à x depuis ^ = 0 jusqu'à x=^X. En
faisant ces substitutions, on forme l'équation
v=^e \c -^ &\n.x^ j dxh xsiaAx:^ \
,+ e X' .sm.(Q.Xzn/\ldx¥x&m..(Q.Xz^j + eX.cJ.
353.
Telle serait la solution , si le prisme avait une longueur
finie représentée par 2 X. Elle est une conséquence évidente
des pi'incipes que nous avons posés jusqu'ici; il ne reste
plus cju'à supposer la dimension X infinie. Soit X = «77,
n étant un nombre iniini ; soit aussi q une variable dont les
accroissements infiniment petits dq sont tous égaux ; on
écrira — au lieu de n. Le terme général de la série qui en-
tre dans l'équation (a) étant
e X'" ûu. (i X -y^ I d x Y X sin. (i X -!^\
438 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On représentera par -j- , le nombre i, qui est variable et
qui devient infini. Ainsi l'on aura
Y Ji_ J_ ■ _2_
~ dq ^ dq ' dq '
En faisant ces substitutions clans le terme dont il s'agit , on
trouvera e ^ sin. qx l dxY x sin. qx. Chacun de ces
termes doit être divisé par X ou -7- , il devient par - là une
quantité infiniment petite , et la somme de la série n'est
autre chose qu'une intégrale, qui doit être prise par rapport
à^ de q = o à q==-- Donc
v = -e 1 dq e ^ sin. qx 1 dx Fx sin. q x (a).
l'intégrale, par rapport à x, doit être prise de x = o k
x = - , ce qui donne une fonction de q ; et la seconde inté-
grale doit être prise par rapport à q de q = oaq=-- On
peut aussi écrire
os 00
— = e / dq e ^ sm. qx \ «ara sm. qa. ,
o o
00 00
ou — =e I dixF a I dq e ^ sin. ^^sm. ^a.
o o
L'équation (a) contient la solution générale de la question ;
et, en substituant pour F x une fonction quelconque, assujettie
CHAPITRE IX. 439
ou non à une loi continue, on pourra toujours exprimer
en a; et t la valeur de la température : il faut seulement re-
marquer que la fonction F x correspond à une ligne formée
de deirx parties égales et alternes.
354.
Si la chaleur initiale est distribuée dans le prisme de telle
manière que la ligne FFFFiffig. 17) qui représente cet état
initial soit formée de deux arcs égaux placés à droite et à
gauche du point fixe o, le mouvement variable de la chaleur
est exprimé par l'équation
I I '
— =e laaYv.ïdqe ' cos. q x cos. q x.
o o
Si la ligne /XX/" ( fig. 18) qui représente l'état initial est
formée de deux arcs pareils et alternes , l'intégrale qui
donne la valeur de température est .
o o
— :^ e \d(/.fa.\dqe ^ sin. ^a sm. <^a.
00 ■
Lorsqu'on supposera la chaleur initiale distribuée d'une
manière quelconque , il sera facile de conclure des deux
solutions précédentes l'expression de a». En effet , quelle que
soit la fonction 9 x qui représente la température initiale et
donnée, elle se décompose toujours en deux autres Y x-vfx
dont l'une correspond à la ligne F F FF , et l'autre à la ligne
ffff, en sorte que l'on a ces trois conditions :
Fj;' = F( — -r), y.r== — •/( — x)^ 9 .r = F a; ^-/'-^^
44o THÉORIE DE LA CHALEUR.
On a déjà fait usage de cette remarque dans les art. 233 et
^34' On sait aussi que chaque ëtat initial donne lieu à un
état variable partiel qui se forme comme s'il était seul. La
composition de ces divers états n'apporte aucun changement
dans les températures qui auraient lieu séparément pour
chacun d'eux. 11 suit de là qu'en désignant par a> la tempé-
rature variable produite par l^ëtat initial que représente la
fonction totale (^x , on doit avoir
•KV — ht
(Idqe ^ COS. qx j da. F a COS. Cet
o
-Idqe ^ sin. q oc I dx /x sin. q a.j
o
Si l'on prenait entre les limites et 4--les intégrales
par rapport à a, il est évident que l'on doublerait les ré-
sultats. On peut donc , dans l'équation précédente , omet-
tre au premier membre le dénominateur 2 , et prendre
dans le second les intégrales pour a, depuis a = — -jus-
qu'à a = + -. On voit facilement aussi que l'on pourrait
écrire 1 dx(f>x cos. ^ « , au lieu de 1 dxFx cos. q a ; car il ré'
suite de la condition à laquelle est assujettie la fonctionna,
que l'on doit avoir
0= I da./'oi. cos. qa.,
CHAPITRE VII. 44i
On peut encore e'crire
-i-i +i
j da.(^a. sin. qa. au lieu de jdoifx cos. qy..
I t
cai- ou 11 evitleinment
o . = / f/a Fa sin. q a-
f
On en conclut
+
T:V=e jfiqe ^ r /(/a ça COS. C'a COS. ^.T
4-r
/r/a o y. sin. q V. sin, '7^t'j ,
on r.v = e jfiqe '^ d y. -y/, cos. (q
J,' — • a
— ht
OU
-■v:=e I d CI. (r,x I dq e "^ cos.{qx — a)-
— i o
355.
La solution de cette seconde question fait connaître dis-
tinctement quel rapport il y a entre les inte'grales définies
que nous venons d'employer, et les re'sultats de l'analyse
que nous avons appliquée aux solides d'une figv.re dëter-
56
44^ THÉORIE DE LA CHALEUR.
minée. Lorsque, dans les séries convergentes que cette ana-
lyse fournit , on donne aux quantités qui désignent les
dimensions, une valeur infinie ; chacun des termes devient
infiniment petit, et la somme de la série n'est autre chose
qu'une intégrale. On pourrait passer directement de la
même manière et sans aucune considération physique des
diverses séries trigonométriques que nous avons employées
dans le chapiti^e HI aux intégrales définies ; il nous suffira de
donner quelques exemples de ces transformations dont les
résultats sont remarquables.
356.
Dans l'équation
- r =: sin. u + ^ sin. 3u + ^ sin. Su +~ sin. 7 u + etc.
4 o 5 7
on écrira au Heu de u la quantité ^; x est une autre varia-
ble, et n est un nombre infini égal à ^; «7 est une quantité
formée successivement par l'addition de ses parties infini-
ment petites égales à dq. On représentera le nombre varia-
ble i par -S- Si dans le terme général — — sin. (2.1' -h i ) -
on met pour i et n leurs valeurs; ce terme deviendra
— sin. 2. rjx. Donc la somme de la série sera - Z'— 2 sin. 2^7 r
l'intégrale étant prise de ^ = 0 à «7 = — -; on a donc j'é-
quation^77=^y ^sin. 2 ,7 .r qui a toujours lieu, quelle
que soit la valeur positive de x. Soit iqx^=r, r étant une
nouvelle variable, on aura '^=~ ai -= f — sin. r ;
CHAPITRE IX. 44û
cette valeur de l'intégrale définie / — sin. /• est connue de-
puis long-temps. Si en supposant /■ négatif on prenait la
7Tiême intéirrale de /^o à r=^ — -, on aurait évidemment
D O
un résultat de signe contraire tc.
357. '
La remarque que nous venons de faire sur la valeur de
Tintégrale / — sin. r, qui est ^ - ou — ^tt peut servir à taire
connaître la nature de l'expression
' d q .sm. q
i.r
cos. qx,
1 '■
dont nous avons trouvé précédemment ( article 348 ) la
valeur égale à i ou à o , selon que x est ou n'est pas com-
prise entre i et — 1. En effet, on a
f-^cos.qxs'm.q^=^ /l-^sin. q.x-h i — ^ j'-^sm.qx — i;
le premier terme vaut 7 ^^ ou — 7 ■^? selon que x + i est une
quantité positive ou négative; le second - / — sin. q x — i
vaut ^ r ou — -^77, selon que x — i est une quantité posi-
tive ou négative. Donc l'intégrale totale est nulle si .r + i
et .r — I ont le même signe; car, dans ce cas, les deux
termes se détruisent. Mais si ces quantités sont de signe dif-
férent, c'est-à-dire si l'on a en même temps
x-l-i>oeta,' — i<o,
les deux termes s'ajoutent et la valeur de l'intégrale est - v:.
à6.
444 THEORIE DE LA CHALEUR.
Donc l'intégrale définie - /— sin.^ cos. qx est une fonction
de X égale à i si la variable x a une valeur quelconque
comprise entre i et — i ; et cette même fonction est nulle
pour toute autre valeur de x non comprise entre les limites
I et — I.
358.
On pourrait déduire aussi de la transformation des séries
en intégrales les propriétés des deux expressions
rdqcos.qx Çqdq
J ^+1' J I
q sin. q X
la première (art. 35o) équivaut à e ' lorsque a: est positive ,
et à e lorsque x est négative. La seconde équivaut à e
si X est positive, et à — e si x est négative, en sorte que
ces dçux intégrales ont la même valeur , lorsque x est posi-
tive, et ont des valeurs de signe contraire lorsque x est né-
gative. L'une est représentée par la ligne eeee, (fig. 19)
l'autre par la ligne se se, (fig. 28 ).
L'équation
I . sin. a. sin. :r sin. 2 a. sin. 2 .r sin. 3 a. sin. .3 .r
— s n. X = ; ; 1 ^—, h , 7^-^ 1- etc. ,
que nous avons rapportée (art. 226), donne immédiatement
hntegrale - / — '-^—, — ^— ; cette dernière expression
équivaut à sin. x, si x est comprise entre o et -jt, et sa valeur
est nulle toutes les fois que x surpasse -.
35f).
La même transfoi-mation s'applique à l'équation générale
CHAPITRE VI. 445
- ir (fU=sin. u Ida 9 w sin. u + sin. 2u j duf u sin. 111 + etc.
faisant u = ^, on désignera ou ou ?(-) par y^; on in-
troduira dans le calcul une quantité q qui reçoit des accrois-
sements inflnimcnt petits, égaux à drj , n sera égal à ^ et
i à -f-; substituant ces valeurs dans le terme général
i .X fdx /.r\ . f .x\
sm. il — o - ) sin. [ i - ]i
nj II ' \nj \ nj
on trouvera dq sin. qx j d.v fx sin. qx. L'intégrale par
rapport à u est prise de ?/ = o à z; = 77, donc l'intégration
par rapport à x doit avoir lieu de x=^o à :r=«7;, ou de x
nulle à x infinie.
On obtient ainsi un résultat général exprimé par cette
équation
00 00
- r. f X -^^^^^ i d q sin. q x 1 dx /"x sin.qx, (e)
o o
c'est pourquoi, en désignant par Q une fonction de q, telle
que l'on ait /u-=:j dq Q sin. qu, équation dans laquelle y/*
est une fonction donnée, on aura Q = - j du/usin. qu, Fin-
grale étant prise de u nulle à u infinie. Nous avons déjà
résolu une question semblable (art. 346) ? et démontré l'équa-
tion générale - ' _
446 THEORIE DE LA CHALEUR.
00
~T:¥x-^=ldq COS. q X i dxV X COS. qx (a)
o o
qui est analogue à la précédente.
3Go.
Pour donner une application de ces théorèmes, nous sup-
poserons ya^=a^ , le second membre de l'équation (e) de-
viendra par cette substitution 1 dq sin. qx j dx sin. qx x •
L'intégrale
/dx sin. qx.x ou -y- j qdx sin. qx.(^qx)
équivaut à —^ l du sin. u.u , l'intégrale étant prise de
u nulle à u infinie. Soit [/. cette intégrale totale
/ diL sin. u.u ;
il reste à prendre l'intégrale
/dq sin. (qx) --^ [i. ou \j.x' t du sin. u.u ^'^ '•
1^ • 1
désignant par v cette dernière intégrale, prise de u nulle à
u infinie , on aura pour résultat des deux intégrations suc-
cessives le terme x [a.v. On doit donc avoir, selon la condi-
tion exprimée par l'équation (e),
\ r r I
- TC X = j;. . V o; ou p, V = - T7 ;
ainsi le produit des deux transcendantes
CHAPITRE IX. 447
du — /• . .1
- Tï.
a
/r . r du — /• .
du II sin. Il et / — u s\n. u est
„ , . I fdu.sm.u 1
Par exemple, si /' = — -, on trouve pour / — ^ — sa valeur
connue y- z, ou trouve de la même manière
/d II COS. « . / 1
Et de ces deux équations on pourrait aussi conclure la sui-
vante: fdqe~^ =- l/r, qui est employée depuis long-
o
temps.
36i.
On peut résoudre , au moyen des e'quations (e) et (e) , le
problème suivant, qui appartient aussi à l'analyse des diffé-
rences partielles : Quelle est la fonction Q de la variable g
qui doit être placée sous le signe intégral pour que l'expres-
sion / de/ Qe ^^ soit égale à une fonction donnée, l'inté-
grale étant prise de q nulle à q infinie; mais sans s'arrêter à
ces diverses conséquences dout l'examen nous éloignerait
de notre objet principal, on se bornera au résultat suivant,
que l'on obtient en coml^inant les deux équations (e) et (j).
Elles peuvent être mises sous cette forme :
- T,J'a:= I d q sin. q x 1 du.J'v. sin. q %
o o
00 00
et - -;: F,r= / dq COS. qx \ dry. Fa cos. q a.
448 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Si l'on prenait les intégrales par rapport à a, depuis — i jus-
qu'à + 7, le résultat de chaque intégration serait doublé, ce
qui est une conséquence nécessaire des deux conditions
/a=— /(-a), et F« = F(-a),
on a donc les deux équations
00
r:fx^=^ i dq sin. qx i dot fa sin. q «
O —00
00 -^-■xi
et -K F «:=^ I dq COS. q Jc I da. F a. COS. q a.
o -f-co
On a remarqué précédemment qu'une fonction quelconque
fX se décompose toujours en deux autres, dont l'une, F ^
satisfoit à la condition/'.r = F ( — br.)., et dont l'autre/lr satis-
fait à la condition y^' :^ — •_/( — x). On a aussi les deux
équations
o= I duF a sin. q a. et o= j daj'v. cos. q a.,
on en conclut
00 -t- 30
TU {Fx+/x) = ~ (fX= I dq sin. qx j da/a. sin. qa
o — so
00 -f-GO
+ I d q COS. q X j da.F u cos. </«,
o —XI
€0 -t-OO
et Tt9^= / dq sin. qx 1 de. ça sin. qa
o —00
-h / ^5' COS. qx I dx (Da COS. /^ a ,
O
CHAPITRE IX. 449
ou 7:?.r=/ da. (pu. I dq (sin. qx sin. <7a + cos. qx cos. qa.)
-f-ic 00
o
-1-30
OU enfin f x:=^- 1 da. ox j dq cos. fq (x — a)J- (E)
—00 o
L'intégration par rapport à q donne une fonction de xeta., et
la seconde intégration ferait disparaître la variable a. Ainsi la
fonction représentée par l'intégrale définie j dq cos. [qx — a)
a cette singulière propriété , que si on la multiplie par une
fonction quelconque ça et par r/a, et si l'on intègre par
rapport à a entre des limites infinies , le résultat est égal à
iT 9 ^ ; en sorte que l'effet de l'intégration est de changer a en
X et de multiplier par le nombre ir.
362.
On pourrait déduire directement l'équation (E) du théorème
rapporté dans l'art. 234, p- 256 et 207^ qui donne le dévelop-
pement d'vme fonction quelconque Fo: en série de sinus et de
cosinus d'arcs multiples. On passe de cette dernière propo-
sition à celles que nous venons de démontrer en donnant
une valeur infinie aux dimensions. Chaque terme de la série
devient dans ce cas une quantité différentielle. Ces trans-
formations des fonctions en suites trigonométriques sont
des éléments de la théorie analytique de la chaleur ; il est
indispensable d'en faire usage pour résoudre les questions
qui dépendent de cette théorie.
La l'éduction des fonctions arbitraires en intégrales dé-
finies , telles que l'expriment l'équation (E) , et les deux
équations élémentaires dont elle déi'ive donne lieu à di-
57
45o THÉORIE DE LA CHALEUR.
verses conséquences que l'on omettra ici parce qu'elles
ont un rapport moins direct avec la question physique.
On fera seulement remarquer que ces mêmes équations
se présentent quelquefois dans le calcul sous d'autres
formes. On obtient par exemple ce résultat :
(ûX
= ~ 1 da (fa I dg cos. {q x — a), (E')
qui diffère de l'équation (E) , en ce que les limites de l'inté-
grale prises par rapport à a sont o et ^ au lieu d'être — ^
et + ^. Il fout considérer dans ce cas que les deux équations
(E) et (E') donnent pour le second membre des valeurs égales
lorsque la variable x est positive. Si cette variable est néga-
tive, l'équation (E') donne toujours pour le second membre
une valeur nulle. Il n'en est pas de même de l'équation (E) ,
dont le second membre équivaut k -mfx, soit cjue l'on donne
à X une valeur positive ou une valeur négative. Quant à
l'équation (E') elle résoud le problême suivant. Trouver une
fonction de x telle que si x est positive, la valeur de la
fonction soit fx, et que si x est négative, la valeur de la
fonction soit toujours nulle.
363.
La question de la propagation de la chaleur dans une
ligne infinie peut encore être résolue en donnant à l'inté-
grale de l'équation aux différences partielles vine forme dif-
férente que nous ferons connaître dans l'article suivant.
Nous examinerons auparavant le cas où la source de la cha-
leur est constante.
Supposons que la chaleur initiale étant répartie d'une
manière quelconque dans la barre infinie , on entretienne la
CHAPITRE IX. 45i
tranche A à une température constante , tandis qu'une
partie de la chaleur communiquée se dissipe par la surface
extérieure. Il s'agit de déterminer l'état du prisme après un
temps donné , ce qui est l'objet de la seconde question que
nous nous sommes proposée. En désignant par i la tempé-
rature constante de l'extrémité A, par o celle du milieu, on
aura e *^ KS pour l'expression de la température finale
du point situé à la distance x de cette extrémité, ou seule-
ment e en supposant , pour simplifier le calcul , que la
quantité jT-;r soit égale à l'unité. Désignant par v la tempé-
rature variable du même point après le temps écoulé t , on
a , pour déterminer i' cette équation
dv K d' V H.L
dt CD dx' CD. S
- .v
= e ^ KS.
soit mamtenant 'Z' = e ^ k s + jf-^
du' K d'il' H.L , da' , d' u' , ,
on aura -TT=7T-Fi-r-7 — r- ^^ c ''.> ou —r- = /1-7— r — "i^*»
dt C.Ddx^ CD.b dt d x^
K HT
en remplaçant ^r-r. par k et ^ ^ par h. Si l'on fliit
, — ht du j d' u
u=e u on a — = A-^^;
— x\/^
la valeur de u on v — e ^ KS en celle de la différence
entre la température actuelle et la température finale ; cette
différence u , qui tend de plus en plus à s'évanouir , et dont
la dernière valeur est nulle équivaut d'abord à
57.
452 THÉORIE DE LA CHALEUR.
en désignant par F a? la température initiale d'un point situé
à la distance x. Soit y.r l'excès de cette température initiale
sur la température finale, il faudra trouver pour u une fonc-
tion qui satisfasse à l'équation j-z=:k -7—^ — h u, et qui ait
pour valeur initiale y.r, et pour valeur finale o. Au point A,
ou ^=0, la quantité "v — e v K.s a, par hypothèse,
une valeur constante égale à o. On voit par-là que it repré-
sente une chaleur excédente qui est d'abord accumulée dans
le prisme, et qui ensuite s'évanouit, soit en se propageant à
l'infini , soit en se dissipant dans le milieu. Ainsi pour re-
présenter l'effet qui résulte de réchauffement uniforme de
l'extrémité A d'une ligne infiniment prolongée, il faut con-
voir 1° que cette ligne est aussi prolongée à la gauche du
point A, et que chaque point situé à droite est présentement
affecté de la température initiale excédente ; 2° que l'autre
moitié de la ligne à la gauche du point A est dans un état
contraire; en sorte qu'un point placé à la distance — x du
point A a pour température initiale — /x : ensuite la cha-
leur commence à se mouvoir librement dans l'intérieur de
la barre , et à se dissiper à la surface. Le point A conserve
la température o , et tous les autres points parviennent insen-
siblement au même état. C'est ainsi que l'on peut ramener
le cas où le foyer extérieur communique incessamment une
nouvelle chaleur, à celui où la chaleur primitive se propage
dans l'intérieur du solide. On pouiTait donc résoudre la ques-
tion proposée de la même manière que celle de la diffusion
de la chaleur, articles (347) ^^ (353); mais afin de multiplier
les moyens de résolution dans une matière aussi nouvelle ,
CHAPITRE IX. 453
on employera l'intégrale sous une forme différente de celle
que nous avons considérée jusqu'ici.
364.
On satisfait à l'équation -z-=k-j—^ en supposant inégale
à e e . Or cette dernière fonction de ^ et f peut être
mise sous la forme d'intégrale définie , ce qui se déduit très-
facilement de la valeur connue de 1 dq e ^ . On a en effet
1/^= I dq e ^ , lorsque l'intégrale est prise de q= — -
à q = + -. On aura donc aussi l/7r= / dq e ^^ j ^
étant une constante quelconque et les limites de l'intégrale
étant les mêmes qu'auparavant. De l'équatioij
J/7T = e"
-^' r.j.. .-(.f+^^^j)
dq e
on conclut, en faisant b^^=kt
e^' = ^Jdq e-^\e-=^^*^~,
donc la valeur précédente de u o\xe .e ' équivaut à
on pourrait aussi supposer u égale à la fonction
— ri X k «' t
a e e .
a et 71 étant deux constantes cjuelconques ; et l'on trouvera
de même que cette fonction équivaut à
- . ^(dqe~-'i\-"^''-^^^^^'K
— . i/^ ^ 1 ..... . . o|.
454 THÉORIE DE LA CHALEUR.
On peut donc prendre en général pour valeur de u la somme
d'une infinité de valeurs semblables, et l'on aura
u=^\ dq e ^ (a e ^ ^ ' -\-a^e ^ ^ '
^ -^a^e ^ ^ + etc.J
Les constantes a^, a^, a,, etc., et n^, n^, n^ etc. étant indé-
terminées, la série représente une fonction quelconque de
œ -h 2. qi^lTt; on 3l donc 11=:^ I dq e ^ (p{x + zqyy'kt).
L'intégrale doit être prise de ii = — ^ à m :=^ , et la valeur
de u satisfera nécessairement a 1 équation ■^=zk -j—^- dette
intégrale , qui contient une fonction arbitraire , n'était point
connue lorsque nous avons entrepris nos recherches sur la
théorie de la chaleur, qui ont été remises à l'Institut de
France dans le mois de décembre i8oy : elle a été donnée
par M. Laplace , dans un ouvrage qui fait partie du tome VI
des Mémoires de l'école polytechnique ; nous ne faisons que
l'appliquer à la détermination du mouvement linéaire de la
chaleur. On en conclut
, ./^^
/H.L
lorsque t=ola. valeur de k est Fa: — e v k.s ou /"a;
donc <fX=fdq e~^ <^x et çx = -^/x. Ainsi la fonction
arbitraire qui entre dans l'intégrale , est déterminée au
CHAPITRE IX. 455
moyen de la fonction donnée y"a., et l'on a l'équation sui-
vante, qui contient la solution de la question
V K
KS + ^-—^ffjqe "^ f{x-\-2.qyTt):
il est fticile de représenter ce résultat par une construction.
365.
Nous appliquerons la solution précédente au cas où tous
les points de la ligne AB ayant la température initiale o, on
échauffe l'extrémité A pour la retenir continuellement à la
température i. Il en résulte que F a; a une valeur nulle lors-
, /îTl
que X diffère de o. Ainsi y.r équivaut à — e ^ KS '
toutes les fois que x diffère de o, et à o, lorsque x est nulle.
D'un autre côté il est nécessaire qu'en faisant x négative, la
valeur deyo; change de signe, en sorte que Ion a la condi-
tion y( — ^) = — fx. On connaît ainsi la nature de la fonc-
tion discontinue /a*; elle est — e '^ K s lorsque x sur-
passe o, et + e ^ ivs lorsque x est mcjindre que o. Il faut
maintenant écrire au lieu de x la cjuantité x + 2.q \XTt. Pour
trouver ii ou f dq c ^ • -^ f [x + 2.q\y^Tt)^ on prendra
d'abord l'intégrale depuis
x + aq ]y^t = o jusqu'à x + 2q \XT~t ^= -
et ensuite depuis x+ iqXyiTt^^ jusqu'à x+a^l/T^^o.
Pour la première partie on a .- .-
456 THÉORIE DE LA CHALEUR.
e ^ e
et remplaçant h par sa valeur ^t-jj on a
J V'^
/ÏÎL . . / HL
ou— ^e
e
OU
— ^7Î ^ J^^^
En désignant par r la quantité q + y/ii^ . t, l'expression
précédente est ^^ v kTs e ^^^^ -^ j dr e cette in-
tégrale y ^r e~" doit être prise par hypothèse depuis
ou depuis
q = ^ jusqu'à q = l,
VcTd
ouder^v/^Urs^ -;= jusqua r=- ^
V cTd
la seconde partie de l'intégrale est
CHAPITRE IX. 457
^Jdqe le
/til^ , ^,/ H.L .
ou— ^ e " \ dq e ^ . e
/h .. _ii:^
L H.L
ou -^^e • e I dr e
en désignant par r la quantité g — y/JËii_.;. L'intégrale
/ dr e ' doit être prise d'après l'hypothèse depuis
ou de rt' = — - à q= y , c'est-à-dire, depuis
V CD
I • M . / HL ,
^-=-3 J^^^^'-^ ''^-V cUTs^
L X .s^
Ces deux premières limites peuvent, d'après la nature de la
fonction e , être remplacées par celles-ci :
y CD. s . /Kf
\t + ^=, et r=--
Il suit de là que la valeur de u est exprimée ainsi :
^ /HL _Hi:_, _^x/S^ ^^^t
^V KS c.D.s r _^ •^V rs c.D.s r, .
u=e .e Idr e — e .e lare
58
458 THÉORIE DE LA CHALEUR.
la première intégrale doit être prise depuis
/ HL ^ X . .y I
r=\/ — — t -\ 7= lusqua r=-,
V CD. S \/k.' °
^y cTd
et la seconde depuis
/ HL . X . ,^ I
r=\/ t 7=^ lUsqua /•=-•
V^ CD. S v/Ai •*
^ V^ c.D
Représentons maintenant par i|>R l'intégrale —^ j dr e
depuis /'=R jusqu'à r=- et l'on aura
HL
.t X
C.D. S y RS , /- / HL ^ . .^^ \
Hv/cd-s^ + -7Tf)
^V CD
— e
C.D.S^ V KS
^V^ CD
HL
t
donc ?/ qui équivaut à e ci>.s . ;^ a pour expression
^Vo. . /-HlT. . ^ \ "-"^l
L
-x\/^ ~x\/^
et ^ = e -e H V^ cdTs ^ " TTTTt)
. /hl
Vcd
"-' CD
CHAPITRE IX. 4^5
La fonction désignée par i]yR est connue depuis long-temps
et l'on peut calculer facilement, soit au moyen des séries
convergentes, soit par les fractions continues, les différentes
valeurs que reçoit cette fonction , lorsqu'on met au milieu
de R des quantités données; ainsi l'application numérique
de la solution n'est sujette à aucune difficulté.
36C.
Si l'on fait H nulle , on a
Cette équation représente la propagation de la chaleur dans
une barre infinie, dont tous les points étaient d'abord à la
température o , et dont l'extrémité est élevée et entretenue
à la température constante i. On suppose que la chaleur ne
peut se dissiper par la surface extérieure de la barre; ou,
ce qui est la même chose, que cette barre a une épaisseur
infiniment grande. Cette dernière valeur de v fait donc con-
naître la loi suivant laquelle la chaleur se propage dans un
solide terminé par un plan infini , en supposant que ce mu
infiniment épais , a d'abord dans toutes ses parties une tem-
pérature constante initiale o,et que l'on assujettit la surface
à une température constante i. Il ne sera point inutile de
faire observer quelques résultats de cette solution.
En désignant par ?(R) l'intégrale —^ 1 dr e prise
depuis r=o jusqu'à /•=R; On a lorsque R est une quan-
tité positive,
KR)=^-î(R) et K-R)=^ + 9(R),
58.
46o THEORIE DE LA CHALEUR.
donc
^(_R)_^(R)=:2?(R) et v=i-2J-^);
VcTd
en développant l'inte'grale ?(R) on a
f\ ' Vit \ i3 1.25 1.2.07 y
donc
v\/t^=^~\/t. 1=-^ - o-( 7== ) -K-[ 7= ) +etc.
V C.D y CD *^ CD
!« Si l'on suppose a: nulle, on trouvera v=^i\2P six n'étant
point nulle, on suppose ;=o; la somme des termes qui
contiennent x représente l'intégrale / dr e prise depuis
r=o jusqu'à r=- et par conséquent équivaut à - 1/^; donc
V est nulle ; 3" différents points du solide placés à des pro-
fondeurs différentes x.x^x^ etc., parviennent»" à une même
température après des temps différents x^ x^ x^ etc. , qui
sont proportionnels aux quarrés des longueurs x^ x^ x, etc. ;
4^* Pour comparer les quantités de chaleur qui traversent
pendant un instant infiniment petit une section S placée
dans l'intérieur du solide à la distance x du plan échauffé,
on prendra la valeur de la quantité — K S j- et l'on aura
CHAPITRE IX. 471
V CD ( ^ CD
^*^ "CD ^^ CD )
ainsi l'expression de la quantité -y- est entièrement dégagée
du signe intégral. La valeur précédente à la surface du solide
échauffé est S. ■ ' ' .- , ce qui fait connaître comment le
flux de chaleur à la surface varie avec les quantités CD K, t;
pour trouver combien le foyer communique de chaleur au
solide pendant un temps écoulé t, on prendra l'intégrale
/■■
a l/C.D.l/K df. 2S l/c.D.l/K.l/i
3. 7= —^ ou -7=
ainsi la chaleur acquise croît proportionnellement à la racine
quarrée du temps écoulé.
367. " ■ - . ■
On peut traiter par une analyse semblable la question de
la diffusion de la chaleur qui dépend aussi de l'intégration
de l'équation ~^=zk -j-^ — ^^^'- O" représentera pary^' la
température initiale d'un point de la ligne placée à la dis-
tance ce de l'origine, et l'on cherchera à déterminer qu'elle
doit être la température de ce même point après un temps t.
laisant-vr^e .z, on aura j- =A-t-7, et par conséquent
z=l dq e~^ ©(^+2^1/11). Lorsque f = o on doit avoir
462 THEORIE DE LA CHALEUR.
v=^fx=l dq e ^ (fX ou ^x=i—^fx;àonc
—ht
v=^-^jdq e '^ f{x-\-o.qVTt).
Pour appliquer cette expression générale, au cas où une
partie de la ligne depuis x=^ — a jusqu'à a; = a est unifor-
mément échauffée , tout le reste du solide étant à la tempéra-
ture o, il faut considérer que le facteur y(a; + 2^ l/T^) qui
multiplie e ■' a, selon l'hypothèse, une valeur constante i,
lorsque la quantité qui est sous le signe de la fonction est
comprise entre — a et a , et que toutes les autres valeurs de
ce facteur sont nulles. Donc l'intégrale i dq e ^ doit être
prise depuis a; + 2 ^1/^ = — « jusqu'à a; + 2 q\/Ti = a,
ou depuis g=-~^7/ Jusqu'à q = ~^^-\ En désignant
comme ci-dessus par 77= 1 R Tintégi'ale i dr e'~^ prise de-
puis /'=R jusqu'à r = -, on aura
368.
Nous appliquerons encore l'équation générale
■ ht
e
'-^Jdqe ^ /{x + 2q]yrt),
au cas où la barre infinie échauffée par un foyer d'une in-
tensité constante i est parvenue à des températures fixes,
CHAPITRE IX. 463
et se refroidit ensuite librement dans un milieu entretenu
à la température o. Pour cela il suffit de remarquer que la
, /~h
fonction initiale de'signée pary*j? e'quivaut à e ^ li tant
que la variable x qui est sous le signe de fonction est posi-
tive, et que cette même fonction e'quivaut à e ^ x lors-
que la variable qui est affectée du signe f est moindre que
o. Donc
la première intégrale doit être prise depuis
x + 2.q\yri = o jusqu'à x -\- 2.q\yTc^=~,
et la seconde depuis
a7-f-2<7l/T7 = — ^ jusqu'à ,r + 2^l/J7z=o.
La première partie de la valeur de i/est
.ht —x\/
h
17; ^ -J ^iqe '^ e
-.T-^
ou f l-±jdq e-'-l^^^^y
u- -
ou '-—L-^ fj. e-''
464 THEORIE DE LA CHALEUR.
en faisant r=q + l/Tf. L'intégrale doit être prise depuis
ou depuis /•=l/X7 ^^ jusqu'à r=--
La seconde partie de la valeur de f est
-ht x\/'i , ,_ x\A-
— 7-- e jdqe ^ .e^ ou e 1 dr e ;
en faisant r=q — 1/Â7. L'intégrale doit être prise de
r= àr= — 1/Â7 -=, ou der=l/Â7H 7= à r=-,
O al/Xt' "^ 2 1Xa« o'
on en conclut l'expression suivante :
369.
On a obtenu art. (SGy) l'équation
— ht
K~i^)~K-T^)l-
pour exprimer la loi de la diffusion de la chaleur dans une
barre peu épaisse, échauffée uniformément à son milieu
entre les limites données x = — a,.r = + a. On avait précé-
demment résolu la même question en suivant une méthode
différente , et l'on était parvenu , en supposant a = i à
l'équation
CHAPITRE IX. 465
2 —ht f dq . — g'kt ^ /o /o\
v=-e I -^cos.gx sm.g .e ^ art. (o4o)-
*y 1
Pour compai'er ces deux résultats, on supposera dans l'un
et l'autre a:=o ; désignant encore par ^ (R) l'intégrale
/■
dr e
prise depuis î'=o jusqu'à /-^R, on a
—kt
ou v = -
— ht
ie ( a
. Ka-^V- Kr^Tn) I '
11/ a \i
~t I 3 ■ Va \/'n J
\/û \2\/ kt
i_ I / g \5 I I / «_ \7 I
1 . 2 ■ 5 V2 v/Tr/ 1.2.3 7 \2 i/Â^^y j
d'un autre côte' on doit avoir
2 — ht rdq . — o'kt
Or l'intégrale i due .u prise depuis u = o jusqu'à
M=r- a une valeur connue, m étant un nombre entier po-
sitif. On a en général
/' 7 u'' lm I 3 5 7 2.171 I I , y —
due .u =-.-.-.^ .-1/tï:
2 2 2 2 2 a
l'équation précédente donne donc, en faisant q'kt=u'^
THEORIE DE LA CHALEUR.
—ht
"KV ktj \ 2.3 kt 1 0.4.5 k^ t^
rtfl^ r.i98oqqrja no ff.1.';;:;«° _i \
2.3.4.5.6.7"/t'.i:' "^ ^'^^^V '
— /if
2e fi ii/i\î ii/iXS
I/tc \_i\/Tt I 3V2l/Tf/ i.aSVal/Tîy
— — ^ - f — ^ Y + etc. 1 •
1 .2.3 7 Va l/At/ J'
Cette équation est la même que la précédente, lorsqu'on
suppose a = I . On voit par-là que ces intégrales , que l'on a
obtenues par des procédés différents, conduisent aux mêmes
séries convergentes , et l'on parvient aussi à deux résultats
identiques, quelle que soit la valeur de x.
On pourrait, dans cette question comme dans la précé-
dente, comparer les quantités de chaleur qui, dans un in-
stant donné, traversent différentes sections duprisme échauffé,
et l'expression générale de ces quantités ne contient aucun
signe d'intégration; mais, sans s'arrêter à ces remarques,
on terminera cette section par la comparaison des différentes
formes que l'on a données à l'intégrale de l'équation qui re-
présente la diffusion de la chaleur dans une ligne infinie,
r, upaui o==-« aijjqah „ '
Pour satisfaire à l'équation ^7 = ^. vp, on peut supposer
—X kt ' ' 1 — ii-x li'kt 1 'j •.
i/r=e . e ;, et en gênerai u^=^e . e , on en déduit
facilemeiït , art. 364, l'intégrale
CHAPITRE IX. 467
De l'équation comme 1^% = 1 d q e ^ on conclut celle-ci
^^ r
' o
+1
l/^ = I dq e~^^ "' ,rt e'tant une constante quelconque;
o
on a donc e^ =-^ l dq e ^ e ^"■i ^ qu
Cette équation a lieu , quelle que soit la valeur de a. On peut
développer le premier membre; et, par la comparaison des
termes, on obtiendra les valeurs déjà connues de l'intégrale
/ dq e '^ q "'. Cette valeur est nulle lorsque n est impair,
et l'on trouve , lorsque n est un nombre pair 2. m ,
dq e ■' q = ^....— V/x.
J J- 2222 2
371.
On a employé précédemment pour l'intégrale de l'équation
du 7 d'u ,, . 1
-r-z= k -r—^ 1 expression
-n\ht -TV'.kt -TÙ.kt
u-=a,e cos.n,x+a^e ços-n^x+a^e cos.Mj-4-etc.
ou celle-ci
u=a^e sm.n^x+a^e sm. n^x+a^e sin.Wja^+etc.
a.aMjû^... etc. et n^n^n^ji^ etc. étant deux séries de con-
stantes arbitraires. Il est aisé de voir que chacun de ces termes
5g.
468 THÉORIE DE LA CHALEUR.
équivaut à l'intégrale jd q e ^ sin. n{x + 2. q\/jr) ou
Idqe ^ COS. n{x + 2. q\XTi).
En effet, pour déterminer la valeur de l'intégrale
I dg e~^ sin. (x + zql^kl);
on lui donnera la forme suivante :
Idqe ^^ sin. œ COS. 2. q\y^(+ 1 dqe ^^ cos.x sin. 2 q\yTt;
ou celle-ci,
dq e " sin. ^cT \- j
+jdqe icos.x{-^^^^ IP^^T-)'
qui équivaut à
l'intégrale I dq e ^^ "" ''^ prise depuis q = — -jus-
qu'à q = - est l/ir , on a donc pour la valeur de l'intégrale
/ dq e ^ sin. (x -h 2 q [^11) , la quantité c sin. ^'-I/tt,
et en général
.} CHAPITRE IX. 469
e sin. {nxjiy-ii =^ I dge ' sin,n{œ -i- ^gyy'kt) ^
ou déterminera de la même manière l'intégrale
jdqe ^ COS. n{x -\- 2. q\yi<t)i
ii''f(t _
dont la valeur est e cos. {nx) . l/it.
'. O 3 T /î i 1 :; •
On voit par-là que l'intégrale
e (a,sm.«,a:+ o,cos.«,a;) + e (a^sva..n:,x-\-o^cos.n^x)
— n'.kt, . J s ^
+ e (a^sm. n^x + OjCOS.niX) + etc.
équivaut à
^ ( i^,cos.«,(x+25' l/rf)+^,cos.«j(^+2'^l/Tt) 4- etc. j: ,;
La valeur de la série représente , comme on l'a vu précédem-
ment, une fonction quelconque de x-h iqXyTt ; ainsi l'inté-
grale générale sera exprimée ainsi :
■v^=.ldqe ^ (^{x + iqX/kt).
Au reste, l'intégrale de l'équation -j-=k -1—., peut être
présentée sous divers autres formes. Toutes ces expressions
sont nécessairement identiques.
470 THEORIE DE LA CHALEUR.
SECTION DEUXIÈME.
Du mouvement libre de la chaleur dans un solide infini.
372.
Jj'iNTÉGRALE de l'équation "j-=fr-r^ • -r-. {<^) fournit
immédiatement celle de l'équation à quatre variables
dv K /d' V d"" V d^ v\ ,..
'dt~ G . D \4^ '^dy^ J^J ' ^^
comme nous l'avons déjà remarqué en traitant la question
de la propagation de la chaleur dans un cube solide. C'est
pour cela qu'il suffît en général de considérer l'effet de la
diffusion dans le cas linéaire. Lorsque les corps n'ont point
leurs dimensions infinies, la distribution de la chaleur est
continuellement troublée par le passage du milieu solide
au milieu élastique ; ou , pour employer les expressions
propres à l'analyse , la fonction qui détermine la tempéra-
ture ne doit pas seulement satisfaire à l'équation aux diffé-
rences partielles et à l'état initial ; elle est encore assujettie
à des conditions qui dépendent de la figure de la surface.
Dans ce cas l'intégrale a une forme plus difficile à connaître,
et il faut examiner la question avec beaucoup plus de soin
pour passer du cas d'une coordonnée linéaire à celui des
trois coordonnées orthogonales : mais lorsque la masse solide
n'est point interrompue , aucune condition accidentelle ne
s'oppose à la libre diffusion de la chaleur. Cet élément se
meut de la même manière dans tous les sens.
CHAPITRE IX. 471
La température variable v d'un point d'une ligne infinie
est exprime'e par l'équation
X désigne la distance entre un point fixe o , et le point m ,
dont la température équivaut à v après le temps écoulé t.
On suppose que la chaleur ne peut se dissiper par la sur-
face extérieure de la barre infinie, et l'état initial de cette
baiTe est exprimé par l'équation v^fx. L'équation diffé-
rentielle à laquelle la valeur de v doit satisfaire est celle-ci :
Mais pour simplifier le calcul, on écrit -7-=^—^ {h) ;
Ce qui suppose que Ton emploie au lieu de t une autre in-
déterminée t égal à jT-f^-
Si dans une fonction de x et de constantes fx on
substitue x + in\/~t à x, et si, après avoir multiplié par
-y^e ^ , on intègre par rapport à n entre des limites
infinies, l'expression —= Idne /( .r + 2 z?!/!') satisfera,
comme on l'a démontré plus haut, à l'équation différen-
tielle (h) ; c'est-à-dire que cette expi'ession a la propriété de
donner une même valeur pour la fluxion seconde par
rapport à x, et pour la fluxion première par rapport à t.
D'après cela il est évident qu'une fonction de ti'ois variables
^
47^ THÉORIE DE LA CHALEUR.
f{x,y, z) jouira d'une semblable propriété', si l'on substitue
au lieu de ce , y, z,\es quantités
x + 2.n\/l:, y-\-2.p\y~t, z + 2.ql^j,
et si 1 on intègre après avoir multiplié par
dn — n'i dp — pU dq^ — q' t
En effet, la fonction que l'on forme ainsi,
■\[d nfdpfd q e ~'^"'+'^''+^'î/(:c + 2 iiX/'l.y+^pV/l, z + 2I/F),
donnera trois termes pour la fluxion par rapport à t, et
ces trois termes sont ceux que l'on trouverait en prenant
la fluxion seconde pour chacune des trois variables x,y, z.
Donc l'équation
'V=^~''fd nfdpjdq 6"^"'+^'+^ V(^ + ^nVn,y+ ipVl, z + 2 qV^t) (I) ,
donne une valeur de v qui satisfait à l'équation aux diffé-
rences partielles
dv d' V d'' V d'' V ^tjx
373.
Supposons maintenant qu'une masse solide sans figure,
(c'est-à-dire qui remplit l'espace infini) contienne une quantité
de chaleur dont la distribution actuelle est connue. Soit
'v=.Y{^x,y, z) l'équation qui exprime cet état initial et arbi-
traire, en sorte que la molécule dont les coordonnées sont
CHAPITRE IX. " 475
x,y,z à une température initiale égale à la valeur de la
fonction donnée F(x,y,z). On peut se représenter que la
chaleur initiale est contenue dans une certaine partie de la
masse dont le premier état est donné au moyen de l'équation
^ = ¥(x,f, 3), et que tous les autres points ont une tempé-
rature initiale nulle. Il s'agit de connaître quel sera, après un
temps donné, le système des températures. Il faut par con-
séquent exprimer la température variable v par une fonction
<^{x,j, z, t) qui doit satisfaire à l'équation générale (A) et à
la condition '^{x,y, z, o) = ¥{x,y, z). Or la valeur de cette
fonction est donnée par l'intégrale
En effet, cette fonction v satisfait à l'équation (A), et si
l'on y fait ?=o, on trouve
. ^--'jdnjdpjdq e-'^"-^P-^'J^^'Y^x,y, z),
ou, en achevant les intégrations, F (a-, y, z\
374.
Puisque la fonction 'v ou 9(0:,/, z,?) représente l'état
initial lorsqu'on y fait ^ = 0, et qu'elle satisfait à l'équation
différentielle de la propagation de la chaleur, elle représente
aussi l'état du solide qui a lieu au commencement du second
instant, et en faisant varier le second état, on en conclut
que la même fonction représente le troisième état du so-
Ude,et tous les états subséquens. Ainsi la valeur de v, que
l'on vient de déterminer, contenant une fonction entière-
ment arbitraire des trois variables x ,y, z donne la solution
60
474 THEORIE DE LA CHALEUR.
(le la question; et l'on ne peut supposer qu'il y ait une
expression plus générale, quoique d'ailleurs la même inté-
grale puisse être mise sous des formes très -diverses.
Au lieu d'employer l'équation
V
= v~^J^^^ 'V(-^' + 2^i/0i
On pourrait donner une autre forme à l'intégrale de l'équa-
tion -j- = -j—^ ; et il serait toujours facile d'en déduire l'in-
CL Z- Cl' OC
tégrale qui convient au cas des trois dimensions. Le résultat
que l'on obtiendrait serait nécessairement le même que le
précédent.
Pour donner un exemple de ce calcul nous ferons usage
de la valeur particulière qui nous a servi à former l'inté-
grale exponentielle.
Reprenant donc l'équation -j- = -^—^ (i), nous don-
nerons à v la valeur très-simple c cos. Ji œ, cjui satis-
fait évidemment à l'équation différentielle [h). En effet, on
en tire -,- =: — iv v et -?—:=: — Jf v. Donc l'intéfifrale
nt dx- °
/
, Tût
an e cos. nx
convient aussi à l'équation (ô); car cette valeur de v est
formée de la somme d'une infinité de valeurs particulières.
Or, l'intégrale
CHAPITRE IX. 475
J
, —n't
dji e COS. 71 X
est connue, et l'on sait qu'elle équivaut a ,- -■. ( Voyez
l'article suivant.) Cette dernière fonction de x et t convient
donc aussi avec l'équation diftérentielle {b). Il est d'ailleurs
très -facile de reconnaître immédiatement que la valeur par-
ticulière satisfait à l'équation dont il s'agit.
Ce même résultat aura lieu si l'on remplace la variable x
par X — a, a étant une constante quelconque. Ou peut donc
employer comme valeur particulière la fonction
1/7 '
dans lacjuelle on attribue à a une valeur quelconque. Par consé-
u-a.y
quentlasomme/^aya— ^— — = satisfait aussi à l'équation
différentielle ib) ; car cette somme se compose d'une infinité
de valeurs particulières de la même forme, multipliées par
des constantes arbitraires. Donc on peut prendre pour va-
leur de V dans l'équation -7- = -t— 7 celle - ci :
v= fcU/ci.A-
kt
l/'
A étant un coefficient constant. Si dans cette dernière inté-
grale on suppose — '*'- = q\ en faisant aussi A:^— — =, on
60.
476 THEORIE DE LA CHALEUR.
o
aura ^=y r/a/«. e^^^^ (0
ou 'v=--^ I dq e '^ /{œ + 2. q [^'t). (l) On voit
par -là comment l'emploi des valeurs particulières
e COS. nx ou
1/7
conduit à l'intégrale sous forme finie.
375.
La relation qu'ont entre elles ces deux valeurs particulières,
se découvre lorsqu'on détermine l'intégrale
+ i
r, -—n't
t an e cos. nx.
Pour effectuer l'intégration, on pourrait développer le fac-
teur cos. nx, et intégrer par rapport à n. On obtient ainsi
une séi'ie qui représente un développement connu; mais on
déduit plus facilement ce résultat de l'analyse suivante.
L'intégrale l dn e "' cos, nx se rapporte à celle-ci:
/ dp e ^ cos. 2.p u ;
en supposant n^t=^p' et nx = 2.pu. On a ainsi
/ dn e cos. nx^—7^ j dp e ^ cos. 2.pu.
I ^__ 2_
On écrira maintenant
CHAPITRE IX. 477
j dp e ^ cos.2pu=- j dp e ^ ^ ~^ I P ^
=yjdp .-P'+^P^^^'-^"-' + \^~''j<ip e-/'^-^^«'/~+"'
Or chacune des intégrales qui entrent dans ces deux termes
équivaut à \y%. En effet, on a en général ■: . i, ,..,,
+^ ;■- ■ . .
.y : -, Vyr.= fdqe-'J\ ' - -^ •.;:i>a. ;•
*- .
et par conséquent ,, ^.,j . . :, . _ ,--^,:/i •\:scPi
quelle que soit la constante b. On trouve donc, en faisant
b=zfu\y^, I dp c~^ COS. 2 pii=e "' [^îz , ";•;
— rr t e V-r.
jdn
donc I dn e cos. na:
0:' :,..:a no ;!-;r;:n^tXjîJ:Uîicl
et mettant pour u sa valeiu' — -^, on aura
nn anra
rj —n't e 4f ^
I an c COS. /ix= — — k -- .
^cnr.qx^ ;.;."i; - 1 î- JiJ'iq <r no.îOuoi -oi -^j'jp n! ah lijJà iï
478 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Au reste la valeur particulière . ^ ■ est assez simple pour
qu'elle se présente immédiatement sans qu'il soit nécessaire
de la déduire de celle-ci e cos. «j:. Quoi qu'il en soit,
4f
il est certain que la fonction satisfait a l'équation dif-
férentielle -j^=.-j-^, ; il en est de même par conséquent de
[\t
la fonction — -^ — , quelle que soit la c^uantité a.
376.
Pour passer au cas des trois dimensions, il suffit de mul-
—{x-a.y
tiplier la fonction en x el t^ ^ — -7= — par deux autres fonc-
tions semblables l'une en y et t; le produit doit évidem-
. „ . < 1) ? • dv d^ V d' V d' v f-^
ment satisfaire a 1 équation -^ = -j^ + -j— + -^^ • Un
prendra donc pour v la valeur ainsi exprimée
-(■r-«)' -(/--g)' -('-7)'
e ht e ht g ht
V —
Si maintenant on multiplie le second membre par da.,dQ,, d-^,
et par une fonction quelconque /(a, p, 7) des quantités a,lî,y,
on trouvera, en indiquant l'intégration, une valeur de v
formée de la somme d'une infinité de valeurs particulières
multipliées par des constantes arbitraires.
Il suit de là que la fonction v peut être ainsi exprimée :
CHAPITRE IX. AjQ
+ i +1 ^_i. ((a-3)' + (3-^)'4-(Y-^:)')
-i ~i -^ (./)
Cette équation contient l'intégrale générale de la proposée
(A) : le procédé qui nous a conduit à cette intégrale doit
être remarqué par ce qu'il s'applique aux cas les plus
variés; il est principalement utile lorsque l'intégrale doit
satisfiùre à des conditions relatives à la surface. En l'exami-
nant avec attention on reconnaîtra que les transformations
qu'il exige sont toutes indiquées par la nature physique de
la question. On peut aussi, dans l'équation (/), changer
d'indéterminées, en prenant
on aura , en multiphant le second membre par un coefficient
constant A, .^ ..-."' j [\ -^vr' ^-'iJ' ,: ■. h r > ^(j; oîn-ii:
= 2'!' A fdn fdp fdq e~^"'"^^''"*"'^V(a;+ 2/M/^, j+i/^î^?!'' z+ 2 q 1/7)
Prenant les trois intécrales entre les limites et + -, et
faisant f = o afin de connaître l'état initial, on trouvera
i) = 2\Al/'^y(a;, j, ;:). Ainsi, en représentant les tempé-
ratures initiales connues par l^{x,y, s), et donnant à la
constante A la valeur , , on parviendra à l'intégrale _,
4-jL +1 +1 -jy . û f :.) f ,'I .;;t"[,-..
v^=7:~~ j dn j dp (dq e^"^ .e~~^ .e~^ F(x+2n\yi, y+apl^j, z+^ql^l)
III
o o o ■ I ' , i * 1 ■' ' ■ '
qui est la même que celle de l'article (^ya),^ . ,^^ , .,
OJ
48o THÉORIE DE LA CHALEUR.
L'intégrale de l'équation (A) peut être mise sous plusieurs
autres formes parmi lesquelles on choisit celle qui convient
le mieux à la question que l'on se propose de résoudre.
Il faut observer en général, dans ces recherches, que deux
fonctions (^(x,y, z, t) sont les mêmes lorsqu'elles satisfont
l'une et l'autre à l'équation différentielle (A), et lorsqu'elles
sont égales pour une valeur déterminée du temps. Il suit de
ce principe que les intégrales , qui se réduisent, lorsque j fait
if=o, à une fonction arbitraire F(x,j;z}^ ont toutes le
même degré de généralité ; elles sont nécessairement iden-
ticjues.
Le second membre de l'équation difféi^entielle (a) était
K
multiplié par j^-^, et l'on a supposé dans l'équation (/>) ce
coefficient égal à l'unité. Il suffira, pour rétablir cette quan-
tité dans le calcul, d'écrire ^-^ au lieu de t, dans l'inté-
grale (Ot ou dans l'intégrale (I). Nous indiquerons mainte-
nant quelques-unes des conséquences que l'on déduit de
ces équations.
377.
La fonction qui sert d'exposant au nombre e, ne peut
représenter qu'un nombre absolu , ce qui suit des principes
généraux du calcul , comme on l'a prouvé explicitement dans
la section IX du chapitre II page i5a. Si dans cet exposant
on remplace l'indéterminée t par ^-q, on voit que les dimen-
sions de K,C,D et t,par rapport à l'unité de longueur
K t
étant — 1,0, — 3 et o, la dimension du dénominateur ^-j^
est 2 comme celle de chacpie terme du numérateur, en sorte
que la dimension totale de l'exposant est o. considérons le
CHAPITRE IX. 48i
cas où la valeur du temps t augmente de plus en plus, et
pour simplifier cet examen, employons d'abord 1 équation
— (a-.r)' /
■4 '
V = ( d 'Z frx. ,- y- . (i)
qui repiësente la diffusion de la chaleur dans une ligne in-
finie. Supposons que la chaleur initiale est contenue dans
une portion donnée de la ligne, depuis a' = — h jusqu'à
x= -\-g, et que l'on attribue à x luie valeur déterminée X,
qui fixe la position d'un certain point m de cette ligne. Si
le temps t croît sans limite, les termes -^ et + t^i— qui
entrent dans l'exposant deviendront des nombres absolus
de plus en plus petits, en sorte que, dans le produit
x'' 2a^ a'
^t ^ At ^ 4t'
e ^ . e ^ e
On pourra omettre les deux derniers facteurs qui se confon-
dent sensiblement avec l'unité. On trouvei'a ainsi,
v =
, ht /'
't^-t- \clci. fx.. ., . ( r)
C'est l'expression de l'état variable de la ligne après un
temps très-long; elle s'applique à toutes les parties de cette
ligne qui sont moins éloignées de l'origine que le point ni.
L'intégrale définie /r/aya désigne la quantité de chaleur
~/i
totale B contenue dans le solide, et l'on voit que la distri-
bution primitive n'a plus d'influence, sur les températures
Dt
482 THÉORIE DE LA CHALEUR.
après tin temps très -long. Elles ne dépendent plus que de
la somme B, et non de la loi suivant laquelle la chaleur a
été répartie.
Si l'on suppose qu'un seul élériient u placé à l'origine a
reçu la température initialey^ et c]ue tous les autres avaient
la température o,le produit to/sera équivalent à l'intégrale
+ g
idy.fa. OU B. La constante Z' sera extrêmement grande.
-h
puisqu'on suppose la ligne w très -petite.
4'
L'équation 1;=-— ^=^-7= .wy représente le mouvement qui
aurait lieu, si un seul élément placé à l'origine eût été
échauffé. En effet, si l'on donne à x une valeur quelconque
e " ~^'
rt, non infiniment petite, la fonction — =- sera nulle lors-
qu'on supposera f=o. Il n'en sera pas de même si la valeur
de X est rjulle. Dans ce cas la fonction —j^- reçoit au con-
traire une valeur infinie, si t=o. On connaîtra distincte-
ment la nature de cette fonction , si l'on applique les
p4?incipes généraux de la théorie des surfaces courbes à
la surface qui aurait pour équation z^^—~^.
L'équation 'v = - — - •^•./ exprime donc fa tempéra-
ture variable d'un point quelconque du prisme, lorsqu'on
suppose toiite la chaleur initiale réunie dans un seul élément
CHAPITRE IX. 483
placé à l'origine. Cette hypothèse, quoique ]>articuhère ,
appartient à une question générale, parce qu'après un temps
assez long, l'état variable du solide est toujours le même
que si la chaleur initiale eût été rassemblée à l'origine. La
loi suivant laquelle la chaleur a été distribuée, influe beau-
coup sur les températures variables du prisme; mais cet
effet s'af'fiiiblit de plus en plus, et linit par devenir entière-
ment insensible.
iii II «st nécessaire de remarquer que l'équation réduite {y)
ne s'applique point à la partie de la ligne qui est placée
au-delà du point m dont la distance a été désignée par X.
En effet, quelque grande que soit la valeur de temps, on
2 a a'
pourrait choisir une valeur de oc t;41e que le terme e 4'
différât sensiblement de l'unité, et alors ce facteur ne doit
pas être supprimé. Il faut donc se représenter que Ion a
marqué de part et d'autre de l'origine o deux points , m et
m', placés à une certaine distance X ou — X, et que l'on
augmente de plus en plus la valeur du temps, en observant
les états successifs de la partie de la ligne qui est comprise
entre vi et m. Cet état variable convergera de plus en plus
vers celui qui est exprimé par l'équation
. V ■■■:i. > ' ,
- -S' .. ,-ir\"-
Quelle que soit la valeur attribuée à X, on pourra toujours
trouver une valeur du temps assez grande pour que l'état
de la ligne m o m ne diffère pas sensiblement de celui
6i.
484 THEORIE DE LA CHALEUR.
qu'exprime l'e'quation précédente (y). Si l'on demande que
cette même équation s'applique à d'autres paities plus
éloignées de l'origine, il faudra supposer inie valeur du
temps plus grande que la précédente.
L'équation (7) , qui exprime dans tous les cas l'état
final d'une ligne quelconque, fait voir qu'après un temps
extrêmement long , les divers points acquièrent des tempé-
ratures presqu'égales , et que les températures d'un même
point finissent par varier, en raison inverse de la racine
quarrée des temps écoulés depuis le commencement de la
diffusion. Les décroisscments de la température d'un point
quelconque deviennent toujours proportionnels aux accrois-
sements du temps.
38o.
Si l'on faisait usage de l'intégrale
fd 13. f a..e 4 '^^ , , . ,
T = I "^ = -^ = ( l I
pour connaître l'état variable des points de la ligne placés
à une grande distance de la portion échauffée, et que, pour
exprimer cette dernière condition, on supprimât encore le
facteur e , les conséquences que Ton "obtiendrait
ne seraient pas exactes. En effet, en supposant que la por-
tion échauffée s'étende seulement depuis a = o jusqu'à a.^=g
et que la limite g soit très -petite par rapport à la distance
X du point dont on veut déterminer la température; la
cpiantité — ■ ^ ^ ■ qui forme l'exposant se i^éduit en effet
CHAPITRE IX. 485
à -ri—', c'est-à-dire que la raison des deux quantités
4^t
^ ' et
\kt 4 A-t
approche d'autant plus de l'unité que la valeur de ce est
plus grande par rapport à celle de a : mais il ne s'ensuit
pas que l'on puisse remplacer l'une de ces quantités par
l'autre dans l'exposant de e. En général l'omission des termes
subordonnés ne peut point avoir lieu ainsi dans les expres-
sions exponentielles ou trigonométriques. Les quantités
placées sous les signes de sinus ou de cosinus, ou sous le
signe exponentiel e sont toujours des nombres absolus, et
l'on ne peut omettre que les parties de ces nombres, dont
la valeur est extrêmement petite; leurs valeurs relatives ne
sont ici d'aucune considération. Pour juger si l'on peut
réduire l'expression
g -(g— r)' ^:£' g
I da fx e "* ' à celle-ci e ' / cla.fa.^
o o _
il ne faut pas examiner si le rapport de a: à a est très-grand ,
mais si les termes ^"-^ . IJL sont des nombres très-petits.
4 / f ' 4 / « ^
Cette condition a toujours lieu lorsque le temps écoulé t
est extrêmement grand ; mais elle ne dépend point du rap-
port •
38i.
Supposons maintenant que l'on veuille connaître combien il
doit s'écouler de temps pour que les températures de la partie
486 THÉORIE DE LA CHALEUR.
du solide, comprise depuis ,a;=o jusqu'à a^ = X, puissent
être représentées à très-peu pi'ès par l'équation réduite
e
J d<^/x.
2 1/™ l/X Vt
— h
et que o et soient g\, les limites de la portion primitivement
échauffée.
La solution exacte est donnée par l'équation
O
et la solution approchée est donnée par l'équation
rjf du/ce; (y)
TT7 ?
V-
2 1/itI// V/(
O
k désignant la valeur -çryi de la conducibilité. Pour que
l'équation ,(/) puisse être en généi^al substituée à la précé-
2 7. T «■
dente («"), il faut que le facteur e A-^f ^ qui est celui que
l'on omet, diffère très -peu de l'unité; car s'il était i ou -
on pourrait craindre de commettre une erreur égale à la
valeur calculée, ou à la moitié de cette valeur. Soit donc
2 a.r-
e '* ^^ =i+w,w étant une petite fraction, comme 7-^ ou
--tVt on en conclura la condition
CHAPITRE IX. 487
■xixx — a" ^ 1 /aa.r — a'\
— 7-1 =:co OU ^=-( 7-i 1,
^ kt (a\ 4 /et J ^
et si la plus grande valeur ^ que puisse recevoir la variable a
est très -petite par rapport h jc , on aura /^= A^,
On voit par ce résultat c|ue plus les points dont on veut
déterminer la température au moyen de l'équation réduite,
sont éloignés de l'origine, plus il est nécessaire que la valeur
du temps écoulé soit grande. Ainsi la chaleur tend de plus
en plus à se distribuer suivant une loi indépendante de
réchauffement primitif. Après un certain temps, la diffusion
est sensiblement opérée, c'ést-à-dire que l'état du solide ne
dépend plus que de la quantité de la chaleur initiale, et non
de la distribution qui en avait été faite. Les températures
des points assez voisins de l'origine ne tardent pas à être
représentées sans erreur par l'équation réduite (j): mais
il n'en est pas de même des points très -distants de ce foyer.
On ne peut alors faire usage de la même équation que si le
temps écoulé est extrêmement long. Les applications numé-
riques rendront cette remarque plus sensible.
382.
Supposons que la substance dont le prisme est formé, est
le fer, et que la portion de ce solide cjui a été échauffée a
un décimètre d'étendue, en sorte que g-=o,i. Si Ion
veut connaître quelle sera, après un temps donné, la tem-
pérature d'un point m dont la distance à l'origine est un
mètre, et si l'on emploie pour ce calcul l'intégrale appro-
chée (r), ou commettra une erreur d'autant plus grande
que la valeur du temps sera moindre. Cette erreur sera plus
488 THÉORIE DE LA CHALEUR.
petite que la centième partie de la quantité eherche'e , si le
temps écoulé surpasse trois jours et demi.
Dans ce cas la distance comprise entre l'origine o et le
point m dont on détermine la température , est seulement
dix fois plus grande que la portion échauffée. Si ce rapport
est cent au lieu d'être dix, l'intégrale réduite [y) donnera
la température à moins d'un centième près, lorsque la valeur
du temps écoulé surpassera un mois. Pour que l'approxima-
tion soit admissible, il est nécessaire, en général, i** que la
quantité "' . 7'"' ne puisse équivaloir qu'à une très - petite
fraction comme -^^ ou ^h au plus ; 2° que l'erreur qui en
doit résulter ait une valeur absolue beaucoup mpindre que
les petites quantités que l'on observe avec les thermomètres
les plus sensibles.
^ Lorsque les points que l'on considère sont très - éloignés
de la portion du solide qui a été primitivement échauffée ,
les températures qu'il s'agit de déterminer sont extrêmement
petites ; ainsi l'erreur que 1 on commettrait en se servant de
l'équation réduite, aurait une très-petite valeur absolue;
mais il ne s'ensuit pas cjue l'on soit autorisé à faire usage de
cette équation. Car si l'erreur commise, quoique très-petite,
surpasse ou égale la quantité cherchée ; ou même si elle en
est la moitié ou le quart , ou une partie notable , l'approxi-
mation doit être rejetée. Il est manifeste que dans ce cas
l'équation approchée ( j) n'exprimerait point l'état du solide,
et que l'on ne pourrait point s'en servir pour déterminer
les rapports des températures simultanées de deux ou- plu-
sieurs points.
CHAPITRE IX. 489
383.
Il suit de cet examen que l'on ne doit point conclure de
g — jai — xy
l'intégrale v= — ^- ".- ._ l dx fa. e que la loi
1\/ TxV^ k^ t J '' 1
-&'
de la distribution primitive n'influe pas sur la température
des points très-éloignés de l'origine. L'effet résultant de cette
distribution cesse bientôt d'avoir lieu pour les points voisins
de la portion échauffée ; c'est-à-dire que leur température ne
dépend plus que de la quantité de chaleur initiale , et non de
la répartition qui en avait été faite : mais la grandeur de la
distance ne concourt point à eftacer l'empreinte de la distri-
bution, elle la conserve au contraire pendant un très-long
temps et retarde la diffusion de la chaleur. Ainsi l'équation
4 /f
1/71 V■^l^ ktj -^
ne l'eprésente les températures des points extrêmement
éloignés de la partie échauffée , qu'après un temps immense.
Si on l'appliquait sans cette condition, on trouverait des
résultats doubles ou triples des véritables ou même incom-
parablement plus grands ou plus petits ; et cela n'aurait pas
lieu seulement pour des valeurs très-petites du temps ; mais
pour de grandes valeurs , telles que, une heure, un jour,
une année. Enfin cette expression serait d'autant moins
exacte, toutes choses égales d'ailleurs, que les points seraient
plus éloignés de la partie primitivement échauffée.
490 THEORIE DE LA CHALEUR.
384.
Lorsque la diffusion de la chaleur s'opère dans tous les
sens , l'état du solide est représenté comme on l'a vu par
l'intégrale
-IfM
vn^iz^
Si la chaleur initiale est contenue dans une portion déter-
minée de la masse solide , on connaîtra les limites qui com-
prennent cette partie échauffée, et les quantités a, p, y, qui
varient sous le signe intégral , ne pourront point recevoir
de valeurs qui excèdent ces limites. Supposons donc que
l'on marque sur les trois axes six points dont les distances
sont + X, + Y, + Z, et — X, — Y, — Z, et que l'on con-
sidère les états successifs du solide compris entre les six
plans qui passent à ces distances ; on voit que l'exposant de
e , sous le signe d'intégration , se réduit à — ( ' j-j- j ,
lorsque la valeur du temps écoulé augmente sans borne. En
effet , les termes tels que -r-r- et -r-j- reçoivent dans ce
cas des valeurs absolues très-petites , parce que les numéra-
teurs sont compris entre des limites fixes, et c[ue les déno-
minateurs croissent à l'infini. Ainsi les fiicteurs que l'on
omet diffèrent extrêmement peu de l'unité. Donc l'état va-
riable du solide, après une grande valeur du temps, a pour
expression
(/)
CHAPITRE IX. 491
Le facteur / d % i r/ [î / '^/y/'(«i P, y) représente la quantité
totale de chaleur B que le solide contient. Ainsi le système
des températures ne dépend point de la distribution de la
chaleur initiale , mais seulement de sa quantité. On pourrait
supposer que toute la chaleur initiale était contenue dans un
seul élément prismatique placé à l'origine, et dont les dimen-
sions,orthogonales et extrêmement petites seraient w,,(o,,(oj.
La température initiale de cet élément serait désignée par
un nombre extrêmement grand y, et toutes les autres molé-
cules du solide auraient une température initiale nulle. Le
produit (0, (0, C03 _/ équivaut dans ce cas à l'intégrale
j cUjd^jd^f{^,<^,^).
Quelque soit réchauffement initial , l'état du solide qui cor-
respond à une valeur du temps très -grande, est le même
que si toute la chaleur avait été réunie dans un seul élément
placé à l'origine.
385.
Supposons maintenant que l'on ne considère que les
points du solide dont la distance à l'origine est très -grande
par rapport aux dimensions de la partie échauffée; on pour-
rait d'abord penser que cette condition suffit pour réduire
l'exposant de e dans l'intégrale générale. En effet cet expo-
sant est - ^(g-^)' + (p-j-) +(-/-. )-^^. ^^ j^^ variables
a, p, Y sont, par hypothèse, comprises entre des limites
déterminées , en sorte que leurs valeurs sont toujours extrê-
mement petites , par rapport à la plus grande coordonnée
d'un point très-éloigné de l'origine. Il suit de là que l'expo-
sant de e se compose de tleux parties M -i- ;/. , dont l'une est
(h..
492 THEORIE DE LA CHALEUR.
très- petite par rapport à l'autre. Mais de ce que le rapport
^ est une très-petite fraction , on ne peut pas conclure que
l'exponentielle e ''' devienne égale à e ,ou n'en diffère
cpie d'une quantité très - petite par rapport à sa propre va-
leur. Il ne fiiut point considérer les valeurs relatives de M
et pi, mais seulement la valeur absolue de \j.. Pour que l'on
puisse réduire l'intégrale exacte (y) à l'équation
v='e,
e 4^f
il est nécessaire que la quantité
2 aa:+ 2 Pj4-3 yz — g' — p' — y'
dont la dimension est o, soit toujours un nombre fort petit.
Si l'on suppose que la distance de l'origine au point m dont
on veut déterminer la température est très -grande par
rapport à l'étendue de la partie qui a été d'abord échauf-
fée, on examinera si la quantité précédente est toujours
une très -petite fraction to. Il faut que cette condition
soit satisfaite , pour que l'on puisse employer l'inté-
&
grale approchée 'v=B2~^7u ' k ' t 'ci ^'^ : mais
cette équation ne représente point l'état variable de la partie
de la masse qui est très-distante du foyer. Elle donne au con-
traire un résultat d'autant moins exact, toutes choses d'ail-
- CHAPITRE IX. 49fî
leurs égales, que les points dont on détermine la tempé-
rature sont plus éloignés du foyer.
La chaleur initiale contenue dans une portion déterminée
de la masse solide pénètre successivement les parties voi-
sines , et se répand dans tous les sens ; il n'en parvient
qu'une quantité extrêmement petite aux points dont la dis-
tance à l'origine est très -grande. Lorsqu'on exprime par
l'analyse la température de ces points, l'objet du calcul n'est
pas de déterminer en nombre ces températures , qui ne sont
point mesurables , mais de connaître leurs rapports. Or ces
quantités dépendent certainement de la loi suivant laquelle
la chaleur initiale a été distribuée, et l'effet de cette réparti-
tion initiale dure d'autant plus que les parties du prisme
sont plus éloignées du foyer. Mais si les termes qui font
partie de l'exposant, tels c[ue YYt ^^ HT ^^^ ^^^ valeurs
absolues qui décroissent sans limite, on doit employer les
intégrales approchées.
Cette condition a lieu dans les questions où l'on se
propose de déterminer les plus hautes températures des
points très-éloignés de l'origine. En effet on peut démon-
trer que dans ce cas les valeurs du temps croissent dans
un plus grand rapport que les distances , et qu'elles sont
proportionnelles au quarré de ces distances , lorsque les
points que l'on considère sont très-éloignés de l'origine.
Ce n'est qu'après avoir établi cette proposition qu'on peut
opérer la réduction sous l'exposant. Les questions de ce
genre seront l'objet de la section suivante.
494 THEORIE DE LA CHALEUR.
SECTION IIL
Des plus hautes températures dans un solide infini.
386.
Nous considérerons en premier lieu le mouvement linéaire
dans une barre infinie, dont une portion a été uniformé-
ment échauffée , et nous chercherons quelle doit être la va-
leur du temps écoulé pour qu'un point donné de cette ligne
parvienne à sa plus haute température.
On désignera par 2 g l'étendue de la partie échauffée dont
le milieu correspond avec l'origine o des distances x. Tous
les points dont la distance à l'axe des y est moindre que g ,
et plus grande que — g, ont par hypothèse une tempéra-
ture initiale communey, et toutes les autres tranches ont
la température initiale o. On suppose qu'il ne se -fait à la
surface extérieure du prisme aucune déperdition de chaleur,
ou, ce qui est la même chose, on attribue à la section per-
pendiculaire à l'axe des dimensions infinies. Il s'agit de con-
naître quel sera pour un point donné, dont la distance est x,
le temps t qui répond au maximum de température.
On a vu , clans les articles précédents , que la température
variable d'un point quelconque est exprimée par l'équation
V-.
2 1/^1/
Y^dafa
4kt
Le coefficient k représente jr-n , K étant la conducibilité
spécifique, C la capacité de chaleur, et D la densité. On fera
CHAPITRE rx. 495
k = i pour simplifier le calcul , et dans le résultat on écrira
k t ou -^r-F^ ^^ lie'-'- ^^ t' L'expression de v est donc
y= — -^ ~ I da e
2 l/,t v^tj
Elle est l'intéerale de l'équation -7- =z-j-^. La fonction ~
mesure la vitesse avec laquelle la chaleur s'écoule suivant
l'axe du prisme. Or cette valeur de -r- est donnée dans la
^ dx
question actuelle sans aucun signe d'intégrale. On a en effet
—g
ou en achevant l'intégration
dx 2i/;ïi/7(e ^^ — e 4'
387.
La fonction ^— ^ peut donc aussi êti'e exprimée sans signe
d'intégrale ; or elle équivaut à la fluxion du premier ordre
-r- ; donc en égalant à zéro cette valeur de -7- qui mesure
l'accroissement instantané de la température d'un point
quelconque, on aura la relation cherchée entre x et t. On
trouve ainsi ' ' '^' ''
496
THEORIE
DE LA CHALEUR.
fi?' V
^ (-
-2(.r+,^)
4^
ht
e +2
ix—s) 4^
4?
>
<
dx^
2\/^l/FV
c
ce qui
donne
(^ + ê")
e 4' —
--{x g) e
4f
-^)'
f>n pn
conclut
f —
^^
w/"±^^
On a supposé ^^-^ :=: I . Pour rétablir le coefficient , il faut
K f
écrire ^t-pt au lieu de t et l'on a
Les plus hautes températures se succèdent suivant la loi
exprimée par cette équation. Si l'on suppose qu'elle repré-
sente le mouvement varié d'un corps qui décrit une ligne
droite, x étant l'espace parcouru, et t le temps écoulé, la
vitesse du mobile sera celle du maximum de température.
Lorsque la quantité §■ est infiniment petite , c'est - à - dire
lorsque toute la chaleur initiale est réunie dans un seul élé-
ment placé à l'origine , la valeur de t se l'éduit à - et par la
différentiation ou le développement en série , on trouve
K? x^
CD 2 ■
On a fait abstraction de la quantité de chaleur qui se dis-
sipe par la surface du prisme ; nous allons maintenant avoir
égai'd à cette déperdition , et nous supposerons que la cha-
CHAPITRE IX. 497
leur initiale est contenue dans un seul élément de la barre
prismatique infinie.
388.
Dans la question préce'dente on a déterminé l'état variable
d'un prisme infini dont une portion déterminée était affectée
dans tous les points d'une température initiale/! On suppo-
sait que la chaleur initiale était distribuée dans une éten-
due infinie depuis x=o jusqu'à a; =^. On suppose main-
tenant que la même quantité de chaleur hf est contenue
dans un élément infiniment petit, depuis x^=^o jusqu'à
j? = w. La température de la tranche échauffée sera donc — ,
et il résulte de ce qui a été dit précédemment, que l'état
variable du solide sera exprimé par l'équation
-a;*
f,b eTî^t —ht , .
K
ce résultat a lieu lorsque le coefficient p-|c qui entre dans
l'équation différentielle "j7=?wS"Tr^ — ^^"^ y ^st désigné
w I
par k. Quant au coefficient h , il équivaut à „ ^^ ^; on dési-
gne par S l'aire de la section du prisme , par l le contour
de cette section , et par H la conducibilité de la surface
extérieure. En substituant ces valeurs dans l'équation {a) on a
CD
(A)
/'représente la température moyenne initiale, c'est-à-dire
63
~.T^
.—r H./ .
If c
Lht — . t
CD. S
^'.1/
l.\.
498 THÉORIE DE LA CHALEUR.
celle qu'aurait un seul point, si l'on distribuait également
la chaleur initiale entre tous les points d'une portion de la
barre dont la longueur serait h, ou , plus simplement , l'unité
de mesure. Il s'agit de déterminer la valeur du temps écoulé
t , qui répond au maximum de température d'un point
donné.
Pour résoudre cette question, il suffit de déduire de l'équa-
tion [ci] la valeur de -j- et de l'égaler à zéro, on aura
dv , Jî' I — I I ai I ^hk fi^
donc la valeur 6 , du temps qui doit s'écouler pour que le
point placé à la distance x atteigne sa plus haute tempé-
rature, est exprimé par l'équation
eA-= ; (c)
Pour connaître la plus haute température V , on remar-
quera que l'exposant de e ' dans l'équation (rt) est
h^ + YT' ^' l'équation {b) donne ht=^-^^ — -; donc
h t-^ -^ = -^ et , mettant pour - sa valeur connue ,
on a ht + -^ = y/ i + !^ ^^ ; substituant cet exposant de
e dans l'équation (<?), on a
V
2 i/^ i//t 1/6
CHAPITRE IX. 499
et remplaçant VO par sa valeur connue, on trouve, pour
l'expression du maximum V
V"-^^'
■'■ "^ /, v' .)■
Les équations (c) et (d) contiennent la solution de la ques-
H ï K
tion ; on remplacer h et I; par leurs valeurs ^ ■ et -tt-f^:
on peut aussi écrire -§■ au lieu de ^, en représentant par g
la demi-épaisseur du prisme dont la base est un quarré. On
aura, pour déterminer V et 9 , les équations
V = '^ . ■- v/ . + Vli'-- + 1 . m
2l/x ■
.r
K^ 4
I + a
, /aH I
(C)
^
Ces équations s'appliquent au mouvement de la chaleur
dans une barre peu épaisse, dont la longueur est très-grande.
On suppose que le milieu de ce prisme a été aflecte d'une
certaine quantité de chaleur b/" qui se propage jusqu'aux
extrémités, et se dissipe par la surface convexe. V désigne le
maximum de température pour le point dont la distance au
foyer primitif est x; 6 est le temps qui' s'écoule depuis le
commencement de la diffusion jusqu'à l'instant où la plus
haute température V a lieu. Les coefficients C, H, K, D
5oo THÉORIE DE LA CHALEUR.
désignent les mêmes propriétés spécifiques que dans les
questions précédentes, et ^^' est le demi-côté du qnarré formé
par une section du prisme.
389.
Si l'on veut rendre ces résultats plus sensibles par une
application numérique, on supposera que la substance dont
le prisme est formé est le fer, et que le côté Q.g du quarré est
la vingt-cinquième partie d'un mètre.
Nous avons mesuré autrefois , par nos expériences , les va-
leurs de H, K; celles de C et D étaient déjà connues. En
prenant le mètre pour unité de longueur, et la minute sexa-
gésimale pour unité de temps, et employant les valeurs ap-
prochées de H, K, CD, "on déterminera les valeurs de Y et
de G relatives à une distance donnée. Pour l'examen des con-
séquences que nous avons en vue, il n'est pas nécessaire de
connaître les coefficients avec une grande précision.
On voit d'abord que si la distance x est d'environ un
mètre et demi ou deux mètres, le terme r- — ^\ Qui entre
sous le radical, a une grande valeur par rapport au second
terme 7. Le rapport de ces termes est d'autant plus grand
que la distance est plus grande.
Ainsi la loi des plus hautes températuresi devient de plus
en plus simple, à mesure que la chaleur s'éloigne de l'ori-
gine. Pour déterminer cette loi régulière qui s'établit dans
toute l'étendue de la barre, il faut supposer que la distance
X est très-grande, et l'on trouve.
CHAPITRE IX. 5oi
390.
On voit par la seconde équation que le temps qui répond
au maximum de température, croît proportionnellement à
la distance. Ainsi la vitesse de Fonde (si toutefois on peut
appliquer cette expression au mouvement dont il s'agit) est
constante , ou plutôt elle le devient de plus en plus , et con-
serve cette propriété en s'éloignant à l'infini de l'origine de
la chaleur.
On remarquera aussi dans la première équation que la
quantité /"e ^ ^g exprime les températures perma-
nentes que prendraient les différents points de la barre, si
l'on affectait l'origine d'une température fixe f, comme on
peut le voir dans le chapitre I , page 65.
Il faut donc, pour se représenter la valeur de V, conce-
voir que toute la chaleur initiale que le foyer contient, est
également distribuée dans une portion de la bari-e dont la
longueur est ^ ou l'unité de mesure. La température/" qui en
résulterait pour chaque point de cette portion , est en quel-
que sorte la température moyenne. Si l'on supposait que la
ti'anche placée à l'origine fût retenue pendant un temps
infini à la température constante f, toutes les autres tran-
ches accjuerraient des températures fixes dont l'expression
générale est fe ^ Kg, en désignant par x la distance
5o2 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de la tranche. Ces tempe'ratures fixes représentées par les
ordonnées d'une logarithmique sont extrêmement petites ,
lorsque la distance est un peu considérable; elles décrois-
sent, comme on le sait, très-rapidement à mesure que l'on
s'éloigne de l'origine. Or l'équation (^) fait voir que ces tem-
pératures fixes , qui sont les plus hautes , que chacjue point
puisse acquérir, surpassent beaucoup les plus hautes tem-
pératures qui se succèdent pendant la diffusion de la cha-
leur. Pour déterminer ce dernier maximum , il faut calculer
la valeur du maximum fixe, la multiplier par le nombre
constant ( ^— J * --- , et diviser par la racine quarrée de
la distance x.
Ainsi les plus hautes températures se succèdent dans
toute l'étendue de la ligne , comme les ordonnées d'une lo-
garithmique divisées par les racines quarrées des abscisses,
et le mouvement de l'onde est uniforme. C'est suivant cette
loi générale cpe la chaleur réunie un un seul point se
propage dans le sens de la longueur du solide.
391.
Si l'on regardait comme nulle la conducibilité de la sur-
face extérieure du prisme, ou si la conducibilité X ou
l'épaisseur 2. g étaient supposées infinies, on obtiendrait des
2H
résultats très-différents. On omettrait alors le terme ^ x' ,
et l'on aui"ait
.,,_ / I i^_l ^
Dans ce cas la valeur du maximum est en raison inverse de
CHAPITRE IX. 5o3
la distance. Ainsi le mouvement de l'onde ne serait point
uniforme. Il faut remarquer que cette hypothèse est pure-
ment théorique, et c|ue si la conducibilité H n'est pas nulle,
mais seulement une quantité' extrêmement petite , la vitesse
de l'onde n'est point variable dans les parties du prisme
qui sont très -éloignées de l'origine. En effet, quelque pe-
tite que soit la valeur de H , si cette valeur est donnée ainsi
que celles de K et§; et si l'on suppose que la distance x aug-
TT
mente sans limite, le terme ^ ce" deviendra toujours beau-
coup plus grand que -;. Les distances peuvent d'abord être
2j
K,
2 H
assez petites pour que ce terme î=-^ x- doive être conserve
'o
seul sous le radical. Alors les temps sont proportionnels aux
quarrés des distances : mais à mesure que la chaleur s'écoule
dans le sens de la longueur infinie , la loi de la propagation
s'altère , et les temps deviennent proportionnels aux dis-
tances. La loi initiale, c'est-à-dire celle qui se rapporte aux
points extrêmement voisins du foyer, diffère beaucoup de
la loi finale qui s'établit dans les parties très-éloignées, et
jusqu'à l'infini : mais , dans les portions intermédiaires , les
plus hautes tempéi\atures se sviccèdent suivant une loi mixte,
exprimée par les deux équations précédentes (D) et (C).
392.
Il nous reste à déterminer les plus hautes températures
pour le cas où la chaleur se propage à l'infini, et en tout
sens dans la matière solide. Cette recherche ne présente au-
cune difficulté d'après les principes que nous avons établis.
Lorsqu'une portion déterminée d'un solide infini a été
échauffée, et que toutes les autres parties de la masse ont la
5o4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
température initiale o , la chaleur se propage dans tous les
sens, et après un certain temps l'état du solide est le même
que si elle avait été primitivement réunie dans un seul point
à l'origine des coordonnées. Le temps qui doit s'écouler
pour que ce dernier effet ait lieu est extrêmement grand ,
lorsque les points de la masse sont très-éloignés de l'origine.
Chacun de ces derniers points qui avait d'abord la tempé-
rature o s'échauffe insensiblement ; sa température acquiert
ensuite la plus grande valeur qu'elle puisse recevoir ; et elle
finit par diminuer de plus en plus, jusqu'à ce qu'il ne reste
dans la masse aucune chaleur sensible. L'état variable est en
général représenté par l'équation
v=.fdafdbfdc:' ^i'_.i-il-.t^l-.f{a,b,c) (E)
les intégrales doivent être prises entre les limites
Les limites — a^, -ha:,, — b,, -hb,, — c,, -i-c^,, sont
données ; elles comprennent toute la portion du solide qui
a été primitivement échauffée. La fonction y"(<7^ b, c) est
aussi donnée. Elle exprime la température initiale d'un point
dont les coordonnées sont a, b, c. Les intégrations définies
font disparaître les variables a , b, c, et il reste pour v une
fonction de x, y, z, t, et des constantes. Pour déterminer le
temps 0 qui répond au maximum àe v , en un point ni
donné , il faut tirer de l'équation précédente la valeur de
, ,on formera ainsi une équation qui contient 6 et les coor-
CHAPITRE IX. 5o5
données du point m. On en pourra donc déduire la valeur
de 6. Si l'on substitue ensuite cette valeur de 9 au lieu de t
dans l'équation (E), on connaîtra la valeur de la plus haute
température V exprimée en x,y, z et en constantes.
On écrira au lieu de l'équation ( E )
v= I da I db j de V.J\a,h,c)^
en désignant par P le produit des trois fonctions sembla-
bles , on aura ensuite
393.
Il faut maintenant appliquer cette dernière expression
aux points du solide qui sont très-éloignés de l'origine. Un
point quelconque de la portion qui contient la chaleur ini-
tiale, a pour coordonnées les variables a , b, c, et le point
m, dont on veut déterminer la température, a pour coor-
données X, j, z. Le quari'é de la distance de ces deux points ,
est {a — xy+{b — ■/)'+(<? — zf ; et cette quantité entre comme
facteur dans le second terme de -5-. Or le point m étant
très-éloigné de l'origine, il est évident que sa distance A à
un point quelconque de la poi-tion échauffée , se confond
avec la distance D de ce même point à l'origine ; c'est-à-dire
que le point m s'éloignant de plus en plus du foyer primitif
qui contient l'origine des coordonnées, la dernière raison
des distances D et A est i. , jf^- .;? ; ;
Il suit de là que dans l'équation {e) qui donne la valeur
64
5o6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de -r- il faut remplacer le facteur [a — x^-^-ih — j)' + (c — zf
parx'4-j' + z% ou r^ en désignant par r la distance du
point m. à l'origine. On aura donc
dv / r» 3 \
K /
Si l'on met pour i» sa valeur, et si l'on remplace t par -7-=:,
afin de rétablir le coefficient tt-y.-, que l'on avait supposé égal
a I , on aura
Td' J ^c.dM
'.-V - i >■'
4(c:t)0 ^c1)M* ^ , 1/ K M — /K^^)
-KcTs)
394.
Ce résultat ne convient qu'aux points du solide dont la dis-
tance à l'origine est très-grande par rapport à la plus grande di-
mension du foyer. Il faut toujours remarquer avec soin qu'il ne
s'ensuit pas de cette condition que l'on puisse omettre les
variables a, b, c sous le signe exponentiel. On doit seule-
ment les omettre hors de ce signe. Si l'on ne faisait point
cette distinction on pourrait commettre une erreur considé-
rable. En effet, le terme qui entre sous les signes d'inté-
gration, et qui multiplie/" (a, è^ c) est le produit de plu-
CHAPITRE IX. m
4
sieurs facteurs, tels que
■a' art X
4r-n^ 4rr-n^ 4-
CD ^C.D ^C.D • -
Or il ne suffit pas que le rapport - soit toujours un très-
grand nombre pour que l'on puisse supprimer les deux
premiers facteurs; par exemple : si l'on suppose a égal
à un décimètre , et x égale à dix mètres , et si la
substance dans laquelle la chaleur se propage est le fer,
on voit qu'après neuf ou dix heures écoulées, le facteur
na X
4 c^f
e est encore plus grand que i ; donc, en le supprimant,
on s'exposerait à réduire le résultat cherché à la moitié de sa
valeur. Ainsi la valeur de -r- telle qu'elle convient aux
points très-éloignés de l'origine , et pour un temps quelcon-
que, doit être exprimée par l'équation (a); mais il n'en est
pas de même , si l'on ne considère que des valeurs du temps
extrêmement grandes, et qui croissent proportionnellement
auquarrédes distances. Il faut d'après cette condition omettre
sous le signe exponentiel même, les termes qui contiennent
a,o\xh, ou 0. Or la condition a lieu lorsqu'on veut déter-
miner la plus haute température qu'un point éloigné puisse
acquérir, comme nous allons le prouver.
395.
- En effet la valeur de -rr doit être nulle dans le < as dont
a, t
il s'agit ; on aura donc
^ 64.
5o8 THEORIE DE LA CHALEUR.
3 K ^ 1 ,
o ou Tr-^t = ^r
,J^,, J_a"~ CD" — 6
^C.D^ ^C.D
Ainsi le temps qui doit s'écouler pour qu'un point très-
éloigné acquierre sa plus haute température est proportionnel
au quarré de la distance de ce point à l'origine.
Si dans l'expression de v on remplace le dénominateur
4 Q-^ t par sa valeur ^ 7' l'exposant de e qui est
« 2 -
3
peut se réduire à - parce que les facteurs que l'on omet se
confondent avec l'unité.
On trouve par conséquent
3
L'intégrale Ida jdb I de /{a, h, c) représente la quantité
de chaleur initiale ; le volume de la sphère dont le rayon
est r est ^tt /'\ en sorte qu'en désignant paryia température
que recevrait chatjue molécule de cette sphère, si l'on distri-
buait également entre ses parties toute la chaleur initiale ,
on aura 'v^f\/
•^ y TTC'
Les résultats que nous avons exposés dans ce chapitre
font connaître suivant quelle loi la chaleur contenue dans
CHAPITRE IX. 5o9
une portion déterminée d'un solide iiiHiii pénètre progres-
sivement toutes les autres parties dont la température ini-
tiale était nulle. Cette question est résolue par une analyse
plus simple que celle des chapitres précédents, parce qu'en
attribuant au solide des dimensions infinies, on fait dispa-
raître les conditions relatives à la surface, et que la princi-
pale difficulté consiste dans l'emploi de ces mêmes condi-
tious. Les conséquences générales du mouvement de la
chaleur dans une masse sohde npn terminée sont très-remar-
quables, parce que le mouvement n'est point troublé par
l'obstacle des surfaces. Il s'accomplit librement, en vertu des
propriétés naturelles de la chaleur. Cette analyse est, à pro-
prement parler, celle de l'irradiation de la chaleur dans la
matière solide.
SECTION IV.
Comparaison des intégrales.
396.
L'intégrale de l'équation de la propagation de la chaleur
se présente sous différentes formes qu'il est nécessaire de
comparer. Il est facile , comme on le voit dans la section
deuxième de ce chapitre, pages 471 et 478, de ramener le
cas des trois dimensions à celui du mouvement linéaire ; il
suffit donc d'intégrer l'équation
dv K d' V
Tt cTd ■ rf^ '
5io THÉORIE DE LA CHALEUR,
ou celle-ci :
dv d'' V
dt d.
jc-
(a)
Pour déduire de cette équation différentielle les lois de la
propagation de la chaleur dans un corps d'une figure déter-
minée, par exemple, dans une armille, il était nécessaire de
connaître l'intégrale, et de l'obtenir sous une certaine forme
propre à la question , et qui ne pourrait être suppléée par
aucune autre. Cette intégrale a été donnée pour la première
fois dans notre Mémoire remis à l'Institut de France le 21 dé-
cembre i8o'7 (page 124, art. 84) : elle consiste dans l'équa-
tion suivante , qui exprime le système variable des tempéra-
tures d'un anneau solide :
t
R est le rayon de la circonférence moyenne de l'armille;
l'intégrale /, par rapport à a, doit être prise depuis a = o
jusqu'à a=2itR, ou, ce qui donne le même résultat, depuis
a = — ttR jusqu'à a=TCR. i est un nombre entier quel-
conque, et la somme 2 doit être prise depuis i= jus-
qu'à i^ -\ V désigne la température que l'on observe-
rait après le temps écoulé t, en chaque point d'une section
séparée par Tare a; de celle qui est à l'origine. On représente
par i;=^F.r la température initiale d'un point quelconque
CHAPITRE IX. 5ii
de lanneau. Il faut donnera i les valeurs successives
o, + I , -h 2, + 3, + 4-- etc., et — I, — 2, — 3, — 4-- ï^tc.
et au lieu "de cos. i\ — h— , ) écrire
COS. (^.|).cos. (..|) + sin. (.-.D.sin. Q.^y
On obtient ainsi tous les termes de la valeur de v. Telle est
la forme sous laquelle doit être mise l'intégrale de l'équa-
tion [a] , pour exprimer le mouvement variable de la chaleur
dans une armille (chap. IV, page aya). On considère le cas
où la forme et l'étendue de la section génératrice de l'ar-
mille sont telles , que les points d'une même section con-
servent des températures sensiblement égales. On suppose
aussi qu'il ne se fait à la superficie de l'anneau aucune dé-
perdition de la chaleur.
L'équation (a) s'appliquant à toutes les valeurs de R, on
y peut supposer R infini ; elle donne dans ce cas la solution
de la question suivante : L'état initial d'un prisme solide
d'une petite épaisseur et d'une longueur infinie, étant connu
et exprimé par v^Yx^ déterminer tous les états subsé-
quents. On considère le rayon R comme contenant un nom-
bre n de fois le rayon i des tables trigonométriques. Dési-
gnant par q une variable qui devient successivement dq ,
5i2 THÉORIE DE LA CHALEUR.
a.dq , 3dq , .... idg. . . etc., le nombre infini n sera ex-
prime' par ^, et le nombre variable i par ^- Faisant ces
substitutions, on trouve
V
= — "^dq j da. Fa. e ^ .cos.(qx — qa.).
Les termes qui entrent sous le signe 2 sont des quan-
tités différentielles , en sorte que ce signe devient celui d'une
intégrale définie ; et l'on a
V
= — I daFcx. j dq e ^ .cos.{qa: — qa.).
(P)
Cette équation est une seconde forme de l'intégrale de
l'équation (a); elle exprime le mouvement linéaire de la
chaleur dans un prisme d'une longueur infinie (chap. VII,
page 440- ^^^^ ^^^ ^^^ conséquence évidente de la première
intégrale (a).
398.
On peut, dans l'équation (p), effectuer l'intégration définie
par rapport à ^ ; car on a , selon un lemme connu , et que
l'on a démontré précédemment (art. 875),
I dze " COS. ahz = e \^'^.
— oc
Faisant donc z'=q't, on trouvera
CHAPITRE IX. 5i3
-4-x
/a — x\ '
\dqe ' cos.(^:r — qa.) = ~^e ^^^ ' -' '
donc l'intégrale (p) de l'article préce'dent devient
/« — ^\ '
/' r/a.Fa "Va 1/7 y ,- ■.
Si l'on emploie au lieu de a une autre indéterminée p, en
faisant — -^- = &. on trouve
a i/f '^
1;=^ ld^e~^ .F(a + 2pl/"?\ (^)
Cette forme (^) de l'intégrale de l'équation («) a été donnée
par M. Laplace, dans le tome VIII des Mémoires de l'Ecole
polytechnique. Ce grand géomètre est parvenu à ce ré-
sultat en considérant la série infinie qui représente l'inté-
grale.
Chacune des équations ((3), (y), (^), exprime la diffusion
linéaire de la chaleur dans un prisme d'une longueur infinie.
11 est évident que ce sont trois formes d'une même intégrale,
et qu'aucune ne peut être considérée comme plus générale
que les autres. Chacune d'elles est contenue dans l'intégrale
(«) dont elle dérive en donnant à R une valeur infinie
Il est facile de développer la valeur de v déduite de l'équa-
5i4 THÉORIE DE LA CHALEUR.
tion [a) en séries ordonnées suivant les puissances crois-
santes de l'une ou l'autre variable. Ces développements se
présentent d'eux-mêmes, et nous pourrions nous dispenser
de les rapporter ; mais ils donnent lieu à des remarques utiles
pour la recherche des intégrales. En désignant par 9' , ç",
ç , etc., les ronctions , (^x, —, — -<^x, -rrrr?-*:» etc., on a
j^='V, et 'V:
fdtv":
la constante représente ici une fonction quelconque de x.
En mettant pour v" sa valeur c' + j dtv"^ et continuant
toujours des substitutions semblables, on trouve
v = c + I dt.v
= c+ Cdt (c" 4- fdt.vA
= c+ fdt le" + Cdt {c' + fdt v-^ \ ,
OU
v-= c-\rtc''^^-c"-\- -4-, c" + .^, r^ c- -^ etc. (T)
2 2.0.4 2.D.4.5.0
Dans cette série , c désigne une fonction arbitraire en x. Si
l'on veut ordonner le développement de la valeur de v,
selon les puissances ascendantes de a;, on écrira
d'^ V dv
J^ ~ 31 '
i
CHAPITRE IX. 5i5
et, désignant par 9^, ç„, 9,,, etc., les fonctions •■'
d d' (P
Tt'^^ JF?' ^^P' ^^""'^ ■ ■■
on aura d'abord v=a+hx+ f dx Jdxv; a et b repré-
sentent ici deux fonctions quelconques de t. On mettra
ensuite pour o»^ sa valeur a. + b^x+ j dx idxvj et, pour
i; , sa valeur a + b x+ fdx fdxv , et ainsi de suite. On
trouvera, par ces substitutions continuées,
v=a-hbx+ I dx jdxv^ ■ ■ ' 1 ^:,
:^a + bx+ jdxfdxfa^ + bi + j dxjdxv j
:=:^a + bx + ldafdx(a^-\-biX-hldxldxfa+b^x+ldxdxvJ j ,
ou y=rt+^— a. H 5— -<^ -i ô— r-=^^^„ +etc.
2 ' 2.3.4 " 2.0.4-3-D
-f-xZ- +-^b. H ^-T-Eb,, + -, \ f- ^^,, +etc. .v^
2.J ' 2.Û.4-5 " 2.0.4.5.0.7 '■' \^^)
Dans cette série y a et b désignent deux fonctions arbi-
traires de f. "
Si dans cette série donnée par l'équation (X) on met, au
lieu de a et b, deux fonctions cpf et 'It , et qu'on les déve-
loppe selon les puissances ascendantes de f, en ordonnant
le résultat total par rapport h. ces mêmes puissances de t,
on ne trouve qu'une seule fonction arbitraire de x, au
lieu des deux fonctions a et b. On doit cette remarque à
M. Poisson, qui l'a donnée dans le tome VI des Mémoires
de l'Ecole poljfechnique, pag. 110.
65.
5i6 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Réciproquement , si dans la série exprimée par l'équation
(T) on développe la fonction c selon les puissances de x,
en ordonnant le résultat par rapport à ces mêmes puissances
de X, les coefficients de ces puissances se trouvent formés
de deux fonctions entièrement arbitraires de t; ce que l'on
peut aisément vérifier en faisant le calcul.
4oo.
La valeur de v , développée selon les puissances de t, ne
doit en effet contenir qu'une fonction arbitraire en x : car
l'équation différentielle (a) montre clairement que, si l'on
connaissait en fonction de a; la valeur de v, qui répond à
?=o, les autres valeurs de cette fonctions, qui i^épondent
aux valeurs suljséquentes de t, seraient par cela même déter-
minées.
Il n'est pas moins évident que la fonction v, étant déve-
loppée selon les puissances ascendantes de x, doit contenir
deux fonctions entièrement arbitraires de la variable t. En
effet, l'équation différentielle Y"-^ = -^ montre cjue, si l'on
connaissait en fonction de t la valeur de v, qui répond à
une valeur déterminée de x, on ne pourrait pas en conclure
les valeurs de v c[ui répondent à toutes les autres valeurs
de X. Il faudrait, de plus, que l'on donnât en fonction de t
la valeur de v qui répond à une seconde valeur de x, par
exemple à celle cjui est infiniment voisine de la première.
Alors tous les autres états de la fonction v, c'est-à-dire ceux
qui répondent à toutes les autres valeurs de x, seraient dé-
terminés. L'équation différentielle {a) appartient à une
surface courbe , l'ordonnée verticale d'un point quelconque
étant V, et les deux cooi'données horizontales étant x et t.
CHAPITRE IX. 5i7
Il suit ëvidemment de cette équation (a) que la forme de
la surllice est déterminée, lorsqu'on donne la figure de la
section verticale dans le plan qui passe par Taxe des a:; et
cela résulte aussi de la nature physique de la question : car
il est manifeste que, l'état initial du prisme étant donné, tous
les états subséquents sont déterminés. Mais on ne pourrait
pas construire la surface, si elle était seulement assujettie à
passer par une courbe tracée sur le premier plan vertical
des t et des v. Il faudrait de plus connaître la courbe tracée
sur un second plan vertical parallèle au premier, et que l'on
peut supposer extrêmement voisin. Les mêmes remarques
s'appliquent à toutes les équations aux différences partielles,
et l'on voit que l'ordre de l'équation ne détermine point pour
tous les cas le nombre des fonctions arbitraires.
4oi.
La série (T) de l'art. 3f)r), qui dérive de l'équation
Tt dlP' ' {a)
peut être mise sous cette forme v=e .r^x. On déve-
loppera l'exponentielle selon les puissances de D, et l'on
écrira — ; au lieu de D% en considérant i comme indice de
(l X
différentiation. On aura ainsi
d' r d' t' d"
^^ç;,, + f__<pa; + -^-,<px + ^^. ço^ + etc. ^
Suivant la même notation , la première partie de la série (X)
(art. 39q),'qui ne contient que des puissances paires de x,
sera exprimée sous cette forme : cos. (^JZ—d) 9^. On déve-
5i8 THEORIE DE LA CHALEUR.
loppera selon les puissances de x, et l'on écrira — - au lieu
dt
de D , en considérant i comme indice de différentiation.
La seconde partie de la série (X) se déduit de la première,
en intégrant par rapport à x, et changeant la fonction <^t
en une autre l'onction arbitraire ^ t. Ou a donc
a.=cos. (a^l/_D) + W,
et \^=^\t.\dxQ.o?,.{x\/'^^^).
o
Ces notations abrégées et connues dérivent des analogies
qui subsistent entre les intégrales et les puissances. Quant
à l'usage que nous en faisons ici , il a pour objet d'exprimer
les séries, et de les vérifier sans aucun développement. 11
suffit de différentier sous les signes que cette notation em-
ploie. Par exemple, de l'équation ^=6 a^x, on déduit,
en différentiant par rapport à t seulement,
dv ,^, îD' p., d'
ce qui montre immédiatement que la série satisfait à l'équa-
tion différentielle {a). Pareillement, si l'on considère la
première partie de la série (X), en écrivant
'y=cos. (.rl/Hî)) (^t,
on aura, en différentiant deux fois par rapport à x seule-
ment,
^^, = D.cos. {x\^-D) ,^t=^T)v = -^^-
Donc cette valeur de v satisfait à l'équation différentielle {a).
CHAPITRE IX. 5i9
On trouvera, de la même manière, que l'équation diffé-
rentielle
d^v d'v • : ■
^ + 47'-^ {h) . • ,;
donne pour l'expression de v, en série développée selon
les puissances croissantes de y ,
i; = COS. (^"D) (fX.
Il faut développer par rapport à y, et écrire -r— , au lieu
de D. En effet , on déduit de cette valeur de v,
— = —D'cos. (70)90; = — D'y = —^—^-
La valeur sin. () D)^'^; satisfait aussi à l'équation différen-
tielle : donc la valeur générale de t^ est
a'=cos. (jD)(pa.'+ W et W=sin. (jD)(];a:.
4o2.
Si l'équation différentielle proposée est
d^v d'v d'v
T¥ 5^ ■^57"' ' (c)
et que l'on veuille exprimer "v en série ordonnée selon les
puissances de t, on désignera par D(p la fonction
d
d^
et
l'équation
étant ^^^, =
= Dv,
on aura
V = cos
■ {tv:-
-D)?(-^>j)
Ee
i effet, on
en conclut
d'v
dr
liv =
d' V </' V
dx' ' dy'-
520 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Il faut développer la valeur précédente de i) selon les puis-
sances de t, écrix'e {-r—, + -j-k ) -, au lieu de D', et regarder
ensuite i comme indice de différentiation.
La valeur suivante idt ces. {t\/ — d) <{/ {oc, y') satisfait à
la même condition : ainsi la valeur la plus générale de v est
^. = cos. (fl/zn^) 9 {x,y) + W
et ^^=\dtco^,{t\/—b).^{x,y).
V est une fonction y (>r,jv, t) de trois variables. Si l'on fait
t=o, on a/{x,f, o) = 9 {x, y) ; et, désignant t-/(x,j, t)
par/' {x,y, f), on aura/' {x,y, o) = <^{x,y).
Si l'équation proposée est
d'' TJ d'' V
- ZF+J^=^' {d)
la valeur de v en série ordonnée selon les puissances de t
sera ^' = cos. (^D')ç ( j?, j), en désignant^—, par D : car
on en déduit
d^v ^. d"-
== — D^'V = T—V.
dt^ dj''
La valeur générale de v, qui ne peut contenir que deux
fonctions arbitraires de x et y, est donc
-y^^COS. (^D') .9 (x, j) + W
t
et W=/kfco3. (^D^) . 4. (.2',j).
o
Désignant v par f{x, y, t), et -^ par/' (a;, j, ?), on a,
pour déterminer les deux fonctions arbitraires ,
'i{^>y)=f{^,X>o)^ et i^{x,y)=f' {x,y,o).
CHAPITRE IX. " ;HT Sai
4o3. " ' -
Si lequation différentielle propose'e est •' ■ • i
6?' V d* V d^ V il^ V
IP'^ J^''^ ^dx^ dy^ "*" ZP ®' (e)
esignera par D ç la tonction y—; + -j-^ , en sorte que
d' d"
DDo ou D'o se formera en élevant le binôme -y—- + -p- au
' ' dx dj
quarré, et regardant les exposants comme indices de diffé-
d^ 1)
rentiation. Lequation ((?) deviendra donc -^-7 + D'à» :=o;
et la valeur de v , ordonnée selon les puissances de t, sera
COS. (;D)(p(a;, j) : car on en tire ' \
d^ V TA, d^ V d^v d' -v d* V
— = — V^v, ou _ + _ + 2^-^, + ^_ = 0.
La valeur la plus générale de y ne pouvant contenir que
deux fonctions arbitraires en x et y , ce qui est une consé-
quence évidente de la forme de l'équation , cette valeur v
sera ainsi exprimée :
oi^rcos. (?D) <p {^x,y) + \ dt COS. (fD) i( {^^> y)-"^,
Les fonctions ç et i]/ sont déterminées comme il suit, en dé-
d^
Tt-
signant la fonction v par f{x,y,t)^ et -r-f^x, y, t) T^ar
f, {x,y, t),
9 i-^'j) =/( ^' j^ o ) 1' K ^' y) =/j ( ^> ï' o) •
Enfin, soit l'équation différentielle proposée,
dv d' V T d* V d'' V jd^v
. 77 = ^^' + ^^^+^^ + ^^' + ^*"- (/)
les coefficients a, b, c, d sont des nombres connus, et
l'ordre de l'équation est indéfini, .b .:; .j. '"pia:';ffVl: ejiaij'
522 THÉORIE DE LA CHALEUR.
La valeur la plus générale de v ne peut pas contenir plus
d'une fonction arbitraire en oc : car il est évident, par la
forme même de l'équation, que si l'on connaissait en fonc-
tion de ce la valeur de v qui répond à ? = o , toutes les autres
valeurs de v, qui répondent aux valeurs successives de t,
seraient déterminées. On aura donc, pour exprimer v,
I équation 'y:=e .a^x.
On désigne par D<p l'expression
a-r-\ + ù T-T + c j-i + etc. ;
dx^ dx^ dx^ '
c'est-à-dire que , pour former la valeur de v, il faudrait déve-
lopper, selon les puissances de t , la quantité
ïfaa" 4-^a'' + ca^ + rfa* + etc.).
e '
et écrire ensuite -j- au lieu de a, en considérant les exjîo-
sants de a comme des indices de différentiation. En effet, cette
valeur de v étant différentiée par rapport à< seulement, on a
dv T^ t\i „ d^ V T d'' V d'' V
j-^ = De r,x = Bv = a^~ + b^~ + Cj^,+ etc.
II serait inutile de multiplier ces applications d'un même
procédé. Pour les équations très-simples, on peut se dis-
penser des expressions abrégées ; mais , en général , elles
suppléent à des calculs très-composés. Nous avons choisi pour
exemple les équations précédentes , parce qu'elles se rapportent
toutes à des phénomènes physiques dont l'expression analy-
tique est analogue à celle du mouvement de la chaleur. Les
deux premières, (a) et (è), appartiennent à la théorie de
la chaleur; et les ti-ois suivantes, (r), (^), (e), à des ques-
tions dynamiques; la dernière, (y), exprime ce que serait
CHAPITRE IX. 523
le mouvement de la chaleur clans les corps solides, si la
transmission instantanée n'était pas bornée à une distance
extrêmement petite. On a un exemple de ce genre de ques-
tion dans le mouvement de la chaleur lumineuse qui pénètre
les milieux diaphanes. ' - ^
On peut obtenir par divers moyens les intégrales de ces
mêmes équations. Nous indiquerons en premier lieu celui
qui résulte de l'usage du théorème énoncé dans l'art. 36 1,
pag. 449 > et que nous allons rappeler.
Si l'on considère l'expression
I dxtfa I dp COS. {px — pa.
(a)
on voit qu'elle représente une fonction de x : car les deux
intégrations définies par rapport à a et p font disparaître
ces variables , et il reste une fonction de x. La nature de
cette fonction dépendra évidemment de celle que l'on aura
choisie pour 9 a. On peut demander quelle doit être la fonc-
tion de <p a , pour qu'après les deux intégrations définies on
obtienne une fonction donnée/'.f. En général, la recherche
des intégrales propres à exprimer divers phénomènes phy-
siques, se réduit à des questions semblables à la précédente.
Ces questions ont pour objet de déterminer les fonctions arbi-
traires sous les signes d'intégration définie , en sorte que le
résultat de cette intégration soit une fonction donnée. Il est
facile de voir, par exemple, que l'intégrale générale de l'é-
quation
, ' '03 iiJ;J Vî Ai
dv d' V j d' V d^v jd' V ^ ^ .
m.
524 THÉORIE DE LA CHALEUR.
serait connue si, dans l'expression précédente (<5r), on pou-
vait déterminer tpa, en sorte que le résultat de l'équation fût
une fonction donnée y^:. En effet, on forme immédiatement
une valeur particulière de v, ainsi exprimée,
— ;«' t
v = e cos.px,
et l'on trouve cette condition :
771 = ap' + bp^ + cp^ + etc.
On pourra donc prendre aussi
-î; = e COS. [px — p a ) ,
en donnant à la constante « une valeur quelconque. On aura
pareillement
v = I dct<^y. I dp e ^ ■' ^ ^ \ COS. [px — poi).
Il est évident que cette valeur de v satisfait à l'équation
différentielle (f); elle n'est autre chose qu'une somme de
valeurs particidières. De plus, supposant ? = o, on doit
trouver pour v une fonction arbitraire de x. Désignant cette
fonction pary(.r), ou a
fx=. I du fa. I dp COS. (px — pa).
Or il résulte de la forme de l'équation {/) , que la valeur
la plus générale de v ne peut contenir qu'une seule fonc-
tion arbitraire en X. En effet, cette équation montre clai-
rement que si l'on connaît en fonction de x la valeur de v
pour une valeur donnée du temps t, toutes les autres valeurs
de V qui correspondent aux autres valeurs du temps , sont
nécessairement déterminées. Il s'ensuit rigoureusement que
^t„
CHAPITRE IX. 525
si l'on connaît en fonction de ? et de a; une valeur de a» qui
satisfasse à lequation dilferentielle ; et si, de plus, en y fai-
sant ?=o , cette fonction de ar et f devient une fonction entiè-
rement arbitraire de x, la fonction de a: et t dont il s'agit
est l'intégrale j;éne'rale de l'équation (/"). Toute la question est
donc réduite à déterminer dans l'équation la fonction ça,
en sorte que le résultat des deux intégrations soit une fonc-
tion donnée y^'. Il est seulement nécessaire, pour que la
solution soit générale, que l'on puisse prendre pom-yx une
fonction entièrement arbitraire et même discontinue. 11 ne
sagit donc que de connaître la relation qui doit toujours
exister entre la fonction donnée /a;' et la fonction inconnue
«pa. Or cette relation très-simple est exprimée par le théo-
rème dont nous parlons. Elle consiste en ce que les inté-
grales étant prises entre des limites infinies, la fonction ipa
est — /a.; c'est-à-dire qu'on a l'équation
o;;; ::^' ' ■""i -f-^ -4-^ ■i- ■ .
' r )• i J'x=-^ i dcLdj a j dp COS. [px — /?a). /t>\
On en conclut, pour l'intégrale générale de la proposée (/},
'" = 1^7 A/ ^''" . ^COS.px—pa). ^^
4o5. - . ..
Si Ion propose l'équation
d" V d^ V ', ■
qui exprime le mouvement vibratoire d'une lame élastique,
on considérera que, d'après la forme de cette équation, la
osG THEORIE DE LA CHALEUR.
valeur l;i plus générale de v ne peut contenir que deux fonc-
tions arbitraires en x : car , en désignant cette valeur de v
par_/(.r, ^), et par/"' (x, t) la fonction ~j-f{x, ?), il est évi-
dent que si l'on connaissait /"(a, o) ety^ Lx, o), c'est-à-dire
les valeurs de v et de -^- au premier instant, toutes les autres
valeurs de v seraient déterminées.
Cela résulte aussi de la nature même du phénomène. En
effet, considérons dans son état de repos une lame élastique
rectiligne : x est la distance d'un point quelconque de cette
lame à l'origine o des coordonnées ; on change extrêmement
peu la figure de cette lame, en l'écartant de sa position d'équi-
libre, où elle coïncidait avec l'axe de x sur le plan hori-
zontal ; ensuite on l'abandonne à ses forces propres excitées
par le changement de figure. On suppose le déplacement
arbitraire, mais très-petit, et tel que la figure initiale donnée
à cette lame soit celle d'une courbe comprise dans un plan
vertical qui passe par l'axe de x. Le système changera succes-
sivement de forme, et continuera à se mouvoir dans le plan
vertical de part et d'autre de la ligne d'équilibre. C'est ce
mouvement dont lequation
d.- V d* V
exprime la condition la plus générale.
Un point quelconque m, placé dans la situation d'équilibre
à la distance x de l'origine o, et sur le plan horizontal, est, à
la fin du temps t, éloigné de ce point de la hauteur perpendi-
culaire V. Cet écart variable v est une fonction de x et t. La
valeur initiale de v est arbitraire ; elle est exprimée par une
CHAPITRE IX. 5^7
fonction quelconque <fx. Or, l'équation [d) déduite des
piiiicipes fondamentaux de la dynamic[ue fait connaître que
la seconde fluxion de v, prise pour t, ou -r— , et la fluxion
du quatrième ordre, prise poura.% ou , ^, sont deux fonc-
tions de a: et ? qui ne différent que par le signe. Nous n'en-
trons point ici dans la question spéciale rela.ive à la discon-
tinuité des fonctions; nous n'avons en vue que l'expression
analytique de l'intégrale. On peut supposer aussi, qu'après
avoir déplacé arbitrairement les divers points de la lame,
on leur imprime des vitesses initiales très-petites, et dans
le plan vertical oii les vibrationsdoivent s'accomplir. La vitesse
initiale donnée à un point quelconque ?n placé à la distance
x^ a une valeur arbitraire. Elle est exprimée par une fonc-
tion c{uelconc|ue i{<.r de la distance .r. '
Il est manifeste c|ue si l'on donne, i* la figure initiale du
système ou ça?, 2° les impulsions initiales ou la fonction <\fa:,
tous les états subséquents du système sont déterminés. Ainsi
la fonction v ou f{x,t) ^ qui représente, après un temps
quelconque t, la forme correspondante de la lame, contient
deux fonctions arbitraires (^x et ifXt
Pour déterminer la fonction cherchée y(.r, ?), nous consi-
dérons que, dans l'équation
on peut donnerai; la valeur très-simple u=cos. (g't) ces. (^a;),
ou celle-ci : '
u = cos. (q^t). COS. [qx — ^a), ,
en désignant par ^ et « des c|uantités cjuelconques qui ne
528 THEORIE DE LA CHALEUR.
contiennent ni œ, ni t. On aura donc aussi
u=^ I dixFoi. j dq. COS. (q' t) cos. {qx — ^a),
Fa étant une fonction quelconque, et quelles que soient les
limites des intégrations. Cette valeur de v n'est autre chose
qu'une somme de valeurs particulièies.
Il est nécessaire maintenant qu'en supposant f=o, la va-
leur de u soit celle que nous avons désignée pary(a-, o) ou
^ X. On aura donc
<^X = j da.'P a I dq COS. (qx — qcc).
Il faut déterminer la fonction Fa, en sorte que, les deux in-
tégrations étant achevées, le résultat soit la fonction arbi-
traire (j)X. Or le théorème exprimé par l'équation (B) fait
connaître que les limites de chacune des intégrales étant
et + - , onal^a=— <pa.
o o ' 2TC '
Donc la valeur de u est donnée par l'équation suivante :
-t- 00 +00
M = — j dad^a. i dq COS. {q' t) COS. (qx—qu).
Si l'on intégrait par rapport à t cette valeur u, en y chan-
geant ç en I, il est évident que l'intégrale désignée par W
satisferait encore à l'équation différentielle proposée (<^),
et l'on aurait
W = — f dx «f-a f ^Q -—T sin. (q't) cos. {qx — qx)-
Cette valeur W devient nulle lorsque t=o ; et si l'on prend
CHAPITRE IX. 529
l'expression
DW
"77
-4- ao H- 00
= —Z l doL^a. l dq cos. {q^' t) cos. {qx — qy.)^
on voit qu'en y faisant ^=0 elle devient égale k ijx. Il n'en
est pas de même de l'expression -r-; elle devient nulle lors-
que t=zo^ et u devient e'gal à <s^x lorsque /=o.
Il suit de là que l'intégrale de l'e'quation (^) est
'v = — jdx (foLidq cos.<7'?cos. (qx — qa) + 'W= u + W
— 00 — 00
-f- 00 -i- 00
et W = — I da <^ K f d q • -^ siu. (q' t) cos. {qx — q<x).
— 00 — »
En effet, 1° cette valeur de v satisfait à l'équation diffé-
rentielle (d).
2.° Lorsqu'on fait ^=0, elle devient égale à la fonction
entièrement arbitraire o a;.
3° Lorsqu'on fait ^=0 dans l'expression-^, elle se ré-
duit à une seconde fonction arbitraire iix. Donc la valeur
de V est l'intégrale complète de la proposée, et il ne peut y
avoir une intégrale plus générale.
• - ■ 4o6. ' - ■• >
On peut réduire la valeur de 11 à une forme plus simple
en achevant l'intégration par rapport à q. Cette réduction
et celle d'autres expressions du même genre dépendent des
deux résultats exprimés par les équations ( i ) et (2), qui
seront démontrées dans l'article suivant.
-•- . - 67 '
53o THÉORIE DE LA CHALEUR.
On en conclut
Désignant — par une autre indëtermine'e y,, on aura
Mettant, au lieu de sin. (-iz + ^j.'j ,
sa valeur y-' ^'"- V-" + v * " ^^^- 1-* ■>
on aura
"^ÎtWA'^''^^^'"- l^' + COS.jx = ) cp (a + 2[Al^).(à"')
— 00
Nous avons prouvé dans un mémoire particulier, que ces
intégrales (â) ou (^') de l'équation [d) représentent d'une
manière claire et complète le mouvement des diverses parties
de la lame élastique infinie. Elles contiennent l'expression
distincte du phénomène, et en font connaître facilement
toutes les lois. C'est sous ce point de vue sur-tout que nous
les avons proposées à l'attention des géomètres. Elles mon-
trent comment les oscillations se propagent et s'établissent
dans toute l'étendue de la lame, et comment l'effet du dé-
placement initial, qui est arbitraire et fortuit, s'altère de
plus en plus en s'éloignant de l'origine, devient bientôt in-
sensible, et ne laisse subsister que l'action des forces propres
du système, qui .sont celles de l'élasticité.
407.
Les résultats exprimés par les équations (i) et (2) dé-
CHAPITRE IX. . ' 53i
rivent des intégrales définies
I dx COS. x', et I dx sin.x";
-f- » -f- «>
soit g = I dx cos.x', et h= j dx &\n. x'' ;
et regardons g et h comme des nombres connus. Il est évi-
dent que, dans les deux équations précédentes, on peut
mettre y + b au lieu de x, en désignant par b une constante
quelconque, et que les limites de l'intégrale seront les mêmes.
Ainsi l'on a - -
g=ldy cos. (j'-l-aZ'jH-^'), h=r dy sin. (y+2.bj-\-b')^
cos.^'' . COS. 2 Ifj.cos.l^"- — cos.^\sin.2 ^j.sin.^' j
■=f^,{
' ' siii.j'.sin. 2 Zi^^.cos. ^' — sin.^'.cos.a ^^-.sin.^^
Or il est facile de voir que toutes les intégrales qui con-
tiennent le facteur sin. (2 bj) sont nulles, si les limites sont
et -f- - : car sin. {cibj) change désigne en même temps
que J. On a donc
g=^cos.b' I dycos.y\cos.2.bj — sin. b' jdy .siïï.y\co&.'J.by.^ s
L'équation en h donnera aussi
i=jdy
sin.^'.cos. 2 bj-.cos. l>^ + cos.y' cos. 2 1>j's'\ti. h'
■ COS. 7' '.sin. 2 bj .COS. h'' — sin.^'.sin. 2 by .svn.h'
et, omettant aussi les termes qui contiennent sin. 2 by, on
aura
h=.cos.b" • j dy sin._7"'cos.2Z'j + s'm.b' jdy cos. y' cos. 2 by. //>,
532 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Les deux équations [a) et {b) donnent donc en g' et A les
deux intégrales
jdy. s\n.y' . cos. zby et / dy cos.y' . cos. 2 by,
que nous désignerons respectivement par A et B. On fera
ensuite
z
y'^p't, et o.by=^pz, ou y—p\/t, f^ = ^^-
On a donc
\^} . j dp COS. p' t .COS. pz^=^ A ^ l/?= f dp. sin. p' t. COS. pz=B.
On déduit immédiatement les valeurs de^ et h du résultat
connu
1/7;= Idx.e
En effet, cette dernière équation est identique, et par consé-
quent ne cessera point de l'être, lorsqu'on mettra au lieu
de X la quantité /^ i + i/^~ \ .
cette substitution donne
Ainsi la partie réelle du second membre de la dernière équa-
tion est I/tT, et la partie imaginaire est nulle. On en con-
clut
^- = -^ ( ^dy cos. j' + ^dy sin, j' ) ,
et 0= I dy COS. y' - / r/)- sln. y' ,
CHAPITRE IX. 533
Il ne reste plus qu'à déterminer, au moyen des équations
{a) et (/!>), les valeurs des deux intégrales
idycos.ycos.ihy, et idj s\n.y\s'\n.2bj.
Elles seront ainsi exprimées :
A= I dy COS. ■}''. COS. 2 bf = h s'in. b" + g COS. b\
3= I dy sm.j\cos. 2 bj= h COS. b' — gsin.b'.
On en conclut :
fdpcos.p^tcos.pz = ^--~ (^cos. (î-;) +sin.(^)j,
fdpsm.p'tcos.pz=^^^- (^cos. (fj) -sin. (^j).
écrivant sin. (-,-), ou cos. ( 7- ) , au lieu de y/ - , on a
fdpcos.(p't).cos.(pz)=^sin.(^~ + ~'^, ^^^
et ^y>/psin.(/r0.cos.(/;s)=r^sin. (^ — ^). ^^^
408. .i ,
La proposition exprimée par l'équation (B), page 5^5, ou
par l'équation (E), page 449i ^t (jui nous a servi à décou-
vrir cette intégrale (^) et les précédentes, s'applique évi-
demment à un plus grand nombre de variables. En elfet, dans
l'équation générale
fx=^Jdcf.f»J dp COS. {px—p^),
534 THEORIE DE LÀ CHALEUR.
OU fx^=^~^ I dp I da COS. (pa^ pa.')f(i^
— 00 — co
on peut regarderycr comme une fonction de deux variables
X et ) . La fonctionna sera donc une fonction de « et j. On
regardera maintenant cette fonction /{«■•.f) comme une
fonction de la variable j\, et l'on conclura du même théo-
rème ( B) , page 520 ,
-f- ce
/(«^r) = J^ / ^'^«/(«tP) /^^ COS. {qy — q^).
— 00
On aura donc, pour exprimer une fonction quelconque
des deux variables x et y, l'e'quation suivante :
-t- » -f- ùo
/(^.j) = (^) j(i^jd<^f{a,^^)fdp COS. {px—pr,.)Jdq COS. {qy—q^). ^^B)
— OÇ — 00 — 0 — oo
On formera de la même manière l'équation qui convient
aux fonctions de trois variables, savoir :
JXx,y,z) = {^^)\fd.fd^fdy/{., g, y)
J dp COS. (px—py.) jdq COS. {qy~q^) jdr cos. {rz — r^), (BBB)
chacune des intégrales étant prise enti'e les limites
et + -•
o
Il est manifeste que la même proposition s'étend aux fonc-
tions qui comprennent un nombre quelconque de variables,
Il nous reste à montrer comment cette proposition s'ap-
plique à la recherche des intégrales, lorsque les équations
contiennent plus de deux variables.
CHAPITRE IX. r>^S
409.
Par exemple, 1 équation différentielle étant
TF dT' ^ dV'^ (c)
on veut connaître la valeur de v en fonction de {x,y, t),
et telle, i" qu'en supposant i'^o), v o\xf{^x,y, t) devienne
une fonction arbitraire 9 {■*',}') de x etr;
2° Qu'en faisant ^=0 dans la valeur de^, ou/' (x,j; ?),
on trouve une seconde fonction entièrement arbitraire i]y (^v,j).
Nous pouvons conclure de la forme de l'équation différen-
tielle (c), que la valeur de v qui satisfera à cette équation et
aux deux conditions précédentes, sera nécessairement l'inté-
grale généi'ale. Pour découvrir cette intégrale, nous donnons
d'abord à i» la valeur particulière
v = cos. (?nt) COS. (px) COS. [qy). " '
La substitution de v fournit cette condition m = l/77+T°-
Il n'est pas moins évident que l'on peut écrire :
'y = COS. (px — aj COS. f^r — (ij COS. t [Xp' -i- ,j^ ,
i
OU 0;= /ka /r/pF («, (î) ■ :
fdp COS. {px—pa.) fdq cos. (qy—q^) cos.f\y^:ff,
quelles que soient les quantités /;, q, «, p et F (a, p), qui ne
contiennent ni .r, ni r, ni ^. En effet, cette dernière valeur
de T n'est autre chose qu'une somme de valeurs particu-
lières.
53G THÉORIE DE LA CHALEUR.
Si l'on suppose i = o^ il est nécessaire que v devienne
o{x,y). On aura donc
^[a^,y) = fdix. /rfpF(a, p) jdpcos. {px — pa.) jdqcos. (qy — q^).
Ainsi la question est réduite à déterminer F(a,p), en sorte
que le résultat des intégrations indiquées soit 9(0;,/). Or, en
comparant la dernière équation à l'équation (BB), on trouve
? (^, j) = (Jz) fdaJdf^.rf{a,'^)jdpco?,.{px—pr,.)Jdqco&.{qy—q^).
— 50 — 00 ■ — 00 — 00
Donc l'intégrale sera ainsi exprimée :
'V=(-^ jdoijd^j^{oL^'^)f dp cos.{j)x^)y) jdqcos,. {qy—q<^)cos.t\/p^--
On obtient ainsi une première partie m de l'intégrale; et, dési-
gnant par W la seconde partie, qui doit contenir l'autre
fonction arbitraire ^ [x,y)^ on aura
v = u + W,
et l'on prendra pour W l'intégrale ludf, en changeant seu-
lement ç en iL. En effet, 11 devient égale à ç (^, j), lorsqu'on
fait t=o; et en même temps W devient nulle, puisque l'in-
tégration, par rapport à t, change le cosinus en sinus.
De plus, si l'on prend la valeur de -^ , et que l'on fasse
f=:o, la première partie, qui contient alors vin sinus, de-
vient nulle, et la seconde partie devient égale à i^{x,y).
Ainsi l'équation v = u + \^ est l'intégrale complète de la
proposée.
On formerait de la même manière l'intégrale de l'équation
d' V d^v d' V d^v
~dT'^^ dx^ '^ dp '^ ~dP'
CHAPITRE IX. 537
Il suffirait d'introduire un nouveau facteur
J_cos. (/-z-ry),
et d'intégrer par rapport à /• et y.
S. 1. / ^. / d' >i d^v d' V ., ,
oit I équation proposée -j—^ + -r— ; + y^^ = o ; il s agit
d'exprimer ^v en une fonction /(.r,j^ z), telle, 1° que
f{x,y, o) soit une fonction arbitraire ç (t,j); 2° qu'en
faisant z^o dans la fonction -j-^f[x,y,z)^ on trouve une
seconde fonction arbitraire ^ [x, y). Il suit évidemment de
la forme de l'équation différentielle, que la fonction ainsi
déterminée sera l'intégrale complète de la proposée. Pour
connaître cette fonction, on remarquera d'abord cjue l'on
satisfait a 1 équation en écrivant v=^cos. px .co?,.fjy.^ ,
les exposants/^ et </ étant des nombres quelconques, et la
valeur de m étant ± \yp " + q" .
On pourrait donc aussi écrire
ou V
v=cos. (px^j ai) COS. (qy — q[i)fe'' '' '^'' + c " ^ "^^ V
■.fdxfd^jF(oc^^)fc/pjdq.
cos.(px — poi) COS. [qy — q^)(e'^ ^''^''' + e " ''' + ^ j.
Si l'on fait z = o, on aura, pour déterminer F(a,^), la '
condition suivante :
? (•^^7) = /^«/^^P F {o'-^^) f'^P fdq COS. (px—px) cos. (qy—q^);
68
538 THÉORIE DE LA CHALEUR.
et, cii comparant à l'équation (BB), on voit que
On aura donc, pour l'expression d'une première partie de
1 intégrale :
jdpcos.[px — pv.)ldqcos.{qy — q^)(e^ ^'"*"^' + e~" ^ +? J.
Cette valeur de w se réduit à (ù[x,y) lorsque z = o, et la
même substitution rend nulle la valeur de -r--
a z
On pourrait aussi intégrer par rapport à z la valeur de u,
et l'on donnerait à l'intégrale la forme suivante dans laquelle
«^ est une nouvelle fonction arbitraire :
w=(^)y^ay>p^(a,fi;
I dp COS. {px — py.) I dq cos.(qy — g^) f ^
La valeur de W devient nulle lorsque z=o, et la même
substitution rend la fonction —^ égale à <\i {^,y)- Donc l'in-
tégrale générale de la pi'oposée est v=u-h\'V
4ii.
Enfin, soit l'équation
d' V d^ V d'"v d
V
:o :
dV^ dx''^ dx^dy^^ dj'' — (e)
ou veut connaître pour'?' une fonction f{x,y, ?), qui satis-
CHAPITRE IX. 539
fasse à la proposée (e) et aux deux conditions suivantes,
savoir, 1° que la substitution de ?=o dnnsf[œ,y, t) donne
une fonction arbitraire ç (x, y) ; que la même substitution
dans -^j— /{^jjyt') donne une seconde fonction arbitraire
Il suit évidemment de la forme de l'équation (e), et des
principes que nous avons exposés plus haut, que la fonction
"v , étant déterminée en sorte cpi'elle satisfasse aux conditions
précédentes, sera l'intégrale complète de la proposée. Pour
découvrir cette fonction on écrira d'abord
o^^cos. {px') cos. (<7j) cos. {nit)^
d'où l'on tire
</' V , d^ V , d'' 7> d''v ,
dë=-''' ^^ d^'=P ■''' i^FdJ^^P'i''' dr=r'^-
On a donc la condition rn=zp^ + q\ Ainsi l'on écrii'a
'y = cos. px.cos. qy.cos. ( t.p' -+- </' )
ou v = cos.(p.x — aj COS. fq. y — p j cos. (t.p" + q'\
ou 'v= Ida. jchp¥ [ct^f^] Idp jdq
COS. {px — px) COS. (qy — q^) cos. (p't + q' t). '
Lorsqu'on fait ?=o, on doit avoir 'y=<p(a?,j); ce qui sert
à déterminer la fonction F (a, p). Si l'on compare à l'équation
générale (BB), on trouve que, les intégrales étant prises
entre des limites infinies, la valeur de F(a,p) est ( — ) 9(a,p).
On aura donc, pour exprimer une première partie 11 de
l'intégrale ,
"= (i) fi^f^?' ? (^^?-')fipJ^1 COS. {px—pcC} cos. {qy—q fi) (cos./?" t+q't).
6^.
54o THÉORIE DE LA CHALEUR.
En intégTant la valeur de u par rappoi-t à t, et i dési-
gnant la seconde fonction arbitraire, on trouvera une autre
partie W de l'intégrale ainsi exprimée :
W=r (-i-y pa^r/p i {oL,^)fdpJdq COS. {px—pc,) .COS. (^J— gP) """^^^^^y '^-
Si l'on fait f==o dans ii et dans W, la première fonction
devient égale à 9 (a;,j), et la seconde nulle; et si l'on fait
aussi t=o dans -77" et dans --7-W, la première fonction de-
vient nulle, et la seconde devient égale à ^{x,y-) : donc
a' = ?f + W est l'intégrale générale de la proposée.
4i2.
On peut donner à la valeur de u une forme plus simple
en effectuant les deux intégrations par rapport a p et g. On
fait usage, pour ce calcul , des deux équations ( i ) et (2) que
nous avons démontrées dans l'art. 4^7 > et l'on obtient l'in-
tégrale suivante :
. = l/l/J,,(.,f.).^s,„. C-'P'-''}
— 9» — 00
Désignant par u cette première partie de l'intégrale, et par
VV la seconde, qui doit contenir une autre fonction arbi-
traire, on a
W=:ldtu et ^.= w-4-W.
■f
Si l on désigne par [a etv deux nouvelles indéterminées, telles
que l'on ait
a — X 8 — ^
Tï7f = !^' '^F7"==''
CHAPITRE IX. 54 f
et que l'on substitue, pour a, (i, f/«, d<^, leurs valeurs
:»; + 27-1/7, j + avl/^, a*-/!/.!/?, a^/vl/ï,
on aura cette autre forme de l'intégrale
W.
Nous ne pourrions multiplier davantage ces applications
de nos formules, sans nous (-carter de notre sujet principal.
Les exemples précédents se rapportent à des phénomènes
physiques dont les lois étaient inconnues et difficiles à dé-
couvrir ; et nous les avons choisis parce que les intégrales
de ces équations, que l'on avait inutilement cherchées jus-
qu'ici, ont une analogie remarquable avec celles qui ex-
priment le mouvement de la chaleur.
4i3.
On peut aussi, dans la recherche des intégrales, consi-
dérer d'abord les séries développées selon les puissances
d'une variable, et sommer ces séries au moyen des théo-
rèmes exprimés par les équations (B), (BB). Voici un
exemple de cette analyse, choisi dans la théorie même de
la chaleur, et qui nous a paru remarquable.
On a vu, art 399, que la valeur générale de d, déduite
de l'équation
dv d' V
lït~~"dl&''' {a)
développée en série, selon les puissances croissantes de la
variable t , contient une seule fonction arbitraire de x ; et
qu'étant développée en série selon les puissances croissantes
àçx, elle contient deux fonctions entièrement arbitraires de t.
542 THÉORIE DE LA CHALEUR.
La première se'rie est ainsi exprimée :
d' r ci'- P d'
v=mx + t j—^ <ax-\ 1 — T <fX-\ j -j— ç o; + etc. / rp ,
cL jc 2 Cl OC 2. • j a oc \ M. \
L intégrale désignée par ((3), art. 3f)7, ou
'Vz=-^ du (fx I dp e -'' COS. (px — ■/'a),
représente la somme de cette série, et contient la seule fonc-
tion arbitraire <pa:.
La valeur de v., développée selon les puissances de x,
contient deux fonctions arbitraires /V et F^, et est ainsi ex-
primée :
Il y a donc, indépendamment de l'équation (p), une autre
forme de l'intégrale qui représente la somme de cette der-
nière série, et qui contient deux fonctions arbitraires, y^ et
Y t. Il s'agit de découvrir cette seconde intégrale de l'équa-
tion proposée , qui ne peut être plus générale que la précé-
dente (p), mais qui contient deux fonctions arbitraires.
On y parviendra en sommant chacune des deux séries qui
entrent dans l'équation (X). Or il est évident que si l'on con-
naissait en fonction de a: et ? la somme de la première série
qui contienty7, il faudrait, après l'avoir multipliée par dx,
prendre l'intégrale par rapport à x, et changer/if en F^. On
trouverait ainsi la seconde série. De plus , il suffirait de
connaître la somme des termes impairs qui entrent dans la
première série : car , en désignant cette somme par [j. , et la
CHAPITRE IX. 543
somme de tous les autres termes par v, on a évidemment
1 = I dx Ida: u..
il reste donc à trouver la valeur de ^i.. Or la l'onction /"t
peut être ainsi exprimée , au moyen de 1 équation géné-
rale (B),
/t=^f^-ApF^os.(pt-p.). (B) \
Il est facile d'en déduire les valeurs des fonctions
77 f'' ^.A ^Jf> etc.
Il est évident que la différentiation se réduit à écrire dans
le second membre de l'équation (B), sous le signe f dp,
les facteurs respectifs — p'', -\- p\ — p'^, +/?^ etc.
On aura donc, en écrivant une seule fois le facteur com-
mun cos. {pt — />«),
V = Y^jd^fo. fdp COS. {pt—pc)
p^ x'' p'' .r' p'^ x"
2.3.4 2.3.4.5.6.7.8 2.3 12
+ etc. \
Ainsi la question consiste l\ trouver la somme de la série
qui entre dans le second membre , ce qui ne présente au-
cune difficulté. En effet, soit j- la valeur de cette série, on
en conclut
d''r , »* X* «"a-* . d^ r
(Ix^ ' 2.3.4 2.3.4---y dx^ ^ •'
Intégrant cette équation linéaii'e, et déterminant les con-
stantes arbiti'aires . en sorte que, x étant nulle, y soit i .,
544 THEORIE DE LA CHALEUR.
d y d' y d^ y . ,, ,
et -j- , -T^, , -^ , soient nulles , on trouve , pour la somme
de la série ,
Il serait inutile de rapporter le détail de ce calcul ; il
suffit den énoncer le résultat, qui donne pour l'intégrale
cherchée ,
■v=z~ Ida/a clq.ç cos. (^<]'i — a j fe'^^ + e "^"^ j cos. 5^0;
— sïn.fzq't — aj fe^'^ — e ^ jsin.^xj + W. /gg\
Le terme W est la seconde partie de l'intégrale ; on le
forme en intégrant la première partie par rapport àx, depuis
x^=no jusqu'à x^=x, et en changeant/" en F. Sous cette
forme l'intégrale contient deux fonctions entièrement arbi-
traires, ft et F^. Si, dans la valeur de v, on suppose x
nulle , le terme W devient nul par hypothèse , et la pre-
mière partie u de l'intégrale devient />. Si l'on fait la même
substitution a^':=o dans la valeur de -7- , il est évident que la
première partie -j— deviendra nulle, et que la seconde,-^ — ,
qui ne diffère de la première que par la fonction F placée
au heu de y, se réduira à Ff. Ainsi l'intégrale exprimée
par léquation (p|î) satisfait à toutes les conditions, et elle
représente la somme des deux séries qui forment le second
membre de l'équation (X).
C'est cette forme de l'intégrale qu'il est nécessaire de
choisir dans plusieurs questions de la théorie de la chaleur:
CHAPITRE IX. 545
on voit qu'elle est très-differentc de celle qui est exprimée
par 1 équation (p), art. Spy.
4i4.
On peut employer des procèdes de calcul très-variës, pour
exprimer, en intégrales définies, les sommes des séries qui
représentent les intégrales des équations diftérentielles. La
forme de ces expressions dépend aussi des limites des inté-
grales définies. Nous citerons un seul exemple de ce calcul
en rappelant le résultat de l'art. 3i i , pag. 38o. Si, dans l'é-
quation qui termine cet article , on écrit a: + t sin. u sous le
signe de fonction ç , on a
y'^M<p(a;+^sin.i/.) = ça: + ^.ç''a:-h^.-<p'^a^ + ^3-^^^-^-<p''':r+etc.
o
Désignant par v la somme de la série qui forme le second
membre, on voit que, pour faire disparaître dans chaque
terme un des facteurs 2', 4\ 6% 8', etc. , il fuit diftérencier
une fois par rapport à t, multiplier le résultat par t, et dif-
férencier une seconde fois par rapport à t. On conclut de là
que V satisfait à l'équation aux différences partielles
d^ Il \ d f dv\ d' V d' V i dv
; = -• -r.[t--r:], OU
dx' t dt\ dt j '' dx^ de t dt '
On a donc, pour exprimer l'intégrale de cette équation.
v = - I du 9 (a; + t sin. u) + V
W.
La seconde partie W de l'intégrale contient une nouvelle
fonction arbitraire. La forme de cette seconde partie W de
l'intégrale diffère beaucoup de celle de la première , et pour-
rait aussi être exprimée en intégrales définies. Les résultats
546 THEORIE DE LA CHALEUR,
que l'on obtient au moyen des intégrales deTinies varient
selon les proce'dés de calcul dont on les déduit, et selon les
limites des intégrales. On peut dire, en général, que ces re-
cherches n'ont point un but assez déterminé lorsqu'on les
sépare des questions physiques auxquelles elles se rap-
portent.
4i5. .
Il est nécessaire d'examiner avec soin la nature des pro-
positions générales qui servent à transformer les fonctions
arbitraires : car l'usage de ces théorèmes est très-étendu, et
l'on en déduit immédiatement la solution de plusieurs ques-
tions physiques importantes, que l'on ne pourrait traiter par
aucune autre méthode. Les démonstrations suivantes, que
nous avons données dans nos premières recherches, sont très-
propres à rendre sensible la vérité de ces propositions.
Dans l'équation générale
fx^=-\ i dy.fa i dp COS. (/Ja p
X
qui est la même que l'équation (B), pageSaS, on peut effec-
tuer l'intégration par rapport à p , et l'on trouve
fx=\\d.f..
.sin. [pa — px)
On doit donc donner à p, dans cette dernière expression,
une valeur infinie; et, cela étant, le second membre expri-
mera la valeur \efx. On reconnaîtra la vérité de ce résultat
au moven de la construction suivante. Nous examinerons
t
d'abord l'intégrale définie idx • ^^^^ , que l'on sait être
y'
égale a --. art. ooo.
CHAPITRE IX. 547
Si l'on construit au-dessus de l'axe des ,r la ligne dont
l'oi'donnée est sin. x , et celle dont l'ordonnée est - , et
qu'ensuite on multiplie l'ordonnée de la première ligne par
l'ordonnée correspondante de la seconde, on considérera le
produit comme l'ordonnée d'une troisième ligne dont il est
très-facile de connaître la forme.
Sa première ordonnée à l'origine est i, et les ordonnées sui-
vantes deviennent alternativement positives ou négatives ; la
courbe coupe l'axe aux points où .r=-,2r, 3-, 4^i etc. , et elle
se rapproche de plus en plus de cet axe. Une seconde branche
de la courbe, entièrement semblable à la première, est située
■+■ X,
à la gauche de l'axe des y. L'intégrale j djc-''-^^^ est l'aire
comprise entre la courbe et l'axe des x, et comptée depuis
x = o jusqu'à une valeur positive infmie de x. .. ;;
-f- ^ ■.-....-,;
L'intégrale définie jdx- — — — -, dans laquelle/-» est
o
supposé un nombre positif quelconque , a la même valeur
que la précédente. En effet, soit px=^z; l'intégrale proposée
-h X
deviendra 1 dz _'" , et, par conséquent, elle équivaut aussi
o ;
à -Tî. Cette proposition est vraie, quel que soit le nombre
positif /j. Si l'on suppose, par exemple, /p= 10 , la courbe
dont l'ordonnée est ^ a des sinuosités beaucoup
plus rapprochées et plus courtes que celles dont l'ordonnée
est — 7-; mais l'aire totale depuis ^=0 jusqu'à x=^- est
sin. X
X
la même. . . v
%•
:)48 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Supposons maintenant que le nombre/? devienne de plus
en plus grand , et qu'il croisse sans limite , c'est-à-dii^e qu'il
soit infini. Les sinuosite's de la courbe dont ^'"" ^^^ est
l'ordonnée sont infiniment voisines. Leur base est une lon-
gueur infiniment petite e'gale à -• Cela étant, si l'on com-
pare l'aire positive qui repose sur un de ces intervalles —
à l'aire négative qui repose sur l'intervalle suivant , et si l'on
désigne par X l'abscisse finie et assez grande qui répond au
commencement du premier arc, on voit que l'abscisse x,
qui entre comme dénominateur dans l'expression — '^- de
l'ordonnée , n'a aucune variation sensible dans le double
intervalle ^ qui sert de base aux deux aires. Par conséquent,
l'intégrale est la même que si x était une quantité constante.
Il s'ensuit que la somme des deux aires qui se succèdent
est nulle.
Il n'en est pas de même lorsque la valeur de ;r est infiniment
petite , parce que l'intervalle -y a dans ce cas vm rapport fini avec
la valeur de x. On connaît parla que l'intégrale /(/ .a; ^'"' ^"^.^ ,
o
dans laquelle on suppose/» un nombre infini, est entière-
ment formée de la somme de ses premiers termes qui ré-
pondent à des valeurs extrêmement petites de x. Lorsque
l'abscisse a une valeur finie X, l'aire ne varie plus, parce
que les parties qui la composent se détruisent deux à deux
alternativement. Nous exprimons ce résultat en écrivant
CHAPITRE IX. 549
La quantité m, qui désigne la limite de la seconde intégrale,
a une valeur infiniment petite ; et la valeur de l'intégrale est
la même lorsque cette limite est w, et lorsqu'elle est -•
4i6.
Cela posé , reprenons l'équation
sin. (/».« — .r)
f^ = lj'^^f^
a — X
Ayant placé l'axe des abscisses a, on tracera au-dessus de
cet axe la ligne^(fig. VIII), dont l'ordonnée est/"». La forme
de cette ligne est entièrement arbitraire; elle pourrait n'avoir
d'ordonnées subsistantes que dans une ou dans quelques par-
ties de son cours, toutes les autres ordonnées étant nulles.
On placera aussi au-dessus du même axe des abscisses une
ligne courbe j^ dont l'ordonnée est ^^-^P^ , 2 désignant l'ab-
scisse et/? un nombre positif extrêmement grand. Le centre
de cette courbe, ou le point qui répond à la plus grande
ordonnée/?, pourra être placé soità l'origine o des abscisses «.
soit à l'extrémité d'une abscisse quelconque. On suppose
que ce centre est successivement déplacé, et qu'il se trans-
porte à tous les points de l'axe des a, vers la di'oite, à partir
du point o. Considérons ce qui a lieu dans une certaine po-
sition de la seconde courbe, lorsque le centre est parvenu
au point x qui termine une abscisse x de la première courbe.
La valeur de x étant regardée comme constante, et a étant,
seule variable, l'ordonnée de la seconde courbe sera ;i ., , .r,
sin.(yBa — x) ->\:v ïrf'îJi;
Si donc on conjugue les deux courbes pour en former une
55o THÉORIE DE LA CHALEUR.
troisième, c'est-à-dire si l'on multiplie chaque ordonnée de
la première par l'ordonnée correspondante de la seconde, et
si l'on représente le produit par l'ordonnée d'une troisième
courbe tracée au-dessus de l'axe des a, ce produit sera
-, sin.(o.a — x)
L'aire totale de la troisième courbe, ou l'aii'e comprise entre
cette courbe et l'axe des abscisses, sera donc exprimée par
/sin. ( /?.a — a:] .
rZa/a ^^ -^ ■
Or, le nombre p étant infiniment grand, la seconde courbe
a toutes ses sinuosités infiniment voisines ; on reconnaît faci-
lement que, pour tous les points qui sont à une distance
finie du point r, l'intégrale définie, ou l'aire totale de la
troisième courbe, est formée de parties égales alternative-
ment positives ou négatives, et qvii se détruisent deux à deux.
En effet, pour un de ces points placés à une certaine di-
stance du point X , la valeur de/a. varie infiniment peu lors-
qu on augmente la distance a une quantité moindre que
Il en est de même du dénominateur a — x, qui mesure cette
distance. L'aire qui répond à l'intervalle — ' est donc la
même que si les quantités /a et a — x n'étaient pas variables.
Par conséquent elle est nulle lorsque a — jc est une gran-
deur finie. Donc l'intégrale définie peut être prise entre des
limites aussi voisines que l'on veut, et elle donne, entre ces
limites, le même résultat qu'entre des limites infinies. Tout
se réduit donc à prendre l'intégrale entre des points infi-
CHAPITRE IX. 55i
niaient voisins, I un à gauche, l'auti-c à droite de celui où
a — a; est nul , c'est-à -dire depuis cc = x— cj jusqu'à u=x + o> ,
en désignant par w une quantit»^ infiniment petite. Or, dans
cet intervalle, la fonction /y. ne varie point, elle est égale
à /"x , et peut être mise hors du signe d'intégration. Donc
la valeur de l'expression est le produit de /' (x) par
sin. i^p a — X)
a a • ,
a — .V
prise entre les limites a — .r=:= — (j, et a — x = oi.
Or cette intégrale est égale à t, comme on l'a vu dans l'ar-
ticle précédent ; donc l'intégrale définie est égale à -_/x,
d'où l'on conclut l'équation
fx=-^Jdaf^ -^—^ =izJ^'^Af^P COS. {px—pa)- ^g>j
— co — 00 — ûo "'■'"'.'
417.
La démonstration précédente suppose la notion des quan-
tités infinies, telle qu'elle a toujours été admise par les
géomètres. Il serait facile de présenter la même démonstra- "■
tion sous une autre forme, en examinant les changements
qui résultent de l'accroissement continuel du facteur^ sous
le signe sin. ip a — x j • Ces considérations sont trop connues
pour cju'il soit nécessaire de les rappeler.
Il faut sur -tout remarquer que la fonction y^:^ à laquelle
cette démonstration s'applique, est entièrement arbitraire ,
et non assujettie à une loi continue. On pourrait donc con-
cevoir qu'il s'agit d'une fonction telle, que l'ordonnée qui la
représente n'a de valeurs subsistantes que si l'abscisse x est
comprise entre deux limites données, a et h; toutes les
552 THÉORIE DE LA CHx\LEUR.
autres ordonnées seraient supposées nulles , en sorte que la
courbe n'aurait de forme tracée qu'au-dessus de l'intei'valle
de x=rt à x=^h ^ et se confondrait avec l'axe des a dans
toutes les autres parties de son cours.
La même démonstration fait connaître que l'on ne consi-
dère point ici des valeurs infinies de x , mais des valeurs ac-
tuelles et déterminées.
On pourrait aussi examiner d après les mêmes principes
les cas où la fonction yo; deviendrait infinie, pour des valeurs
singulières de x comprises entre des limites données ; mais
cela ne se rapporte point à l'objet principal que nous avons
en vue, qui est d'introduire dans les intégrales les fonctions
arbitraires ; il est impossible qu'aucune question naturelle
conduise à supposer que la fonction /"x devient infinie, lors-
qu'on donne à x une valeur singulière comprise entre des
limites données.
Eu général , la fonction fx représente une suite de valeurs
ou ordonnées dont chacune est arbitraire. L'abscisse x pou-
vant recevoir une infinité de valeurs, il y a un pareil nombre
d'ordonnées fx. Toutes ont des valeurs nuniériques ac-
tuelles, ou positives, ou négatives, ou nulles. On ne suppose
point que ces ordonnées soient assujetties à une loi com-
mune; elles se succèdent d'une manière c[uelconque, et cha-
cune d'elles est donnée comme le serait une seule quantité.
11 peut résulter de la nature même de la question , et
de l'analyse qui s'y applique, que le passage d'une ordonnée
à la suivante doive s'opérer d'une manière continue. Mais il
s'agit alors de conditions spéciales, et l'équation générale (B),
considérée en elle-même, est indépendante de ces conditions.
Elle s'applique rigoureusement aux fonctions discontinues.
CHAPITRE IX. 553
Supposons aiaintenaiit que la t'onction fx coïncide avec
une certaine expression analytique, telle que sin. a,e , ou
çr lorsqu'on donne à x une valeur comprise entre deux limites
« et Z», et que toutes les valeurs de yii' soient nulles lorsque
X n'est pas comprise entre a et h ; les limites de l'intégration
par rapport à a, dans l'e'quation précédente (B) seront donc
« = (7, (x.=ih : car le résultat serait le même que pour les
limites «:=: , a = - , tontes les valeurs de a étant nulles
o ' o '
par hypothèse, lorsque « n'est point comprise entrer et ^.
On aura donc l'équatioii :
Le second membre de cette équation (B') est une fonction
de la variable a /car les deux intégrations font disparaître les
variables a ^X. p , et il ne reste que x et les constantes a et h.
Or cette fonction équivalente au second membre est telle ,
qu'en y substituant pour x une valeur quelconque comprise
entre a ath , on trouve le même résultat qu'en su'^sti tuant
cette valeur de x dans ox, et l'on trouve un résultat nul, si,
dans le second membre , on met au lieu de x une valeur
quelconque non comprise entre a et h. Si donc , en conser-
vant toutes les autres quantités qui forment le second mem-
bre, on remplaçait les limites a etù par des limites plus
voisines, a' et i>', dont chacune est comprise entre a elb,
on changerait la fonction de x qui éc[uivaut au second
membre, et l'effet du changement serait tel que ce second
membre deviendrait nul toutes les fois que l'on donnerait
à X une valeur non comprise entre a' et b' ; et, si la valeur
, ;.70 ■
554 THÉORIE DE LA CHALEUR.
de :jc était comprise entre a' el l>', on aurait le même ré-
sultat qu'en substituant cette valeur de .r dans ^œ.
On peut donc varier à volonté les limites de 1 intégrale
dans le second membre de l'équation (B'). Cette équation
subsistera toujours pour les valeurs de x comprises entre
les limites quelconques a et If, que l'on aura choisies; et, si
l'on emploie toute autre valeur de ce, le second membre
sera nul. Représentons 9 a- par l'ordonnée variable d'une
courbe dont a- est l'abscisse; le second membre, dont la valeur
est /a, représentera l'ordonnée variable d'une seconde courbe
dont la figure dépendra des limites a et b. Si ces limites sont
et + -, les deux courbes, dont l'une a pour ordonnée
00' ' *
fx^eX l'autre a pour ordonnéeyx, coïncideront exactement
dans toute l'étendue de leur cours. Mais, si l'on donne d'au-
tres valeurs a et b a ces limites , les deux courbes coïncide-
ront exactement dans toute la partie de leur cours cjui ré-
pond à l'intervalle de œ=a à x=^h. A droite et à gauche
de cet intervalle, la seconde courbe se confondra précisément
dans tous ses points avec l'axe des x. Cette conséquence est
très-remarquable, et détermine le véritable sens de la pro-
position exprimée par l'équation (B).
4i8.
Il faut considérer sous le même point de vue le théorème
exprimé par l'équation (n) de l'art. 234, pag- 268. Cette
équation sert à développer une fonction arbitrairey^; en une
suite de sinus et de cosinus d'arcs multiples. La fonctionyir
désigne une fonction entièrement arbitraire, c'est-à-dire une
suite de valeurs données, assujetties ou non à une loi com-
CHAPITRE IX. 555
mune, et qui repondent à toutes les valeurs de x comprises
entre o et une grandeur quelconque X.
La valeur de cette fonction est représentée par l'équation
suivante :
/(^) = ;^- ^ jdr, fr^. COS. (y^ ^' — a).
:a)
L'intégrale, par rapport à a, doit être prise entre les limites
a=a et oL=^b ; chacune de ces limites a et h est une c]uan-
tité quelconque comprise entre o et X. Le signe v affecte
le nombre entier i, et indique que l'on doit donner à i toutes
ses valeurs négatives ou positives, savoir :
— 5, —4, — 3, — 2, —I, o, H-i, +2, +3, +4, +^">,
et prendre la somme des termes placés sous ce signe 2- Le
second membre devient, par ces intégiations , une fonction
de la seule variable x et des constantes a et h. La proposi-
tion générale consiste en ce cjue i" la valeur du second
membre , que l'on trouverait en y mettant au lieu de x une
quantité comprise entre a et h , est égale à celle que l'on
obtiendrait en mettant cette même quantité au lieu de x
dans la fonctionyo--; 2" toute autre valeur de x comprise
entre o etX, mais non comprise entre a et b, étant substi-
tuée dans le second membre , donne un résultat nul.
Il n'y a ainsi aucune fonctionyii-, ou partie de fonction,
que l'on ne puisse exprimer en une suite trigonométrique.
La valeur du second membre est périodique , et l'inter-
valle de la période est X, c'est-à-dire que cette valeur du
second membre ne change point lorsqu'on écrit o- -t- X au
lieu de x. Toutes ses valeurs successives se renouvellent à
chaque intervalle X. ' ''
70. "
55(; THÉORIE DE LA CHALEUR.
La suite trigonomëtrique égale au second membre est
convergente ; le sens de cette dernière proposition est que, si
l'on donne à la variable x une valeur quelconque, la somme
des termes de la suite s'approche tie plus en plus, et infini-
ment près, d'une limite déterminée. C'est cette limite qui
est o , si l'on a mis pour x une quantité comprise entre o
etX, mais non comprise entre a et h; et si cette quantité
mise pour x est comprise entre a et b, la limite de la série a
la même valeur que/'.r. Cette dernière fonction n'est assu-
jettie à aucune condition, et la ligne dont elle représente
l'ordonnée peut avoir une forme quelconque; par exemple,
celle d'un contour formé d'une suite de lignes droites et
de lignes courbes. On voit par là c]ue les limites a et b,
l'intervalle total X et la nature de la fonction étant arbi-
traires , cette proposition a un sens très - étendu ; et ,
comme elle n'exprime pas seulement une propriété analy-
tique , mais cju'elle conduit facilement à lasolution de plu-
sieurs questions naturelles importantes, il était nécessaire
de la considérer sous divers jioints de vue, et d'en indiquer
les principales applications. On a donné plusieurs démons-
trations de ce théorème dans le cours de cet ouvrage.
Celle que nous rapporterons dans un des articles suivants
( art. 4^4) ^ l'avantage de s'appliquer aussi à des fonctions
non périodiques.
Si l'on suppose l'intervalle X infini, les termes de la série
deviennent des quantités différentielles ; la somme indiquée
par le signe 2 devient une intégrale définie , comme on le
voit dans les art. 353 et 355, et l'équation (A) se transforme
dans l'équation (B). Ainsi cette dernière équation (B) est
rontenue dans la précédente , et convient au cas où Tinter-
CHAPITRE IX. 557
valle X est inlini : alors les limites a et b sont évidemment
des constantes entièrement arbitraires.
419-
Le théorème exprimé par 1 équation (B) offre aussi di-
verses applications analytiques, que nous ne pourrions ex-
poser sans nous écarter de l'objet de cet ouvrage ; mais nous
énoncerons le principe dont ces applications dérivent.
On voit que, dans le second membre de l'équation
/a' = ^ yv/y./« ^dp COS. {px—pcf:), j-g^ :
la fonctionyit- est tellement transformée, que le signe de
fonction y n'affecte plus la variable .r , mais une variable
auxiliaire a. La vai'iable x est seulement affectée du signe
cosinus. Il suit de là que, pour différencier la fonction /ù;
par rappoi't à a;, autant de fois que l'on voudra, il suffira
de différencier le second membre par rappoit à x sous le
signe cosinus. On aura donc, en désignant par i" un nombre
entier quelconque ,
-— -./r = ûijdcfx jdp p^' COS. {px—py.)- ^ ,, .
On écrit le signe supérieur lorsque i est pair, et le signe in-
férieur lorsque i est impair. On aura en suivant cette même
règle relative au choix du signe:
dx
2J -
-A= 4= 7; fd'-^f^jdp p'^''^ ' sin. (px—pc,)-
On peut aussi intégrer plusieurs fois de suite, par rap-
port à X, le second membre de l'équation (B); il suffît d'é-
558 THEORIE DE LA CHALEUR.
crire au-devant du signe sinus ou cosinus une puissance
négative de p.
La même remarque s'applique aux différenciations finies,
ou aux intégrales désignées par le signe ^ , et en général
' aux opérations analytiques qui peuvent s'effectuer sur les
quantités trigonométriques. Le caractère principal du théo-
rème dont il s'agit , est de transporter le signe général de
fonction à une variable auxiliaire , et de placer la variable a:
sous le signe trigonométrique. La fonction y^ acquiert en
quelque sorte, par cette transformation, toutes les propriétés
des quantités trigonométriques ; les différentiacions , les in-
tégrations et la sommation des suites s'appliquent ainsi à
des fonctions générales de la même manière qu'aux fonctions
trigonométriques exponentielles. C'est pour cela que l'em-
ploi de cette proposition donne immédiatement les inté-
grales des équations à différences partielles à coefficients con-
stants. En effet , il est évident que l'on peut satisfaire à ces
équations par des valeurs particulières exponentielles; et,
comme les théorèmes dont nous parlons donnent à des fonc-
tions générales et arbitraires le caractère des quantités expo-
nentielles, ils conduisent facilement à l'expression des inté-
grales complètes. Cette même transformation donne aussi ,
comme on l'a vu dans fart. 4i3 , un moyen facile de sommer
les suites infinies , losque ces suites contiennent les différen-
tielles successives , ou les intégrales successives d'une même
fonction : car la sommation de la suite est réduite, par ce
procédé, à celle d'une suite de termes algébriques.
420.
On peut aussi faire usage du théorème dont il s'agit pour
CHAPITRE IX. . 559
substituer sous le signe général de fonction un binôme formé
d'une partie réelle et d'une partie imaginaire. Cette question
d'analyse s'est présentée dès l'origine du calcul des différences
partielles ; et nous l'indiquerons ici parce qu'elle a un rap-
port plus direct avec notre objet principal.
Si dans la fonction /x' on écrit ly. + v . 1/ — i au lieu de œ,
le résultat sera formé de deux parties 9+ \y^~i.^. Il s'agit
de connaître en p. et v chacune des deux fonctions r^ et ^. On
y parviendra facilement si l'on remplace/b; par l'expression
-- jdy. fv. jdp COS. [px — pa) :
car la question sera réduite à substituer [a + v.j/zr^ au lieu
dex sous le signe cosinus, et à calculer le terme réel et le
coefficient de \^—i. On aura ainsi
f^=f{v- + ^ •l/~)=^y^a/«/^/^ COS. {p^.~rj. +/;v .1/17)
=lj(l^A fdp 1 COS. (pu.—p^) (^e-P' + e"^") • . , . ...
— Vy—,.sin.(p^-pcc)Çe^''-e-^')\;
donc 9=- jdafa. jdp COS. {p^j. — p%) Te^'^ + l~^^^
<j/~ =^ jdx/u dp sin. (p^. — /;>«) Çe^^ — e'^"
Ainsi toutes les fonctions _/.r que l'on peut concevoir, même
celles qui ne sont assujetties à aucune loi de continuité
sont réduites à la forme M + 1^ \yZ~i ^ lorsqu'on y remplace
la variable .r par le binôme [x h- v . l/Hl .
Pour donner un exemple de l'usage de ces dernières for-
^6o THÉORIE DE LA CHALEUR.
, . ,, ,, , . d" V d' V
mules, nous considérerons 1 équation ^ — ; + ^-^=o, qui
se rapporte au mouvement uniforme de la chaleur dans une
table rectangulaire. L'intégrale générale de cette équation
contient évidemment deux fonctions arbitraires. Supposons
donc que l'on connaisse eu fonction de x la valeur de v lors-
que j)-=o, et que l'on connaisse aussi , par une autre fonction
de X, la valeur de t- lorsque J^o, on peut déduire l'inté-
grale cherchée de celle de l'équation
dr
qui est connue depuis long-temps ; mais on trouve des quan-
tités imaginaires sous le signe de fonction. Cette intégrale est
-y = 9 (x-{-y \/^ J + ç Ta; — y X^^^ij -I- W.
La seconde partie W de l'intégrale dérive de la première en
intégrant par rapport à j, et changeant 9 en ^. Il reste donc
à transformer les quantités <^,(x-\-y\X'^^) et (j)(x — ^jl/ZTY,
afin de séparer les parties réelles des parties imaginaires.
Suivant le procédé de l'article précédent, on trouve, pour
la première partie u de l'intégrale ,
-+-00 H- 00
u^-^ IdoLfoL (dp COS. {px — pix) r e^-'^ + e~^-^ j ,
— ''» — 0©
et par conséquent
W=^/J«Fa/4 COS. [j^x-p.) (e/'^ -a-/'-Q.
L'intégrale complète de la proposée exprimée en termes réels
est donc v = îi j- W; et l'on reconnaît, en effet, 1° qu'elle
CHAPITRE IX. - 56i
satisfait à l'équation différentielle; 2.° qu'en y faisant j-=:o,
elle donne v=fx; 3° qu'en faisant y=o dans la fonction -^ ,
le résultat est Fo:.
422.
Nous ferons aussi remarquer que l'on peut déduire de
l'équation (B) une expression très-simple du coefficient dif-
férentiel de l'ordre indéfini -j— ;/x, onde V intégrale y' dx' ./"x.
L'expression cherchée est une certaine fonction de x et
de l'indice i. Il s'agit de connaître cette fonction sous une
forme telle, que le nombre i n'y entre point comme indice,
mais comme une quantité, afin de comprendre, dans une
même formule , tous les cas où l'on attribue à i des valeurs
positives ou négatives quelconques. Pour y parvenir , nous
remarquerons que l'expression cos. (r + i'-j , ^
ou cos. r.cos. f — j — sin. /'.sin.f — j,
devient successivement
— sin.r, — cos. r, -l-sin.r, 4-cos. r, — sin.r, etc.,
si les valeurs respectives de i sont i, 2, 3, 4i 5, etc.. . . Les
mêmes résultats reviennent dans le même ordre, lorsqu'on
augmente la valeur de i. Il faut maintenant, dans le second
membre de l'équation
fx=^ (dx/x Idp cos. {px — /7a),
écrire le facteur />* au-devant du signe cosinus, et ajouter
7ï
562 THÉORIE DE LA CHALELfR.
sous ce signe le terme H On aura ainsi
AL
dx
-\- 00 •+- 00
;f^=^Jdc^f'^jdp-P COS. (j>X—pa + ^^) .
Le nombre i, qui entre dans le second membre, sera re-
gardé comme une quantité quelconque positive ou négative.
Nous n'insisterons point sur ces applications à l'analyse gé-
nérale; il nous suffit d'avoir montré par divers exemples
l'usage de nos théorèmes. Les équations du quatrième ordre
(c?), art. 4o5, et (<?), art. l\ii^ appartiennent, comme nous
l'avons dit, à des questions dynamiques. On ne connaissait
point encore les intégrales de ces équations lorsque nous les
avons données dans un Mémoire sur les vibrations des sur-
faces élastiques, lu à la séance de l'Académie des Sciences,
le 6 juin i8i6 (art. VI, § lo et 1 1 , et art. VII, § i3 et i4).
Elles consistaient dans les deux formules ^ et ^', art. 4o^i ^t
dans les deux intégrales exprimées, l'une par la première
équation de l'art. 4i2, l'autre par la dernière équation du
même article. On a donné ensuite diverses autres démon-
strations de ces mêmes résultats. Ce Mémoire contenait aussi
l'intégrale de l'équation (e), art. 409, sous la forme rapportée
dans cet article. Quant à l'intégrale (BBj de l'équation (è),
art. l\iS^ elle est ici publiée pour la première fois.
423.
Les propositions exprimées par les équations (A) et (B'),
art. 4 18 et 4i7i dont nous avons montré diverses applica-
tions, peuvent être considérées sous un point de vue plus
général. La construction indiquée dans les art. 4 '5 et l^i6
CHAPITRE IX. 563
ne s'applique pas seulement à la fonction trigonométrique
sin. ipoL — X ) , . ,
-^ : elle convient à toutes les autres fonctions, et
suppose seulement que le nombre p devenant infini, on
trouve la valeur de l'intégrale par rapport à a, en prenant
cette intégrale entre des limites extrêmement voisines. Or
cette condition n'appartient pas seulement aux fonctions tri-
gonométriques, elle s'applique à une infinité d'autres fonc-
tions. On parvient ainsi à exprimer une fonction arbitraii'eya;
sous diverses formes très-remarquables ; mais nous ne fai-
sons point usage de ces transformations dans la recherche
spéciale qui nous occupe.
Quant à la proposition exprimée par l'équation (A) (art.
4i8), il est également facile d'en rendre la vérité sensible
par des constructions, et c'est pour ce théorème que nous
les avons d'abord employées. Il suffira d'indiquer la marche
de la démonstration. ^
Dans l'équation (A), savoir: ' ,
on remplacera la somme des termes placés sous le signe 2
par sa valeur, qui se déduit de théorèmes connus. Nous
avons vu précédemment divers exemples de ce calcul, Sec-
tion III, Chap. III. Il donne ce résultat en supposant, pour
rendre l'expression plus simple, 277 = X, et désignant x — x
par r.
+J. , . s , . V . , . , sin. r
1 COS. (jr) = COS. (jr) + sin. (/r)
sin. vers, r
71-
564 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Il faut donc multiplier le second membre de cette e'quation
par dafa^ supposer le nombre j infini, et intégrer depuis
« = — -K jusqu'à a= + t:. La ligne courbe, dont l'abscisse
est a et l'ordonnée cos.jr^ étant conjuguée avec la ligne dont
l'abscisse est a et l'ordonnée /'a, c'est-à-dire les ordonnées
correspondantes étant multipliées l'une par l'autre, il est
manifeste que l'aire de la courbe produite, prise entre des
limites quelconques, devient nulle lorsque le nombrey croît
sans limite. Ainsi le premier terme cos.j'r donne un résul-
tat nul.
Il en serait de même du terme sin./V, s'il n'était pas mul-
tiplié par le facteur . ,• mais en comparant les trois
* * sin. vers, r '^
courbes qui ont pour abscisse commune a, et pour ordon-
nées sin. r, -. '■ — , foL, on reconnaît évidemment quel'in-
sin. vers, r' -^ '■
tégrale l da.. fa. . sin. ("//■) . n'a de valeurs subsi-
o I ,/ \j j s,,j vers, r
stantes que pour de certains intervalles infiniment petits;
savoir, lorsque l'ordonnée -. '■ devient infinie. Cela aura
^ sin. vers, r
lieu si /■ ou a — x est nulle; et dans cet intervalle où a dif-
fère infiniment peu de x , la valeur de fa. se confond avec
fx. Donc l'intégrale devient
2.fx . jdr.&\n.{jr).~ ou /^/x J^ sin. (jr),
o o
qui est égale à i%.fx (art. 4i5 et 356). On en conclut
l'équation précédente (A).
Lorsque la variable x est précisément égale à — tt on
CHAPITRE IX. 565
+ i:,la construction fait connaître quelle est la valeur du
second membre de cette équation A.
Si les limites de l'intégration ne sont pas — tt et +Tr,
mais d'autres nombres <7et ^,dont chacun est compris entre
— TT et -f- 77, on voit par la même figure quelles sont les va-
leurs de a-, pour lesquelles le second membre de l'équation
(A) est nul.
Si l'on conçoit qu'entre les limites de l'intégration cer-
taines valeurs de a deviennent infinies , la construction in-
dique dans quel sens la proposition générale doit être en-
tendue. Mais nous ne considérons point ici les cas de cette
nature, parce qu'ils n'appartiennent point aux cjuestions
physiques.
Si, au lieu de restreindre les limites — t: et +r, on donne
plus d'étendue à l'intégrale, en choisissant des limites plus
distantes a' et b' , on connaît par la même figure que le
second membre de l'équation (A) est formé de plusieurs
termes, et donne le résultat d'une intégration finie, quelle
que soit la fonction fx. , ■ . -
On trouve des résultats semblables si l'on écrit ^ « — -^
au lieu de r, et si les limites de l'intégration sont — X et
4-X.
Il faut considérer maintenant que les conséquences aux-
quelles on est parvenu auraient encore lieu pour une infinité
de fonctions différentes de sin. {] r). Il suffit que ces fonc-
tions reçoivent des valeurs alternativement positives et néga-
tives 1 en sorte que l'aire devienne nulle, lorsque y croît sans
limite. On peut faire varier aussi le facteur -. '- — , ainsi
r sin.vers. /•
566 THÉORIE DE LA CHALEUR.
que les limites de l'intégration, et l'on peut supposer que
l'intervalle devient infini. Ces sortes d'expressions sont donc
très-ge'nérales , et svisceptibles des formes les plus diverses.
Nous ne pouvons nous arrêter à ces développements ; mais
il e'tait nécessaire de montrer l'emploi des constructions :
car elles résolvent sans aucun doute les questions qui peuvent
s'élever sur les valeurs extrêmes et sur les valeurs singu-
lières ; elles n'auraient pu servir à découvrir ces théorèmes ,
mais elles les démontrent et en dirigent toutes les appli-
cations.
424.
Nous avons encore à faire envisager ces mêmes proposi-
tions sous un autre point de vue. Si l'on compare entre elles
les solutions relatives au mouvement varié de la chaleur
dansl'armille, la sphère, le prisme rectangulaire, le cylindre,
on voit que nous avions à développer une fonction arbitraire
fx en une suite de termes, tels que
a,<i^{\i.,x) + a^<!^{\j.,x) 4- rtjç ([y-jo;) + , etc.
La fonction ç, qui , dans le second membre de l'équation (A),
est un cosinus ou un sinus, est remplacée ici par une fbnc-
tion qui peut être très-différente du sinus. Les nombres \j. ,
\i. , (^21 ^tc- 1 ^^ ^i^^ d'être des nombres entiers, sont donnés
par une équation transcendante, dont les racines en nombre
infini sont toutes réelles. La question consistait à trouver les
valeurs des coefficients a^, a^, a-t, a ,, etc. . . a^;ow yest
parvenu au moyen des intégrations définies qui font dispa-
raître toutes les inconnues, excepté une seule. Nous allons
examiner spécialement la nature de ce procédé, et les con-
séquences exactes qui en dérivent.
..c
CHAPITRE IX. . 567
Aiin de donner à cet examen un objet plus détermine,
nous choisirons pour exemple une des questions les plus
importantes, savoir celle du mouvement varié de la chaleur
dans la sphèi'c solide. On a vu, art. 2(:)o, pag. 348, cjue,
pour satisfaire à la distribution initiale de la chaleur, il faut
déterminer les coefficients
^i> "2' "^3' <^^'
dans l'équation 1 ^
F,r=rtj sin. Çj,. ^ x^ -{- a ^sm.(i,.^x\ + c/j sin/;;.^ .r^ + ,etc. z^-
La fonction Vx est entièrement arbitraire: elle désicne la
valeur v de la température initiale et donnée de la couche
sphérique dont le rayon est x. Les nombres jy. , ^ , . . . ^i. .,
sont les l'acines y. de l'équation transcendante .• r
p. X ... -■ ■ '" • ^
X est le rayon total de la sphère; h est un coefficient numé-
rique connu d'une valeur positive c|uelconque. Nous avons
prouvé rigoureusement, dans nos premières recherches,
qlie toutes les valeurs de jy. ou les racines de l'équation {/)
sont réelles. Cette démonstration est déduite de la théorie
générale des équations, et n'exige point que l'on suppose
connue la forme des racines imaginaires que toute équa-
tion peut avoir. Nous ne l'avons point rappelée dans cet ou-
vrage, parce qu'elle est suppléée par des constructions qui
rendent la proposition plus sensible. Au reste, nous avons
tçaité cette même question par l'analyse, en déterminant le
568 THÉORIE DE LA CHALEUR.
mouvement varie de la chaleur dans un corps cylindrique
(art. 3o8, pag. 872 et 373). Cela posé, la question consiste
à trouver pour a^, a^, a^, a., etc. , des valeurs nu-
mériques telles que le second membre de l'équation [e) de-
vienne nécessairement égal a x¥ x , lorsqu'on y mettra pour
X une valeur quelconque comprise entre o et la longueur
totale X.
Pour trouver le coefficient a-, nous avons multiplié l'é-
quation (e) par dx sin. (^.xj, et ensuite intégré entre les
limites x-=^o^ x=X, et nous avons démontré, pag. 349,
que l'intégrale
X
jdx sin. f^i .xj sin.fy..xj
o
a une valeur nulle toutes les fois que les indices i et y ne
sont point les mêmes ; c'est-à-dire lorsque les nombaes ^ . et
^L ■ sont deux racines différentes de l'équation (/"). Il suit de
là, que l'intégration définie faisant disparaître tous les
termes du second membre, excepté celui qui contient a ., on
a, pour déterminer ce coefficient, l'équation
fax l sin. f^i-.xj xF (x) ] =a . jdx sin. fy. ,x) • sin. ff^^icY
o o
Mettant cette valeur du coefficient a. dans l'équation (e),
on en conclut l'équation identique (e) :
X
//" du . aFa . sin. (\t..«.)\
arFa; = 2sin. U>-fXj r^
y(*/p . sin.((..p)sin.((x.p)) ^^^
CHAPITRE IX. 569
Il faut dans le second membre donner à i toutes ses valeurs,
c'est-à-dire, mettre successivement, au lieu de ;;. ., toutes les ra-
cines fj. de l'e'quation [/). L'intégrale doit être prise poui- «,
depuis a=o jusqu'à a = X, ce qui fait disparaître l'indéter-
minée a. Il en est de même de p, qui entre dans le dénomi-
nateur; en sorte que le terme sin. [^..œ) est multiplié par un
coefficient a-, dont la valeur ne dépend que de X et de
l'indice i. Le signe 2 indique qu'après avoir donné à i ses
différentes valeurs, il faut écrire la somme de tous les termes.
L'intégi'ation offre donc un moyen très- simple de déter-
miner immédiatement les coefficients ; mais il faut examiner
attentivement l'origine de ce procédé, ce qui donne lieu aux
deux remarques suivantes :
i" Si dans l'équation (e) on avait omis d'écrire une par-
tie des termes, par exemple, tous ceux où l'indice est un
nombre pair, on trouverait encore, en multipliant féqua-
tion par dxsm. {a-x), et intégrant depuis x^^o juscju'à
a'=X, cette même valeur de a ., cjui a été déterminée pré-
cédemment, et l'on formerait ainsi une équation qui ne se-
rait point vraie; car elle ne contiendrait qu'une partie des
termes de l'équation générale, savoir, ceux dont l'indice est
impair. ' ' ' '
2° L'équation complète (e), que l'on obtient, après avoir
détei'miné les coefficients, et qui ne diffère point de l'équa-
tion > rapportée page 35o, art. 291, dans laquelle on ferait
t=o et v = Vx , est telle que si l'on donne à x une valeur
quelconque comprise entre o et X, les deux membres sont
nécessairement égaux ; mais on ne peut point conclure,
, 72
370 THEORIE DE LA CHALEUR.
comme nous l'avons fait observer, que cette égalité ait lieu,
si, choisissant pour le premier membre xFx une fonction
assujettie à une loi continue, telle que sin. x ou cos. x, on
donnait à x une valeur non comprise entre o et x. En géné-
ral, l'équation résultante (e) doit être appliquée aux valeurs
de X, comprises entre o et X. Or le procédé qui détermine
le coefficient a ■ ne fait point connaître pourquoi toutes les
racines p.^. doivent entrer dans l'équation (e), et pourquoi
cette équation se rapporte uniquement aux valeurs de x,
comprises entre o et X.
Pour résoudre clairement ces questions , il suffit de re-
monter aux principes qui servent de fondement à notre
analyse.
Nous divisons l'intervalle X en un nombre infini n de par-
ties égales à dx, en sorte que l'on a «<^A=X,et écrivant
/"x au lieudexF.r^ nous désignons par/",,/*, ^y^. . . f-. . .y^^
les valeurs de /x^ qui répondent aux valeurs dx, 2.dx,
3dx.... idx. . .ndx , attribuées à x; nous composons
l'équation générale (e) d'un nombre n de termes ; en sorte
qu'il y entre n coefficients inconnus, a,, a,^ a^. . .a ^. . . a^^.
Cela posé, cette équation (e) représente les n équations du
premier degré, que l'on formerait en y mettant successive-
ment, au lieu de x , ses re valeurs dx, idx, ?>dx. . . ndx.
Ce système de n équations contient dans la première/^,
dans la seconde/^ , dans la troisième yj, dans la «"""/"„• Pour
déterminer le premier coefficient ^,, on multiplie la première
équation par c,, la seconde par c,, la troisième par cj, ainsi de
suite, et l'on ajoute ensemble les équations ainsi multipliées.
Les facteurs c,, c,, aj. . . c,,, doivent être déterminés par cette
CHAPITRE IX. 571
condition , que la somme do tous les termes des seconds mem-
bres qui contiennent <?, , soit mille, et qu'il en soit de même
pour tous les coefficients suivants , « ,, «^ . . . a^. Donc toutes
les équations étant ajoutées, le coefficient a, entre seul dans
le résultat, et l'on a une équation pour déterminer ce coeffi-
cient. Ensuite on multiplie de nouveau toutes les équations
par d'autres facteurs respectifs p,, p, , pj. . . p^^, et ces facteurs
sont déterminés en sorte qu'en ajoutant les /* équations, tous
les coefficients soient éliminés, excepté a,. On a donc une
équation pour déterminer <7,. On continue des opérations
semblables, et choisissant toujours de nouveaux facteurs, on
détermine successivement tous les coefficients inconnus.
Or il est manifeste que ce procédé d'élimination est précisé-
ment celui qui résulte de l'intégration entre les limites o et X.
La série c,, 5, , C3 , c des premiers facteurs est dx sin. (;x, dx)...
dx sin. (jx, a^a). . .dx sin. ([a, 3r/a-'). . .dx ?h.w.[^,ndx^. En
général, la série des facteurs cjui servent à éliminer tous les
coefficients, exceptée. ,est<ia:sin.([AjC?.r).. .dx?AW. [[j.^^dx). . .
dx sin. (i;.-3dx). . . dxsin. {[j.ndx) ; elle est représentée par
le terme général ^^sin. (a-r), dans lequel on donne succes-
sivement à X toutes les valeurs ' •, .
dx idx 3dx. , . ndx.
On voit par là c[ue le procédé qui nous sert à détermi-
ner les coefficients, ne diffère en rien du calcul ordinaire de
l'élimination dans les équations du premier degré. Le nombre
n des équations est égal à celui des quantités inconnues «;, ,
<2, , «3 . . . « , et le même que le nombre des quantités don-
nées /",, y, , fi. . .y^. Les valeurs trouvées pour les coéffi-
72.
Ôya THÉORIE DE LA CHALEUR.
cients sont celles qui doivent avoir lieu pour que les n équa-
tions subsistent à la fois, c'est-à-dire , pour que l'équation (s)
subsiste lorsqu'on donne à x une de ces n valeurs comprises
entre o et X ; et comme le nombre n est infini , il s'ensuit
que le premier membre fx coïncide nécessairement avec le
second , lorsque la valeur x , substituée dans l'un et l'autre ,
est comprise entre o et X.
La démonstration précédente ne s'applique pas seulement
aux développemens dont la forme est
a, sin. (a,^) +rt, sin. ((a.o:) h- rtj sin. (p.3.r). . . + « .sin.(p.-x),
elle convient à toutes les fonctions y([A-t) que l'on pourrait
substituer à sin. ([j.j,r),en conservant la condition principale,
savoir, que l'intégrale \ dx 9 {[i.-x') y (;;. ar), ait une valeur
o
nulle lorsque / ety sont des nombres différents.
Si l'on propose de développer y"a^' sous cette forme:
^ a, COS. X fl, COS. o^x a, ces. iix')
fx = a + / . + ,, ■ +...,.)'+ etc.
o.sin.j: 6 sin. ix bi &\n. [ix)
Les racines [a, a, [xj. . . (j.^- • • etc., seront des nombres en-
tiers, et la condition
X
I dx COS. TaTCiYJsin. (^.■kJyj =0
o :
ayant toujours lieu lorsque les indices i et y sont des nom-
bres différents, on obtient, en déterminant les coefficients
n^, b ., l'équation générale (n), page a58, qui ne diltêre pas
de l'équation (A), page 555.
CHAPITRE IX. 573
425.
Si l'on omettait dans le second membre de l'équatioi) (e)
un ou plusieurs des termes qui répondent à une ou plusieurs
racines [A de l'équation (y), l'équation (e) ne serait pas vraie
en général. Pour s'en convaincre, supposons qu'un terme
contenant p. et a- ne soit point écrit dans le second membre
de l'équation (e), on pourrait multiplier respectivement les
a équations par les factevirs
dx sin. (pr. dx) , r/jt sin. (a -2 ^/j;) , dx sin. ^.3dx.... dx sin. [ij.ncix;) ;
et en les ajoutant, la somme de tous les termes des seconds
. membres serait nville , en sorte qu'il ne resterait aucun
des coefficients inconnus. Le résultat, formé de la somme
des premiers membres , c'est-à-dire la somme des valeurs
fif^fi---fy multipliées respectivement par les facteurs
dx sin. ([X -dx) , dx sin. [^-idx) , dxûn. (^3dx).... dxs\n.('^ n r/x},
se réduirait à zéro. Il faudrait par conséquent que cette rela-
tion existât entre les quantités données /, /, fi- • ■ /,i>' et
on ne pourrait point les considérer comme entièrement ar-
bitraires, ce qui est contre l'hypothèse. Si ces quantités
/ / /s / • • • ^^^ ^^^ valeurs quelconques, la relation dont
il s'agit ne subsiste point, et l'on ne pourrait pas satisfaire
aux conditions proposées, en omettant un ou plusieurs ter-
mes, tels que a ■ sin. {[>. -x) dans l'équation (<?). Donc la fonc-
tion/a? demeurant indéterminée, c'est-à-dire, représentant
le système d'un nombre inlini de constantes arbitraires qui
574 THÉORIE DE LA CHALEUR,
correspondent à des valeurs de x comprises entre o et X , il
est nécessaire d'introduire dans le second membre de l'équa-
tion (e) tous les termes, tels que « .sin. ([x -r), qui satisfont
à la condition
X
I dxfsin. {[j-^x) . sin. (^■x)j:=o^
o
les indices ietj étant différents ; mais s'il arrivait que la fonc-
tion /x fût telle que les n grandeurs /,/,/>■■■ /,^ eussent
entre elles cette relation exprimée par l'équation
jdx fsm.{i).-x) ./xj =o.
il est évident que le terme a- sin. (a-^) pourrait être omis
dans l'équation (e).
Ainsi, il y a plusieurs classes de fonctions/"^ dont le dé-
veloppement, représenté par le second membre de l'équa-
tion (e), ne contient pas certains termes correspondants à
quelques-unes des racines p.. Il y a, par exemple, des cas où
l'on doit omettre tous les termes dont l'indice est pair; et
nous en avons vu divers exemples dans le cours de cet ou-
vrage. Mais cela ne peut avoir lieu, si la fonction yo; a toute
la généralité possible. Dans tous les cas, on doit supposer
le second membre de l'équation (e) complet, et le calcul fait
connaître les termes qui peuvent être omis , parce que leurs
valeurs deviennent nulles.
CHAPITRE IX. . 575
426.
On voit clairement, par cet examen, que la f'onction/'r re-
présente, dans notre analyse, le système d'un nombre n de
quantités séparées, correspondantes aux n valeurs de x com-
prises entre o et X, et que ces n quantités ont des valeurs
actuelles, et par conséquent non wfinies, choisies à volonté.
Toutes pourraient être nulles, excepté une seule dont la
valeur serait donnée.
Il pourrait arriver que la série de ces n valeui's/] f, f^....
f fût exprimée par une fonction assujettie à une loi conti-
nue, telle que x ou x\ sin. x, cos. x , ou en général (p.r/ alors
la ligne ococurbe, dont les ordonnées représentent les valeurs
correspondantes aux abcisses x , et qui est placée au-dessus
de l'intervalle de .r:=:o à .r^X, se confond dans cet inter-
valle avec la courbe dont l'ordonnée est <pa^', et les coefficients
a, n, «3. . . a de l'équation (e), déterminés par la règle pré-
cédente, satisfont toujours à cette condition , qu'une valeur
de X comprise entre o et X, donne le même résultat étant
substituée dans (s^x, et dans le second membre de l'équa-
tion (c). ■ , . ■
F^ représente la température initiale de la couche splié-
riquc dont le rayon est x. On pourrait supposer, par exem-
ple, Y x^hx , c'est-à-dire, que la chaleur initiale croît pro-
poi'tionnellement à la distance, depuis le centre, où elle est
nulle, jusqu'à la surface, où elle est h\. Dans ce cas, xY x
o\if[x) est égale à bx^ ; en appliquant à cette fonction la
règle qui détermine les coefficients, on développerait bx' en
une suite de termes , tels que ',■■':■■'
a,s\ïi.{^.,x) + a.^s\n.{[j.,x) + <73sin.([y.3*')- • • '^ '^w^"^- ([^«^O-
576 THÉORIE DE LA CHALEUR.
Or chaque terme sin. ([/..a;), étant développé selon les puis-
sances de a^, ne contient que des puissances de rang impair,
et la fonction boc^ est une puissance de rang pair. Il est
très - remarquable que cette fonction bx^, désignant une
suite de valeurs données pour l'intervalle de o à X, puisse
être développée en une suite de termes , tels cjue
a .sin. (i].-x).
Nous avons déjà prouvé l'exactitude rigoureuse de ces résul-
tats, qui ne s'étaient point encore présentés dans l'analyse,
et nous avons montré le véritable sens des propositions qui
les expriment. On a vu, par exemple, dans l'article 223,
page 238, que la fonction cos. x est développée en une
suite de sinus d'arcs multiples, en sorte que dans l'équation
qui donne ce développement, le premier membre ne con-
tient que des puissances paires de la variable , et le second
ne contient que des puissances impaires. Réciproquement
la fonction sin. x, où il n'entre que des fonctions impaires,
est résolue, page 242, en une suite de cosinus qui ne con-
tiennent que les puissances paires.
Dans la question actuelle relative à la sphère , la valeur
de xFa; est développée au moyen de l'équation (e). Il faut
ensuite, comme on le voit art. 290, page 348, écrire dans
chaque terme le facteur exponentiel, qui contient t, et l'on
a, pour exprimer la température v, qui est une fonction
de X et t, l'équation
X
/y^asin. (a a) «Fa
— K[x;if^^
xv=^^sm.([i.-x)e — — ■ "
y^^ 3 sin. ([/./.). sin. ((A,- p) (E)
CHAPITRE IX. 577
La solution générale que donne cette équation (E) est tota-
lement indépendante de la nature de la fonction Fœ, parce
que cette fonction ne représente ici qu'une multitude infinie
de constantes arbitraires, qui répondent à autant de va-
leurs de X comprises entre o et X.
Si l'on supposait la chaleur primitive contenue dans une
seule partie de la sphère solide, par exemple, depuis a:=o
jusqu'à x = {'K^ et que les températures initiales des couches
supérieures fussent nulles, il suffirait de prendre l'intégrale
fdcL (sin. {^.cc) ./a) ,
entre les limites a?=o et x=- X.
En général, la solution exprimée par l'équation (E) con-
vient à tous les cas, et la forme du développement ne varie
point selon la nature de la fonction.
Supposons maintenant qu'ayant écrit sin. x au lieu de F.r,
on ait déterminé par l'intégration les coëfficiens a-, et que
l'on ait formé l'équation
a;sin. a; = ^,sin. ([j.,x) + (7, sin. (i/^x) + a^sin. (^.jX. . . .
+ a . sin. ^i.x -+■ etc.
Il est certain qu'en donnant à x une valeur quelconque com-
prise entre o et X , le second membre de cette équation équi-
vaut à crsin..r; c'est une conséquence nécessaire de notre
calcul. Mais il ne s'ensuit nullement qu'en donnant à x
une valeur non comprise entre o et X , la même égalité
aura lieu. On voit très-distinctement le contraire dans les
exemples que nous avons cités, et si l'on excepte les cas par-
73
578 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ticuliers, on peut dire que la fonction assujettie à une loi
continue, qui formerait le premier membre des équations
de ce genre, ne coïncide avec la fonction exprimée par le
second membre, que pour les valeurs de x comprises entre
o et X.
A proprement parler, l'équation (e) est identique, et elle
subsiste pour toutes les valeurs que l'on attrijjuerait à la
variable a.-; mais l'un et l'autre membre de cette équation
représentent une certaine fonction analytique qui coïncide
avec une fonction connue y^;, si l'on donne à la variable x
des valeurs comprises entre o et X. Quant à l'existence de
ces fonctions , qui coïncident pour toutes les valeurs de la
variable comprises entre certaines limites, et diffèrent pour
les autres valeurs , elle est démontrée par tout ce qui pré-
cède, et les considérations de ce genre sont un élément
nécessaire de l'analyse des différences partielles.
Au reste, il est évident que les équations (e) et (E) ne s'ap-
plic^uent pas seulement à la sphère solide dont le /ayon est
X, elles représentent, l'une l'état initial , l'autre l'état variable
du solide infinimer.t étendu, dont le corps sphérique fait
partie ; et lorsqu'on donne dans ces équations, à la va-
riable X, des valeurs plus grandes que X , elles se rapportent
aux parties de ce solide infini qui enveloppe la sphère. Cette
remarque convient aussi à toutes les questions dynamiques
que l'on résout par l'analyse des différences partielles.
427.
Pour appliquer la solution donnée par l'équation (E) au
cas oii une seule couche sphérique aurait été pi-imitivement
échauffée, toutes les autres ayant une température initiale
CHAPITRE IX. 579
nulle, il suffirait de prendre l'intégrale /"[c?asin.([A.a).aFa),
entre deux limites extrêmement voisines , a = r et a=:/ -l- u,
r étant le rayon de la surface intérieure de la couche échauf-
fée, et u l'épaisseur de cette couche.
Ou peut aussi considtfrer sépai'ëment l'effet résultant de
réchauffement initial d'une autre couche comprise entre les
limites /•+ u et r+ iu; et si l'on ajoute la température va-
riable due à cette seconde causc'à la température que Ton
avait d'abord trouvée lorsque la première couche était seule
échauffée, la somme des deux températures est celle qui au-
rait lieu , si les deux couches étaient échauffées à la fois. Il
suffirait, pour avoir égard aux deux causes réunies, de pren-
dre l'intégraley^/a (sin. (|Aj.a)aFa'), entre les limites a = /- et
a = 2u. Plus généralement, l'équation (E) pouvant être mise
sous cette forme :
V= jl doL. aFa . sin. {[j.-a) . 2
sin. []J. x) . e
X
X .
y(./psin.(ap)sin.(f..g))
On reconnaît que l'effet total de réchauffement des diffé-
rentes couches est la somme des effets partiels que l'on dé-
terminerait séparément, en supposant que chacune des cou-
ches a été seule échauffée. La même conséquence s'étend à
toutes les autres questions de la théorie de la chaleur ; elle
dérive de la nature même des équations , et la forme des in-
tégrales la rend manifeste. On voit que la chaleur contenue
dans chaque élément d'un corps solide produit son effet dis-
tinct, comme si cet élément avait été seul échauffé , tous les
autres ayant une température initiale nulle. Ces divers états
73.
58o THEORIE DE LA CHALEUR.
se superposent en quelque sorte, et se rassemblent pour
former le système général des températures.
C'est pour cette raison que la forme de la fonction qui re-
présente l'état initial doit être regardée comme entièrement
arbitraire. L'intégrale définie, qui entre dans l'expression de
la température variable , ayant les mêmes limites que le so-
lide échauffé , montre expressément que l'on réunit tous les
effets partiels dus à réchauffement initial de chaque élément.
428.
Nous terminerons ici cette section, dont l'objet appartient
presque entièrement à l'analyse. Les intégrales que nous
avons obtenues ne sont point seulement des expressions
générales qui satisfont aux équations différentielles; elles
représentent de la manière la plus distincte l'effet naturel ,
qui est l'objet de la question. C'est cette condition princi-
pale que nous avons eu toujours en vue, et sans laquelle les
résultats du calcul ne nous paraîtraient que des transforma-
tions inutiles. Lorsque cette condition est remplie, l'inté-
grale est, à proprement parler, l'équation da phénomène ;
elle en exprime clairement le caractère et le progrès, de
même c]ue l'équation finie d'une ligne ou d'une surface
courbe fait connaître toutes les propriétés de ces figuies
Pour découvrir ces solutions , nous ne considérons point
une seule forme de l'intégrale ; nous cherchons à obtenir
immédiatement celle qui est propre à la question. C'est ainsi
que l'intégrale, qui exprime le mouvement de la chaleur dans
une sphère d'un rayon donné, est très-différente de celle
qui expinme ce mouvement dans un corps cylindrique, ou
même dans une sphère d'un rayon supposé infini. Or, cha-
CHAPITRE IX. 58i
cune de ces intégrales aune forme de'terminëe qui ne peut pas
être suppléée par une autre. Il est nécessaire d'en faire usage,
si l'on veut connaître la distribution de la chaleur dans le
corps dont il s'agit. En général, on ne pourrait apporter
aucun changement dans la forme de nos solutions, ^ns leur
faire perdre leur caractère essentiel, qui est de représenter
les phénomènes.
Ces diverses intégrales pouriaient être déduites les unes
des autres; car elles ont la même étendue. Mais ces trans-
formations exigent de longs calculs, et supposent presque
toujours que la forme des résultats est connue d'avance.
On peut considérer en premier lieu, des corps dont les di-
mensions sont finies, et passer de cette question à celle qui
se rapporte à un solide non terminé. On substitue alors
une intégrale définie à la somme désignée par le signe 2»
C'est ainsi que les équations (a) et fp), rapportées au com-
mencement de cette section , dépendent l'une de l'autre. La
première devient la seconde, lorsqu'on suppose le rayon R
iniini. On peut réciproquement déduire de cette seconde
équation ( p ) les solutions relatives aux corps de dimensions
limitées.
En général, nous avons cherché à obtenir chaque résultat
par la voie la plus courte. Voici les éléments principaux de
la méthode que nous avons suivie.
1° On considère à-là-fois la condition générale donnée par
l'équation aux différences partielles , et toutes les conditions
singulières qui déterminent entièrement la question , et l'on
se propose de former l'expression analytique qui satisfait à
toutes ces conditions.
2° On reconnaît d'abord cpie cette expression contient un
582 THEORIE DE LA CHALEUR.
nombre indéfini de termes, où il entre des constantes in-
connues, ou qu'elle équivaut à une intégrale oii se trouvent
une ou plusieurs fonctions arbitraires. Dans le premier cas,
c'est-à-dire, lorsque le terme général est affecté du signe 2i
on déduit des conditions spéciales une équation transcen-
dante déterminée, dont les racines donnent les valeurs d'un
nombre infini de constantes.
Le second cas a lieu lorsque le terme' général devient une
quantité infiniment petite ; alors la somme de la série se
change en une intégrale définie.
3° On peut démontrer par les théorèmes fondamentaux
de l'algèbre, ou même par la nature physique de la ques-
tion, que l'équation transcendante a toutes ses racines réelles
en nombre infini.
4' Dans les questions élémentaires, le terme général est
formé de sinus ou cosinus ; les racines de l'équation déter-
minée sont des nombres entiers, ou des quantités réelles
et irrationnelles : chacune d'elles est comprise entre deux
limites déterminées.
Dans les questions plus composées, le terme général est
formé d'une fonction implicitement donnée au moyen d'une
équation différentielle intégrable ou non. Quoi qu'il en soit,
l'équation déterminée subsiste ; elle a toutes ses racines réelles
en nombre infini. Cette distinction des parties, dont l'inté-
grale doit être composée, est très-importante, parce qu'elle
fait connaître clairement la forme de la solution, et les rela-
tions nécessaires entre les coefficients.
5' Il reste à déterminer les seules constantes qui dépendent
de l'état initial, ce qui se fait par l'élimination des inconnues
dans un nombre infini d'équations du premier degré. On
CHAPITRE IX. 583
multiplie l'equation qui se rapporte à l'e'tat initial par un fac-
teur différentiel, et l'on intègre entre des limites définies,
qui sont le plus souvent celles du solide où le mouvement
s'accomplit.
Il y a des questions pour lesquelles nous avons déterminé
les coefficients par des intégrations successives, comme ou
le verra dans le mémoire qui a pour objet la température
des habitations. Dans ce cas , on considère les intégrales
exponentielles qui conviennent à l'état initial du solide in-
fini; car il est facile d'obtenir ces intégrales.
Il résulte des intégrations que tous les termes du second
membre dispai'aissent , excepté celui dont on veut détermi-
ner le coefficient. Dans la valeur de ce coefficient , le dénomi-
nateur devient nul , et l'on obtient toujours une intégrale
définie dont les limites sont celles du solide, et dont un des
facteurs est la fonction arbitraire qui convient à l'état ini-
tial. Cette forme du résultat est nécessaire, parce que le mou-
vement variable, qui est l'objet de la cpestion, se compose
de tous ceux qui auraient lieu séparément, si chaque point
du solide était seul échauffé, et que la température initiale
de tous les autres fût nulle.
Lorsqu'on examine avec soin ce procédé d'intégration,
qui sert à déterminer les coefficients , on voit qu'il contient
une démonstration complète, et qu'il montre très -distinc-
tement la nature des résultats, en sorte cju'il n'est nullement
nécessaire de les vérifier par d'autres calculs.
La plus remarquable des questions que nous ayons ex-
posées jusqu'ici , et la plus propre à faire connaître l'en-
semble de notre analyse, est celle du mouvement variable
de la chaleur dans un corps cylindrique. Dans d'autres re-
584 THEORIE DE LA CHALEUR.
cherches, la de'termination des coefficients exigerait des pro-
cèdes de calcul que nous ne connaissons point encore. Mais
il faut remarquer que l'on peut toujours, sans déterminer
les valeurs des coefficients, acquérir une connaissance exacte
de la question, et de la marche naturelle du phénomène qui
en est l'objet; la considération principale est celle des mou-
vements simples.
6" Lorsque l'expression cherche'e contient une intégrale
définie, on détermine les fonctions inconnues placées sous
le signe y, soit par les théorèmes que nous avons donnés
pour exprimer les fonctions arbitraires en intégrales défi-
nies , soit par un procédé plus composé , dont on trouvera
divers exemples dans la seconde Partie.
Ces théorèmes s'étendent à un nombre quelconque de va-
riables. Ils appartiennent en quelque sorte à une méthode
inverse d'intégration définie : car ils servent à déterminer
sous les signes y et 2 des fonctions inconnues qui doivent
être telles , que le résultat de l'intégration soit une fonction
donnée.
Les mêmes principes s'appliquent à diverses autres ques-
tions de géométrie, de physique générale, ou d'analyse,
soit que les équations contiennent des différences finies ou
infiniment petites , soit qu'elles comprennent les unes et les
autres.
Les solutions Cjue l'on obtient par cette méthode sont
complètes, et consistent dans des intégrales générales. Au-
cune autre intégrale ne peut avoir plus d'étendue. Les objec-
tions qui avaient été proposées à ce sujet sont dénuées de
tout fondement; il serait aujourd'hui superflu de les discuter.
7° Nous avons dit que chacune de ces solutions donne
CHAPITRE IX. 585
V équation propre du phénomène , parce qu'elle le représente
distinctement dans toute l'étendue de son cours, et qu'elle
sert à de'terminer facilement en nombre tous les re'sultats.
Les fonctions que l'on obtient par ces solutions sont donc
compose'es d'une multitude de termes, soit finis, soit infi-
niment petits : mais la forme de ces expressions n'a rien
d'arbitraire; elle estdëtermine'e par le caractère physique du
phénomène. C'est pourquoi, lorsque la valeur de la fonction
est exprimée par une série où il entre des exponentielles re-
latives au temps, il est nécessaire que cela soit ainsi, parce
que l'effet naturel dont on lecherche les lois , se décompose
réellement en parties distinctes, correspondantes aux diffé-
rents termes de la série. Ces parties expriment autant de
mouvements simples compatibles avec les conditions spé-
ciales ; pour chacun de ces mouvements , toutes les tempé-
ratures décroissent en consei'vant leurs rapports primitifs.
On ne doit pas voir dans cette composition un résultat de
l'analyse dû à la seule forme linéaire des équations différen-
tielles, mais uu effet subsistant qui devient sensible dans les
expériences. Il se présente aussi dans les questions dyna-
miques où l'on considère les causes qui anéantissent le mou-
vement; mais il appartient nécessairement à toutes les ques-
tions de la théorie de la chaleur, et il détermine la nature
de la méthode que nous avons suivie pour les résoudre.
La théorie mathématique de la chaleur se forme, i" de la
définition exacte de tous les éléments du calcul ; 2" des équa-
tions différentielles ; 3° des intégrales propres aux questions
fondamentales. On peut arriver aux équations par plusieurs
voies; on peut aussi obtenir les mêmes intégrales, ou ré-
soudre d'autres questions, en apportant quelc[ue change-
74
58(3 THÉORIE DE LA CHALEUR.
ment dans la marche du calcul. Nous pensons que ces re-
cherches ne constituent point une méthode différente de la
nôtre; mais elles confirment et multiplient les résultats.
9° On avait objecté, au sujet de notre analyse, que les
équations transcendantes qui déterminent les exposants ,
ayant des racines imaginaires, il serait nécessaire d'employer
les termes qui en proviennent, et qui indiqueraient dans
une partie du phénomène le caractère périodique : mais
cette objection n'est point fondée, parce que les équations
dont il s'agit ont en effet toutes leurs racines réelles , et
qu'aucune partie du phénomène ne peut être périodique.
10° On avait allégué que pour résoudre avec certitude les
questions de ce genre, il est nécessaire de recourir dans
tous les cas à une certaine forme de l'intégrale que l'on dé-
signait comme générale; et l'on proposait, sous cette déno-
mination, l'équation (y) de l'article 898; mais cette distinc-
tion n'est point fondée, et l'usage d'une seule intégrale
n'aurait pour effet, dans plusieurs cas, que de compliquer
le calcul sans nécessité. Il est d'ailleurs évident que cette in-
tégrale (y) se déduit de celle que nous avons donnée en 1807
■pour déterminer le mouvement de la chaleur dans une ar-
mille d'un rayon déterminé R; il suffit de donner à R une
valeur infinie.
11° On a pensé que la méthode qui consiste à exprimer
l'intégrale par une suite de termes exponentiels, et à déter-
miner les coefficients au moyen de l'état initial, ne résout
point la question relative à un prisme qui perd inégalement
sa chaleur par ses deux extrémités ; ou que, du moins, il
serait très-difficile de vérifier ainsi la solution que l'on dé-
duit de l'intégrale (y) par de longs calculs. On reconnaîtra
CHAPITRE IX. 587
par uu nouvel examen, que notre méthode s'applique di-
rectement à cette question , et qu'il suftit même xlune seule
intégration.
i2<* Nous avons développé en séries de sinus d'arcs mul-
tiples des fonctions qui paraissent ne contenir que des puis-
sances paires de la variable, par exemple, cos jc. Nous avons
expi'imé par des suites convergentes ou en intégrales défi-
nies des parties séparées de diverses fonctions ou des fonc-
tions discontinues entre certaines limites, par exemple, celle
qui mesure l'ordonnée dans un triangle. Nos démonstrations
ne laissent aucun doute sur l'exacte vérité de ces équa-
tions.
i3° On trouve dans les ouvrages de tous les géomètres des
résultats et des procédés de calcul analogues à ceux que
nous avons employés. Ce sont des cas particuliers d'une mé-
thode générale qui n'était point encore formée , et qu'il
devenait nécessaire d'établir pour connaître, même dans les
questions les plus simples , les lois mathématiques de la dis-
tribution de la chaleur. Cette théorie exigeait une analyse
qui lui est propre, et dont un élément principal est l'expres-
sion analytique des Jonctions séparées, ou des parties de
fonctions.
Nous entendons ^^nr Jonction séparée, ou partie de Jonc-
tion, une fonction fx qui a des valeurs subsistantes, lors-
que la variable x est comprise entre des limites données, et
dont la valeur est toujours nulle, si la variable n'est pas
comprise entre ces limites. Cette fonction mesure l'ordonnée
d'une ligne qui comprend un arc fini d'une forme arbi-
traire, et se confond avec l'axe des abcisses dans tout le
reste de son cours.
588 THÉORTE DE LA CHALEUR.
Cette notion n'est point opposée aux principes généraux
du calcul; on pourrait même en trouver les premiers fonde-
ments dans les écrits de Daniel Bernouilly, de Clairaut, de
La Grange et d'EulcT. Toutefois on avait regardé comme
manifestement impo.-sible d'exprimer en séries de sinus
d'arcs multiples, ou du moins en séries trigonométriques
convergentes, une fonction qui n'a de valeurs subsistantes*que
si celles de la variable sont comprises entre certaines limites,
et dont toutes les autres valeurs seraient nulles. Mais ce point
d'analyse est pleinem: nt éclairci, et il demeure incontes-
table que les fonctions séparées, ou parties de fonctions, sont
exactement exprimées par des séries trigonométriques con-
vergentes, ou pai- dis intégrales définies Nous avons insisté
sur cette conséquence dès l'origine de nos recherches jus-
qu'à ce jour, parce qu'il ne s'agit point ici d'une question
abstraite et isolée, mais d'une considération principale, in-
timement liée aux applications les plus utiles et les plus
étendues Rien ne nous a paru plus propre que les construc-
tions géométriques à démontrer la vérité de ces nouveaux
résultats, et à rendre sensibles les formes que l'analyse em-
ploie pour les exprimer.
i4° Les principes qui nous ont servi à établir la théorie
analytique de la chaleur, s'appliquent immédiatement à la
recherche du mouvement des ondes dans les liquides dont une
partie a été agitée. Ils donnent aussi celle des vibrations des
lames élastiques, des surfaces flexibles tendues, des surfaces
planes élastiques de très-grandes dimensions, et conviennent
en général aux questions qni dépendent de la théorie de
l'élasticité. Le propre des solutions que l'on déduit de ces
principes est de rendre les applications numériques faciles,
CHAPITRE IX. 589
et de présenter des résultats distincts et sensibles , qui dé-
terminent réellement l'objet de la question, sans ("aire dépen-
dre cette connaissance d'intégrations ou d'éliminations qu'on
ne peut effectuer. Nous regardons comme supeiflue toute
transformation du résultat du calcul qui ne satisfait point
à cette condition principale.
429.
1° Nous présenterons maintenant diverses remarques
concernant les équations différentielles du mouvement de la
chaleur.
Si deux molécules d'un même corps sont extrêmement
voisines et ont des températures inégales, celle qui est la plus
échauffée communique directement à l'autre pendant un
instant une certaine quantité de chaleur; cette quantité est
proportionnelle à la différence extrêmement petite des tempé-
ratures : c'est-à-dire que si cette différence devenait double
triple, quadruple, et que toutes les autres conditions demeu-
rassent les mêmes, la chaleur communiquée serait double
triple, quadruple.
Cette proposition exprime un fait général et constant,
qui suffit pour servir de fondement à la théorie mathéma-
tique. Le mode de transmission est donc connu avec cer-
titude, indépendamment de toute hypothèse sur la nature
de la cause , et il ne peut être envisagé sous deux points
de vue différents. Il est évident que la communication im-
médiate s'opère suivant toutes les directions, et cju'elle n'a
lieu dans les fluides ou les liquides non diaphanes, qu'entre
des molécules extrêmement voisines.
Les, équations générales du mouvement de la chaleur ,
r.
THEORIE DE LA CHALEUR.
.90
dans l'intérieur des solides de dimensions quelconques, et
à la surface de ces corps , sont des conséquences nécessaires
de la proposition précédente. Elles s'en déduisent rigoureu-
sement , comme nous l'avons prouvé dans nos premiers Mé-
moires en 1807, et l'on obtient facilement ces équations au
moyen de lemmes dont la démonstration n'est pas moins exacte
que celle des propositions élémentaires de la mécanique.
On déduit encore ces équations de la même proposition ,
en déterminant par des intégrations , la quantité totale de
chaleur qu'une molécule reçoit de celles qui l'environnent.
Ce calcul n'est sujet à aucune difficulté. Les lemmes dont
il s'agit suppléent aux intégrations, parce qu'ils donnent im-
médiatement l'expression du flux, c'est-à-dire de la quan-
tité de chaleur qui traverse une section quelconcjue. L'un et
l'autre calcul doivent évidemment conduire au même ré-
sultat; et comme il n'y a aucune différence dans le principe,
il ne peut point y en avoir dans les conséquences..
2.° Nous avons donné, en 181 1, l'équation générale qui se
rapporte à la surface. Elle n'a pas été déduite de cas parti-
culiers , comme on l'a supposé sans aucun fondement , et
elle n'aurait pu l'être; la proposition qu'elle exprime n'est
point de nature à être découverte par voie d'induction ; on
ne peut pas la connaître pour certains corps, et l'ignorer
pour les autres ; elle est nécessaire pour tous , afin que l'é-
tat de la superficie ne subisse pas dans un temps détermine' un
changement infini. Nous avons omis dans notre Mémoire les
détails de la démonstration , parce qu'ils consistent seule-
ment dans l'application de propositions connues. Il suffisait
dans cet écrit de donner le principe et le résultat, comme
oous l'avons fait dans l'article i5 du Mémoire cité.
CHAPITRE IX. 591
On déduit aussi de cette même condition l'équation gé-
nérale dont il s'agit, en déterminant la quantité totale de
chaleur que chaque molécule placée à la surface reçoit et
communique. Ces calculs très-composés ne changent rien à
la nature de la démonstration.
Dans la recherche de l'équation différentielle du mouve-
ment de la chaleur, on peut supposer que la masse n'est
point homogène , et il est très-facile de déduire cette équa-
tion de l'expression analytique du flux ; il suffit de laisser
sous le signe de la différentiation le coefficient qui mesure
la conducibilité.
3° Newton a considéré le premier la loi du refroidisse-
ment des corps dans l'air : celle qu'il a admise pour le cas
où l'air est emporté avec une vitesse constante, est d'autant
plus conforme aux observations que la différence des tem-
pératures est moindre ; elle aurait lieu exactement, si cette
différence était infiniment petite.
Amontons a fait une expérience remarquable sur l'établis-
sement de la chaleur dans un prisme dont l'extrémité est
assujettie à une température déterminée. La loi logarith-
mique du décroissement des températures dans ce prisme,
a été donnée pour la première fois par Lambert , de l'Aca-
démie de Berhn. MM. Biot et de Rumford ont confirmé
cette loi par des expériences.
Pour découvrir les équations différentielles du mouvement
variable de la chaleur, et même dans le cas le plus élémen-
taire, comme celui du prisme cylindrique d'un très-petit
rayon, il était nécessaire de connaître l'expression mathé-
matique de la quantité de chaleur qui traverse une partie
extrêmement petite du prisme. Cette quantité n'est pas seu-
/
bgo. ' THÉORIE DE LA CHALEUR.
lement proportionnelle à la différence des températures des
deux sections qui terminent la tranche. On prouve de la
manière la plus rigoureuse qu'elle est aussi-en raison inverse
de l'épaisseur de cette tranche, c'est-à-dire, que si deux
tranches cViin même prisme étaient inégalement épaisses, et
que pour la première , la différence des températures des
deux bases fut la même que pour la seconde, les quantités
de chaleur qui traversent ces tranches pendant le même in-
stant, seraient en raison inverse des épaisseurs. Le lemme
précédent ne convient pas seulement à des tranches dont
l'épaisseur est infiniment petite ; il s'applique à des prismes
d'une épaisseur quelconque. Cette notion du flux est fon-
damentale ; tant qu'on ne l'a point acquise , on ne peut se
former une idée exacte du phénomène et de l'équation qui
l'exprime.
Il est évident que l'accroissement instantanée de la tem-
pérature d'un point , est proportionnel à l'excès de la quan-
tité de chaleur que ce point a reçue, sur la quantité qu'il a
perdue, et qu'une équation différentielle partielle doit expri-
mer ce résultat : mais la question ne consiste pas à énoncer
cette proposition, qui est le fait lui-même; elle consiste à
former réellement l'équation différentielle, ce qui exige que
l'on considère ce fait dans ses éléments. Si au lieu d'em-
ployer l'expression exacte du flux de chaleur, on omet le
dénominateur de cette expression , on fait naître par cela
même une difficulté qui n'est nullement inhérente à la ques-
tion; et il n'y a aucune théorie mathématique qui n'en pré-
sentât de semblables , si l'on commençait par altérer le prin-
cipe des démonstrations. Non-seulement on ne peut former
ainsi une équation différentielle : mais il n'y a rien de plus
CHAPITRE IX. 593
opposé à une équation, qu'une proposition de ce genre, où
l'on exprimerait légalité de quantités qui ne peuvent être
comparées. Pour éviter cette erreur, il suffit de donner quel-
que attention à la démonstration et aux conséquences du
lemme précédent (art. 65, 66^ 67, et art. ^5).
4° Quant aux notions dont nous avons déduit pour la pre-
mière fois les équations différentielles, elles sont celles que
les physiciens ont toujours admises. Nous ignorons si quel-
qu'un a pu concevoir le mouvement de la chaleur, comme
étant produit dans lintérieur des corps par le seul contact
des surfaces qui séparent les différentes parties. Pour nous,
une telle proposition nous paraîtrait dépourvue de tout sens
intelligible. Une surface de contact ne peut être le sujet d'au-
cune qualité physique; elle n'est ni échauffée , ni colorée, ni
pesante. Il est évident que lorsqu'une ]>artie d'un corps
donne sa chaleur à une autie, il y a une infinité de points
matériels de la première, qui agissent sur une infinité de
points de la seconde. Il faut seulement ajouter que dans
l'intérieur des matières opaques , les points dont la distance
n'est pas très-petite ne peuvent se communiquer dii'ectement
leur chaleur; celle qu'ils s'envoient est interceptée par les
molécules intermédiaires. Les tranches en contact sont les
seules qui se communiquent immédiatement leur chaleur,
lorscpie l'épaisseur de ces tranches égale ou surpasse la dis-
tance que la chaleur envoyée par un point, parcourt avant
d'être entièrement absorbée. Il n'y a d'action directe qu'entre
les points matériels extrêmement voisins, et c'est pour cela,
que l'expression du flux a la forme que nous lui attribuons.
Ce flux résulte donc d'une multitude infinie d'actions dont
les eifets s'ajoutent; mais ce n'est point pour cette cause
75
594 THEORIE DE LA CHALEUR.
que sa valeur, pendant l'unité de temps est une grandeur
finie et mesurable, quoiqu il ne soit déterminé que par une
différence extrêmement petite entre les températures.
Lorsqu'un corps échauffé perd sa chaleur dans un milieu
élastique, ou dans un espace vide d'air terminé par une
enveloppe solide, la valeur de «e flux extérieur est assuré-
ment une intégrale; elle est encor due à l'action d'une infi-
nité de points matériels, très-voisins de la surface, et nous
avons démontré autrefois, que ce concours détermine la loi
du rayonnement extérieur. Cependant la quantité de cha-
leur émise , pandant l'îmité de temps, serait infiniment pe-
tite, si la différence des températures n'avait point une valeur
finie. Dans l'intérieur des masses, la (acuité conductrice est
incomparablement plus grande que celle qui s'exerce à la
superficie. Cette propriété, quelle qu'en puisse être la cause,
nous est connue de la manière !a plus claire, puisque le
prisme étant parvenu à son état constant, la quantité de
chaleur qui traverse une section , pendant l'unité de temps,
compense exactement celle qui se dissipe par toute la partie
de la surface échauffée, qui est placée au-delà de cette sec-
tion ,et dont les températures surpassent celle du milieu d'une
grandeur finie. Lorsqu'on n'a point égard à ce fait prin-
cipal, et que l'on omet le diviseur dans l'expression du flux,
il est entièrement impossible de former l'équation différen-
tielle , même pour le cas le plus simple; à plus forte raison,
serait-on arrête dans la recherche des équations générales.
5° De plus , il est nécessaire de connaître comment les di-
mensions de la section du prisme influent sur les valeurs
des températures acquises. Quoiqu'il s'agisse seulement du
mouvement linéaire , et que tous les points d'une section
CHAPITRE IX. 5cf5
soient regardés comme ayant la même température, il ne
s'ensuit pas que l'on puisse faire abstraction des dimen-
sions de la section, et étendre à d'autres prismes les consé-
quences qui ne conviennent qu'à un seul. On ne peut point
former l'équation exacte sans exprimer cette relation entre
l'étendue de la section et l'effet produit à l'extrémité du
prisme.
Nous ne développerons pas davantage l'examen des prin-
cipes qui nous ont conduit à la connaissance des équations
différentielles ; nous ajoutons seulement que pour porter
un jugement approfondi sur l'utilité de ces principes, il faut
aussi considérer des questions variées et difficiles : par exem-
ple, celle que nous allons indiquer, et dont la solution man-
quait à notre théorie, ainsi que nous l'avions Itiit remar-
quer depuis long-temps. Cette question consiste à former les
équations différentielles, qui expriment la distribution de la
chaleur dans les liquides en mouvement, lorsque toutes les
molécules sont déplacées par des forces quelconques, com-
binées avec les changements de température. Ces équations
que nous avons données dans le cours de l'année 1820, ap-
partiennent à l'hydrodynamique générale; elles complètent
cette branche de la mécanique analytique.
43o.
Les différents corps jouissent très -inégalement de cette
propriété que les physiciens ont appelée conductibilité ou
conducibilite\ c'est-à-dire de la faculté d'admettre la chaleur,
et de la propager dans fintérieur des masses. Nous n'avons
point changé ces dénominations, quoique elles ne nous pa-
raissent point exactes. L'une et l'autre, et sur- tout la pre-
75.
-S»
596 THEORIE DE LA CHALEUR.
mière, exprimeraient plutôt, selon toutes les analogies, la
faculté d'être conduit que celle de conduire.
La chaleur pénètre avec plus ou moins de facilité la su-
])erfîcie des dÏA^erses substances , soit pour s'y introduire , soit
pour en sortir , et les corps sont inégalement perméables à
cet élément, c'est-à-dire qu'il s'y propage avec plus ou moins
de facilité , en passant d'une molécule intérieure à une autre.
jNous pensons que l'on pourrait désigner ces deux propriétés
distinctes par les noms à& pénétrahilitê , et Ôl^ perméabilité.
Il faut sur-tout ne point perdre de vue que la pénétrabilité
de la surface dépend de deux qualités différentes : l'une est
relative au milieu extérieur, et exprime la facilité de la
communication par le contact ; l'autre consiste dans la pro-
priété d'émettre ou d'admettre la chaleur rayonnante. Quant
à la perméabilité spécifique, elle est propre à chaque sub-
stance, et indépendante de l'état de la superficie. Au reste,
les définitions précises sont le vrai fondement de la théorie;
mais les dénominations n'ont point, dans la matière que
nous traitons, le même degré d'importance.
43 r.
On ne peut point appliquer cette dernière xemarque aux.
notations, car elles contribuent beaucoup aux progrès de la
science du calcul. On ne doit les proposer qu'avec réserve,
ni les admettre qu'après un long examen. Celle que nous
avons employée se réduit à indiquer au-dessous et au-dessus
du signe d'intégration /"les limites de l'intégrale, en écri-
vant immédiatement après ce signe, la différentielle de la
quantité qui varie entre ces limites.
On se sert aussi du signe ;2 pour exprimer la somme
CHAPITRE IX. 697
d'un nombre indéfini de termes qui dérivent d'un terme
général, où l'on fait varier l'indice i. Nous plaçons cet indice,
s'il est nécessaire, au-devant du signe, et nous écrivons la
première valeur de i au-dessous, et la dernière au-dessus.
L'emploi habituel de ces notations en fera connaître toute
l'utilité, principalement lorsque le calcul des intégrales dé-
finies devient composé , et lorsque les limites de l'intégrale
sont elles-mêmes l'objet de ce calcul.
432.
Les résultats principaux de notre théorie sont les équa-
tions différentielles du mouvement de la chaleur dans les
corps solides ou liquides, et l'équation générale qui se rap-
porte à la surface. La vérité de ces équations n'est point
fondée sur une explication physique des effets de la chaleur.
De quelque manière que l'on veuille concevoir la nature de
cet élément, soit qu'on le regarde comme un être matériel
distinct , qui passe d'une partie de l'espace dans une autre ,
soit qn'on fasse consister la chaleur dans la seule transmis-
sion du mouvement, on parviendra toujours aux mêmes
équations, parce que l'hypothèse qu'on aura formée doit
représenter les faits généraux et simples, dont les lois ma-
thématiques sont dérivées.
La quantité de chaleur que se transmettent deux molécules
dont les températures sont inégales , dépend de la différence
de ces températures. Si la différence est infiniment petite , il
est certain que la chaleur communiquée est proportionnelle
à cette différence ; toutes les expériences concourent à dé-
montrer rigoureusement cette proposition. Or pour établir
les équations différentielles dont il s'agit, on considère seu-
bgS THEORIE DE LA CHALEUR.
lement l'action réciproque des molécules infiniment voisines.
II n'y a donc aucune incertitude sur la forme des équations
qui se rapportent à l'intérieur de la masse.
L'équation relative à la surface exprime , comme nous
l'avons dit, que le flux de la chaleur, dans le sens de la nor-
male et à l'extrémité du solide, doit avoir la mAme valeur,
soit que l'on calcule l'action mutuelle des molécules du so-
lide, soit que l'on considèie l'action que le milieu exerce sur
l'enveloppe. L'expression analytique de la première valeur
est très-simple, et exactement connue; quant à la seconde
valeur, elle est sensiblement proportionnelle à la tempéra-
ture de la surface , lorsque l'excès de cette température sur
celle du milieu est une quantité assez petite. Dans les autres
cas, il faut regarder cette seconde valeur comme donnée par
une série d'observations ; elle dépend de l'état de la superfi-
cie, de la pression et de la nature du milieu; c'est cette
valeur observée qui doit former le second membre de l'équa-
tion relative à la surface.
Dans plusieurs questions importantes, cette dernière équa-
tion est remplacée par une condition donnée , qui exprime
l'état ou constant, ou variable, ou périodique de la super-
ficie.
433.
Les équations différentielles du mouvement de la chaleur
sont des conséquences mathématiques analogues aux équa-
tions générales de l'équilibre et du mouvement, et cjui dé-
rivent, comme elles, des faits naturels les plus constants.
Les coefficients c, A, Ji, qui entrent dans ces équations,
doivent être considérés , en général, comme des grandeurs
CHAPITRE IX. 599
variables , qui dépendent de la température, ou de l'état des
corps. Mais dans l'application aux qiu^stions naturelles qui
nous intéressent le plus, on peut attribuer à ces coefficients
des valeurs sensiblement constantes.
Le premier coefficient c varie très -lentement, à mesure
que la température s'élève. Ces changements sont presque
insensibles dans un intervalle d'environ trente dcj^^rés. Une
suite d'observations précieuses, dues à MM. les professeurs
Dulong et Petit, indique que cette valeur de la capacité
spéciiique croît fort lentement avec la température.
Le coefficient A, qui mesure la pénétrabilité de la surface,
est plus variable, et se rapporte à un état très-composé. Il
exprime la quantité de chaleur communiquée au milieu, soit
par l'irradiation, soit par le contact. Le calcul rigoureux de
cette quantité dépendrait donc de la question du mouvement
de la chaleur dans les milieux liquides ou aériformes. Mais
lorsque l'excès de température est une quantité assez petite,
les observations prouvent que la valeur du coefficient peut
être regardée comme constante. Dans d'autres cas, il est fa-
cile de déduire des expériences connues une correction qui
donne au résultat une exactitude suffisante.
On ne peut douter que le coefficient A", mesure de la per-
méabilité, ne soit sujet à des variations sensibles; mais on
n'a encore fait, sur ce sujet important, aucune suite d'expé-
riences propresànous apprendre comment la facilité de con-
duire la chaleur change avec la température et avec la pres-
sion. On voit par les observations, que cette qualité peut
être regardée comme constante dans une assez grande partie
de l'échelle thermométrique. Mais ces mêmes observations
nous porteraient k croire que la valeur du coefficient dont il
Goo THÉORIE DE LA CHALEUR.
s'agit, est beaucoup plus changée par les accroissements de
température, que celle de la capacité spécifique.
Enfin la dilatabilité des solides, ou la disposition à aug-
menter de volume, n'est point la même à toutes les tempé-
ratures : mais dans les questions que nous avons traitées,
ces changements ne peuvent point altérer d'une manière sen-
sible la précision des résultats. En général, dans l'étude des
grands phénomènes naturels qui dépendent de la distribu-
tion de la chaleur, on est fondé à regarder comme con-
stantes les valeurs des coefficients. Il est d'abord nécessaire
de considérer sous ce point de vue les conséquences de la
théorie. Ensuite la comparaison attentive de ces résultats
avec ceux d'expériences trës-précises , fera connaître quelles
sont les corrections dont on doit faire usage, et l'on donnera
aux recherches théoriques une extension nouvelle, à mesure
que les observations deviendront plus nombreuses et plus
exactes. On connaîtra alors quelles sont les causes qui pour-
raient modifier le mouvement de la chaleur dans l'intérieur
des corps, et la théorie acquerra une perfection qu'il serait
impossible de lui donner aujourd'hui.
La chaleur lumineuse, ou celle qui accompagne les rayons
de lumière envoyés par les corps enflammés, pénètre les
solides et les liquides diaphanes, et s'y éteint progressive-
ment en parcourant un intervalle de grandeur sensible.
On ne pourrait donc point supposer, dans l'examen de ces
questions , que les impressions directes de la chaleur ne se
portent qu'à une distance extrêmement petite. Lorsque cette
distance a une valeur finie, les équations diflérentielles pren-
nent une forme différente : mais cette partie de la théoi'ie ne
présenterait des applications utiles qu'en se fondant sur des
CHAPITRE IX. 6qi
connaissances expérimentales que nous n'avons point encore
acquises.
Les expériences indiquent que , pour les températures
peu élevées , une portion extrêmement faible de la chaleur
obscure jouit de la même propriété que la chaleur lumineuse;
il est vraisemblable que la distance où se portent les impres-
sions de la chaleur qui pénètre les solides, n'est pas totale-
ment insensible, et qu'elle est seulement fort petite : mais
cela n'occasione aucune différence appréciable dans les résul-
tats de la théorie ; ou du moins , ces différences ont échappé
jusqu'ici à toutes les observations.
FIN.
j6
TABLE
DES MATIÈRES CONTENUES DANS CET OUVRAGE f).
CHAPITRE PREMIER.
INTRODUCTION.
SECTION PREMIÈRE.
Exposition de l'objet de cet Ouvrage.
Article i.
gcs-
I. Objet des recherclies théoriques.
Art. 1, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. \
3. Exemples divers, armille, cube, sphère, prisme infini; la tempé-
rature variable d'un point quelconque est une fonction des coor-
données de ce point et du temps. — La quantité de chaleur qui ,
pendant l'unité de temps, traverse une surface donnée dans l'in-
térieur du solide , est aussi une fonction du temps écoulé, et des
quantités qui déterminent la forme et la position de la surface.
— La théorie a pour objet de découvrir ces fonctions.
Art. 1 1 .
8. Les trois quantités spécifiques qu'il est nécessaire d'observer, sont
(*) Chaque paragraphe de celte Table indique la matière traitée dans les articles qoi sont
écrits eo tcte de ce paragraphe. Le premier de ces articles commence à la page marquée à
eanrhe.
TABLE DES MATIERES. 6o3
la capacité, la conducibillté propre, ou permcahilitc , et la coii-
ducibilité extérieure, ou pcnétrabilitè. Les coefficients qui les
expriment peuvent d'abord être regardés comme des nombres
constants , indépendants des températures.
Art. 12.
9. Premier exposé de la question des températures terrestres.
Art. i3^ i4, i5.
11. Conditions nécessaires aux applications de la théorie, objet des ex-
périences.
Art. 16, 17, 18, 19, 20, 21.
12. Les rayons de chaleur qui sortent d'un même point d'une surface ,
n'ont point la même intensité. L'intensité de chaque rayon est
proportionnelle au cosinus de l'angle que sa direction fait avec"
la normale à la surface. Remarques diverses, et considérations
sur l'objet et l'étendue des questions thermologiques , et sur les
rapports de l'analyse générale avec 1 étude de la nature.
SECTION IL
Notions générales et définitions préliminaires.
Art. 22 , 23 , i/\. -
18. Température permanente, thermomètre. La température désignée
par o est celle de la glace fondante. Nous désignons par i celle
de l'ébullition de l'eau dans un vase donné , sous une pression
donnée.
Art. 23.
20. L'unité qui sert à mesurer les quantités de chaleur , est la chaleur
nécessaire pour résoudre en eau liquide une certaine masse d'eau
glacée.
7^-
6o4 TABLE
Art. 26'.
Pag".
20. Capacité spécifique de chaleur.
Art. 27, 28 , 29.
Ibid. Températures mesurées par les accroissements de volume , ou par
les quantités de chaleur ajoutées. ■ — On ne considère ici que les
cas où les augmentations de volume sont proportionnelles aux
augmentations de la quantité de chaleur. Cette condition n a
point lieu dans les liquides en général; elle est sensiblement vraie
pour les corps solides dont les températures diffèrent beaucoup
de celles qui causent le changement d'état.
Art. 3o.
22. Notion de la conducibilité extérieure.
Art. 3i.
Ibid. On peut regarder d'abord la quantité de chaleur perdue comme
proportionnelle à la température. Cette proposition n'est sensi-
blement vraie que pour certaines limites de température.
Art. 32 , 33, 34, 35.
23. La chaleur perdue dans le milieu est formée de plusieurs partie>
Cet effet est composé et variable. Chaleur lumineuse.
Art. 36.
aS. Mesure de la conducibilité extérieure.
Art. 37.
Ibid. Notion de la conducibilité propre \ on observe aussi cette pu-
priété dans les liquides.
Art. 38, 39.
26. Équilibre des températures. Cet effet est indépendant du contact.
DES MATIÈRES. 6o5
Art. 4o, 4r, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49.
Page.
26. Premières notions de la chaleur rayonnante , et de l'équilibre qui
s établit dans les espaces vides d'air , de la cause qui réfléchit les
rayons de la chaleur, ou qui les contient dans les corps , du mode
de communication entre les molécules intérieures , de la loi qui
règle l'intensité des rayons émis. Cette loi n'est point troublée
par la réflexion de la chaleur.
Art. 5o, 5i.
34. Première notion des effets de la chaleur réfléchie.
Art. 52, 53, 54, 55, 56.
37. Remarques sur les propriétés statiques ou dynamiques de la chaleur.
Elle est le principe de toute élasticité, et la force élastique des
fluides aériformes indique exactement les températures.
SECTION III.
Principe de la communication de la chaleur.
Art. 57, 58, Sp.
39. Lorsque deux molécules d'un même solide sont extrêmement voi-
sines et ont des températures inégales , la molécule plus échauffée
communique à celle qui l'est moins une quantité de chaleur
exactement exprimée par le produit formé de la durée de l'in-
stant, de la différence extrêmement petite des températures, et
d'une certaine fonction de la distance des molécules.
Art. 60.
42. Lorsqu'un corp.s échauffé est placé dans un milieu aériforme d'une
température moins élevée , il perd à chaque instant une quantité
de chaleur que l'on peut regarder, dans les premières recherches,
comme proportionnelle à l'excès de la température de la surface
sur la température du milieu.
6o6 TABLE
Art. 6i, 62, 63, 64.
Pagei.
43. Les propositions énoncées dans les deux articles précédents sont
fondées sur diverses observations. Le premier objet de la théorie
est de découvrir toutes les conséquences exactes de ces proposi-
tions. On peut ensuite mesurer les variations des coefficients , en
comparant les résultats du calcul avec des expériences très-
précises.
SECTION IV. ,
Du mouvement uniforme et linéaire de la chaleur.
Art. 65.
46. Les températures permanentes d'un solide infini compris entre
deux bases parallèles retenues à des températures fixes , sont ex-
primées par l'équation v — a. ez^b — a.z; a et b sont les tem-
pératures des deux plans extrêmes , e leur distance, et v la tem-
pérature de la section , dont la distance au plan inférieur est z.
Art. 66, 67.
4q. Notion et mesure du flux de la chaleur.
Art. 68, 69.
53. Mesure de la conducibilité propre.
Art. 70.
55. Remarques sur les cas où l'action directe de la chaleur se porterait
à une distance sensible.
Art. 71.
56. État du même solide , lorsque le plan supérieur est exposé à l'air.
Art. 72.
58. Conditions générales du mouvement linéaire de la chaleur.
DES MATIÈRES. (Jo^
SECTION V.
Loi des températures permanentes dens un prisme d'une petite épaisseur.
Art. 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80.
P«gc>
60. Équation du mouvement linéaire de la chaleur dans le prisme.
Conséquences diverses de cette équation.
SECTION VI.
De réchauffement des espaces clos.
Art. Si, 82, 83, 84.
68. L'état final de l'enceinte solide qui termine l'espace échauffé par
une surface b, maintenue à la températiu-e «, est exprimée par
l'équation suivante :
-< P
m — n=z(a. — n) — .
^ ^ I +P
La valeur de P est è ' ( f + %" + u ) ' '« est la température
de l'air intérieur, n la température de l'air extérieur, g, /i, H
mesurent respectivement la pénétrabilité de la surface échauffée o,
celle de la surface intérieure de l'enceinte S , et celle de la surface
extérieures, e est l'épaisseur de l'enceinte, et K sa conducibilité
propre.
Art. 85, 86.
72. Conséquences remarquables de l'équation précédente.
Art. 87, 88, 89, 90, 91.
75. Mesure de la quantité de chaleur nécessaire pour retenir à une
température constante un corps dont la surface est séparée de
l'air extérieur par plusieurs enceintes successives. Effets remar-
6o8
TABLE
quables de la séparation dps surfaces. Ces conséquences s'appli-
quent à des questions très-variées.
SECTION VII.
Du mouvement uniforme de la chaleur suivant les trois dimensions.
Art. 92 et 93.
83. Les températures permanentes d'un solide compris entre six plans
rectangulaires sont exprimées par l'équation
^| =r A + (7 .r + bj + c z.
■T,j, z sont les coordonnées d'un point quelconque, dont y est
la température; A, «, ^, c sont des nombres constants. Si les
plans extrêmes sont retenus par des causes quelconques à des
températures fixes qui satisfont à l'équation précédente , le sys-
tème final de toutes les températures intérieures sera exprimé par
la même équation.
Art. 94 ,95.
86. Mesure du flux de chaleur dans ce prisme.
SECTION VIII.
Mesure du mouvement de la chaleur en un point donné d'une
masse solide.
Art. 96, 97, 98, 99.
89. On suppose que le système variable des températures d'un solide
est exprimé par l'équation -ii = F(a:,j>', z,^), où ^ dé-
signe la température que l'on observerait après le temps écoulé t,
au point dont les coordonnées sont ^,jr, s, et l'on forme l'ex-
pression analytique du flux de chaleur dans l'intérieur du solide,
suivant une direction donnée. -
DES MATIÈRES. 609
Art. 100.
95. Application du théorème précédent au cas où la fonction F est
—S'
e . COS. X COS. j' COS. ;.
CHAPITRE II.
Équation du inom>ement de la chaleur.
SECTION PREMIÈRE.
Equation du mouvement varie de la chaleur dans une arnulle.
Articles ioi , 102, io3, io4, io5.
99. Le mouvement variable de la chaleur dans l'armille , est exprimé
par léquation
d-v _ K d'y hl
dJ ~ (TTÔ ' dx' " CD. S ■ ''■
Lare x mesure la distance d'une tranche à 1 origine o;^'est la
température que cette tranche acquiert après le temps écoulé f ;
K, C, D, h sont des coefficients spécifiques; S est la surface de
la section , dont la révolution engendre 1 anneau ; /est le contour
de cette section.
Art. 106, loj, io8, log, iio.
io3. Les températures des points placés à égales distances sont repré-
sentées par les termes d'une série récurrente. L'observation des
températures i», , w, , a^, , de trois points consécutifs, donne la
h v^ + V.
S / log. M \ 2
mesure du rapport ^ : on a — '-^^fh ''J' — q^+ i^o. et
iv V ^
h S / log. f^ \ = T
j?-= 7 U . — 1 • La distance de deux points consécutifs est
X, et log. w est le logarithme décimal d'une des deux valeurs
de M.
77
6'fO TABLE
SECTION II.
Equation du mouvement varié de la chaleur dans une sphère solide.
Art. III, 112, ii3, n4.
Fagts
io6. X désignant le rayon d'une couche quelconque , le mouvement de
la chaleur dans la sphère est exprimé par l'équation
d V K /â?^ V 7. d'i
d V K /« ^ Il 7. d-v
ZF~'c7d' Kd^-''^ xd^y
Art. ii4,ii5,ii6,ii7.
io8. Conditions relatives à l'état de la surface et à l'état initial du solide.
SECTION III.
Equation du mouvement varié de la chaleur dans un cylindre solide.
Art. Il 8, 119, 120.
1 12. Les températures de ce solide sont déterminées par trois équations;
l'une se rapporte aux températures intérieures, la seconde ex-,
prime l'état continuel de la surface , la troisième exprime l'état
initial du solide.
SECTION IV.
Equation du mouvement uniforme de la chaleur dans un prisme
solide d'une longueur infinie.
Art. 121 , 122 , 123.
II 4- Le système des températures fixes satisfait à l'équation
d' V d" V d^ V
d^^dr'^dT^^''' '
V est la température d'un point dont les cordonnées sont x,j, z.
Art. 124, laS.
117. Equation relative à l'état de la surface et à celui de la première
tranche.
DES M AT 1ER ES. ()I 1
SECTION V.
Equation du iiiouvcmcnt varié de la chaleur dans un cuOe solide.
Art. 126, I2J, 128, ia_9, i3o, i3i.
Pages.
119. Le système des températures variables est détermine par trois équa-
tions; l'une exprime l'état intérieur, la seconde se rapporte à
l'état de la surface, et la troisième exprime l'état initial.
SECTION VI.
Equation générale de la propagation de la chaleur dans Vintérieur
des solide.
Art. i32, i33, i34, i35, i36, 137, i38, i3g.
124- Démonstration élémentaire des propriétés ■ du mouvement iini-
torme de la chaleur dans un solide compris entre six plans rec-
tangulaires , les températures constantes étant exprimées par
l'équation linéaire
î' = A — ax — bj —cz.
Les températures ne peuvent changer, parce que chaque point
du solide reçoit autant de chaleur qu'il en donne. La quantité
de chaleur qui traverse, durant l'unité de temps, un plan per-
pendiculaire à l'axe des ; est la même en quelque point de cet
axe que passe le plan. — La valeur de ce flux commiui est celle
qui aurait lieu, si les coefficients a et. b étaient nuls.
Art. 140, i4i-
i3i. Expression analytique du flux dans l'intérieur d'un solide quel-
conque. L'équation des températures étant v=f{x,j, z, t) \a
dv
fonction — Koj . -j— exprime la quantité de chaleur qui traverse,
pendant l'instant dt., une aire infiniment petite w, perpendicu-
laire à l'axe des ;, au point dont les coordonnées sont .r, ;-, ;,
et dont la température est o après le temps écoulé t.
77-
6l2 . TABLE
Art. 142, 143, 144 ) i45-
Pages.
134. 11 est facile de déduire du théorème précédent, l'équation générale
du mouvement de la chaleur, qui est
dv_ K M^-v d^v d'V\
dJ ~ c7D \d^ '^ dp ~^ ~d^' )' [XE)
SECTION VIL
Equation générale relative a la surface.
Art. 146, 147, i48, i49i i5o, idi, 132, i53, i54.
i38. On démontre que les températures variables des points de la sur-
face d'iui corps qui se refroidit dans l'air, satisfont à cette équa-
tion :
dv dv dv h , , ,
m.—. h « • -; — h p ■ —, h T? • '^'7 = o , indx-\-ndy -\-pdz-=^o
dx dy ■* ûfz K ■ ^
étant l'équation différentielle de la surface qui termine le solide , et
I
q étant égale à {ni' -\- n"- -\- p^y . Pour découvrir cette équation,
on considère une molécule de l'enveloppe qui termine le soHde,
et l'on exprime que la température de cet élément ne change point
d'une grandeur finie pendant un instant infiniment petit. Cette
condition a lieu et continue de subsister après que l'action régu-
lière du milieu s'est exercée pendant un instant très-petit. — On
peut donner à l'élément de l'enveloppe une forme quelconque.
Le cas oîi celte molécule est formée par des sections rectangu-
laires offre des propriétés remarquables. Dans le cas le plus
simple, qui est cekii où la base est parallèle au plan tangent, la
vérité de l'équation est évidente.
DES MATIÈRES. 6l3
SECTION VIII.
Application des équations générales.
Art. i55, i56.
14,9. En appliquant l'équation générale (E) au cas du cylindre et de la
sphère, on trouve les mêmes équations que celles de la section III
et de la section II de ce chapitre.
SECTION IX.
Remarques générales.
Art. iSy, i58, iSp, 160, 161, i6'2.
iSa. Considérations fondamentales sur la nature des quantités ji', t, v,
h, h, C, D, qui entrent dans toutes les expressions analytiques
de la Théorie de la chaleur. Chacune de ces quantités a un ex-
posant de dimension qui se rapporte à la longueur, ou à la
durée , ou à la température ; on trouve ces exposaiis en faisant
varier les unités de mesure.
CHAPITRE III.
Propagation de la chaleur dans un solide rectangulaire
infini.
SECTION PREMIÈRE.
Exposition de la question.
Articles i63, i64) i6"5, 166'.
Pa».
iSg. Les températures constantes d'une lame rectangulaire comprise
entre deux arêtes parallèles, infinies, retenues à la température o,
d' 1) d' V
sont exprmiees par 1 équation -: — ; -f- -^— j = o.
6l4 TABLE *
Pages Art. 167, 168, 169, 170.
i63. On considèrel'état de cette lame à une distance extrêmement grande
de l'arête transversale , le rapport des températures de deux
points , dont x^, j, etx^^j sont les coordonnées , change à
mesure que la valeur àe y augmente; x^ et x, conservant leurs
valeurs respectives. Ce rapport a une limite dont il approche de
plus en plus , et lorsque^ est infinie, il est exprimé par le pro-
duit d'une fonction de x et d'une fonction de y. Cette remarque
suffit pour découvrir la forme générale de 11 , savoir :
-(2,-l).r ■
« e . COS. ( Il — I •.?')
11 est facile de connaître comment le mouvement de la chaleur
s'accomplit dans cette lame.
SECTION II.
Premier exemple de l'usage des séries trigonométriques dans la théorie
de la cMdeur.
Art. 171, 172, 173, 174, 175, 176-, 177, 178.
167. Recherche des coefficients dans l'équation
I zirflcos. x-^ hcoi. "ix -\-c cos. ^'x -\-dcos. yx -{- , etc.
On en conclut
2J- I 77
r 1 - I p I
ou - = cos. X — T COS. 5x -\—r cos. ox COS. nx -+-, etc.
4 3 5 7 '
DES MATIÈRES. 6l5
SECTION III.
Remarques sur ces séries.
Art. 179, 180, 181.
PjjJCS.
inn. Pour ti'ouver la valeur de la série qui l'orme le second membre,
on suppose que le nombre m des termes est limité , et la série de-
vient une fonction de x et m. On développe cette fonction selon
les puissances réciproques de m, et' l'on fait m infini.
Art. 182 , i83, 184.
i8o. On applique le même procédé à plusieurs autres séries.
Art. i85, 186, 187, 188.
184. Dans le développement précédent, qui donne la valeur île la fonc-
tion de X et de w, on détermine rigoureusement les limites
dans lesquelles est comprise la somme de tous les termes, à
partir d'un terme donné.
Art. 189.
i8g. Procédé très-simple pour former la série
i ^ ac
^ = — y ^^ ~ . COS. (2.1 — 1 . X]-
4 ^^ 2i I V /
( = 1
SECTION IV.
Solution générale^
Art. 190, 191.
190. E.xpression analytique du mouvement de la chaleur dans la table
rectangulaire; il se décompose en mouvements simples.
4rt. 192, 193, 194,195.
193. Mesure de la quantité de chaleur qui traverse une arête parallèle
6l6 TABLE
ou perpendiculaire à la base. Cette expression du Hux suffirait
pour vérifier la solution.
Art. 196, 197, 198, 199.
197. Conséquences de cette solution. La table rectangulaire doit être
considérée comme faisant partie d'un plan infini ; la solution ex-
prime les températures permanentes de tous les points de ce plan.
Art. 200, 201, 202, 2o3 , 204.
200. On démontre que la question proposée n'admet aucune autre solu-
tion différente de celle que l'on vient de rapporter.
SECTION V.
Expression finie du résultat de la solution.
Art. 2o5, 206.
207. La température d'un point de la table rectangulaire, dont x et y
sont les coordonnées, est ainsi exprimée
■ / 2 cos. y
■-y=arc. tang. ' —
e . — e
SECTION VL
Développement d'une /onction arbitraire en séries trigonométriques.
Art. 207, 208 , 209, 2IO, 211, 212, 2i3, 214.
210. On obtient ce développement en déterminant les valeurs des coef-
ficients inconnus dans les équations suivantes dont le nombre
est infini ,
A = a4- 2 ^+3 0 + ^ d -+- etc.
B = a+2^^+3'c + 4V + etc.
C=« + 2'5 + 3'c + 4'û;+ etc.
D=«+2'i + 3'c-{-4V-t- etc.
etc. etc.
DES MATIÈRES. 617
P»ges.
Pour résouclre ces équations, on suppose tl abord que le nombre
des équations est m, et qu'il y a seulement un nombre m d'in-
connues rt, b ^ <■, d^ etc. en omettant tous "les termes subsé-
quents. On détermine les inconnues pour une certaine valeur du
nombre m , ensuite on augmente successivement cette valeur de
m , et l'on cherche la limite dont s'approchent continuellement
les valeurs des coefficients ; ces limites sont les quantités qu'il
s'agit de déterminer. — Expression des valeurs de «, b^ c, d^ e, etc.
lorsque m est infini.
Art. 2i5, 216.
226. On développe sous la forme
ai\w.x-\- ^sin.2 j:-|-csin. Zx-\r dûn,^x-\- etc.
la fraction cpx, que l'on suppose d'abord ne contenir que des
puissances impaires de x.
Art. 217, 218.
228. Expression différente de ce même développement. Application à la
fonction e — e
Art. 219, 220, 221.
23 1. La fonction quelconque <s^x peut être développée sous cette forme:
«sin.^H-rtj sin. ix-\-a^ sin. 3 j:. . . + «. sin. ix -\- etc.
-77
La valeur du coefficient général a. est - 1 dx(fxsïn.ix. On en
o
conclut ce théorème très-simple :
-:=:sin..r /^/aoa.sin.a + sln. 2X. jdatfxsin. 2a-f-sin.3.r. /(/aipasin.i'a ■+. etc.
ou
^^ (fx= ^ siïi.ix l dix (fa. sin.».
o
78
6l8 TABLE
P»gei.
Art. 222 , 223.
287. Application de ce théorème; on en déduit cette série remarquable:
-^ 2 . 4 . , 6 . 8
-cos.j7= — :jsm.x~\-:j-^sin.4x+p — sin.yj^H sin. qx+ etc.
4 i-J à.o 5.7 ' 7.9 ^
Art. 224, 225, 226.
aSp. Second théorème sur le développement des fonctions en séries tri-
gonométriques :
-(}/x= ^ cos.ix j dacos. ioi^
Applications ; on en conclut cette série remarquable :
I • I COS. 2a: cos.4.»' cos.6;c cos. (Sj;)
-Trsin. .r= ~ i '- — etc.
a 2 1.3 3.5 5.7 7.9
Art. 226, 227, 228, 229, 23o.
243. Les théorèmes précédents s'appliquent aux fonctions discontinues,
et résolvent les questions qui se sont élevées sur l'analyse de
Daniel Bernouilli dans le problême des cordes vibrantes. — La
valeur de la série
sin.x.sin.vers. a + - sin. 2 jr.sin. vers. 2a + =sin. 3a:.sm.vers. 3«+ etc.
2 6
est - i: , si l'on choisit pour x une quantité plus grande que o
et moindre que a; et la valeur de la série est o, si a- est une
quantité quelconque comprise entre a et -w. Application à d'au-
tres exemples remarquables ; lignes courbes ou surfaces qui se
confondent dans une partie de leur cours, et diffèrent dans toutes
les autres parties.
DES MATIÈRES. ÔlQ
Art. 23i , 282 , 233.
35o. Une fonction quelconque F j: peut être développée sous cette forme:
F.r = A-f-('^'*^°^"^'^'^' cos.3j7 + a, COS. 3j; + a^ cos. 4^+ etc.
{l>^ sin. j:+Z>, sin, 2.r + (J,sin. 3x4- ^4 sin. 4x-\- etc.
Chacun des coefficients est une intégrale définie. On a en gé-
néral
2)tA= / dxYx, Tva.= I dxYxcos.ix
— 71 _7j
et ■nb.z= I dxFx .sin.ix.
•*.=/'
— 1T
On forme ainsi ce théorème général, qui est un des éléments
principaux de notre analyse:
^■kFx=:
= / Tcos./j: / </«Fa cos.ta4-sin.i\r / ûTaFa. sin.iaV
OU a ~
rtFar= N^ I daFoL COS. (ix — ix).
Art. 234.
256. On doit regarder comme entièrement arbitraires les valeurs de Fx,
qui répondent aux valeurs de x comprises entre — ^ et 4-^.
On peut aussi choisir pour x des limites quelconques.
Art. 235.
258. Remarques diverses sur l'usage des développements en séries tri-
gonométriques.
78.
620 TABLE
SECTION VII.
Application a la question, actuelle.
Art. a36, aSy.
Pag«.
261. Expression des températures permanentes dans la table rectangu-
laire infinie, l'étal de l'arête transversale étant représenté par une
fonction arbitraire.
CHAPITRE IV.
Du mouvement linéaire et varié de la chaleur dans une
armille.
SECTION PREMIÈRE.
, Solution générale de la question.
Article i.
Piges.
•166. Le mouvement variable que l'on considère est composé de mou-
vements simples. Dans chacun de ces mouvements, les tempéra-
tures conservent leurs rapports primitifs , et décroissent , avec le
temps , comme les ordonnées v de la ligne dont l'équation est
— "''
■y = A e . Formation de l'expression générale.
Art. 2^4^> 2vf3 , 244-
272, Application à des exemples remarquables. Conséquences diverses
de la solution.
Art. 245, 246.
2^7. Le système des températures converge rapidement vers im état ré-
gulier et final , exprimé par la première partie de rintcgrale.
Alors la somme des températures des deux points diamétralement
DES MATIERES. 021
P.lgM.
opposés est la même , quelle que soit la position d'à diamètre.
Elle équivaut à la température moyenne. — Dans chaque mou-
vement simple , la circonférence est divisée par des nœuds équi-
distants. Tous ces mouvements partiels disparaissent progressi-
vement , excepté le premier; et en général la chaleiu- distribuée
dans le solide y affecte une disposition régulière , indépendante
de l'état initial.
SECTION IL
De ta communication de la chaleur entre des masses disjointes.
Art. 247, 248, 249, aSo.
382. De la communication de la chaleur entre deux masses. Expression
des températures variables. Remarque sur la valeur du coeffi-
cient qui mesure la conducibilité.
Art. 25i, 252, 253, 254, 255.
Î.87. De la communication de la chaleur entre n masses disjointes, ran-
gées en ligne droite. Expression de la température variable de
chaque masse; elle est donnée par luie fonction du temps écoulé ,
du coefficient qui mesure la conducibilité , et de toutes les tem-
pératures initiales regardées comme arbitraires.
Art. 256 , aSy.
296. Conséquences remarquables de cette solution.
Art. 258.
agS. Application au cas où le nombre des masses est infini.
Art. 259, 260, 261, 262, 263, 264, 263, 266.
3oo. De la communication de la chaleur entre n niasses disjointes rangées
circulairenient. Equations différentielles propres à la question ,
intégration de ces équations. La température variable de chacune
des masses est exprimée en fonction du coefficient qui mesure la
conducibilité , du temps qui s'est écoulé depuis l'instant où lo
6aa TABLE
Pagcj.
communication a commencé , et de toutes les températures ini-
"Tîales qui sont arbitraires : mais pour connaître entièrement ces
fonctions, il est nécessaire d'effectuer l'élimination des coeffi-
cients.
Art. 267, 268, 269, 270, 271.
3ia. Elimination des coefficients dans les équations qui contiennent ces
inconnues , et les températures initiales données.
Art. 272 , 273.
321. Formation de la solution générale; expression analytique du ré-
sultat.
Art. 274, 275, 276.
823. Application et conséquences de celte solution.
Art. 277, 278.
328, Examen du cas où l'on suppose le nombre n infini. On obtient la
solution relative à l'anneau solide, rapportée dans l'article 241,
et le théorème de l'article 284. On connaît ainsi l'origine de
l'analyse que nous avons employée pour résoudre les équations
relatives aux corps continus.
Art. 279.
332. Expression analytique des deux résultats précédents.
Art. 280, 281, 282.
334- On démontre que la question du mouvement de la chaleur dans
l'armille , n'admet aucune autre solution. Cette intégrale de
l'équation -j— == j— ^ est évidemment la plus générale que l'on
puisse former.
DES MATIÈRES. 6a3
CHAPITRE V.
De la propagation de la chaleur dans une sphère solide.
SECTION PREMIÈRE.
Solution générale.
Art. 283, 284, 285, 286, 287, 288, 289.
Pagei.
340. On considère en premier lieu que le rapport des températures va-
riables des deux points du solide s'approche continuellement
d'une limite déterminée. Cette remarque conduit à l'équation
sin. {nx) —Vui\ . . • , j
v=:zA.. ^^ -e , qui exprime le mouvement simple de
la chaleur dans la sphère. Le nombre n a une infinité de valeurs
données par l'équation déterminée ^s^ = i — hlL. On
tang. n X
désigne par X le rayon de la sphère , et par x le rayon d'une
sphère concentrique quelconque, dont v est la température,
après le temps écoulé t ; à et K sont les coefficients spécifiques ;
A est une constante quelconque. Constructions propres à faire
connaître la nature de 1 équation déterminée, les limites et les
valeurs de ses racines.
Art, 290, 291, 292.
j47' Formation de la solution générale j état final du solide.
Art. 293.
35o. Application au cas où la sphère a été échauffée par une longue im-
mersion.
^^4 TABLE
SECTION II.
Remarques diverses sur cette solution.
Art. 294) 295 , 296.
352. Conséquences relatives aux sphères d'un petit rayon , et aux tem-
pératures finales d'une sphère quelconque.
Art. 298, 299, 3oo.
357. Température vaiiabie d'un thermomètre plongé dans un liquide
qui se refroidit librement. Application de ces résultats à la com-
paraison et à l'usage des thermomètres.
Art. 3oi.
302. Expression de la température moyenne de la sphère en fonction du
temps écoulé.
Art. 3o2, 3o3, 3o4.
363. Application aux sphères d'un très-grand rayon , et à celles dont le
rayon est très-petit.
Art. 3o5.
966. Reriîarque sur la nature de l'équation déterminée qui donne toute»
les valeurs de n.
CHAPITRE VL
Dii mouvement de la chaleur dans un cylindre solide.
Art. 3o6, 307.
369. On remarque en premier lieu que le rapport des températures va-
riables de deux points du solide s'approche continuellement d'une
limite déterminée , et l'on connaît par-là l'expression du mouve-
ment simple, La fonction de x , qui est un des facteurs de cette
DES MATIÈRES. 626
expression, est donnée par une équation différenlielle du second
ordre. 11 entre dans cette fonction un nombre g , qui doit satis-
faire à une équation déterminée.
Art. 3o8, Sop.
372. Analyse de cette équation. On démontre, au moyen des principaux
théorèmes de l'algèbre, que toutes les racines de l'équation sont
réelles.
Art. 3io.
375. La fonction u de la variable x est exprimée
-n
"=~ / dr COS. {x\y^ g . sin. /•) 3
et l'équation déterminée est k u ■+■ -j— = o , en donnant k x sa
valeur totale X.
Art. 3n, 3i2.
378. Le développement de la fonction 9(2) étant représenté par
a + bz +c—+cl. — 5-f- etc.,
2 2.0
la valeur de la série
it' ct^ d^
est
71
- I du(f (t Sïxi.u),
Remarque sur cet usage des intégrales définies.
Art. 3i3.
38 1. Expression de la fonction u de la variable x en fraction continue.
79
02.6 TABLÉ
Pages.
Art. 3i4.
382. Formation de ïa solution générale.
Art. 3i5, 3i6, Si^, 3i8.
334. Exposition de l'analyse qui détermine les valeurs des coefficients.
Art. 3ig.
391. Solution générale.
Art. 320.
393. Conséquences de cette solution.
CHAPITRE VIL
Propagation de la chaleur dans un prisme rectangulaire.
Art. 321 , 322, 323.
p.g".
395. Expression du mouvement simple déterminé par les propriétés gé-
nérales lie la chaleur, et par la figure du solide. Il entre dans
cette expression un arc e qui satisfait à une équation transcen-
dante, dont toutes les racines sont réelles.
Art. 324.
398. On détermine tous les coefficients inconnus par des intégrales dé-
finies.
Art. 3a5.
399. Solution générale de la question.
Art. 326, 327.
4oi. La question proposée n'admet aucune autre solution.
Art. 328, 329.
4o3. Températures des points de l'axe du prisme.
Art. 33o.
4o5. AppliGaition au icas oîilMBpaisseur du prisme est îrès-^fetite.
DES MATIÈRES. 62J
f'Sts.
Art. 33i, 332.
4o6. La solution fait connaître comment s'établit le mouvement uni-
forme de la chaleur dans l'intérieur du solide.
Art. 332.
409. Application à des prismes dont la base a de grandes dimensions.
CHAPITRE VIII.
Du mouvement de la chaleur dans un cube solide.
Art. 333, 334.
4ii. Expression du mouvement simple. Il y entre un arc t qui doit sa-
tisfaire à une équation trigonométrique dont toutes les racines
sont réelles.
Art. 335, 336.
41 3. Formation de la solution générale.
Art. 337.
417. La question ne peut admettre aucune autre solution.
Art. 338.
Ibid. Conséquence de cette solution.
Art. 339.
418. Expression de la température moyenne.
Art. 340.
420. Comparaison du mouvement final de la chaleur dans le cube , avec
le mouvement qui a lieu dans la sphère. . . — ;
Art. 34 r.
422. Application au cas simple que l'on a considéré dans l'art. loo.
79-
628 TABLE
CHAPITRE IX.
De la diffusion de la chaleur.
SECTION PREMIÈRE.
Du mouvement libre de la chaleur dans une ligne infinie.
Articles 342 , 343 , 344-
Pag«!.
428. On considère le mouvement linéaire de la chaleur dans une ligne
infinie, dont une partie a été échauffée; l'état initial est repré-
senté par v^=.Y X. On démontre le théorème suivant:
. Y X-=-- j dq COS. qx j dcF a COS. q «.
o o
La fonction Fx satisfait à la condition F.r=:r( — x). Expres-
sion des températures variables.
Art. 348.
433. Application au cas où tous les points de la partie échauffée ont reçu
la même température initiale. L'intégrale
00
dq 1
—^.sm.q.cos.qx est ■n,
Si l'on donne à x une valeur comprise entre i et «— i ; et cette
intégrale définie a une valeur nulle, si x n'est pas comprise entre
I et — I.
Art. 349.
Ibid. Application au cas oîi réchauffement donné résulte de l'état final
que détermine l'action d'un foyer.
DES MATIÈRES. 629
Pa|M.
Art. 35o.
434. Valeurs discontinues de la fonction exprimée par l'intégrale
I
^ . COS. ^x-
o
Art. 35i, 352, 353.
435. On considère le mouvement linéaire de la chaleur dans une ligne
infiniedont les températures initiales sont représentées pur u=.J'j:
à la distance x vers la droite de l'origine, et par v=. — fx à la
distance x vers la ganche de l'origine. Expression de la tempé-
rature variable d'un 'point quelconque. On déduit cette solution
de l'analyse qui exprime le mouvement de la chaleur dans une
ligne infinie.
Art. 354.
439. Expression des températures variables lorsque l'état initial de la
partie échauffée est exprimée par une fonction entièrement
arbitraire.
Art. 355, 356, 357, 358.
44 '• Les développements des fonctions en sinus ou cosinus d'arcs mul-
tiples se transforment en intégrales définies.
Art. 359.
444- On démontre le théorème suivant :
00 ce
- fx= j dq . sïn.qx l dafa.S\\\.q a.-
o o
La fonction^.^- satisfait à cette condition :y(' — x)z= — fx.
Art. 36o, 36i , 362.
446. Usage des résultats précédents. On démontre le théorème exprimé
par celte équation générale:
63o TABLE
Pages.
H- 00 oo
x<fx= I ^aça j dqcoi {qx — qa.).
— oo o
Cette équation est évidemment comprise dans l'équation (^t) ,
rapportée article 234. {f^oir art. 3y7).
Art.- 363.
45o. La solution précédente fait aussi connaître le mouvement variable
de la chaleur dans une ligne infinie, dont un point est assujetti
à une température constante.
Art. 364.
453. On peut aussi résoudre cette même question au moyen d'une autre
forme de l'intégrale. Formation de cette intégrale.
Art. 365, 366.
455. Application de cette solution à un prisme infini , dont les tempéra-
tures initiales sont nulles. Conséquences remarquables.
Art. 367, 368, 369.
461. La même intégrale s'applique à la question de la diffusion de la
chaleur. La solution que l'on en déduit est conforme à celle que
l'on a rapportée dans les articles 347; ^48.
Art. 370, 371.
466. Remarques sur diverses formes de l'intégrale de l'équation
dv (P V
dt ^?'
SECTION IL
Du mouvement libre de la chaleur dans un solide infini.
Art. 372, 373, 374, 375, 376.
470. L'expression du mouvement variable de la chaleur dans une masse
Pl{«.
DES MATIÈRES. 63l
solide infinie, et selon les trois dimensions, se déduit immédia-
tement de celle du mouvement linéaire. L intégrale de 1 équation
dv d^ Il d' V d' V
dt dx' dy dz^
résout la question proposée. Il ne peut y avoir aucune intégrale
plus étendue; elle se déduit aussi de la valeur particulière
-j^=e . COS. nx ,
ou de celle-ci :
l/'
qui satisfont lune et 1 autre a 1 équation —=——5. La généra-
lité des intégrales que l'on obtient est fondée sur la proposition
suivante , que l'on peut regarder comme évidente d'elle-même.
Deux fonctions des variables x, j, z, f sont nécessairement
identiques, si elles satisfoirt à l'équation différentielle
dv d^ V d' V d' -v
et si en même temps elles ont la même valeur pour une certaine
valeur de i^.
Akt. 377 , 378 , 379 , 38o, 38i , 382 , 383.
480. La chaleur contenue dans une partie d'un prisme infini, dont tous
les autres points ont une température initiale nulle, commence à
se distribuer dans toute la masse; et après un certain intervalle
de temps , l'état d'une partie du solide ne dépend point de la dis-
tribution de la chaleur initiale, mais seulen.ent de sa quantité.
Ce dernier résultat n'est point dû à l'augmeuiation de la dislance
comprise entre un point de la masse et la partie qui avait été
échauffée ; il est entièrement dû à l'augmentation du temps écoulé.
632 TABLE
Pagtj.
— Dans toutes les questions soumises au calcul, les exposants
sont des nombres absolus, et non des quantités. On ne doit point
omettre les parties de ces exposants qui sont incomparablement
plus petites que les autres, mais seulement celles qui ont des
valeurs absolues extrêmement petites.
Art. 383,384, 385.
490. Les mêmes remarques s'appliquent à la distribution de la chaleur
dans un solide infini.
SECTION III.
Des plus hautes températures dans un solide infini.
Art. 386, 387.
494- La chaleur contenue dans une partie du prisme se distribue dans
toute la masse. La température d'un point éloigné s'élève pro-
gressivement, arrive à sa plus grande valeur, et décroît ensuite.
Le temps après lequel ce maximum a lieu , est une fonction de
la distance x. Expression de cette fonction pour un prisme dont
les points échauffés ont reçu la même température initiale.
Art. 388, 389, 890, 891.
497. Solution d'une question analogue à la précédente. Conséquences
diverses de cette solution.
Art. 392, 393, 394, 395.
5o3. On considère le mouvement de la chaleur dans un solide infini, et
l'on détermine les plus hautes températures des points très-éloi-
gnés de la partie primitivement échauffée.
DES MATIÈRES. 633
SECTION IV.
Comparaison des intégrales.
Art. 396.
509. Première intégrale (a) de l'équation — =-5— ^ Cette intégrale
Cl L CL tJu 1 ti f»
exprime le mouvement de la chaleur dans l'arraille.
Art. 397.
5 II. Seconde intégrale (P) de cette même équation {a). Elle exprime
le mouvement linéaire de la chaleur dans un solide infini.
Art. 898.
5i3, On en déduit deux autres formes (y) et ( J) de l'intégrale, qui dé-
rivent, comme la précédente, de l'intégrale («).
Art. 399, 400.
5i4. Premier développement de la valeur de v selon les puissances crois-
santes du temps t. Deuxième développement, selon les puis-
sanses de v. Le premier doit contenir une seule fonction arbi-
traire de t.
Art. 4oi.
317. Notation propre à représenter ces développements. Le calcul qui
en dérive dispense d'effectuer le développement en série.
Art.
402.
519.
Application aux
équations
d'v
dt'
d-'v
d'v
dz^ (.),
Art.
d^v
'' de
4o3.
d''V
=0
523.
Apphcation aux
équations
(d).
80
634 TABLE
d''v d" V d'"v d''v
'dr '^d^'^^'dz'.dj' '*"^"~°' (e)
Jv d' V , d^ V d'^ v , d^v
"* dI=''-dI^-^^-d^^-^'-d7'+'^-dï^^'''- (/)
Art. 4o4-
523. Usage du théorème E île l'article 36i , pour former l'intégrale de
l'équation (/") de l'article précédent.
Art. 4o5.
SaS. Usage du même théorème pour former l'intégrale de l'équation [d),
qui convient aux lames élastiques.
Art. 4o6.
529. Seconde forme de cette même intégrale.
Art. 407.
530. Lemmes qui servent à effectuer ces transformations.
Art. 4o8.
533. Notre théorème exprimé par l'équation (E), page 449» convient à
un nombre quelconque de variables.
Art. 4o9,
535. Usage de cette proposition pour former l'intégrale de l'équation (c)
de l'article 4o2.
Art. 4io.
537. Application du même théorème à l'équation
d' -v d" -v d" 7>
d^ ~^ Ij^ ~^ lzF~ °'
Art. ^i\.
538. Intégrale de l'équation (e) des surfaces élastiques vibrantes.
Art. 4i2.
540. Seconde forme de cette intégrale.
DES MATIERES.
635
Art. 4i3.
541. Usage du même théorème pour obtenii- les intégrales, en sommant
les séries qui les représente. Application à l'équation
d V d'' v.
'dt~ dz^
Intégrale sous forme finie, contenant deux fonctions arbitraires
de t.
Art. 4i4-
545. Les expressions changent de forme lorsqu'on choisit d'autres limites
des intégrales définies.
Art. 4i5, ^16.
546. Construction qui sert à démontrer l'équation générale
fx-=z / do-fct. I dp COS. {px — /?«).
(B)
Art. 4^7-
55 1. On peut prendre des limites quelconques a et ù pour 1 intégrale
par rapport à a. Ces limites sont celles des valeurs de .r , qui
correspondent à des valeurs subsistantes de la fonction yx. Toute
autre valeur de x donne poury"jr un résultat nul.
Art. 418.
554. La même remarque convient à l'équation générale
- r + co -)- os
/"x ==: ^ . / d^fa COS. { i . -^ ■ X — a ),
/■ = - 00 ^ »
dont le second membre représente une fonction périodique.
Art. 4'9-
557. Le caractère principal du théorème exprimé par l'équation (B),
consiste en ce que le signe y^de fonction est triinsporté à une
80.
636 TABLE
P»g"- . . . ^ •
autre inrléterminée a, et que la variable principale 'v nest plus
que sous le signe cosinus.
Art. 420.
558. Usage de ces théorèmes dans le calcul des quantités imaginaires.
Art. 421.
559. Application à léquation
d^+dP=''-
Art. 422.
56 1. Expression générale de la fluxion de l'ordre t;
dx
Art. 423.
562. Construction qui sert à démontrer l'équation générale. — Consé-
quences relatives à l'étendue des équations de ce genre, aux va-
leurs de y^ar, qui répondent aux limites de x, aux valeurs infinies
de J^JC.
Art. 424 1 425, 426, 427-
566. La méthode qui consiste à déterminer par des intégrales définies les
coefficients inconnus du développement dune fonction de x,
sous la forme
a<f{\J.^.x] + bf{y.,.x)-{-c<f{ti.,.x)-i-etc.
se déduit des éléments de l'analyse algébrique. Exemple relatif
à la distribution de la chaleur dans la sphère solide. En exami-
nant sous ce point de vue le procédé qui sert à déterminer les
coefficients, on résout facilement les questions qui peuvent s'éle-
ver sur l'emploi de tous les termes du second membre, sur la
discontinuité des fonctions, sur les valeurs singulières ou infi-
DES MATIERES.
637
Pagri
nies. — Les équations que l!ûn obtient par celle méthode ex-
priment, ou l'état variable , ou 1 état initial des niasses de dimen-
sions infinies. — La forme des intégrales qui conviennent à la
théorie de la chaleur, représente à-la-fois la composition des mou-
vements simples, et celle d'une infinité d'effets partiels , dus à
l'action de tous les points du solide.
Art. 428.
58o. Remarques générales sur la méthode qui a servi à résoudre les ques-
tions analytiques de la théorie de la chaleur.
Art. 429.
589. Remarques générales sur les principes dont on a déduit les équa-
tions différentielles du mouvement de la chaleur.
Art. 43o.
595. Dénominations relatives aux propriétés générales de la chaleur.
Art. 43*.
596. Notations proposées.
Art. 432, 433.
597. Remarques générales sur la nature des coefficients qui entrent dans
les équations différentielles du mouvexnent de la chaleur.
FIN DE LA TABLE.
ERRATA.
Page g5, article loo, ligne 2 de cet article: au lieu de -b, lire r.
P. io5, art. iio, lig. 5 de cet art. : au au lieu de a , lire ol
Lig. 3 du même art. : après le mot logarithme , ajouter hyperbolique
Dernière lig. du même art., à la fin : ajouter et divisant le produit pas V
P. III, art. 117, lig. 3 de cet art. : au lieu de 4 V, lire h V
2.2 2.2
P. 174, lie- q: au lieu de , lire - _.
' ' * ^ 1.2' 1.3
P. 235, art. 221 , lig. I de cet art. : au lieu de art. 220, lire art. 219
P. aSy, lig. 2 : à la suite de l'équation, ajouter (jn)
Et lig. 6 de lart. 222 : au lieu de -r., lire -n
° 24
P. 254, lig. 20 : au lieu de la différence , lire la demi-différence
P. 343, lig. 3 : après le mot origine, au lieu de « o «, lire o
Et lig. 10 : au lieu de n(an, n20i,n, lire n-^n, ni-r.ti
.. . X X X X
P. 352 , à la fin de l'art. 293 : au heu de — ^^ ~ ■, 1""^ -^^ et r^
oc X J\. A.
P. 378, lig. 8 : au lieu de ca?,.{y~g . sÏTi.r)dr, lire ces. (.rl/y. sin. r)dr
P. 392 , lig. 6 : entre les deux premiers termes , écrire le signe +
P. 427, art. 344) lig- 10 de cet art. : au lieu defg. i5, lire^^. 16.
P. 4'^Oj lig- ï8 : au lieu de q.dç et q.dq, lire j-dq et i.dq
P. 434 j à la fin de l'art. 35 1 : écrire le facteur e
P. 435, lig. 3 : après le mot fonction, écrire le facteur -
Et art. 35i , lig. 10 : au lieu de Yx , lire — ¥ r
P. 437, art. 353, lig. 7: au lieu de "—, lire -7-
P. 444j art- 358, lig. 3: écrire au-devant de chaque expression le facteur 1
2
Et lig. 10 du même art. : au lieu àe fg. 28, lirey^. 20.
ERRATA. 639
p. 467, lig- 8 : au lieu de ç , lire </
P. 477) lig- 'O : au lieu de la lettre p , écrire la lettre g
P. 497 ■> ^^^' 388, lig. 5 : au lieu de infinie, Ure ^nie
P. 5o3, lig. II et 12 : au lieu des mots conservé seul, lire o?7i/s
P. 5i4) lig. i5 : au lieu de '^ — ^ — ,, lire — 7: et au lieu de — :^ =— -;, lirp-
° 2.3.4' 2-3' 2.3.4.5.6' ""^2.3.4
p. 5i5, lig. 3 : au lieu de -i> , lire -v^
P. 517, art. 4oi, lig. 3 de cet article : au lieu de — tD', lire ^D'
P. 5i8, liff. i5 : au lieu de -, — ç, lire — — . v
' " dx' ^' dx"
P. 549, lig. 7 : supprimer les mots (fig. VIII). On suppléera tacilement
la construction
P. 589, lig. 4 : au lieu de ces mots, du résultat, lire des résultats
7/ii\'r/,' ,/,■ /t/ < '//,//<■///•.
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